25th Juin2014

E3 2014 : quelques impressions

by Alphajet

 

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L’Electronic Entertainment Expo version 2014 ferme ses portes, tandis que la Coupe du Monde de football prend ses marques. Un évènement en chasse un autre dans l’actualité, mais le premier aura-t-il pour autant laissé une trace indélébile dans cette première moitié d’année? Est ce que les 3 principaux pourvoyeurs de jeux vidéo du moment ont réussi leur opération communication ? Et plus généralement, quelle est aujourd’hui la place et l’importance de l’E3 dans l’esprit des joueurs ?

Les constructeurs de console

Les 3 constructeurs survivants – principaux, j’exclus la Ouya par exemple, ne m’en voulez pas pour ça – ont fait leur show, avec plus ou moins de réussite. Sony et Microsoft sont opposés frontalement, disposant d’à peu près les mêmes consoles, mais pas nécessairement des mêmes atouts.

Du côté de Sony, avec une conférence axée sur sa PS4 qui réalise un très bon démarrage de carrière, on ne peut pas parler d’énormes surprises. Uncharted 4, c’est d’ailleurs tout sauf un émoi tant la licence était attendue comme le messie. Bon et ensuite du Little Big Planet (on s’en serait douté) et beaucoup de titres multi-plateformes. D’autre part, Sony a laissé champ libre à la 3DS sur le marché des consoles portables ; certes la Vita n’est pas très populaire aux US, mais on sent un certain laisser aller sur la com’ de cette console, qui peut bénéficier d’excellents jeux ou portages (Grim Fandango est un bon exemple) mais reste pourtant un demi succès. Sony focalise donc l’attention sur sa console de salon, qui elle bénéficie d’une très bonne notoriété depuis le très bon coup de Sony l’année dernière. En revanche, Sony mise toujours sur une certaine innovation pour susciter l’envie, avec le projet de casque de réalité virtuelle Morpheus ou la Playstation TV. Pour ma part, je considère que ce sont pour l’instant plus des arguments marketing que de vrais atouts, mais à Sony de prouver qu’ils sont capables d’en faire des compléments indispensables. Bref, Sony joue intelligemment ses cartes, mais de façon très classique, presque prudente je dirais. Étant donné le succès actuel de la PS4, Sony a pris le rôle du chassé et garde donc une position défensive pour être prêt à répondre si nécessaire.

Du côté de Microsoft, on joue la prudence. Sa conférence était axée sur le concept « Games only » : en clair, « on a compris votre message de l’année dernière ; vous voulez des jeux? Vous en aurez ». Exit Kinect, relégué comme un accessoire à proprement parler, pas de vagues, pas de surprises. Microsoft a décidé d’ouvrir le bal des conférences, probablement pour couper l’herbe sous le pied de Sony, pour présenter nombre de grosses licences et suites (Halo, Forza, Call Of Duty, Assassin’s Creed…) qui ne sont pour la plupart pas des exclusivités. Est ce que Microsoft a présenté des jeux enthousiasmants? Oui… Certainement, mais très peu d’originalité dans tout ça.

Pour finir, chez Nintendo, et bien on a eu droit à … du Nintendo. Mister Iwata évitant désormais de faire le déplacement avec tout le tralala direction Los Angeles, c’est un Nintendo Direct qui a permis de présenter les « nouveautés ». Pour nos amis japonais, l’heure n’est pas trop à la fanfaronnade, même si le ton de leur conférence était globalement humoristique. Mais au final, il n’y a qu’une seule priorité : vendre des palettes de Wii U pour espérer continuer à attirer des gros développeurs à faire l’effort de publier leurs jeux sur sa console, voire même y produire des exclusivités. Car si on peut reprocher à cette console la faiblesse de son hardware comparée à la PS4 et la Xbox One, on ne peut pas lui enlever les promesses de son gameplay asymétrique avec son gamepad.
En revanche, on peut toujours autant blâmer Nintendo de ne pas montrer la voie, avec visiblement des jeux qui ne l’exploitent pas plus que come un gadget. Bref, Satoru Iwata et Reggie Fils-Aime l’ont joué « rouleau compresseur pour fans », en commençant par une large couche de Smash Bros, puis en passant une bonne sauce de Zelda, un peu de Captain Toad par ci, de Bayonetta par là, et des petites cerises façon Yoshi ou Splatoon. Ah oui et les fameuses figurines NFC dont on ne sait pas grand chose, à part qu’elles sont censée apporter du bénéfice à Nintendo… et qu’elles ont plutôt l’air réussies au passage.

Les éditeurs, les à-côtés

Du côté d’Ubisoft, EA and co, et bien rien de très neuf sous le soleil non plus. Facr Cry 4, blabla Mass Effect, blabla Dragon Age, blabla Tomb Raider, blabla Battlefield… etc. J’ai l’air complètement blasé, mais je développe ça juste après. Il y a deux choses que j’ai retenues. La première, c’est que j’aimerais vraiment bien tester l’Occulus Rift un de ces quatre. Non pas que l’E3 l’ait particulièrement mis en valeur, mais ça reste quand même une des technologies les plus originales… et merde, des plus kiffantes de ces dernières années, non?? Non pas que ça soit une révolution, après tout ça n’est que déterrer et remettre au goût du jour un projet sorti trop tôt. Mais quand même, j’aimerais bien voir si c’est l’avenir du jeu vidéo, ou bien juste une étoile filante qui s’éteindra comme le premier Virtual Boy venu.

D’autre part, il y a un jeu qui me fait envie, c’est Evolve. Non pas qu’il innove complètement, après tout ça reste un FPS coopératif, plus ou moins dans la lignée de Left 4 Dead. Mais alors que le titre de Valve opposait 4 humains contre une nuée de morts vivants relativement faiblards, Evolve fait le pari inverse, qui me rappelle Giants : Citizen Kabuto pour ceux qui s’en souviennent. Quelque part, il y a du King Kong dans ce pitch de la grosse bête traquée, mais très puissante. Et de façon générale, j’aime bien qu’un jeu propose un gameplay asymétrique, ça permet de varier les parties et les situations.

La conclusion

Ca, c'était de mémoire à l'E3 1999 l'annonce de Duke Nukem Forever. A l'époque, le genre de grosse révélation qui n'avait pas fuité...

Ca, c’était de mémoire à l’E3 1999 l’annonce de Duke Nukem Forever. A l’époque, le genre de grosse révélation qui n’avait pas fuité…

Personnellement, je trouve que les E3 réservent de moins en moins de surprises. Entre les leaks volontaires ou involontaires des éditeurs, les annonces qui pleuvent tout au long de l’année pour vendre des précommandes, les actus incessantes des sites de jeux vidéo… finalement qu’est ce qu’on apprend sur un tel évènement? Il y a le show, le spectacle, certes, mais ça a toujours été le cas depuis les années 90. Mais à l’époque, tout n’allait pas encore aussi vite que la fibre optique…

Donc oui, quitte à passer pour le vieux con, je trouve que l’E3 n’est plus l’évènement qu’il était, mais c’est finalement le cas pour tous les salons. TGS, PGW, GamesCom … Les constructeurs de machines, comme les éditeurs cherchent avant tout à rentabiliser leurs investissements, et à prendre un minimum de risques. Vous voulez un exemple? Mirror’s Edge 2. EA en a teasé un bout, pour tester si vraiment il y avait un public prêt à acheter derrière. Mais il suffirait que la demande paraisse plus faible pour que le projet passe à la trappe à mon avis.

En bref, l’E3 reste une date importante du calendrier du jeu vidéo, mais plus vraiment cruciale.

09th Sep2013

PS Vita TV… mais pourquoi ??

by Alphajet

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Ou plutôt pour qui?? Puisque je me suis livré à l’exercice du commentaire de la 2DS, je me suis dit que je pourrais faire de même pour sa principale concurrente, à savoir l’iPh… la PS Vita ! Du moins, je ne vais pas commenter la sortie du nouveau modèle de PS Vita, tout à fait logique pour Sony qui profite de sa technologie éprouvée et des avancées pour proposer un modèle plus fin et plus endurant. Non, je me pose plus de questions sur cette Playstation Vita TV.

En effet, Sony a déjà un public installé pour sa console portable, majoritairement les joueurs plutôt adultes et adeptes de belle technologie d’après moi.  Mais avant tout des joueurs « nomades » qui utilisent leur console dans les transports en commun ou en vacances par exemple. Alors pourquoi cette Playstation Vita TV? En gros, il s’agit d’une Vita encastrée dans un boitier de disque dur externe. Avec une prise HDMI. Voilà. Bon et sinon qui n’en veuuut???

Et bien c’est la première question que je me suis posée. Bon on peut lancer certains jeux PS Vita dessus. Certains?? Oui apparemment tout le catalogue n’est pas disponible… mais c’est en fait légitime car certains jeux utilisent les fonctions tactiles ou gyroscopiques de la portable, évidemment non émulables sur la DualShock 3 fournie avec la Vita TV. Soit… Mais je ne vois toujours pas qui sera tenté de jouer à ses jeux Vita, ou aux anciennes gloires PSOne ou PSP avec leur résolution cracra sur son écran LED 55 pouces dernier cri.

En fait, la principale adversaire de la Vita TV serait peut être la Ouya, et on ne peut pas dire que l’intérêt modéré pour la console Android puisse donner un enthousiasme fantastique aux actionnaires de Sony. Ni à ses clients d’ailleurs. Car je ne comprends pas quel public sera visé par cette console/accessoire TV. Ni les possesseurs d’une PS3 (ou PS4), encore moins ceux d’une Vita, ni les enfants pour qui elle n’est pas du tout adressée. Les joueurs occasionnels?? Je les vois plus sur tablette ou la Ouya justement, car le catalogue Vita n’est pas spécialement adéquat.

Et ça ne sont pas les fonctions connectées – « ouaaah trop bien d’aller regarder mes emails ou twitter avec mon gamepad !! » – ni la fonction de transfert d’affichage de la PS4 (WTF?? c’est pour présenter ses exploits vidéoludiques sur un mur d’écran??) qui changeront quoi que ce soit. Alors je me demande bien où va Sony avec ce produit, surtout sur le marché français saturé de box ADSL ou fibre qui occupent déjà l’espace sous la télé.

Alors si l’un d’entre vous peut m’éclairer sur l’intérêt de cette Vita TV qui fait la une de l’actu aujourd’hui, je vous en serai fort gré 🙂 Non parce que les sites qui se ruent pour être les premiers sur l’actualité, c’est bien gentil, mais un peu de recul ça serait pas mal non plus

20th Fév2013

PS Vita: Sony tient son caliméro

by Alphajet

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Je tiens à le préciser d’emblée, je ne possède pas de PS Vita. Au moins on pourra me taxer sans vergogne de parler sans savoir! Mais ayant appris la récente baisse de tarif de la console portable au Japon, je ne peux m’empêcher de me poser des questions sur ce semi-échec. Alors je ne vais pas faire ma Madame Irma du jeu vidéo, mais juste essayer de comprendre pourquoi une console qui a tant fait parler d’elle et tant rêver avant sa sortie au pu faire l’effet d’un soufflé qui retombe – saison de Top Chef oblige.

1. Les jeux, bordel. Le discours est assez partagé sur la question. Certains diront qu’il n’y a pas de jeux sur la Vita, d’autres crieront à l’injustice tant certains jeux méritent effectivement le coup d’oeil. Mon avis sur la question, c’est que la portable de Sony manque quand même d’un jeu qui l’aura définitivement marquée. Plus qu’un blockbuster, c’est une empreinte, une expérience qu’on puisse réellement identifier à cette console qui manque. Car toute bardée de technologie qu’elle est, le novice que je suis ne connait aucun jeu, hormis Gravity Rush, qui l’exploite vraiment. Et si la 3DS a eu le même bad effet kiss-cool quand on s’est rendu compte que l’effet 3D était assez gadget, elle a eu en revanche suffisamment de bons jeux plus classiques utilisant les fonctions tactiles qui ont su sortir leur épingle du jeu dès la première année.

2. Cette fameuse technologie qui équipe la Vita et qui sert de vitrine à Sony pour démontrer toute la puissance qu’une portable peut déployer, n’est elle pas inutilement démesurée? Autant tout le monde s’accorde pour dire que l’écran est magnifique, autant le pavé tactile à l’arrière semble complètement sous-exploité. Tout comme la très inutile version 3G, et même l’accéléromètre n’est pas souvent mis à contribution. Combiné au fait que Sony – une fois de plus – a voulu imposer un format propriétaire de carte mémoire hors de prix (le format SD tu connais??). En fait, ce qui m’inquiète le plus, c’est que cette masse technologique vaut son pesant de cacahuètes, enfin de Yens en l’occurrence. La Vita coûte cher, et Sony n’a que peu de marge de manœuvre pour ne pas la vendre trop à perte.

3. Sony n’avait pas anticipé le changement de son public cible… et très honnêtement, on peut difficilement leur jeter la pierre tant c’était compliqué à prévoir. Mais notre époque et les joueurs qui la vivent ont changé leurs attentes. Retour dans les années 90 lorsque sort la/le (rayez la mention inutile) GameBoy. La portable de Nintendo devient un véritable phénomène, car c’est une vraie console avec une très grosse ludothèque, transportable partout. Lorsque sortent la DS et la PSP une quinzaine d’années plus tard, Nintendo innove avec son double écran (qui paradoxalement rappelle les Game&Watch des années 80) et Qony mise sur la puissance mais aussi le multimédia : lecture de vidéos, de musique…

Mais qu’a apporté la PS Vita au joueur de 2012? Malheureusement pas suffisamment pour faire face aux smartphones et aux tablettes qui ont tous deux largement cannibalisé son marché! On joue à un « petit jeu » dans le métro sur son smartphone, et pour le canapé on privilégie un écran Retina d’Ipad par exemple. Mais le marché du gamer nomade, lui s’est considérablement restreint. La portion du grand public prête à payer pour un smartphone (indispensable) + une tablette (à la mode) + une console portable a, à mon avis, chuté.

Et c’est aussi je pense, ce qui explique en partie les points 1 et 2.
1. De nombreux développeurs de jeux ont trouvé un marché juteux sur smartphones et tablettes, et la Vita démarrant mollement n’a pas vraiment ressemblé à un eldorado sur son marché. Et curieusement, Sony n’a poussé que très peu de jeux sur sa propre console, à l’inverse de Nintendo. Justement la 3DS elle, se permet de surfer sur le vague « casual » et les jeux pour enfants, ce qui contribue à créer un cercle vertueux du parc de machines installées.

2. Sony, avec un matériel beaucoup plus coûteux que la 3DS, se heurte de façon plus frontale à la concurrence des tablettes et smartphones évoluant très vite et avec un prix proche, sans avoir pour autant beaucoup de latitude pour baisser son prix.

Qui sait, cette baisse, si elle est répercutée au niveau mondial, aura peut être l’effet escompté de relancer l’intérêt pour une console qui reste malgré tout  un bel objet.

18th Fév2013

Le retour de la convergence

by Alphajet

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Il y a quelques années de cela, on parlait du terme convergence (dans le milieu du high tech) pour désigner le fait que le perfectionnement et la miniaturisation de l’électronique feraient disparaitre certains appareils ou plutôt les fusionner en un seul bon à tout faire. En l’occurrence, c’est le destin – tragique – qu’ont suivi des appareils comme le Palm, le Discman, remplacés par les smartphones ou les baladeurs MP3. Mais aujourd’hui, je pense à convergence en voyant les configurations matérielles des deux futures stars des consoles chez Sony et Microsoft.

Alors bien sûr, pour moi il ne s’agit que de spéculations sur les spécifications des nouvelles Xbox et Playstation qui circulent, mais on en a quand même une idée assez précise aujourd’hui. Et elle dit quoi la rumeur? Elle annonce un processeur multi-coeurs, très probablement de chez AMD, et très probablement proche des APU A10 sortis récemment pour nos PC. Jusqu’à présent, la plus grosse différence semble ses situer autour de la mémoire vive qui serait plutôt de type GDDR5 chez Sony, et DDR3 chez Microsoft. Ca vous en bouche un coin hein? Ah vous étiez déjà tous au courant? Normal.

Non là où je suis surpris c’est :

1. Le choix d’une architecture très proche du PC. Et pour ça que je parle de convergence, c’est que si la plateforme matérielle est très proche entre ces 2 consoles et les PC, c’est du pain béni pour le multi-plateformes! Et c’est à mon avis une réelle volonté de la part des éditeurs aussi de pouvoir faire un portage sur d’autres supports à moindre frais! On le sait, certains studios ont parfois accouché de catastrophes en tentant de porter leur jeu, avec un framerate abominable, ou des textures façon bave de limace. Et même les plus grands s’y sont heurtés – souvenez-vous des premières semaines de GTA IV sur PC!! Bref, les éditeurs et les développeurs cherchent à rentabiliser respectivement leurs investissements et leur travail, et les joueurs retrouveront plus facilement une expérience similaire sur la machine de leur choix. Honnêtement c’est plutôt tout bénef’ !

2. Le choix d’AMD m’a également étonné, alors que nVidia avait été le partenaire de Sony pour la partie graphique, et IBM le fournisseur exclusif de processeur pour toutes les consoles de la précédente génération. Cela dit, ça me semble plutôt être un bon coup, car AMD a réussi à être très performant à la fois au niveau CPU et GPU, et est le seul à maitriser correctement cette Fusion (haha) – Intel étant bien trop faible sur la partie graphique et nVidia encore trop léger sur la partie processeur avec son Tegra. C’est également une excellente nouvelle pour AMD qui s’assure ici un gros marché pendant plusieurs années, et j’espère, lui permettra de continuer à concurrencer Intel et nVidia après les difficultés qu’ils ont rencontrées.

3. La – probable – forte ressemblance technique entre la prochaine Xbox et la prochaine Playstation. Initialement, je pensais que les deux concurrents les plus démonstratifs au niveau performance auraient tenté le concours de qui-ka-la-plus-grosse. Sony était un magnifique spécialiste de ce jeu là – heureusement qu’il n’y a pas de PS3 avec son Cell en Corée du Nord, on a échappé à une guerre nucléaire s’ils avaient pu mettre la main sur autant de puissance! Mais blague à part, c’est plutôt le choix de la raison qui l’a emporté, avec des prix des consoles qui ne devraient à mon avis pas crever des plafonds et une architecture qui sera plus rapidement maitrisable par les développeurs. Ce qui signifie qu’on peut espérer un line-up riche dès la sortie.

Il ne faut pas l’oublier, même si le marché du jeu vidéo est devenu énorme, il n’en reste pas moins colosse au pieds d’argile… Les récentes catastrophes de THQ, Atari, Game montrent que la crise est aussi passée par là, et ni Nintendo, ni Sony ne peuvent fanfaronner en plongeant dans des baignoires en platine pleins de champagne. L’époque impose une rationalisation, et même si cette harmonisation pourra peut être en décevoir certains, espérant des puissances démesurées, elle est clairement le choix de l’intelligence.

Ni Sony, ni même Microsoft et son budget démesuré n’ont guère envie de produire une console hors de prix qui plombera leur rentabilité autant que leurs ventes à une époque où les concurrents, même indirects, n’ont jamais été aussi nombreux. Un peu de sagesse dans ce monde de brutes…

04th Juil2012

La révolution est en marche

by Alphajet

Le cloud gaming? Oui mais à un horizon un peu lointain

Non, point d’Adam Jensen ici, encore moins le nom de code d’une console de Nintendo. Non, je vous parle du fait que la plus grande révolution du jeu sur console est en marche. Une révolution dont les prémisses se déroulent en coulisse, presque en catimini. Ce dont je parle, c’est le rachat par Sony de Gaikai, une des sociétés leader du cloud gaming. Vous doutez de ce que je vous dis? Alors lisez la suite.

Depuis leur naissance, le modèle de vente des consoles n’a presque pas évolué : les constructeurs vendent une partie hardware toujours plus puissante, pour pouvoir vendre des containers de jeux toujours plus beaux. Depuis quelques temps, le téléchargement de jeux prend une place plus importante sur console – bien qu’il soit très bien implanté sur PC depuis quelques années déjà. Avec le succès du Xbox Live Arcade et du Playstation Store, voire même du Wiiware, on commence déjà à voir poindre une amorce de virage.

Le virage du tout dématérialisé. Si Sony ne compte certainement pas l’imposer dans l’immédiat, le rachat de Gaikai prépare définitivement l’avenir. Et le deuxième effet kisscool, c’est de couper l’herbe sous le pied d’un concurrent gênant. Sony fait d’une pierre deux coups en acquérant l’expertise d’un des spécialistes de ce nouveau marché, et évite d’avoir à l’affronter dans les années à venir. Les 380 millions de la transaction représentent même plutôt une bonne affaire. au final!

Mais je trouve que les conséquences de ce rachat restent plutôt mal comprises par les sites qui ont relayé l’information. Certains imaginent que Sony lancera peut être le service dès la PS3, d’autres qu’il sera disponible au lancement de la PS4. Mais rappelons le principe du cloud gaming : il s’agit de la « vidéo à la demande » du jeu vidéo. Le distributeur du service héberge une énorme quantité de serveurs à la puissance combinée phénoménale. Une fraction de cette immense capacité de calcul est mise à disposition de chaque abonné qui reçoit le flux du jeu vidéo de son choix.

En d’autres termes, ça signifie que si je lance God of War sur ce service, chaque fois que je fais un pas en avant grâce à mon gamepad, ma plateforme locale (imaginons que ce soit la PS4) envoie à Sony cette information, qui recalcule l’image correspondante et la renvoie sur ma PS4 pour l’afficher.

Les deux conclusions à tirer de ce récapitulatif simpliste sont :

1 : envoyer des commandes et recevoir un flux d’image, c’est pas loin d’être faisable sur un minitel. Dommage il est mort. Mais c’est tout à fait ce que fait la nouvelle Bbox Sensation qui n’a rien d’exceptionnel sur le plan plan matériel. Sony a donc tout intérêt à lancer son service sur Playstation le plus tard possible pour rentabiliser les énormes investissements matériels et en R&D qu’elle doit requérir. Souvenez vous du prix initial de 600€ de la PS3, pourtant vendue à perte! Or il faut vendre des jeux plus beaux, qui seront le fer de lance de cette nouvelle console! Qui investirait plus de la moitié d’un SMIC pour jouer à un jeu qui tournerait sur une box ADSL?

2 : ce type de service ne peut réellement se développer qu’à une seule condition. C’est que la qualité des connexions du plus grand nombre s’améliore considérablement. Oh les parisiens fibrés ne devraient pas trop s’en inquiéter, mais l’essentiel de la population française reste en technologie ADSL pour quelques années encore. Or pour faire passer un flux 1080p, et encore largement compressé, il faut au moins 4 à 5 Mbits. J’ai du mal à être convaincu qu’un géant comme Sony serait prêt à se priver d’une partie non négligeable de son public en imposant le modèle tout dématérialisé.

Voilà deux bonnes raisons qui à mon avis prouvent que Sony, sauf s’il y est contraint par la concurrence, risque de patienter plusieurs années avant d’imposer ce nouveau modèle. Seul l’avenir nous dira si je me suis lamentablement planté ou non.

30th Nov2011

Réalité diminuée

by Alphajet

Exemple typique de ce qui est proposé : un mini-monde qui semble s'animer dans nos mains

Ces derniers temps, on entend forcément beaucoup parler de la PS Vita. Elle débarque peu avant Noël au Japon, et en Février dans nos contrées européennes, ça je pense que vous le saviez déjà. Mais je suis récemment tombé sur cette nouvelle possibilité de la PS Vita de faire de la réalité augmentée (voir la vidéo en bas). Loin de moi l’idée de vouloir critiquer le principe, j’ai plutôt un regard très positif à l’égard de cette technologie, mais il faut admettre qu’en matière de jeux vidéo… C’est naze. Non pas parce que c’est inimaginable de trouver du fun là dedans, mais parce que pour l’instant du côté des constructeurs, c’est créativité zéro.

C’est Nintendo qui a ouvert le bal en premier, avec ses cartes de réalité augmentée fournies avec la 3DS. J’ai été bluffé au départ, le rendu est vraiment très sympa. Mais c’est la première et la dernière fois que je les ai utilisées puisque Nintendo a laissé tout ça à l’état de concept pour l’instant. Du coup, on se retrouve avec une fonctionnalité mise en avant au lancement de la console qui fait gadget (une spécialité de Nintendo, il faut bien l’avouer). Et là Sony nous sort de son chapeau sa vision de la réalité augmentée. Est ce qu’on peut s’attendre à un vrai jeu qui mette l’environnement autour du joueur à contribution? Ou ne serait-ce qu’une application qui tire parti à la fois du tactile ou des capteurs gyroscopiques ET de cette foutue caméra? Non, que dalle, juste du très classique, même si la qualité de l’image impressionne… enfin dans ce teaser en tout cas. Mais au final on n’est pas très loin d’un jeu Chocapic

Je ne sais pas, je suis peut être le seul à ne voir qu’un argument commercialo-marketing dans tout ça, mais il faudra me montrer que Sony comme Nintendo sont capables de pondre autre chose qu’une démo technologique. J’ai l’impression qu’avec la concurrence des téléphones portables et leur puissance accrue tous les 3 mois, les deux grands constructeurs flippent à mort et cherchent à convaincre que leurs bébés ne sont pas has-been. Au point d’entendre des rumeurs assez étranges, comme ces 25% de puissance supplémentaire débrayables sur la 3DS (vont ils inventer le DLC matériel??). Je préfèrerais qu’ils laissent des développeurs indépendants laisser libre court à leurs expériences, en créant des applications gratuites et librement distribuées, comme ça a pu être fait avec Kinect même si c’était un détournement à la base. Mais si aujourd’hui Microsoft encourage ces pratiques, c’est bien qu’elles motivent la découverte d’expériences de jeu positives. Kinect n’a pas encore révélé tout son potentiel, et clairement, ni la 3DS ni la Vita n’ont pour l’instant dégainé les cartes qui leur permettraient de se démarquer.

 

19th Oct2011

La PS Vita loupe le papa Noël

by Alphajet

Ne t'en fais pas Santa, Modern Warfare 3 arrive!

Certains espéraient peut être encore la voir débarquer avant Noël (la date de lancement au Japon étant fixée au 17 décembre prochain), mais Sony vient de le confirmer. Il faudra attendre le 22 Février 2012 pour trouver la PS Vita en Europe, et donc en France. Mais au delà de cette annonce qui fera quelques déçus (dont je ne fais pas partie, parce que j’ai déjà du mal à profiter de ma 3DS), j’ai quelques questions à soulever.

La première, c’est comment expliquer qu’un constructeur d’envergure mondiale comme Sony puisse ainsi réserver 2 mois de primeur à sa nouvelle console portable au seul sol japonais? Il faut tout de même noter qu’il y a quelques mois, Nintendo a fait de même, avec un mois d’écart entre la sortie japonaise et la sortie mondiale. Alors pourquoi se priver d’une manne financière monstrueuse en ratant Noël, la période de vente la plus faste pour le jeu vidéo? A mon humble avis, je ne vois comme raison qu’une capacité de production trop modeste pour ne pas avoir de stocks trop limités.

Ainsi Sony privilégierait l’approvisionnement son marché local, traditionnellement très fort soutien de la marque. Ce n’est pas un mauvais calcul dans l’absolu, mais la Vita est également très attendue dans nos vertes contrées, et fera probablement un très bon démarrage. Mais bon, j’imagine que tout ça résulte quand même d’un savant calcul et qu’ils savent où ils vont.

Deuxième point qui m’interpelle, c’est le prix des jeux Vita. Nintendo dirait probablement qu’on ne peut pas comparer un jeu 3DS, avec ses fonctions inédites en 3D, avec un jeu Playstation Vita. Mouais, n’empêche que Sony va infliger un direct du droit au tarif officiel de 45€ sur 3DS avec des sorties à 39,90€ au maximum. Donc je doute qu’en 2012, Nintendo persiste dans ce sens, et il est possible que le tarif moyen DS baisse pour laisser de la place au prix magique de 40€. De toute façon, j’ai toujours trouvé que c’était trop cher payé, même pour de la 3D.

Une dernière pensée pour tous ceux qui passent des heures dans les transports en commun, bon courage pour patienter encore 3 mois 🙂 … encore faut il que la console soit à la hauteur!

12th Oct2011

Mais qui est donc Michael?

by Alphajet

Bon je sais, la vidéo a pas mal circulé sur le net ces derniers temps, mais avec Torment, on s’est dit que pour ceux qui l’auraient ratée, ça serait dommage de ne pas voir ce bel hommage de Sony au Joueur avec un grand J. Torment l’a tout simplement résumée ainsi « certainement une des meilleures pubs de jeu vidéo que j’ai pu voir ». En tout cas un bel de promotion positive et réussie. Dommage qu’elle ne soit pas diffusée par chez nous!

Histoire d’apporter un petit plus pour les non-anglophones, je propose une traduction approximative pour mieux apprécier les dialogues.

[Soldat US de Medal of Honor] « – Hmm, restez calme »
[Soldat US] – Puis-je? »
[Nathan Drake] – Je volais au dessus comme une cité perdue dans les sables. La seule chose que je me souvienne ensuite? L’avion se crashe. Et je me retrouve à 30 000 pieds comme une poupée de chiffon…
[Cole d’Infamous] – De la vermine dans tous les coins, la moitié de la ville me haïssait, l’autre me voulait mort, mais lui, il était du bon côté.
[Solid Snake] – Je vous le dis la guerre a changé, alors vous faites ce que vous avez à faire. Je ne suis pas un héros, mais quoi que j’ai fait de bon, c’était lui…
[Athena] – C’était une période de souffrances, quand les dieux faisaient parler leur puissance, quand aucun mortel n’osait se confronter à Zeus… il l’a fait.
[Soldat US de Medal of Honor] – A Omaha, j’ai été débarqué sur cette maudite plage, sans aucun allié, j’aurais pu mourir. Mais si j’avais abandonné, personne ne l’aurait su. Mais un homme l’a traversée : Michael !!
[Nathan Drake] – Michael
[Athena] – Michael
[Ezio] – Quand les templiers ont assassiné ma famille !
[Ghost Mordern Warfare] – Quand ce putain de monde partait en vrille…!
[Tous] – A Michael !!!
[Barman] – Pour tous ceux qui sont tombés… A Michael !!!
[Tous] – A Michael !!!

 

15th Sep2011

TGS 2011 : Sony en confiance

by Alphajet

Avec les moyens mis sur la PS Vita, elle a intérêt à cartonner! (et à pas être piratée 😀 )

Après un premier semestre assez chaotique pour la Playstation company, avec notamment le cataclysme du PSN (:) je fais un peu trop de sensationnalisme là non?), Sony a fait table rase du passé pour attaquer fièrement la fin d’année. Mais heureusement pour eux, les joueurs sont vite revenus s’installer sur le PSN. Néanmoins, tous n’ont pas la mémoire courte et Sony a tout intérêt à choyer son public pour conserver son capital sympathie. C’est pourquoi tout sa conférence pré-TGS s’est axée autour de la PS Vita qui doit absolument rencontrer le succès. Et a priori c’est bien parti…

A retenir:

– Cette conférence démontre une fois de plus le positionnement différent de Nintendo et Sony sur le marché des consoles portables. Là où la 3DS mise encore beaucoup sur le jeune public (malgré le loupé de la 3D pour les enfants de moins de 7 ans qui a été une belle gifle) avec des fonctionnalités avant tout focalisées sur les jeux, la PS Vita suit la ligne directrice tracée par la PSP. A savoir viser un public plus adulte et plus technophile avec toutes les fonctionnalités connectées de la console. La concurrence des smartphones mettant toujours la pression, l’association avec un opérateur télécom japonais pour la version 3G de la console, tout comme l’intégration d’applis comme Facebook ou Twitter montrent que la portable s’arme pour se défendre

– La date de sortie de la Vita au Japon est toujours fixée au 17 Décembre, mais ça aurait été sympa Mr Sony d’annoncer la date de sortie mondiale. Il faut espérer que ça ne dénote pas une incapacité du constructeur à produire suffisamment de consoles pour les marchés européens et américains…

– Autre point frappant, l’annonce du line-up de la Vita qui là aussi tranche par rapport au lancement de la 3DS. 26 jeux annoncés pour la sortie, c’est quand même pas mal, dont quelques classiques comme Ridge Racer, Final Fantasy Type 0, ou encore Ultimate Marvel vs Capcom 3. Certes peut être un peu trop classique, mais Sony annonce aussi 100 jeux en cours de développement, ce qui tend à prouver l’engouement autour de cette nouvelle portable. Peut être qu’ils ont tout simplement fait un meilleur boulot de communication et de livraison des SDK envers les développeurs tiers.

– Dernière info intéressante, la possibilité de télécharger les jeux PSP. Je ne connais pas encore trop les modalités, mais la rétrocompatibilité est toujours une chose appréciable.

– Concernant la PS3 par contre, quasi néant total. Un peu regrettable quand même, mais j’imagine que les annonces seront faites entre aujourd’hui et ce week end.

Reste que de mon point de vue, la Vita restera une console plus « hardcore gamer » que la 3DS, prévue pour des gros titres rodés sur PS3 (avec en plus la notion de CrossPlay annoncée à l’E3: démarrer un jeu sur PS3 et le continuer sur Vita). Néanmoins, ça n’empêche pas une utilisation plus casual sur certains jeux. Wait & See…

17th Juin2011

Le jeu vidéo japonais à la peine?

by Alphajet

Dr Kawashima, exemple de concept original à succès

Ces derniers temps, on entend assez régulièrement que les studios de jeu japonais sont trop dépassés par les éditeurs américains, voire même européens. En effet, les mastodontes que sont Electronic Arts, Activision-Blizzard ou encore 2K font beaucoup d’ombre, même à des des grands noms japonais comme Square Enix. Ce sont les développeurs japonais eux mêmes qui faisaient ce constat encore lors du dernier E3 et déplorent une industrie qui n’est plus en adéquation avec son marché.

Il y a plusieurs raisons qui mènent à ce gendre de déclaration. Tout d’abord, il faut bien se rendre compte que d’un secteur de niche dans les années 80, le marché du jeu vidéo a explosé durant les 20 dernières années pour devenir un mammouth digne du cinéma. Qui dit gros marché, dit gros sous, dit… USA. Donc si les japonais ont évidemment tiré parti de leur savoir faire de pionniers en matière de jeux vidéos, il était quelque part évident qu’ils seraient un jour ou l’autre rattrapés par des concurrents aux dents longues. La concurrence est donc tout simplement plus forte, mais le mal n’est il pas plus profond?

C’est en substance ce que certains développeurs stars des studios japonais (Capcom, Square Enix, Konami pour ne citer qu’eux…) évoquent. Il faut savoir que d’un marché hyper dynamique à l’origine, le jeu vidéo a atteint sa maturité au pays du soleil levant depuis un moment. Et les immenses succès qu’ont pu connaitre la Super Famicom ou encore la PS2 ne se reproduisent plus aujourd’hui. Cela s’explique là aussi par plusieurs phénomènes qu’il est difficile de tous mesurer, mais qui comprennent :
– une société qui vieillit beaucoup: l’espérance de vie est la plus grande dans le monde alors que le taux de natalité est environ de 1,3 enfant/femme
– le confort de vie qui a tendance à se réduire: les japonais passant beaucoup de temps au travail et dans les transports en commun, leurs loisirs se limitent dans la durée
– l’émergence des smartphones: très férus de technologie, les nippons adorent leurs smartphones…et par conséquent les jeux pas chers qui vont avec, et qui inquiètent beaucoup les développeurs. En comparaison, le marché des jeux vidéo est devenu mature.

Il semble que l’industrie du jeu vidéo nippone fasse sa psychanalyse et réfléchisse aux moyens nécessaires pour lui rendre ses lettres de noblesse. Il est de toute façon clair que les studios doivent se tourner plus vers l’extérieur. Non pas pour pomper allègrement les jeux occidentaux, mais plutôt pour y trouver des sources d’inspiration pour renouveler des genres qui tournent un peu en rond… Resident Evil, Devil May Cry, Street Fighter, Final Fantasy, Gran Turismo, autant de licences qui devraient peut être laisser plus de place à de nouvelles licences plus fraiches et innovantes. Shadow of the Colossus, Ico ou encore Okami ont su convaincre la critique et remporter un certain succès, et ouvrent la voie à d’autres. Dans un autre style plus déjanté, No More Heroes a su aussi tirer son épingle du jeu, et cela même sur la Wii, console réputée pour les non gamers.

Dans un autre registre, celui des constructeurs, c’est bien Nintendo qui a senti le vent tourner en premier, et a justement ouvert sa DS et sa Wii vers des marchés en croissance : le casual, représenté par les plus jeunes, les personnes âgées ou tout simplement ceux qui n’avaient pas été attirés par le jeu jusque là. Mais je serais un oiseau de bien mauvaise augure si j’annonçais la mort du jeu nippon, et je n’y crois pas. Pas de la part d’une nation qui a engendré Mario ou Sonic, et qui sait se relever des tremblements de terre, tsunamis et autres bombes atomiques…

 

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