22nd Fév2016

La VR en 2016 : comme une odeur de pet foireux

by Alphajet

VR_HTC_Vive_Occulus_Rift

Bon. La réalité virtuelle est dans toutes les bouches depuis un an ou deux, mais peu en ont réellement vu la couleur. Et sur ces « happy few », encore moins sont des joueurs classiques – j’entends par là vous et moi. Ce sont essentiellement les journalistes, blogueurs réputés, et very-early-adopters qui ont eu l’opportunité de mettre ce(s) casque(s) sur les yeux (et les oreilles). Mais alors que l’année 2016 a déjà débuté depuis presque deux mois et que les premiers modèles commerciaux étaient annoncés pour cette année, va-t-on vraiment voir la révolution débarquer dans nos salons/bureaux/amphithéâtres ?

En un mot, je dis non. Attention, je dis non a minima pour cette année. La VR est peut être la technologie d’avenir qu’on prisera tous dans 5 ans. D’ici là ? J’ai de gros doutes. Le premier gros schisme, tout le monde l’a relevé : c’est le prix. Pour démocratiser un produit, rien de mieux qu’un tarif qui corresponde à un grand nombre de bourses. Et au-delà de 500€, on peut certainement se dire qu’on parle déjà au sommet du panier. Je rappelle qu’on discute ici d’une technologie dont l’intérêt pour un grand nombre de jeux reste à prouver ! C’est un peu le serpent qui se mord la queue : les prix sont élevés car c’est une première génération de ce type de produits, et pour souhaiter mettre la bave au coin des lèvres du grand public, il faut une proposition de jeux qui fasse vraiment la différence. Or, les jeux pour l’instant, ils ne sont pas trop au rendez-vous. On parle de simulateurs spatiaux ou de bagnole. Certes l’expérience doit être géniale, mais ça ne parle pas à tout le monde !

Pour moi 2016 verra donc les prémisses de cette technologie, mais pas sa démocratisation. Certains ont fait le parallèle entre le motion gaming, typiquement la Wii ou Kinect, qui sont doucement tombés dans l’oubli. Mais il faut se rappeler aussi qu’elles étaient accessibles, tant en termes de compréhension pour le grand public, qu’en termes de prix. Ca animait les soirées, ça a fait un boom de mode, mais ça a vraiment marché. Jusqu’à ce qu’on s’en lasse et qu’on retourne à nos claviers, souris, et gamepads. Je prends pour exemple ma chère femme, qui ne comprends pas du tout à quoi ça sert à part mater un film porno en 3D. Bon, ce n’est certainement pas le top du top en matière de connaissance de jeu vidéo, mais c’est représentatif, je pense, de la vision du grand public. Quand je vois Samsung sortir le Gear VR, ou Sony annoncer son Morpheus pour PS4, j’ai de gros doutes sur leur cible.

J’ai l’impression d’y voir un effet papillon, une course pour occuper un marché qui n’est même pas encore créé. Bref, à vouloir ne pas être distancé, certains risquent peut être d’y perdre des plumes. Après avoir fait machine arrière sur le tout-Kinect et autres joyeusetés qui ont marqué la naissance douloureuse de la Xbox One, Microsoft fait peut être un choix avisé en attendant soigneusement de voir ses concurrents faire les premiers pas dans les sables mouvants. Peut être la première erreur à venir pour Sony avec sa PS4, qui fait jusque là un parcours presque sans faute. Mais au pire, cela ne devrait avoir que peu d’impact sur la victoire déjà établie de Sony sur cette génération. Finalement le Morpheus, le plus accessible de tous les casques de VR annoncés, sera probablement le plus commercialisable. Il faut se rappeler qu’Oculus n’a fait que dépoussiérer une idée vieille de 20 ans, proposer une expérience d’immersion dans un monde virtuel, qui nous englobe et nous donne une impression d’ailleurs.

Mais il faudra encore me prouver qu’au delà des simulateurs de vol, de pilotage automobile – bref tous les jeux type « cockpit » où le joueur est assis sur un point fixe avec la capacité de tourner la tête autour de lui – la VR est capable de parler à tout le monde, et d’attirer d’autres joueurs que ceux capables de se payer une GeForce Titan ou un volant Thrustmaster haut de gamme et siège baquet… Et pour moi, ce n’est clairement pas cette année qu’on aura l’occasion de le voir. Les jeux « VR » sont toujours en développement, les produits ne sont même pas encore sortis donc le vrai démarrage ne devrait intervenir que l’année prochaine. Le décollage quant à lui… n’arrivera peut être jamais ! Et pourtant, ça reste une technologie qui fait rêver, qui vante l’immersion totale. Mais comme je me plais à le rappeler quand je joue à Call of Duty 2 (2005), le plus important, c’est de se faire plaisir.

14th Jan2014

Le retour du débat #13: Oculus Rift

by Alphajet

oculus_rift

C’était l’objet d’un petit débat aujourd’hui sur Twitter, l’Oculus Rift est il la nouvelle révolution dans le domaine du jeu vidéo, ou bien est il le pétard mouillé comme d’autres le pensent? Rappelons d’abord ce qu’est cet Oculus Rift… C’est avant tout un projet lancé sur Kickstarter en 2012 et qui a suscité un engouement largement au delà des espérances initiales. Ce soutien a permis à Palmer Luckey, l’initiateur du projet, de lancer le kit de développement que l’on a vu un peu partout sur les salons l’année dernière.

Ce kit a à la fois généré un enthousiasme débordant auprès de certains, mais aussi des doutes quant à la possibilité de voir cette technologie réellement percer auprès du grand public. Notamment après le semi-échec de la 3D auto-stéréoscopique de la 3DS. Qu’en penser en ce début 2014 ?

Les raisons d’y croire :
+ Une grande avancée de la technologie de réalité virtuelle
+ Le succès de la campagne Kickstarter qui dénote l’intérêt du public+ Le support de grands noms de l’industrie
+ La maturité du produit (poids, confort) déjà probante au stade du développement

Les raisons de douter:
– Les casques de réalité virtuelle ont déjà connu un cuisant échec il y a 15 ans
– Au delà de l’intérêt pour la nouveauté, risque de voir le public ne pas suivre
– La 3D peine à s’imposer au cinéma, ou dans les jeux avec 3D Vision de nvidia

Mon opinion:

Quand j’ai découvert l’Oculus Rift, ma première pensée a été de trouver ça génial. génial de ressusciter le concept de réalité virtuelle qui avait été complètement enterré au tournant du 21e siècle. Et puis je me suis rappelé des premiers casques de réalité virtuelle que j’avais vu dans un salon. Je revois encore cet espèce de ring sur lequel deux joueurs devaient s’affronter avec un attirail encombrant sur le crâne. Il faut avouer que ça avait un certain côté ridicule, et que passé la découverte de l’expérience, rien n’a suivi…

Ni les développeurs de jeux, ni les fabricants. La technologie était loin d’être prête pour une commercialisation de masse mais… 15 ans plus tard les choses ont-elles réellement changé? Au final, j’ai du voir 2 ou 3 films en 3D au cinéma dans ma vie, et je n’ai pas de TV 3D et ses lunettes qui vous coupent de votre environnement, ce qui est à mon avis bien relou. nvidia a bien cru pouvoir trouver le succès avec son 3D Vision alors que les écrans 120Hz et 144Hz étaient compatibles…mais une fois encore le public semble avoir boudé la technologie, certes coûteuse (lunettes + écran avoisinaient les 500€). Bref les raisons de douter ne manquent pas.

Mais quand même… Il a de la gueule ce proto! Non seulement il est très léger et ne semble pas du tout gêner ses utilisateurs, mais des petits détails pourtant très importants sont déjà implémentés : correction pour les porteurs de lentilles, possibilité de l’utiliser avec des lunettes de vue, confort d’utilisation dans la durée. ces « détails » n’en sont pas, ils conditionnent le succès d’un tel dispositif. Disons qu’OculusVR met en tout cas toutes les chances de son côté pour trouver son public.

D’autre part, je lis en ce moment « Masters of Doom », un livre qui raconte l’histoire d’ID Software, John Romero et John Carmack. Et au fil des pages, je me rends compte à quel point ce dernier est vraiment un maître dans son domaine, le développement du graphisme. Voir que Carmack abandonne SA société pour s’investir pleinement dans l’Oculus Rift est un vrai gage de confiance, et peut être la petite chose qui peut faire basculer la démo technologique en révolution du jeu vidéo.

Je pense que le succès (ou pas) de l’Oculus Rift tient à très peu de choses… Il me semble certain que c’est à ce jour, de très loin, la meilleure chance de voir la réalité virtuelle pénétrer les foyers. La société n’a proposé pour l’instant qu’un prototype et la version commerciale doit corriger les problèmes existants (inconfort visuel) et améliorer encore ses points forts. Mais j’avoue que je ne sais pas si m’isoler avec un casque sur la tête représente ma vision du jeu vidéo du futur, d’autant plus qu’elle ne s’adresse qu’à certains types de jeu (les FPS au sens large, les simulations de course ou de vol…). Pour autant, avec son prix raisonnable et le support de développeurs, je miserais quand même sur un succès modéré, mais succès quand même. Et peut être même un portage sur consoles!