11th Oct2011

Une heure sur… Keys of a Gaming Space

by Alphajet

J'ai bien aimé le style graphique assez original (merci Sashka, j'ai emprunté ton screenshot!)

En fait, c’est pas une heure, mais une vingtaine de minutes maximum qu’il m’a fallu pour terminer cette petite aventure. Je n’aurais certainement jamais entendu parler de KoaGS si je n’avais pas fait un tour sur Playtime, le blog du Monde. L’interview de Sébastien Genvo, créateur du jeu et maître de conférences universitaire, dévoile une volonté de susciter des émotions spécifiques chez le joueur, sur un thème rarement abordé dans le jeu vidéo. A savoir le sujet délicat de la pédophilie et des conséquences qu’il engendre au sein d’une famille. Keys of a Gaming Space se revendique donc « jeu expressif » et nous invite donc à vivre cette expérience au travers de son personnage principal.

J’en serais probablement resté à l’interview si je n’avais pas lu la réponse de Sashka (game et narrative designer) à l’article de Playtime, qui était assez négative sur le jeu mais avant tout sur la promotion de l’interview. Du coup, ma curiosité a été titillée, et j’ai donc téléchargé le jeu (qui est gratuit) pour analyser 3 points :
– Est ce qu’il réussit à susciter des émotions particulières comme annoncé ?
– La critique de Sashka est elle légitime selon moi ?
– Et plus important, le jeu étant a priori aussi destiné à des « non-joueurs », avoir l’avis de ma moitié.

Pour répondrai à la première question par oui et non. Oui car ce thème particulier est à ma connaissance nouveau pour un jeu vidéo. Je félicite donc l’auteur d’avoir eu l’ambition d’aborder un sujet compliqué et délicat. Je répondrai non aussi car pour moi KoaGS est loin d’être innovant sur sa capacité à faire ressentir des émotions. Je veux dire par là que s’il est « expressif », c’est bien parce que c’est le seul but recherché par le jeu. De nombreux jeux ont réussi à faire passer des messages, certes de façon peut être moins directe, tout en proposant un « vrai » jeu.

C’est là où je rejoins Sashka, puisque KoaGS est plus une « expérience interactive » qu’autre chose. Il reprend les principes du Point’n Click et une structuration qui rappelle Braid pour les différents tableaux (là c’est le cas de le dire!). Il y a quelques autres clins d’oeil au jeu vidéo en général, mais on passe la plupart du temps à lire les dialogues. Une fois toutes les 5 minutes, on doit trouver un objet et le donner à la bonne personne, une fois toutes les 10 minutes on doit faire un choix dans les dialogues. Vu la longueur du jeu, vous comprenez mieux pourquoi je parle d’expérience plutôt que de jeu. Et ça m’amène au 3e point.

Je me demandais ce que serait l’opinion de Mme-Beauté qui n’est pas du tout familière de ce type de jeu. Et bien passé les premières minutes, elle en est venue à la même conclusion que moi, à savoir que cette mini aventure laissait un gros arrière goût de cliché. Pas sur le parti pris esthétique au demeurant très sympa, mais vraiment sur le fond. Les états d’âme du personnage ne paraissent finalement pas plus crédibles ou travaillées que dans des jeux plus classiques. Et au final, du fait de ces bribes de vie désordonnées, on a du mal à s’attacher à lui, et donc à se sentir impliqué par ses choix. Du coup, le déterminisme imposé au joueur ne m’a pas vraiment marqué, ni ma chère partenaire de test non plus. KoaGS laisse donc une impression de « pas abouti »…du tout. Peut être un galop d’essai pour inspirer des vrais studios de développement? Pourquoi pas!