12th Oct2012

PC Jeux : la vieille école

by Alphajet

2012 : évolution de la presse vidéoludique (Part 3)

Après avoir évalué deux magazines qui ont considérablement évolué cette année, prenons aujourd’hui le contrepied avec PC Jeux. J’ai donc acheté le numéro 174 de Septembre 2012 pour voir où en était cet autre vénérable ancêtre de la presse PC. Pour moi, il représente assez franchement le magazine « à l’ancienne » tel qu’on pouvait le concevoir il y a 10 ans.

La couverture:

Si on ne voit pas le titre en police 150 dans les rayonnages, c’est qu’on a un sérieux besoin d’un rendez vous chez l’ophtalmo! La couverture, à mon humble connaissance, a très peu évolué ces derniers temps. Elle fait la part belle à un titre en particulier qui fait l’actu du moment. Ici, c’est Call of Duty Black Ops 2 qui fait la tête d’affiche et qui occupe 8 pages à l’intérieur.

On note aussi que PC Jeux fournit toujours un jeu gratuit, mais depuis quelques temps il est proposé en téléchargement au lieu de supporter les coûts de pressage du DVD. Une excellente idée, mais… on constate que le prix du magazine ne baisse pas pour autant. Au moins il n’augmente pas. Mais y a-t-il encore un intérêt pour ce genre de bonus? Ici c’est The Secrets of Da Vinci, qui date de début 2006 et a par ailleurs déjà été proposé dans Joystick.

On sent que ce genre d’offres commence à tourner en rond, et qu’il permet aux éditeurs d’écouler de vieilles licences à bas prix et aux magazines de s’offrir un moyen d’appâter le lecteur occasionnel.

Les nouveautés:

Quoi de neuf pour PC Jeux? Il faut déjà rappeler que le magazine fait partie du même groupe que Joystick, Mer7 qui détients tous les principaux titres depuis le début d’année (Consoles+, Jeux Vidéo magazine, …). Mais honnêtement, la seule rubrique qui rappelle qu’on lit des articles de 2012, c’est la rubrique « Deux Point Zéro ».

Elle consiste à évoquer quatre news issues principalement de Twitter… et qui sont donc un poil plus fraiches. Mouais. Encore une fois, ça permet aux non initiés de se faire une idée de ce qui se trame sur les réseaux sociaux, mais c’est tellement survolé sur une seule page que c’est limite sans intérêt.

Le contenu/rubriques:

Le magazine comporte une centaine de pages, avec peu de publicité au final, le tout pour un prix de 6,95€. Mais là où le bât blesse, c’est que toutes les rubriques sont dramatiquement « classiques ». Quelques actualités triées parmi la masse déjà publiée sur le net, des zooms de 2 pages sur certains jeux, des « dossiers », les habituels tests et une rubrique hardware informatique.

Pourquoi pas, après tout il semble qu’il y ait toujours des amateurs. Mais c’est à mon goût beaucoup trop plat. Prenons l’exemple des zooms ou des dossiers. Je veux bien que les images tirées du jeu méritent d’être bien vues, mais je trouve abusé de se retrouver avec 2 pages dont un tout petit quart à peine est couvert de texte. Le fameux dossier CoD Black Ops 2? 8 pages dont les deux premières sont remplies d’une image double page… Au final, on a un très court survol d’un jeu à venir alors qu’il y a de la matière à creuser. Dommage.

Voilà la couverture du numéro 101 de … 2006.

Un autre exemple encore plus triste : le dossier « Dématérialisation : où acheter vos jeux à moindre coût? ». Je m’attendais à trouver un vrai comparatif entre plateformes de téléchargement, une analyse un peu poussée quoi qui permette de sonder le marché actuel. Et je me retrouve avec un artwork de Darksiders 2 en première page (euh où est le rapport?) et un criant constat de l’évidence (noooon, Steam est le leader du marché, désormais talonné par Origin? Incroyable!!!). Les alternatives? Le pigiste évoque Good Old Games, Desura ou Green Man Gaming (que je ne connaissais pas)… où sont les Metaboli, DLGamer?? Aucune analyse des prix moyens? Et quasiment la moitié de l’article consacrée au Cloud Gaming qui n’a rien à voir avec le « où acheter vos jeux à moindre coût » vanté en sous-titre.

Bref, les articles ont tendance à s’éparpiller et à finalement noyer les informations intéressantes dans un marais d’approximations.

Le plus étonnant dans tout ça ? C’est que le rédacteur en chef est l’expérimenté Cyril Dupont, ex PC Team, ex Joystick, et que son équipe est composée quasi-exclusivement des membres de Joystick. Le style plus austère, moins fun, plus succinct et moins précis frappe quand on le compare à son magazine frère.

Hmm…non toujours pas:

Le test de Secret World avec des images expliquant le système de compétences. Hmm, ça ressemble vachement à Diablo ! Ah ben… ce sont les screenshots de Diablo III qui y sont mis par erreur…

Les notations sur 100%. Autant ça me plaisait assez quand j’étais adolescent, autant je trouve ça profondément inutile aujourd’hui de faire autant de différenciation artificielle. Quelle différence entre un jeu noté 82% et un jeu noté 84%? D’ailleurs, ce système de notation est affecté du terrible « syndrome du 50% » qui veut que quasiment tous les jeux se retrouvent notés au dessus de 50%. Et oui, ce système rend tout testeur trop tendre et mielleux. Honnêtement? Un mauvais jeu ne mérite pas la moyenne tout simplement, ce qu’on observe beaucoup mieux sur une échelle sur 5, 10 ou 20 points.

Verdict:

C’est typiquement le genre de magazine qui ne m’intéresse plus du tout aujourd’hui. Encéphalogramme plat côté nouveautés, plat comme le magazine lui-même d’ailleurs qui doit peiner à financer ses pages et son jeu gratuit. Alors que les sites internet voient eux, leur popularité continuer de grandir, PC Jeux parait sortir d’une autre époque et se destine à mon avis aux nostalgiques de ce titre « vintage » de la presse vidéoludique.

08th Sep2011

R.I.P Joyapd

by Alphajet

En tout cas un sympathique hommage à Epic Mickey 🙂

Vous le savez, j’aime bien vous causer lecture jeu vidéo de temps en temps, et régulièrement j’aborde des magazines parmi ceux qui forment la presse vidéoludique. On reste dans la continuité de l’article de Torment qui critiquait le manque d’audace des journalistes, avec cet avis de décès que j’ai appris via le post de Bobdupneu. Joypad a vécu 20 ans. C’est très long dans notre univers, mais apparemment pas suffisant pour être éternel.

Joypad était à sa naissance le petit frère de Joystick, et s’est rapidement imposé comme la référence des magazines console, à côté de Consoles + (qui lui subsiste encore pour quelques temps). Alors que dire de cette mort qui est passée assez inaperçue cet été? Je vous renvoie volontiers vers cette interview de JulienC de Gameblog, mais ex-membre des rédactions de Joypad et Consoles+. En substance, elle rappelle que la presse papier dans son ensemble subit de plein fouet la concurrence sur Internet. Difficile de lutter face à la réactivité et à la compartimentalité d’un site web ou d’un blog. Là où on pioche les articles qui nous intéressent online, on achète un magazine entier ou on ne l’achète pas.

Et dans le cas de Joypad c’était malheureusement l’option 2: les ventes n’ont cessé de chuter ces derniers mois. Personnellement, je n’ai pas du lire Joypad depuis les années 90, alors forcément je ne me permettrai pas de juger de la qualité du magazine. Ce qui est sûr, c’est que le rachat massif des titres de la presse high-tech par Yellow Media n’est pas un bon signe. Ni pour l’indépendance des médias, ni pour la liberté d’action des rédactions, car il semble bien que le groupe n’ait pas trop laissé carte blanche à Joypad. Or ces magazines se doivent d’évoluer pour conserver leurs lecteurs, voire capter un nouveau public!

La presse papier n’a plus de valeur ajoutée sur l’actualité, hormis quelques rares exclus. Mais plus ça va et plus le net étendra son emprise sur les news fraiches. Aux rédactions de prouver enfin qu’elles peuvent rédiger des articles de fond originaux, analyser des tendances, peut être mieux faire ce que disait Torment, à savoir insister sur des jeux dont on a peut être pas assez parlé. A ce titre, le très bon exemple est IG Mag, qui arrive à gagner de plus en plus de lecteurs, avec d’abord un très beau magazine, mais surtout un autre regard sur le jeu vidéo.

Désolé Joypad, mais ton esprit avait probablement déjà disparu au début de ce siècle quand tes rédacteurs mythiques se sont envolés un à un…