09th Nov2012

Mort7

by Alphajet

Réaction à chaud ce soir après l’annonce du placement en liquidation judiciaire du groupe Mer7, société éditrice de nombreux magazines de jeu vidéo et d’informatique en général, qui comprennent papy Joystick, Jeuxvideo Magazine, ou encore Consoles+, sans parler de feu Joypad. A ce jour, il est difficile de savoir si tous ces titres retrouveront une maison d’édition, ou bien s’ils disparaitront tout simplement des kiosques à journaux à tout jamais.

Alors, j’ai déjà vu des gens réagir en écrivant « de toute façon, qui les lisait encore?« . Moi entre autres, mais certes la question mérite d’être posée. S’ils en sont là aujourd’hui, c’est en partie car dans un marché de technophiles avertis, le papier apparait parfois comme désuet, hors du temps face à une armada de sites et de blogs qui « flashnewsent » plus vite que leur ombre. Clairement, l’émergence des actualités en ligne a porté un gros coup aux magazines, quand ils accusent un mois voire parfois deux de retard pour tester un jeu vidéo. C’est forcément rédhibitoire pour beaucoup qui n’iront pas payer 3 à 7€ un magazine pour avoir un article pas si éloigné de ce qu’ils ont déjà lu sur internet.

Dans ma série d’articles de cet été, j’ai également soulevé les grosses difficultés qu’avaient certains magazines à se renouveler, à réécrire une nouvelle histoire pour survivre. Mais c’est un peu la débâcle françaises de 1940: trop peu de nouveautés sont arrivées trop tard… C’était pourtant à mon avis un des rares moyens de survivre puisque tenter de concurrencer la presse internet sur les mêmes contenus était perdu d’avance.

Mais à tous ceux qui restent de marbre face à cette annonce, j’aimerais leur rappeler que les Joy’ et consorts font partie à tout jamais de l’Histoire du jeu vidéo. Si ce média en est là où il est en France, c’est pour une petite partie grâce à ces passionnés qui pendant des années ont su décortiquer des centaines de titres, des sombres étrons aux merveilles qui ont jalonné notre enfance/adolescence/et plus si affinités. Il est aussi important de rappeler que bon nombre des testeurs, journalistes ou ménestrels qui officient aujourd’hui sur les sites les plus connus ont fait leurs armes dans ces rédactions de magazines pendant longtemps. Et que sans ces bandes de joyeux drilles au ton souvent décalé voire loufoque, et ben il n’y aurait peut être pas sur internet ce regard côté plaisir et fun qui prime avant tout, et tous ces blogs qui ont poussé comme des champignons. C’est un peu leur flamme qui s’est transmise chez tous ces gens et qui s’éteint aujourd’hui.

Certainement que je ne serais pas là à vous écrire si dans les années 90, je n’épluchais pas chaque page de mes magazines en me disant que … »Bordel, ils font un des plus beaux métiers du monde quand même! ». Malheureusement peut être pas suffisamment rémunérateur et gratifiant pour qu’il survive à 2012.