16th Nov2014

Les mauvaises résolutions

by Alphajet

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Voilà, ça fait des mois que ce sujet me trottait dans la tête, mais évidemment vu le temps de réaction que j’ai sur mon blog, on m’a coupé l’herbe sous le pied… deux fois. Je veux parler des débats de plus en plus systématiques autour de la « qualité graphique » des jeux, en particulier sur console. C’était moins vrai sur la génération 360/PS3, mais depuis la sortie de la Xbox One et la PS4, j’ai l’impression que chaque nouvelle sortie fait l’objet d’un décorticage technique, d’une plongée dans les détails, et surtout d’une comparaison systématique d’une console à l’autre.

Je suis tombé sur cet article de Julien Chièze dont le titre m’a attiré l’œil. L’auteur y rappelle que le débat ne doit pas être systématiquement déporté sur les aspects techniques d’un jeu, mais plus sur les qualités d’écriture, d’émotion et de gameplay. Certes. Il défend aussi que les actualités de type confrontation technique sur Gameblog sont justifiées par sa volonté de laisser ses rédacteurs s’exprimer. Mouais. Surtout parce que ça « intéresse les joueurs ». Si on veut, mais la question est : « ce débat serait-il aussi récurrent si les sites majeurs de jeu vidéo n’assénaient pas si souvent ce genre de news? ». Je ne pense pas, car aujourd’hui ces sites sont la référence pour beaucoup de joueurs, dont les notes techniques sont souvent une finalité.

C’est l’exercice du test de jeu vidéo (et non de la critique) qui veut ça, mais pousser le débat aussi loin tient de l’hérésie – qu’on les brûle!!! Là où je rejoins Julien C., c’est sur son intertitre « la dictature du benchmark« , que je trouve très juste. Quand les chiffres deviennent la seule mesure valable de la qualité d’un titre, c’est que quelque chose cloche. Il faut vraiment faire la différence entre un benchmark qui est plutôt un outil pour tester les cartes graphiques (ou dans une moindre mesure les processeurs), et l’expérience de jeu qui doit être satisfaisante. Après, je n’ai rien contre une analyse ponctuelle des écarts entre d’une version console à une autre, ou dans le cadre d’un portage PC par exemple. Mais ça doit rester des cas plutôt exceptionnels lorsqu’une version est particulièrement bâclée ou encore pas fluide.

Typiquement, un site comme jeuxvideo.com qui est quand même le premier site français sur le domaine, se fend depuis cette année de vidéos « versus » qui comparent deux versions d’un même jeu. Une pratique qu’on voit de plus en plus fleurir… Mais pour revenir à l’article de Gameblog, je ne suis pas d’accord avec l’argument de fond et la conclusion : pour moi le drame n’est pas de négliger le fond, d’oublier l’expérience et le plaisir de jeu. Bien sûr, c’est hyper important, mais deux choses me font dire que ce type de débat est la plupart du temps aussi stérile que débile :

1. C’est une chose que Torment – du temps où il écrivait encore sur ce blog 🙂 – aimait rappeler, et je lui rends hommage à ce niveau. La « beauté » d’un jeu ne se mesure pas en nombre de pixels, en images par secondes et en « progressif ». Non, l’esthétique d’un jeu, c’est avant tout sa qualité artistique, sa capacité à inviter le joueur dans un univers, à le rendre crédible. Revenons très longtemps en arrière, à l’ère de Duke Nukem 3D. Lorsque le jeu est sorti, il n’était pas techniquement le plus impressionnant (Quake lui était bien supérieur à ce niveau), en revanche son esthétique – et son humour – lui ont offert une côté de popularité maximale! L’aspect parodique de Los Angeles, avec des décors qui s’inspiraient d’un cinéma, du vaisseau du film Alien, c’était plus fun et plus attirant que les décors marronnasses de Quake.

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Voilà voilà, c’est juste joli, c’est une palette de couleurs harmonieuse et un parti pris esthétique.

Et si les consoles de Nintendo sont souvent absentes de ce débat, ça n’est pas seulement parce qu’elle mise surtout sur ses exclusivités, mais aussi parce que ses licences phares sont toujours esthétiquement très travaillées dans leur style. Le premier Donkey Kong Country n’avait pas une meilleure résolution que ses potes de l’époque, mais il a giflé la rétine de pas mal de joueurs par ses couleurs, ses niveaux variés et ses gorilles bien animés. Et je ne parle même pas de Zelda…

2. D’autre part, et c’est peut être ce qui me frappe encore plus, c’est la futilité de certains détails techniques. Les développeurs essaient de se justifier régulièrement avec ce type d’arguments, mais ils sont alors taxés de jouer du gros pipeau. Pourtant, la différence entre un « 1080p » et un « 900p » est à peine visible sur un écran de 40″ posté à 2 mètres de vos yeux. Je pense qu’une bonne partie des joueurs ne sait même pas que ça exprime une résolution (1920×1080 pixels) et une qualité de balayage (progressif signifiant que chaque image affichée est complète, à l’inverse de l’interlacé qui n’affiche qu’une ligne sur deux à chaque image).

Cela est d’autant plus vrai qu’aujourd’hui les puces graphiques sont bardées de technologies qui lissent des écarts qui étaient beaucoup plus flagrants il y a près 20 ans. A l’époque, 3dfx nous sortait une petite révolution avec son mode Glide qui offrait un filtrage bilinéaire des textures qui offrait vraiment une différence par rapport aux gros pixels bien tranchés. Puis ce sont les filtres anistropiques et l’anti-aliasing qui ont encore minimisés l’effet de la résolution sur la qualité graphique. Et je vous renvoie à l’excellent, que dis-je, le prodigieux article dans Canard PC Hardware n°22 qui expose à quel point le pinaillage graphique n’apporte rien, avec une méthodologie claire et objective. Dans quasi tous les cas, les joueurs sont incapables de discerner la différence entre un mode « High » et un mode « Ultra » dans les jeux, sachant que même le mode « Medium » n’est pas loin. Et je suis convaincu que c’est valable aussi pour les consoles. En clair, c’est bien plus un discours marketing qu’une réalité objective.

Un magazine toujours intéressant, et l'article en question est vraiment éloquent

Un magazine toujours intéressant, et l’article en question est vraiment éloquent

Bref, un an après les sorties des Xbox One et PS4, ce débat futile n’est pour moi qu’un moyen de plus d’exacerber la rivalité entre les deux camps, alors que ces deux consoles sont techniquement très proches. On en revient au classique « ki-ka-la-plus-grosse ». Et finalement, je crois que c’est ce qui fait le plus plaisir aux partisans de ces discussions de cour de récré, alors que ceux qui n’ont guère le temps de faire chauffer leur console ou leur PC comme moi, eux, préfèrent juste profiter des partis-pris esthétiques ET de l’expérience que les jeux peuvent proposer.

Crédits: http://geek.niooz.fr ; http://mynintendonews.com ; www.canardpc.com
17th Oct2014

La guerre de la New-Gen

by Alphajet

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Encore un mois sans écrire d’article…mais je n’en trouve guère le temps. Ce soir, j’ai été inspiré par la fameuse affaire d’Assassin’s Creed Unity sur PS4 et Xbox One. Pour ceux du fond qui ne suivaient pas, le gros tapage de ces derniers jours (pitié ne me parlez pas de Zoe Quinn) c’est le fait que le dernier épisode à venir de la saga assassine ne tournera « qu’en 900p à 30fps ». Au delà du fait que ces chiffres ne parlent vraiment qu’à quoi… 25 % des futurs acheteurs ?… je me suis demandé si la « nouvelle guerre des consoles » ressemblait à celle d’il y a 20-25 ans, à la grande époque de Sega contre Nintendo.

En réalité, il y a eu des tas de guerres… Amiga versus Atari, Sega versus Nintendo… plusieurs fois, et sur la dernière décennie, Sony contre Microsoft. On a beau dire ce qu’on veut, Nintendo ne porte objectivement pas tout à fait les mêmes gants de boxe que ses camarades depuis un moment. Bien que la Playstation ait été un formidable succès, n’oublions pas qu’elle a fait face à la Nintendo 64 et la Saturn puis la DreamCast, des adversaires non négligeables à l’époque. Quant à Microsoft et sa Xbox née à coups d’armoires de dollars, c’est le dernier – gros – entrant sur le marché des consoles de jeux, il y a une douzaine d’années. Tout ça pour dire que la guerre qui nous occupe aujourd’hui est la plus récente, mais également devenue presque aussi longue que la célèbre opposition Nintendo/Sega.

On a une certaine « nostalgie » de cette glorieuse époque où le hérisson cool voulait faire la nique au plombier consensuel. Autres temps, autres mœurs dit-on. A l’époque, une majorité des joueurs était composée d’adolescents, d’enfants, bref de personnes âgées de moins de 18 ans. La fameuse guerre des consoles se tramait dans les cours de récréation, chez le voisin qui venait de recevoir son dernier jeu, parfois même viciait le cercle familial ! On se chambrait, chaque camp attaquait l’autre avec arrogance et patriotisme… Mais au fond, loin d’une guerre, ça n’était qu’une querelle de gamins. Pas la guerre commerciale qui, elle, faisait rage, mais cette opposition n’était au fond pas très virulente. Parce qu’au final, on allait jouer bien volontiers aux jeux exclusifs d’en face, ou tester cette manette dont on n’avait pas l’habitude. Ce qui important au bout du compte, c’était de s’amuser et de profiter, quelle que soit la plateforme.

Je pense que c’est pour ça qu’on en garde un souvenir presque ému : parce que ceux qui ont vécu cette génération en gardent avant tout des moments gravés dans leur enfance/adolescence/jeunesse. Mais pas une rancœur envers une marque ou une agressivité vis à vis de l’autre camp. Aujourd’hui, je trouve cette guerre pas si saine. Au delà des arguments commerciaux que matraquent Sony et Microsoft pour attirer des wagons de joueurs, le fait est que PS4 et Xbox One touchent un public beaucoup plus large qu’il y a 20 ans. Pas forcément énormément plus nombreux, mais bien plus varié. Et qui dit varié dit vicié… car il ne faut qu’une banane pourrie pour vous niquer tout le régime ! Voir des gens appuyer avec une force presque maladive (et souvent avec un langage peu châtié) sur le fait que « leur » console est la meilleure et qu’elle dispose de capacités supérieures à l’autre me parait un peu trop monnaie courante. C’est une guerre des pixels, des résolutions et du framerate.

Et l’on en oublie que ce qui faisait le nerd…pardon le nerf de la guerre à l’époque Nintendo/Sega, c’était les jeux avant tout. On ne louait pas simplement l’innovation du Mode7 de la Super Nintendo, mais on s’éclatait sur Super MarioKart, tout comme on ne comptait pas les images par seconde sur Sonic, mais on kiffait de le voir foncer à toute allure dans les décors. Microsoft et Sony ont encore tout à prouver sur cette nouvelle génération de consoles qui se caractérise bien plus par ses chiffres (MHz, Go, FPS, et bien évidemment chiffres de vente) que par le caractère incontournable de ses jeux.

Avant de chercher à écraser son adversaire respectif, chacun des protagonistes de cette « guerre » ferait mieux d’arriver déjà à convaincre ses joueurs (même les plus affligeants) histoire de donner du grain à moudre sur la qualité plutôt que sur des quantités. Un challenge que Nintendo, au hasard, peine encore à remplir 2 ans après la sortie de sa dernière console.

18th Fév2013

Le retour de la convergence

by Alphajet

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Il y a quelques années de cela, on parlait du terme convergence (dans le milieu du high tech) pour désigner le fait que le perfectionnement et la miniaturisation de l’électronique feraient disparaitre certains appareils ou plutôt les fusionner en un seul bon à tout faire. En l’occurrence, c’est le destin – tragique – qu’ont suivi des appareils comme le Palm, le Discman, remplacés par les smartphones ou les baladeurs MP3. Mais aujourd’hui, je pense à convergence en voyant les configurations matérielles des deux futures stars des consoles chez Sony et Microsoft.

Alors bien sûr, pour moi il ne s’agit que de spéculations sur les spécifications des nouvelles Xbox et Playstation qui circulent, mais on en a quand même une idée assez précise aujourd’hui. Et elle dit quoi la rumeur? Elle annonce un processeur multi-coeurs, très probablement de chez AMD, et très probablement proche des APU A10 sortis récemment pour nos PC. Jusqu’à présent, la plus grosse différence semble ses situer autour de la mémoire vive qui serait plutôt de type GDDR5 chez Sony, et DDR3 chez Microsoft. Ca vous en bouche un coin hein? Ah vous étiez déjà tous au courant? Normal.

Non là où je suis surpris c’est :

1. Le choix d’une architecture très proche du PC. Et pour ça que je parle de convergence, c’est que si la plateforme matérielle est très proche entre ces 2 consoles et les PC, c’est du pain béni pour le multi-plateformes! Et c’est à mon avis une réelle volonté de la part des éditeurs aussi de pouvoir faire un portage sur d’autres supports à moindre frais! On le sait, certains studios ont parfois accouché de catastrophes en tentant de porter leur jeu, avec un framerate abominable, ou des textures façon bave de limace. Et même les plus grands s’y sont heurtés – souvenez-vous des premières semaines de GTA IV sur PC!! Bref, les éditeurs et les développeurs cherchent à rentabiliser respectivement leurs investissements et leur travail, et les joueurs retrouveront plus facilement une expérience similaire sur la machine de leur choix. Honnêtement c’est plutôt tout bénef’ !

2. Le choix d’AMD m’a également étonné, alors que nVidia avait été le partenaire de Sony pour la partie graphique, et IBM le fournisseur exclusif de processeur pour toutes les consoles de la précédente génération. Cela dit, ça me semble plutôt être un bon coup, car AMD a réussi à être très performant à la fois au niveau CPU et GPU, et est le seul à maitriser correctement cette Fusion (haha) – Intel étant bien trop faible sur la partie graphique et nVidia encore trop léger sur la partie processeur avec son Tegra. C’est également une excellente nouvelle pour AMD qui s’assure ici un gros marché pendant plusieurs années, et j’espère, lui permettra de continuer à concurrencer Intel et nVidia après les difficultés qu’ils ont rencontrées.

3. La – probable – forte ressemblance technique entre la prochaine Xbox et la prochaine Playstation. Initialement, je pensais que les deux concurrents les plus démonstratifs au niveau performance auraient tenté le concours de qui-ka-la-plus-grosse. Sony était un magnifique spécialiste de ce jeu là – heureusement qu’il n’y a pas de PS3 avec son Cell en Corée du Nord, on a échappé à une guerre nucléaire s’ils avaient pu mettre la main sur autant de puissance! Mais blague à part, c’est plutôt le choix de la raison qui l’a emporté, avec des prix des consoles qui ne devraient à mon avis pas crever des plafonds et une architecture qui sera plus rapidement maitrisable par les développeurs. Ce qui signifie qu’on peut espérer un line-up riche dès la sortie.

Il ne faut pas l’oublier, même si le marché du jeu vidéo est devenu énorme, il n’en reste pas moins colosse au pieds d’argile… Les récentes catastrophes de THQ, Atari, Game montrent que la crise est aussi passée par là, et ni Nintendo, ni Sony ne peuvent fanfaronner en plongeant dans des baignoires en platine pleins de champagne. L’époque impose une rationalisation, et même si cette harmonisation pourra peut être en décevoir certains, espérant des puissances démesurées, elle est clairement le choix de l’intelligence.

Ni Sony, ni même Microsoft et son budget démesuré n’ont guère envie de produire une console hors de prix qui plombera leur rentabilité autant que leurs ventes à une époque où les concurrents, même indirects, n’ont jamais été aussi nombreux. Un peu de sagesse dans ce monde de brutes…

27th Jan2013

2013 en chiffres

by Alphajet

2013

Mes grands amis les analystes du jeu vidéo sont des grands férus des chiffres (et de Paco Rabane probablement). Pour commencer cette année dans ce registre, je vous propose d’inventer les chiffres qui vont marquer 2013. Et au passage, essayer d’y mettre un peu de crédibilité quand même.

1. C’est le nombre de nouvelles consoles que je prévois cette année. En l’occurrence la prochaine Xbox de Microsoft. J’exclus volontairement la Ouya, dont le succès et la concrétisation sont encore à prouver. Et clairement, elle va avoir beaucoup à prouver!! Concernant la nouvelle boîte X, je crois personnellement à une sortie pour Noël prochain et pas seulement son annonce. Microsoft a depuis le début annoncé sa volonté d’être leader sur le marché des consoles, et ça fait certainement des années que la prochaine génération est en développement. Je rappelle aussi que la Xbox 360 est sortie un an avant la PS3, un avantage considérable sur ce marché. Rendez-vous à l’E3… voire même avant, je mise une pièce sur une annonce anticipée vers Avril ou Mai.

3. Comme d’hab, les mois à venir nous réserveront leur lot de suites… et de trilogies. Dragon Age 3, Crysis 3 mais aussi Dead Space 3. Je suis assez curieux de savoir ce que donnera ce 3e épisode. Autant le premier était une très bonne surprise, tout comme le spin-off sur Wii, autant le 2e a laissé planer un virage d’action un peu brutal. Du coup, c’est un peu le risque de voir un intéressant mélange survival-horror-action se déséquilibrer. System Shock 2 risque de se retourner dans sa tombe…

4. C’est à mon avis cette année que Sony annoncera sa 4e génération de PlayStation. Mais de mon point de vue, elle sortira plutôt en 2014. Cependant, il est nécessaire d’occuper le terrain d’ici là, et faire face à Microsoft. Si le marché japonais restera a priori la chasse gardée de Sony, le reste (le monde quoi) risque d’être beaucoup plus disputé. Peut être qu’avec le rachat de Gaikai, le Cloud Gaming sera une des armes de la PS4, mais la guerre risque de se faire surtout sur le terrain des performances. Mine de rien, le PC a repris du poil de la bête, le jeu vidéo se diversifie désormais sur de nombreuses plateformes, et les consoles de salon devront trouver de nouveaux moyens de se démarquer pour exister.

10. C’est cette année qu’est prévue la sortie du dixième épisode de la saga principale de Tomb Raider. Il fait partie des jeux que j’attends cette année, parce que Crystal Dynamics a eu le courage de faire ce que Core Design n’avait pas su faire en son temps: se remettre en question. Parce que le premier Tomb Raider avait été en son temps une de mes premières expériences où la 3D se justifiait pleinement. Alors même si ce reboot ne marquera probablement pas autant que l’original, j’espère sincèrement qu’il saura suffisamment renouveler les mécanismes de la série.

12. Comme le numéro du mois qu’il faudra probablement attendre pour voir une bonne partie des plus gros titres de l’année sortir. Parmi ceux-ci, Watch Dogs est probablement celui qui me tente le plus. Même s’il ne sera peut être pas le jeu le plus original de l’année, son univers qui me rappelle un peu Syndicate chatouille ma glande nostalgique.

Voilà, après une année 2012 déjà prolifique, il faut croire que 2013 ne sera pas de tout repos non plus. Bon je n’ai abordé que quelques évènements « faciles », mais il y aura j’espère beaucoup d’autres choses à retenir. En vrac, je ne crois pas à la percée du Could Gaming cette année, j’attends de voir le nouveau Double Fine : The Cave, ou encore ce que donneront les nouveaux projets financés par Kickstarter, et je me demande si la Wii U saura attirer intelligemment de très bons jeux.

Que vous l’attendiez ou non, 2013 est là, alors bonne année à tous!

04th Juil2012

La révolution est en marche

by Alphajet

Le cloud gaming? Oui mais à un horizon un peu lointain

Non, point d’Adam Jensen ici, encore moins le nom de code d’une console de Nintendo. Non, je vous parle du fait que la plus grande révolution du jeu sur console est en marche. Une révolution dont les prémisses se déroulent en coulisse, presque en catimini. Ce dont je parle, c’est le rachat par Sony de Gaikai, une des sociétés leader du cloud gaming. Vous doutez de ce que je vous dis? Alors lisez la suite.

Depuis leur naissance, le modèle de vente des consoles n’a presque pas évolué : les constructeurs vendent une partie hardware toujours plus puissante, pour pouvoir vendre des containers de jeux toujours plus beaux. Depuis quelques temps, le téléchargement de jeux prend une place plus importante sur console – bien qu’il soit très bien implanté sur PC depuis quelques années déjà. Avec le succès du Xbox Live Arcade et du Playstation Store, voire même du Wiiware, on commence déjà à voir poindre une amorce de virage.

Le virage du tout dématérialisé. Si Sony ne compte certainement pas l’imposer dans l’immédiat, le rachat de Gaikai prépare définitivement l’avenir. Et le deuxième effet kisscool, c’est de couper l’herbe sous le pied d’un concurrent gênant. Sony fait d’une pierre deux coups en acquérant l’expertise d’un des spécialistes de ce nouveau marché, et évite d’avoir à l’affronter dans les années à venir. Les 380 millions de la transaction représentent même plutôt une bonne affaire. au final!

Mais je trouve que les conséquences de ce rachat restent plutôt mal comprises par les sites qui ont relayé l’information. Certains imaginent que Sony lancera peut être le service dès la PS3, d’autres qu’il sera disponible au lancement de la PS4. Mais rappelons le principe du cloud gaming : il s’agit de la « vidéo à la demande » du jeu vidéo. Le distributeur du service héberge une énorme quantité de serveurs à la puissance combinée phénoménale. Une fraction de cette immense capacité de calcul est mise à disposition de chaque abonné qui reçoit le flux du jeu vidéo de son choix.

En d’autres termes, ça signifie que si je lance God of War sur ce service, chaque fois que je fais un pas en avant grâce à mon gamepad, ma plateforme locale (imaginons que ce soit la PS4) envoie à Sony cette information, qui recalcule l’image correspondante et la renvoie sur ma PS4 pour l’afficher.

Les deux conclusions à tirer de ce récapitulatif simpliste sont :

1 : envoyer des commandes et recevoir un flux d’image, c’est pas loin d’être faisable sur un minitel. Dommage il est mort. Mais c’est tout à fait ce que fait la nouvelle Bbox Sensation qui n’a rien d’exceptionnel sur le plan plan matériel. Sony a donc tout intérêt à lancer son service sur Playstation le plus tard possible pour rentabiliser les énormes investissements matériels et en R&D qu’elle doit requérir. Souvenez vous du prix initial de 600€ de la PS3, pourtant vendue à perte! Or il faut vendre des jeux plus beaux, qui seront le fer de lance de cette nouvelle console! Qui investirait plus de la moitié d’un SMIC pour jouer à un jeu qui tournerait sur une box ADSL?

2 : ce type de service ne peut réellement se développer qu’à une seule condition. C’est que la qualité des connexions du plus grand nombre s’améliore considérablement. Oh les parisiens fibrés ne devraient pas trop s’en inquiéter, mais l’essentiel de la population française reste en technologie ADSL pour quelques années encore. Or pour faire passer un flux 1080p, et encore largement compressé, il faut au moins 4 à 5 Mbits. J’ai du mal à être convaincu qu’un géant comme Sony serait prêt à se priver d’une partie non négligeable de son public en imposant le modèle tout dématérialisé.

Voilà deux bonnes raisons qui à mon avis prouvent que Sony, sauf s’il y est contraint par la concurrence, risque de patienter plusieurs années avant d’imposer ce nouveau modèle. Seul l’avenir nous dira si je me suis lamentablement planté ou non.