17th Fév2015

1h – et un peu plus – sur… Evolve

by Alphajet

Evolve_01

Ma rubrique « 1 heure sur… » c’est mon moyen à moi de découvrir un jeu et de parler de mes impressions, sans nécessairement en faire le tour… ce qui est évidemment rare pour moi. C’est donc l’occasion d’essayer de porter un regard neuf sur un jeu – récent ou pas d’ailleurs – avec mes yeux de vieux gamer rouillé. Evolve, c’est LE jeu multijoueur qui me faisait envie depuis des mois. D’une part parce que j’ai vraiment aimé Left 4 Dead et sa suite, créés par le même studio, et d’autre part car j’apprécie énormément le concept du « gameplay asymétrique ». Deux rôles opposés totalement différents pour deux expériences complémentaires. C’est une des raisons principales qui m’a fait le précommander, chose exceptionnellement rare pour moi (le dernier en date c’était Diablo III).

Evolve en quelques mots, c’est quoi? C’est un pitch à la Avatar : une planète sauvage choisie pour son exploitation mais dotée d’une faune rebelle, dont les caïds locaux que sont les « monstres » et les nettoyeurs de base planétaire personnifiés en « chasseurs ». Et on a quasiment expliqué tout le concept avec cette opposition d’un gros bourrin costaud contre 4 humains plus frêles mais bien équipés. Pourtant, il y a bien plus à dire que constater une simple baston de Davids contre le Goliath. Au cours des quelques heures que j’ai passées à écumer les cartes et les premiers modes de jeu, j’ai pu me faire mon impression sur les forces de ce gameplay, et de ses potentiels risques.

Démarrons par le monstre pour commencer. Evolve m’a semblé relativement mesquin en n’en proposant qu’un seul d’emblée, le bien nommé Goliath. Le Kraken et ses gros potes sont uniquement déblocables au fil des montées d’expérience. D’un côté, cela permet de bien maîtriser les bases du jeu avec un premier monstre, mais pour ceux qui veulent profiter tout de suite de l’intégralité du bestiaire parce qu’ils n’ont pas le temps de faire du « grinding » se sentiront frustrés. Dommage… et c’est pourtant majoritairement avec « Gogol » (notre ami le Goliath) que j’ai fait l’essentiel de mes parties. Gogol est au départ plutôt rapide et agile, mais au fil des proies qu’il éliminera et avalera, deviendra plus fort, plus résistant, mais aussi plus lent et lourd : un bon compromis trouvé par Turtle Rock dans l’équilibrage de son avatar géant.

Hors tutorial, toutes mes premières parties se sont soldées par des échecs cuisants. La fausse impression de puissance qui se dégage du monstre peut très rapidement être calmée par une bonne équipe de 4 chasseurs coordonnés. Les bots sont de bons partenaires d’entrainement pour assimiler ce premier concept de base : la proie c’est vous. C’est une chose à ne jamais oublier, ni négliger. Et au fil des parties en tant que chassé, on apprend à jouer avec ses poursuivants. Vous vous rappelez de la scène entre le chasseur de Jurassik Park et les vélociraptors? Ben c’est un peu pareil. Du rôle chassé, on apprend peu à peu à jouer avec le mode furtif, à tendre des pièges, à profiter au maximum de l’environnement pour ne pas se faire repérer. Tel un Schwarzenegger planqué dans la boue pour échapper au Predator, on devient peut à peu le prédateur… Et c’est très prenant.

Les chasseurs débarquent quelques secondes après le monstre

Les chasseurs débarquent quelques secondes après le monstre

Du côté des 4 nettoyeurs de l’espace, que j’ai beaucoup moins expérimentés, le constat est plus classique, mais pas nécessairement moins réjouissant. Là où un Team Fortress 2 propose des classes extrêmement différentes regroupées en 3 catégories (Assaut, Défense et Support), chaque classe d’Evolve propose ses compétences d’attaque, de défense ou de traque à travers différentes compétences. Je n’ai franchement pas assez de recul pour bien en parler, mais ça fonctionne plutôt bien et les 4 personnages se complètent bien pour former une équipe homogène qui peut s’avérer redoutable lorsqu’elle est bien menée. En général, le trappeur mène les troupes grâce à ses capacités de traque du monstre. Ensuite, une excellente coordination permet d’affaiblir le monstre, tout d’abord en l’enfermant dans une bulle-cage (à durée limitée), en le ralentissant grâce au harpons et flèches tranquillisantes et sapant son bouclier à coups de mines électriques. Chaque chasseur doit ensuite veiller à attirer l’attention du monstre, l’essentiel étant de ne pas trop se disperser pour pouvoir ranimer un chasseur à terre.

L’expérience est effectivement plus commune, mais le côté chasse au monstre ajoute vraiment du piquant, et ça m’a rappelé quelques parties d’Alien vs Predator dans la peau d’un marine, où on pouvait vite être stressé par un xenomorphe louvoyant dans les conduites d’aération.

En bref, ces premières heures sur Evolve m’ont quand même enthousiasmé, et je ne regrette pas ma précommande. A noter que différents modes de jeux permettent de varier les plaisirs. Le mode « chasse » est le plus courant, mais le mode « sauvetage » par exemple impose aux chasseurs de sauver 5 civils, tandis que le monstre doit en tuer 5. Intéressant dans sa forme qui génère des zones de conflit mobiles, voire des zones de pièges. J’ai également essayé un mode où les chasseurs doivent cette fois-ci défendre une position contre un monstre niveau 3 et d’autres monstres de niveau 1. Une inversion des rôles qui pourrait apporter du piquant, mais je ne l’ai tentée qu’une fois.

Finalement, j’ai été rassuré par la capacité du jeu à se renouveler et à proposer des parties variées même sur des cartes similaires. Seul l’aspect « montée de niveaux » du profil de joueur me chagrine, mais c’est malheureusement … à la mode. Il n’empêche que j’aurais hâte de tâter de ce Evolve entre copains au micro-casque!

12th Juin2014

Le retour du débat #16 : le jeu vidéo rend-il con ?

by Alphajet

Motherbrain

C’était le gros sujet du mois dans le numéro 8 de JV Le Mag, avec des interviews de psychologues et un panel assez vaste des dérives de comportement dans l’univers du jeu vidéo. J’ai trouvé que le thème était vraiment d’actualité, et je n’aurais pas mieux formulé la question! Franchement, ce serait se voiler la face qu’atténuer le terme « con ». Il y a des joueurs qui ont vraiment objectivement des comportements cons, que ce soit dans le jeu ou en dehors (on y reviendra). Est ce que ces comportements sont dus au jeu ou pas, c’est une autre question.

Le stress in-game

Les arguments développés dans JV abordent notamment les comportements agressifs en multi. Que celui qui n’a jamais râlé, hurlé, insulté pendant une partie me jette la première pierre (j’espère ne pas me faire lapider) ! C’est vrai, pour avoir – autrefois – pas mal joué en LAN ou même en ligne, l’intensité d’une partie multijoueur est tellement forte qu’on peut être happé par l’expérience. L’énervement qu’on peut exprimer est proportionnel à l’investissement qu’on met dans notre partie. Lorsqu’on a fait une longue soirée de jeu, ou bien lorsqu’on n’est pas très passionné par la partie multi d’un jeu qu’on n’apprécie pas tellement, la frustration est beaucoup moins grande, et au pire on fait une moue un peu déconfite lorsqu’on perd.

A l’inverse, toutes les expériences dans une environnement qui « challenge » fortement nos réflexes, notre esprit de compétition ou notre réflexion ont tendance à être prenantes et à faire surgir une aigreur d’autant plus forte que l’effort est long. Par exemple une fin de partie « Payload » sur Team Fortress 2 où on est à quelques mètres de l’objectif sans pour autant arriver à franchir le dernier rempart alors que les secondes finales s’égrainent. Le niveau de pression atteint son paroxysme et on est prêt soit à exulter de joie en cas de réussite, soit de colère en cas de défaite. Et l’on se rend compte que ça n’est pas nécessairement la perte d’une partie qui justifie un comportement con, mais aussi la victoire! Chambrer copieusement l’adversaire après une partie, s’en moquer ouvertement avec mépris hilare n’est pas forcément très malin non plus.

D’où mon point qui est que l’agressivité développée par la plupart des joueurs dans une partie tient avant tout au stress développé pendant son déroulement. Elle est une façon d’extérioriser une pression intense, d’une façon plus « expressive » que celle qu’on pourrait se permettre au boulot, ou dans un environnement social plus varié. Là dans la plupart des cas, on parle du joueur face à sa console ou son PC. Mais quand on voit l’agressivité développée dans un match de foot professionnel par exemple, est-ce vraiment différent? Pas tant que ça d’après moi, la pression du jeu et du résultat occultant également le fait que les joueurs soient des professionnels devant des milliers de spectateurs. Le jeu vidéo rend-il « plus con » dans ces situations? Oui, mais pas plus que certains autres jeux ou sports, et le niveau d’agressivité reflète avant tout la mentalité de la personne dans son ensemble.

Le mode Horde

Au delà des comportements développés au cours d’une partie, et notamment en mode multijoueurs, j’aimerais aborder l’attitude des « joueurs » à la marge du jeu. J’entends par là en dehors du jeu lui-même. En effet, autant je cautionne et je comprends l’agressivité, parfois même saine, qui peut être développée pendant une partie, autant j’ai beaucoup de mal avec ce que les aspects « grand public » du jeu vidéo peuvent amener. Quand je parle d’agressivité saine, je pense au fait qu’elle permet dans certains cas de développer une sorte de mode inconscient de soi-même pour mieux atteindre ses objectifs ; presque une sorte de transe d’extrême compétitivité. Mais bref, revenons quelques mois en arrière.

Nous sommes en Octobre 2013, au Paris Games Week , et parmi les millions de la campagne de communication du Call of Duty annuel, Activision a décidé de consacrer quelques brouzoufs pour offrir l’opus Ghosts aux 500 premiers arrivés sur leur stand. Et là, la gentille opération marketing s’est transformée en horde de zombies attirés par l’odeur de la chair fraiche d’un jeu bas du front. Pourquoi seuls les 500 premiers pourraient en profiter si on peut tenter de gruger et se rapprocher en bousculant, quitte à écraser quelques uns au passage ? L’actu fait souvent le tour du monde, dès qu’Apple lance un produit révolutionnaire, des centaines de MacAddicts campent devant les Apple Store pour être les premiers à acheter le Graal. Certes dans ce cas précis, ils le paient, mais ils n’en sont tout de même pas à se marcher dessus. Dans le cas du PGW, voir ce débordement prendre forme, c’est la preuve que le jeu vidéo touche depuis longtemps toutes les franges de la population, mêmes celles qu’on préfèrerait voir disparaitre sur une île déserte.

Tout ce qui est facile attire du monde. Pourquoi les concours à la TV sont ils si simples – du genre « quelle est la couleur du cheval blanc d’Henri IV? » ?? Parce que ça rend possible à n’importe qui, ou presque, d’y répondre. J’ai du mal avec la facilité abrutissante. Pour dériver sur la civilité, combien de fois ai-je pesté devant les personnes qui lâchent leur cigarette – souvent non éteinte – par terre, ceux qui jettent leurs cartons dans une poubelle à 5m du container de recyclage, ceux qui avancent comme des benêts au milieu d’un carrefour bloqué au feu orange pour bloquer encore plus la situation ?? Trop souvent. Cet « abrutisme » du quotidien, on le retrouve malheureusement aussi dans l’univers du jeu vidéo.

Est ce que Call of Duty rend con ? Non pas plus que d’autres jeux. Mais comme on peut trouver des abrutis finis dans les gradins des stades de foot – parmi des gens très corrects je précise – on retrouve les mêmes dans certains salons de jeux vidéo, mais aussi sur certains forums où l’excuse de l’immédiateté de l’action ne prend pas.

Con un jour, con toujours

Que ce soit au cours d’une partie ou bien en dehors, j’en déduis pour ma part que les cons sont partout. Les joueurs cons sont des cons avant d’être des joueurs pour la plupart. Alors oui, le jeu vidéo peut exacerber les comportements de n’importe qui, désinhiber nos pulsions et causer des décollages d’insultes intempestifs. Pour autant, cela ne justifie pas ceux qui ne savent pas un minimum se contrôler, maîtriser leur agressivité.

Vu de l’extérieur par des gens non-initiés, une LAN-party peut ressembler à un foutoir innommable, peuplé d’hommes ou de femmes préhistoriques prêts à grogner et brailler à la moindre occasion. Pourtant, c’est bien souvent la bonne humeur et une ambiance bon enfant qui prédomine. Tous ceux qui ont pratiqué le multijoueur, ne serait-ce que devant MarioKart, savent que mauvaise foi n’est pas signe d’un gros connard assis sur le canapé à côté de soi. Par contre, on sait en général très bien faire la différence avec ceux qui explosent leur clavier/manette/volant/autre accessoire, qui sont prêts à vous écraser pour gratter un goodies gratuit sur un salon, ou qui insultent constamment à tour de bras et à vive voix.

Un comportement excessif temporaire est peut être juste un signe d’implication dans un jeu, mais au delà de ça… Brassens avait bien raison « le temps ne fait rien à l’affaire, quand on est con, on est con ».

Crédit photo : http://metroid.wikia.com/
20th Mar2011

La sociabilité du jeu vidéo en question : PC ou console?

by Alphajet

Si la question que je pose peut paraître un peu stupide au premier abord, c’est peut être qu’il faut d’abord bien la définir. Par social, j’entends la capacité d’un jeu à être partagé avec d’autres personnes, a priori des joueurs. On entend souvent à la télévision, dans nos si savants journaux TV que le jeu vidéo isole les gens et les coupe de la vie réelle. Qui d’entre nous n’a jamais entendu ce discours ?? Mais si, vous le connaissez bien ce stéréotype du gros geek qui passe son temps seul, son clavier ou son pad dans les mains, devant une pizza et une bouteille de Coca d’1,5l.

D’autre part, pour pousser la réflexion un peu plus loin, je me suis demandé par quels moyens consoles ou PC proposaient depuis leurs débuts de partager les jeux vidéos, et comment cela a évolué aujourd’hui.

La socialisation du jeu vidéo

Je crois que l’idée que le jeu vidéo isole ou au contraire rapproche les gens est plutôt un faux débat. En réalité, je suis convaincu qu’à l’image de nombreux autres loisirs, il ne tient qu’au gamer de s’imposer à lui-même de partager son passe-temps ! Qu’est ce qui différencie le jeu vidéo du jeu de plateau, du jeu de société, d’aller voir un film au cinéma ou de faire du sport ? Au final, pas grand chose du point de vue partage. Toutes ces activités peuvent être pratiquées en solo, ou bien à plusieurs.

Qu’est ce qui est le mieux : aller se voir un film au ciné seul et passer ensuite quelques bonnes tranches de rigolade sur TF2 entre amis, ou bien partager une soirée ciné entre potes et terminer sa nuit en solo sur Heroes of Might & Magic ?? Je répondrais « who cares ?! » du moment que chacune des activités vous convient. Bien sûr, il me semble évident qu’il faut un minimum de socialisation dans sa vie de tous les jours pour en profiter, mais je ne vois pas pourquoi on opposerait le jeu vidéo à d’autres activités qui peuvent également se pratiquer tout seul.

Mais dans l’absolu, je considère que le jeu vidéo n’isole pas plus que ce qu’il fédère, tout dépend de l’effort qu’on y met pour le partager. Je suis tout à fait capable de citer des moments mémorables que j’ai partagés dans un jeu vidéo avec Torment ou d’autres potes. Par exemple, j’ai joué la campagne de Duke Nukem 3D avec lui en co-op avec un modem 56k, et j’en garde quelques souvenirs impérissables ! Tout comme je garderai en mémoires d’autres activités partagées avec d’autres amis. En bref, le jeu, dans son essence, a pour but de divertir, et il est tout à fait possible de le faire à plusieurs lorsqu’on en a envie.

Si l’on veut comparer, on pourrait très bien prendre l’exemple des bars des années 80 où l’on pouvait choisir soit le flipper, soit le babyfoot ! Les JT se sont ils pour autant enflammés en déclarant que le flipper était une activité qui isolait les gens ? Je ne crois pas. Et c’est d’autant plus faux que le jeu vidéo n’a jamais été autant social qu’aujourd’hui. Je peux vous assurer que jouer à Diablo en 97 avec un modem RTC avait tout d’une expérience épique, autant par la qualité du jeu à partager que par le miracle qui consistait à garder une partie fonctionnelle plus d’une heure ! Je me remémore parfaitement cette partie ou nos deux personnages se sont retrouvés à poil après s’être fait ratatiner par des Blood Knights et avoir laissé mon PC allumé toute la nuit en espérant trouver un moyen de récupérer nos belles armures (pour ceux que ça intéresse, on a échoué). Aujourd’hui, n’importe quel clampin qui a une console ou un PC et une connexion Internet saura jouer en ligne. Le jeu vidéo a tout simplement été le loisir d’une nouvelle époque, participant à l’essor de la technologie domestique et qui a pris la suite du jeu de société traditionnel dans les foyers.

Mais maintenant que j’ai planté le décor, revenons quelques instants sur ces fameuses années 80 qui ont vu naître les premières consoles de jeu.

La console, l’amie du salon

Je crois qu’au premier abord, la plupart des gens répondraient à ma question initiale (« le jeu social, console ou PC pour ceux qui n’auraient pas suivi) la console. Pourquoi ? Parce que cette époque a permis au salon, ancien territoire incontesté de la télévision, de découvrir cette nouvelle machine. Non pas pour supplanter la TV, non, pour la compléter comme accessoire de loisirs. Et à ma connaissance, depuis leurs débuts elles ont toutes comporté au moins 2 ports manette pour permettre au petit frère, au papa ou au cousin de partager l’expérience. En arrivant aux USA et en Europe, la Famicom a pris un petit nom, la NES : Nintendo Entertainment System. En gros une plateforme de loisirs au cœur du salon. Mais plus directement, son nom d’origine FamiCom signifiait Family Computer!

Pour moi, c’est clairement que l’idée de départ était de mettre la console au centre de la famille, de concentrer plutôt que diviser. D’abord parce que c’était un objet inédit, et qui attirait donc les foyers qui découvraient une nouvelle façon de s’amuser. Mais aussi parce que les premiers jeux vidéo incitaient beaucoup les joueurs à se passer la manette : « ahh je viens de perdre une vie à Super Mario, à ton tour d’essayer ! ».

Pendant ce temps là, le PC était rare dans les foyers et souvent cantonné au bureau, la pièce un peu austère avec des bouquins sur des bibliothèques. Et donc ce magnifique boitier beige clair et son clavier à grosses touches qui trônait l’air de dire « aha, voyez tout ce que je peux vous proposer ! Des jeux, du travail, de la programmation, je sais tout faire ! ». Oui, sauf que ce côté versatile a par conséquent plus rapidement isolé le joueur PC dans une pièce séparée. Il a préféré proposer des jeux plus profonds et plus longs, comme les jeux d’aventure (King’s Quest, les Point’n Click Lucasarts…), les jeux de rôle (The Bard’s Tale, Ultima…). Ce type de jeu reste encore aujourd’hui plutôt approprié au PC avec son clavier et sa souris.

 

De ce point de vue là, je dirais que oui, la console représentait le summum du jeu à partager… pour un certain temps.

La démocratisation du PC

Dans les années 90, le PC s’impose dans un nombre croissants de foyers, et la disparation progressive des autres ordinateurs (Amiga, Atari, et autres Amstrad) lui permet donc devenir une réelle plateforme viable pour les jeux vidéo. De plus, sa puissance brute et évolutive lui permet d’être le plus souvent à la pointe de la technologie, et de disposer de jeux toujours plus impressionnants. Le PC passe alors du bureau poussiéreux à la chambre d’ado ou parfois même au salon et la vraie ère de l’informatique personnelle est alors arrivée.

D’un autre côté, la télévision s’est multipliée comme des petits pains, et on la retrouve dans la cuisine et peu à peu dans les chambres. La console ne vient alors plus encombrer la grosse TV cathodique de papa, et vient atterrir dans la chambre des enfants. La Playstation viendra achever ce phénomène en devenant l’objet de toutes les convoitises pour beaucoup de jeunes joueurs mais aussi des plus vieux.

C’est donc au milieu des années 90 que s’amorce l’inversion des rôles. L’arrivée progressive d’Internet transforme le PC en plateforme connectée et communicante, et les éditeurs ne manquent pas d’exploiter ce nouveau filon qui s’offre à eux. C’est à cette époque que les premiers MMO apparaissent (Ultima Online, Meridian 59) et permettent à des centaines, des milliers de rôlistes de retrouver un peu l’ambiance des soirées jeu de rôle papier, mais puissance dix. Discussion instantanée, échange d’objets, création de guildes, le tout dans un univers entièrement créé pour eux. Un régal pur et simple qui a captivé de nombreux joueurs pendant des années !

Parallèlement, la Playstation, console purement déconnectée, a amorcé l’ère des jeux AAA et le vœu d’une technologie inédite sur console. En clair, un énorme catalogue de jeu comprenant des titres mythiques comme la série Final Fantasy, Metal Gear Solid, Gran Turismo, Tomb Raider et autres franchises mythiques. Mais ces titres s’appréciaient le plus souvent seul au lieu de faire ses devoirs de maths, dans sa chambre. L’expérience, aussi riche fut-elle, se partageait moins souvent, et les jeux « familiaux » ont en quelque sorte disparu.

On peut dire que le PC a alors pris sa revanche pendant plusieurs années, et permis à de nombreux gamers d’enfin profiter de leurs jeux en multijoueur. Les premières LAN parties s’organisent les week end entre potes autour d’Age of Empires, Need for Speed 3 ou Quake 2 par exemple. Peu à peu, les cybercafés poussent comme des champignons et rassemblent des fans de Starcraft et de l’incontournable Counterstrike. Même si le jeu PC rassemble alors des personnes autour de leur passion, contrairement aux premières consoles qui rassemblaient plutôt le cercle familial, c’est une forme de lien social tout autant valable et durable que celui que peut apporter un club de sport ou d’échecs ! C’est l’avènement de l’aspect communautaire du jeu PC, avec les clans, le modding, qui perdure encore aujourd’hui.

1 partout, la balle au centre !

L’avènement des consoles Next-Gen

Aujourd’hui, la situation est néanmoins plus équilibrée dans la mesure où depuis la sortie des mal nommées consoles « Next Gen », elles disposent toutes d’un mode online correct. Je considère en effet que c’était loin d’être le cas jusqu’à la sortie de la Xbox 360, PS3 et Wii. En effet, la Gamecube, la Dreamcast et la PS2 proposaient déjà un modem ou un port Ethernet. Malheureusement, non seulement les débits étaient alors souvent trop faibles, mais les jeux multijoueurs eux mêmes étaient rares et souvent mal optimisés.

A quoi bon une expérience online si elle s’avère catastrophique? C’est donc à partir du moment où les connexions haut débit se sont démocratisées que les fabricants de consoles et les développeurs de jeux ont vraiment mis en place des aspects multijoueur. Le joueur console a dès lors disposé de moyens évidents pour se connecter à Internet via sa console et jouer aussi bien avec de véritables amis qu’avec des connaissances uniquement virtuelles. La console s’est même essayé au MMORPG avec Final Fantasy XI, avec plus ou moins de succès.

Les consoles Next-Gen ont également fait un retour vers le salon grâce à leur fonctions multimédia : lecteur Blu-Ray ou HD-DVD (paix à son âme), diffusion de MP3 ou de photos, stockage de films plus ou moins piratés… Sony et Microsoft en tête avaient décidé de faire un retour fracassant devant votre canapé et ils ont réussi. A côté des grosses franchises solo, GTA, God of War etc, on a maintenant des jeux qui intègrent tout naturellement le multijoueur. Quoi de plus simple que lancer une partie de Street Fighter IV et se trouver un adversaire plus ou moins à sa taille? Il ne faut que quelques minutes pour le faire à partir du moment où on n’est pas trop décérébré pour arriver à connecter le Wi-Fi ou un câble Ethernet à sa console.

Et pendant ce temps là, que fait Nintendo? Le mode online de la Wii n’est pas un succès phénoménal. D’abord à mon goût parce qu’au contraire de Sony et Microsoft qui ont mis d’emblée leurs consoles au sein d’un réseau, respectivement Playstation Network et XBox Live, le vieux géant japonais a laissé chaque développeur gérer son mode multijoueur. Pas de matchmaking unifié ou de profil (à part le Mii), et donc hormis quelques bonnes exceptions, la Wii reste plutôt une console de famille. Et oui, car la grande idée de Big N a été le retour au jeu familial, et on en revient aux années 80, CQFD! La Wii s’est vendue comme des petits pains grâce à son nouveau système de contrôle (Wiimote + Nunchuk), mais surtout parce que sa ludothèque est majoritairement composée de jeux à partager entre amis ou en famille à l’apéro ou après un bon repas! Si vous regardez bien les pubs Wii, 80% de l’image est consacrée à montrer les joueurs, plutôt que le jeu en lui même. Le jeu se vit d’abord parce qu’il est partagé, et moins parce qu’il est beau ou prenant.

Alors c’est sûr, ça n’est pas avec Metroid qu’on le fera, mais les Lapins Crétins, Mario Party, Just Dance ou même Mario Kart sont clairement funs seulement quand on y joue à plusieurs.

Video Game killed the Trivial Pursuit

Pour finir, je reviendrai à mon thème initial : le jeu vidéo n’a jamais été aussi social qu’aujourd’hui, et il ne tient qu’aux joueurs de partager leurs expériences. Lorsque j’achète un jeu sur Steam, dans 75% des cas c’est dans l’idée d’y jouer avec mes potes grâce au mode co-op ou en versus, et bien souvent ça me donne l’occasion de garder le contact avec ceux que je ne vois pas souvent. Si le mode co-op est clairement revenu à la mode ces dernières années c’est car la technologie est enfin mature pour proposer une expérience multijoueur presque sans difficulté (même Torment arrive à brancher sa PS3 au net!!).

Vous invitez des amis à manger un soir? Allez, avouez que quand vous étiez petits, c’était plutôt les jeux de cartes ou les jeux de société type Trivial Pursuit, non? Ca se fait toujours, oui, mais c’est quand même bien marrant de passer pour des couillons devant la télé en train de se faire une compet’ de Lapins Crétins. Après, on se fait une bonne bouffe et on n’a pas pour autant l’impression d’être passés pour des gros geeks, non, c’est juste devenu normal. Il était temps!

03rd Mar2011

Que peut on attendre de Battlefield 3 ?

by Alphajet

Battlefield 3 : évolution ou révolution?

Hier, c’était l’effervescence, les sites d’actualité du jeu se sont extasiés devant la nouvelle vidéo de BF3.

Alors avant toute chose, j’en tire deux constats :
– BF3 ne révolutionnera pas le FPS
– Mais il s’en vendra quand même quelques millions de brouettes

Bon soyons plus clairs, la vidéo est en effet très sympa et tout le monde a pu noter que le nouveau moteur Frostbite 2 fait des merveilles. C’est vrai, c’est vrai, c’est très beau, mais de mon côté j’ai surtout retenu la qualité de l’animation et les effets sonores qui paraissent assez impressionnants.

Ensuite, j’ai été assez surpris de voir que la démo présentait le mode solo du jeu quand la série a toujours privilégié, et de loin, le multijoueur. Personnellement, j’avais énormément apprécié Battlefield 1942, et j’ai très peu joué au 2: je peux me tromper mais il m’a toujours laissé l’impression que ses joueurs avaient raté le côté coopération. Il y a ceux qui foncent vers les premiers véhicules venus sans attendre que quelqu’un prenne la place du copilote ou passager, les snipers qui campent à un bout de la carte sans forcément assister la progression des attaquants… Et puis fondamentalement, je n’ai pas trouvé beaucoup d’évolution de gameplay entre BF1942 et BF2. Bon après tout, ce n’est que mon a priori mais aujourd’hui, je cherche un peu plus que mettre 16 joueurs face à 16 autres, avec des véhicules. Team Fortress 2 a trouvé la solution en proposant 9 classes tellement complémentaires qu’il est indispensable de coopérer pour gagner sur un map (sauf cet enfoiré de spy !!!!).

Du coup, le mode solo de BF3 me semble avoir surtout été créé pour concurrencer Call of Duty : Modern Warfare 3, et surtout pour EA de tenter d’effacer le moyen Medal of Honor qui avait été mis en face de CoD:Black Ops. Malheur lui en a pris, il a fait un gros four, même Steam l’a mis en promotion à moins de 30€ un mois après sa sortie. Mieux vaut une franchise forte qu’une faible et une concentrée sur le multijoueur non? Donc je crois en la mort de MoH, et ce mode solo travaillé dans BF3 en prend quelque part la suite.

Est ce que ça suffira à en faire un bon jeu? Commercialement oui, le moteur graphique qui claque et qui brille, ça fera craquer les 13-18 ans avant Noël plus encore que Axe fait tomber les anges. Après, reste à savoir si Dice va vraiment tenter de révolutionner un peu ses mécaniques de jeu en multijoueur. On aura probablement la réponse dans les prochaines semaines, mais à leur place, sous la pression d’EA, avec un moteur tout nouveau tout beau, vous miseriez tout sur l’originalité, ou bien un gameplay dans la continuité de la série?

Vous croyez en une suite à Mirror’s Edge vous? 😉 Boooon pour rejoindre mon introduction, on peut en déduire que BF3 sera un bon et beau « Call of Battlefield of Honor », et que le mode multijoueur devrait malheureusement être assez classique (Team Deathmatch, Conquest…). Wait & see, mais de mon côté je pense plutôt délirer avec un bon vieux Duke des familles cette année, au moins je sais à quoi m’attendre, un bon vieux shooter rétro.