13th Déc2012

Critique Casual: World of Tanks

by Alphajet

Il n’y a pas énormément de jeux différents auxquels j’ai joué ces derniers temps. En revanche, il en est un sur lequel j’ai passé beaucoup (trop) d’heures, c’est World of Tanks dont j’ai parlé il y a quelques temps. D’autant plus étonnant pour moi que c’est un Free to Play, a priori pas forcément le type de jeu qui me correspond. Sauf que les a priori, ça sert justement à être brisé.

On appelle aussi ça un freemium, c’est à dire qu’on peut y jouer de façon illimitée, sans restriction, mais que les joueurs qui payent obtiennent des bonus. Allez mettons les pieds dans le plat direct, est ce que ça désavantage ceux qui s’en tiennent au 0€ communiste? La réponse est clairement non, mais avec un bémol. Autant je n’avais pas beaucoup de recul quand j’ai commencé à jouer, autant je commence à avoir de la bouteille maintenant. Tant qu’on est dans les premières phases de la progression, on avance rapidement et très rares sont les joueurs qui paient pour des obus à haute pénétration qui donnent un petit avantage durant les parties

En revanche, quand on arrive dans la seconde moitié de la progression, c’est à dire au delà du Tier V (les chars sont classés par niveau ; il y en a 10 au total), là on rame un peu. Parce qu’accéder à chaque niveau supplémentaire demande un large effort en temps de jeu pour collecter l’expérience nécessaire. Mais je dis que ça n’est qu’un bémol, car on peut très bien continuer à profiter du jeu sans que ça soit pénible de « stagner » à un Tier donné. De plus, on peut facilement renouveler l’expérience en essayant d’autres classes ou d’autres nations (comme les Grands Bretons rajoutés récemment).
Bon après si vous vous prenez au jeu et que vous visez les chars de Tier X ou pire, les guerres de clans, au demeurant très bien fichues, là il vous faudra certainement investir quelques vrais euros pour tenir la cadence. Car le tank coûte cher monsieur, oui c’est la crise!

Bon maintenant que la parenthèse « casual » est faite, comment résumer l’expérience en quelques mots? WoT ce sont des matchs de 15 contre 15 (tanks évidemment!) sur 15 minutes maximum (oui les biélorusses doivent aimer ce chiffre). Le mode le plus courant est une capture de la base ennemie, mais à plus haut niveau on trouve aussi des modes où une seule base doit être conquise, ou bien un camp doit être défendu jusqu’au dernier bout de chenilles. Est ce que ça le fait? Carrément! Sous ses modes « basiques » et la simplicité du gameplay, WoT cache une grande finesse. Un peu comme Team Fortress 2, chaque partie est différente et recèle beaucoup de subtilités. Il faut apprendre à gérer chaque classe, et même chaque tank avec intelligence, comprendre les techniques de camouflage, de positionnement, de mouvement…

C’est vrai que ceux qui recherchent le plaisir immédiat seront peut être déçus de l’expérience et risquent de se retrouver frustrés après 5 parties enchainées à se faire transpercer de toutes parts (pas d’allégorie graveleuse ici). Il y a en effet une courbe d’apprentissage digne d’un col de montagne hors catégorie au départ. Mais dès qu’on a un peu pigé le concept, et qu’on apprend à jouer avec précaution, on a du mal à ne pas relancer « une petite dernière pour la route ».

World of Tanks est un jeu pour amateurs d’huile moteur et canons de 88mm. Certes, mais pas que. Ceux qui apprécient jouer en finesse et en réflexion pourraient vraiment y trouver leur compte aussi.

30-60min Durée de session:
Je dirais que la durée moyenne d’une partie est de 8 minutes, bien que certaines durent effectivement 15 minutes mais c’est rare. Disons qu’une session rapide peut très bien se faire en moins de 30 minutes, mais qu’après avoir acquis un certain nombre de chars on y passe souvent plus, histoire de réussir le bonus x2 d’expérience pour la première victoire de chaque tank.
Moyen Intervalle de partie:
World of Tanks est un jeu assez addictif dans son genre. Une fois qu’on a aimé le goût de la poudre, on aura du mal à la lâcher. Mais c’est aussi la progression dans le jeu qui fait qu’on y revient. Personnellement, j’y joue habituellement plusieurs fois par semaine, mais je dirais qu’un joueur occasionnel pourrait y consacrer une grosse session toutes les deux semaines et en profiter largement, ou bien plusieurs courtes sessions plus rapprochées.
Complexe Complexité:
Les tanks sont très simples à piloter, mais vraiment durs à maîtriser. Sous son apparence de jeu de shoot, WoT est en fait extrêmement tactique, et requiert beaucoup de patience pour assimiler tous ses concepts et ses subtilités. D’autant plus que chaque char est très différent d’un autre et rend nécessaire une phase d’apprentissage à chaque fois. Mais c’est jouissif quand on commence à enchainer transformer les adversaires en carcasses fumantes.
30h+ Durée de vie:
WoT saura clairement vous occuper pendant vos longues soirées d’hiver!! A ce jour j’ai participé à 1246 batailles, et je suis pourtant très loin d’avoir fait le tour du jeu. J’arrive aux chars de niveau VI… et sachant que la progression est encore plus lente pour attendre le niveau X, on peut facilement passer la centaine d’heures. De fait, cette lente évolution peut lasser à la longue. Pour les plus mordus, les batailles de clans sauront répondre à leur besoin.
-15€ Prix conseillé:
Étant gratuit, il n’y a évidemment aucune obligation d’achat. Le jeu est suffisamment bien fait pour en profiter sans débourser un euro. En revanche, acheter occasionnellement du « Gold » (la monnaie virtuelle) peut se révéler judicieux pour booster sa progression. Je conseillerais de s’en tenir à une quinzaine d’euros maximum pour un joueur du dimanche. Les accrocs pourront eux se droguer à coup de 99€ par an…voire plus!

Casual

Hardcore

WoT n’est pas un jeu à mettre entre toutes les mains. Son apprentissage long et difficile,  son contexte limité à des tanks pas hyper sexy, et les longues heures de jeu nécessaires à la progression n’en font pas vraiment un candidat idéal au jeu occasionnel. Pourtant, il est sauvé par sa gratuité non pénalisante et ses courtes sessions de jeu qui m’ont même permis d’y jouer au petit matin avec un bol de céréales… Wargaming.net, l’éditeur du jeu, ne s’attendait certainement pas à un succès si monumental. C’est bien simple, à toute heure de la journée ou de la nuit, il y a des milliers de joueurs connectés. Au delà des amateurs d’univers militaire, World of Tanks séduit vraiment par son gameplay et son équilibrage très bien pensés, et l’intensité de ses batailles. Jouez y et vous vous surprendrez à avoir le cœur qui s’agite au moment d’asséner le coup de grâce au dernier adversaire, tapi dans un gros buisson avec un canon de 88mm
13th Juin2012

Une heure sur… World of Tanks

by Alphajet

S’il y a bien une catégorie de jeu qui ne me réussit habituellement pas, c’est bien le MMO. En effet, difficile pour moi de trouver le temps souvent énorme demandé pour profiter de ces jeux. Mais je viens d’en essayer un qui est en train de faire un carton depuis un an, le très bien nommé World of Tanks. Il est parti de loin le petit, de Biélorussie plus exactement. Mais là où la plupart des MMO m’auraient déjà découragés, WoT propose un gameplay qui se rapproche bien plus de Team Fortress que de World of Warcraft.

Ah le charme de la campagne !

Bon, il faut quand même faire un postulat de base : soit vous aimez un tant soit peu les grosses boites de conserves à canon sur chenille, soit vous pouvez passer votre chemin et vous rabattre sur les FPS multijoueurs… il y en a des tonnes. Pour ceux qui sont toujours là, amateurs de cambouis et d’odeur de poudre, je crois que je tiens votre bijou. Avant de lancer le jeu, je dois dire que je ne le connaissais que de réputation (certes grandissante) sans savoir vraiment les détails. WoT c’est donc un MMO « light » : je veux dire par là qu’il n’est que relativement massif (les parties se jouent en 15 contre 15) et qu’il ne propose pas de monde persistant. En fait, la composante MMO se trouve dans la progression étape par étape vers les tanks les plus puissants du jeu.

Le principe des parties ressemble à un Battlefield 1942 qu’on aurait résumé aux combats entre chars. En bref, deux équipes qui peuvent être composées de véhicules de n’importe quelle nation s’affrontent sur une carte de 1km². L’objectif est soit d’annihiler l’équipe adverse, soit de capturer sa base schématisée par un drapeau. Jusque là, c’est ultra classique,  limite basique même. Mais la richesse du jeu se trouve ailleurs. Comme dans un FPS par équipe, on trouve différentes « classes » de tanks, 5 au total. Et chacune avec ses spécificités, notamment les chasseurs de chars et les canons automoteurs qui sont les plus spécialisées.

Quand on arrive en ville, tout le monde change de trottoir!

Mais ce qui fait vraiment la différence, c’est le système de combat. Loin, très loin d’un Quake sautillant, il faut tenir compte des particularités du terrain, les aptitudes de chaque véhicule tant dans leur pilotage que dans leurs capacités d’attaque. Il faut également comprendre toutes les subtilités du gameplay :  le système de tir, cibler les zones les moins blindées, savoir se camoufler, gérer le timing du rechargement du canon… Mais tout ça n’est absolument pas pourri par une jouabilité complexe, bien au contraire. Seules les touches directionnelles, la souris et quelques rares autres boutons sont indispensables.

Et ça c’est la grande force de ce jeu, proposer un gameplay profond et abouti, tout en restant accessible. Et pour moi, il y en a une autre : c’est proposer des parties qui ne durent pas trois plombes. Contrairement à la plupart des MMO sont des gouffres de temps, WoT permet quand même de s’amuser pendant 10 minutes, même pendant les premières étapes du jeu, grâce à un système de matchmaking efficace. Bref, j’ai été conquis, et franchement je pense trainer mes chenilles sur WoT pendant quelques temps!

Impressions

Free to Play mais pas bridé, riche mais accessible, réduit à un unique mode de jeu (pour l’instant) mais très prenant pour autant, World of Tanks cultive les paradoxes avec succès. J’apprécie d’autant plus que le jeu occasionnel n’est pas du tout compromis. Seul frein possible : son univers très militaire et uniquement ciblé sur les tanks qui peut en rebuter plus d’un. En dehors de ça, c’est pour moi l’exemple de ce qu’il faut faire en Free to Play.