31st Mai2012

1 heure sur… Sniper Elite V2

by Alphajet

C'est la fin des haricots pour les nazis

Sniper Elite V2 est une sorte de remake HD du jeu du même nom sorti en 2005 sur PS2, Xbox et PC. C’est Rebellion – studio que j’ai vénéré pour les heures de fun qu’ils m’ont fait passer sur le premier Aliens vs Predator – qui s’y colle à nouveau. La formule est du coup très proche : on incarne un sniper américain durant les dernières heures de la 2e guerre mondiale, qui doit éliminer (ou capturer selon les circonstances) les scientifiques responsables du projet V2. Et oui, c’est donc un vrai challenge de faire du neuf avec la seconde guerre mondiale. Voyant ses très bonnes ventes en France, je me suis laissé tenter par un essai

Commençons avec les points positifs. D’abord, j’ai trouvé que l’ambiance « pays dévasté » telle qu’elle était en Allemagne en 1945 est plutôt bien rendue. Et pour le coup, c’est plutôt bien joué car ça fait le parfait terrain de jeu pour un tireur d’élite, après tout c’est le but! Le moteur est fluide et tient bien la route. J’ai été surpris par le choix de proposer un 3rd Person Shooter pour un jeu de sniper. Mais finalement, ça m’a rappelé ce bon vieux Hidden & Dangerous en version modernisée. Au final, la maniabilité est très correcte avec les désormais habituelles possibilités de se mettre à couvert. Mais venons en au coeur du poulet : la qualité des phases de tir!

L'Allemagne en 1945, pas très fun et c'est bien retranscrit

Et bien Sniper Elite V2 se débrouille plutôt bien, avec une gestion de la gravité (il faut viser plus haut que sa cible en fonction de la distance), du vent (tir plus à gauche ou à droite) et du rythme cardiaque. L’élément le plus gratifiant étant le ralenti de la balle éjectée du canon qui finit sa course dans le buffet des soldats ennemis. Le jeu pousse parfois le détail jusqu’à présenter quels organes internes sont touchés. Bref, vous l’avez compris, l’idée est de trouver la position de tir idéale pour se dégager le passage afin d’accomplir l’objectif de la mission.

Bon jusque là, ça peut faire un très bon jeu pour les amateurs du genre non? Mais il y a aussi des choses qui me dérangent sérieusement. Le level design notamment qui m’a semblé très « couloirisé » sur ce que j’en ai vu. Pour un jeu qui aurait pu jouer sur la liberté d’action en laissant le joueur se poster où il le souhaite, c’est raté. Tout est très scripté et il n’y a pas trop de place pour faire à sa guise (non, ne me faites pas Jean Rochefort). Du coup on se retrouve souvent à devoir éliminer l’armée allemande entière parce que le fusil fait tellement de boucan qu’au moindre coup tiré, tous les ennemis se mettent en alerte et nous courent après. C’est très bien, mais dommage qu’on ne puisse pas faire d’approches plus furtives!

J'ai fini par aligner cet enfoiré de Gunther au snipe. Il ne s'est pas réveillé cette fois

Ensuite, je n’ai pas trouvé l’IA très convaincante. J’ai bien aimé le système honteusement pompé sur Splinter Cell Conviction où on voit sa dernière position en filigrane dès qu’on est repéré par un ennemi, mais en contrepartie, ces derniers courent en pleine rue et peinent souvent à se mettre rapidement à couvert. Donc ça donne lieu à de belles séquences de tir au pigeon… même si c’est un peu l’objectif du jeu finalement : se concentrer sur les compétences de tir. Mais quand même, le coup des soldats qui accourent en mode petit train pour se faire éliminer un par un, je croyais que ça n’existait plus depuis Call of Duty 2 non?

Pour finir, j’ai parfois regretté le manque de crédibilité. Autant les tirs au fusil de précision sont plutôt réussis, autant en tirant avec les mitrailleuses Thompson ou la MP40 allemande j’ai eu l’impression de tirer des boulettes de papier sur les ennemis ! Je me suis retrouvé dans la situation suivante : face à un soldat allemand endormi, je m’approche à 2 mètres et je lui tire 3 balles dans les poumons. Mais Gunther est plus costaud que ça, se réveille tout frais et m’élimine sans sourciller. Ah faut croire que les ennemis se servent beaucoup mieux de leurs joujoux parce que même à 200m ils arrivent à vous toucher avec leur vieille pétoire. Dans le même genre, si le rythme cardiaque est géré lorsqu’on court, il est étonnant de constater que se prendre du plomb dans le bide ne l’augmente absolument pas. Moi il m’en a fallu moins que ça en jouant au paintball pour monter dans les tours!

Bref vous l’avez compris, je n’ai pas été convaincu, même si je suis persuadé que les fans du genre pourront y trouver leur compte. D’autant plus que côté casual, c’est un succès avec des missions pas trop longues (entre 30 min et 1 heure) durant lesquelles on trouve plusieurs sauvegardes intermédiaires. Bref ça n’est jamais frustrant et SEV2 m’apparait comme un titre qui ne requiert pas d’y jouer de façon intensive.

Impressions

J’ai hésité à mettre mon appréciation à 2/4. Mais malgré sa gestion du tir de précision séduisante et réussie et des décors qui m’ont plu, l’IA défaillante et les scripts trop flagrants ont décapité mon enthousiasme. En bref, j’y ai joué une heure, mais j’aurai du mal à me motiver pour le finir.
24th Fév2012

Le jeu du grenier n°4: Aliens vs Predator

by Alphajet

Le Marine pour une fois n'est pas du tout la vedette!

Je ne vais évidemment pas vous parler du remake sorti il y a deux ans, et encore moins des films! Non j’aimerais vous parler de ce titre qui n’a pas forcément marqué tout le monde a l’époque mais moi si. En 1999, Rebellion est un studio peu connu, mais ils ont déjà sorti un premier Alien vs Predator dont personne ne se souvient, et pour cause… c’était sur Jaguar. Cet épisode est un FPS, sorti sur PC et Mac et d’ailleurs avant même tous les médiocres films du même nom.

Au delà de l’originalité, à l’époque, d’avoir opposé Aliens, Predators et Marines, Rebellion a réussi à proposer un gameplay réellement différent pour chaque race, avec une campagne propre dont chacune permet de maitriser peu à peu les spécificités de chacune. On retrouve alors ce à quoi on peut s’attendre : un Predator puissant, adepte du camouflage et de la discrétion, un Marine vulnérable, mais bien équipé et pouvant compter sur son nombre, et enfin un Alien mortel au corps à corps mais limite injouable au départ tant sa vitesse et son agilité sont déconcertantes.

Trois façons de jouer donc, mais avant tout, une ambiance du tonnerre!! Aujourd’hui, les graphismes datés avec leurs textures baveuses paraissent complètement à l’ouest. Mais il y a plus de 10 ans, non seulement le jeu n’était pas moche, mais c’est surtout la pénombre quasi-permanente dans les niveaux qui foutait un stress pas possible. Mais parler d’AvP sans évoquer son mode multijoueur, c’est comme déguster le meilleur comté AOC avec un pain de mie « Le pouce » à 50 cents le kilo du supermarché : c’est pécher! Cette époque était pour moi l’âge d’or des LAN entre potes, et Aliens vs Predator est vite devenu un incontournable.

D’abord parce que Rebellion a réussi le pari presque inégalé encore de proposer trois « classes » réellement déséquilibrées. Quand on jouait à AvP, les marines devaient forcément être en surnombre face aux Aliens et surtout au Predator. Mais quels fou-rires on a pu se taper ensemble, avec ce maudit radar qui faisait son « BIP BIIP » incessant et hyper stressant, obligeant à se retourner en permanence car il ne scannait qu’à 180° devant soi!! En tant que marine, on tirait des rafales en croyant avoir vu une ombre bouger, ou parfois tout simplement pour s’éclairer un minimum. Pendant ce temps l’Alien attendait sans bouger au plafond pendant que le Predator ajustait son tir, invisible dans un recoin. Le Marine restait presque le plus fun à jouer tant le stress qu’il provoquait finissait par être comique : combien de fois ai-je fini par incendier la moitié de mes camarades au lance flammes en tentant désespérément de me protéger d’un Alien! Ou hurler alors que je me rends compte que le Predator, presque invisible, se retrouve à 2 mètres de moi sans que je l’ai vu avant!

Bref, AvP a clairement souffert à l’époque de la concurrence, coincé entre Half-Life et Quake III, mais restera toujours pour moi un grand souvenir de jeu grâce à son multi inoubliable. Si la curiosité vous titille, on le trouve sur Steam pour 3€ désormais, mais je ne crois pas qu’il puisse faire le même effet aujourd’hui. Les vieilles gloires gagnent parfois plus à rester dans nos mémoires 🙂