10th Fév2015

Critique magazine : PC Gamer

by Alphajet

PC_Gamer_01Ma générosité envers les magazines de jeu vidéo trouvera-t-elle une limite?? Mais en fin de compte, je n’ai pas trouvé grand chose à propos de ce « nouveau » magazine consacré aux jeux PC. Du coup, ça me semble plutôt opportun de vous en toucher deux mots, histoire de savoir s’il mérite ses quelques euros. Mais passons tout de suite aux présentations : PC Gamer est un spin-off de Video Gamer, qui parait tous les deux mois pour le tarif de 4,90€. Il n’a cependant rien à voir avec les éditions britanniques ou américaines de PC Gamer, desquelles le plus proche parent français était PC Jeux, décédé en 2012 lors de la grande épidémie qui a éradiqué 90% des magazines de jeux du marché avec la liquidation de Mer7.

Le rédacteur en chef est donc le même que pour Video Gamer, et on trouve de toute façon certains noms bien connus parmi les rédacteurs.

La couv’

PC Gamer présente un facial à la fois proche et différent de son frangin Video Gamer. D’une part, il y a un air de ressemblance avec une large illustration d’un jeu dont un focus est fait dans le numéro, mais il s’en démarque par un titre/logo encore plus visible qui barre toute la largeur du haut de la couverture. Une bonne façon de le repérer à coup sûr et de trancher face au rouge de Jeux Vidéo Magazine par exemple. Le reste est relativement classique avec un rappel des principaux titres abordés dans les pages du mag, mais aussi toujours une touche de hardware, un domaine souvent cher au joueur PC. On verra ce qu’il en est réellement plus tard.

L’édito

On en est déjà au second numéro de PC Gamer, et c’est « la rédaction » qui signe l’édito. On sent donc une volonté de parler d’une seule voix pour ouvrir le propos. Quel est le pitch ? En gros que le laboratoire (avec les jeux indépendants, les early-access, le crowdfunding…) et la meilleure expérience de jeu vidéo – graphiquement parlant – se trouve aujourd’hui sur PC. Pas faux en effet, mais cela parait tout de même assez osé à l’heure où les consoles représentent le gros du marché. Mais cela tend aussi à dire qu’on peut retrouver des magazines encore plus spécialisés, du moins s’il rencontre son public. En tout cas la volonté semble être de mettre l’accent sur les forces du PC, ses spécificités (les MMORPG, MOBA, …) et ses avancées côté matériel. Voyons voir si ça se précise par la suite…

Le contenu

PC Gamer se découpe en 4 grandes parties.

La première est surnommée « Actus ». Alors oui, les actus dans un bimestriel, ça peut faire peur. Mais la rédaction, au lieu de traiter succinctement d’un maximum de sujets, se concentre sur quelques nouvelles en étoffant un peu le discours. Une bonne chose, d’autant que les sujets abordés ne sont pas toujours sous les feux des projecteurs. On a principalement droit à des focus d’un peu moins d’une page sur les jeux à venir au cours des prochains mois. Certains comme Overwatch ou Battlefield Hardline par exemple s’étalent sur plusieurs pages et permettent d’en savoir un peu plus sur le jeu en question, même si on n’en apprend pas forcément plus que ce qu’on peut trouver ça et là en ligne. En revanche, c’est assez souvent plutôt un bon condensé, permettant au joueur PC un peu occasionnel de bénéficier d’un panel d’informations assez touffu sur les gros titres à venir, comme Evolve. La sélection des jeux est assez judicieuse car elle n’hésite pas à mettre l’accent sur ceux avant tout – voire exclusivement – destinés au PC.

Day of the Tentacle, monument de l'oeuvre LucasArts

Day of the Tentacle, monument de l’oeuvre LucasArts

La seconde section est constituée des « Focus ». L’occasion de s’attarder sur une thématique au cours de quelques pages. Difficile exercice avec un nombre de pages assez limité. Le premier numéro présentait judicieusement une sélection de jeux indépendants qui valent le détour, mais qui aurait mérité une présentation un peu moins courte de chaque titre. Le second quant à lui revient sur les plateformes de jeu dématérialisé ; sans grande surprise ni réellement exhaustif, mais encore une fois une bonne synthèse des offres principales du marché. Je regrette un peu la maquette qui privilégie les images envahissantes au texte. En revanche, mention très bien aux pages de la section Rétro de Denis Brusseaux qui revient successivement sur les success stories de Lucasarts et de Sierra avec nostalgie et passion.

Coincé entre la poire et le fromage, la rubrique Conso/Matos est celle qui se rapproche le plus du magazine « guide d’achat ». Mais il faut rappeler que le gamer PC est une cible de choix pour les fabricants de clavier, souris, casques et autres accessoires destinés à parfaire son exclusivité. Encore que les joueurs console n’ont plus guère que les composants à leur envier… Justement, les « tests » de matériel sont plutôt un aperçu, ou du moins une opinion générale sur le produit plutôt qu’une succession de benchmarks. A destiner aux joueurs qui veulent se faire un avis rapide sur la dernière génération de cartes graphiques par exemple. Le numéro 2 aborde les récents ultrabooks avec docks, évoqué avec curiosité mais des doutes qu’il m’a semblé juste de soulever. Une double page présente enfin quelques nouveautés en quelques lignes chacune. Bref c’est la partie qui m’a le moins convaincu.

La sélection matos, sympa mais vraiment sans plus...

La sélection matos, sympa mais vraiment sans plus…

Enfin, évidemment, le cœur du poulet ce sont les Tests qui occupent un tiers du magazine. Que dire… Les rédacteurs sont des plumes connues, le style est agréable… Allez faisons un « J’aime/J’aime pas ». J’ai aimé le côté synthétique des critiques qui vont droit au but sans être pour autant trop impersonnelles. J’ai aimé aussi les jeux sélectionnés pour la période de deux mois, qui comprennent forcément les hits incontournables mais aussi des titres typés PC (comme Civilization ou Company of Heroes 2) ou des moins connus, du genre This War is Mine qui mérite de l’être plus (connu). J’ai aussi apprécié le courage d’étaler un test sur 6 à 8 pages pour les coups de cœur comme Alien Isolation… mais beaucoup moins d’en gâcher 2 ou 3 pour y foutre des images pleine page… J’ai trouvé également ridiculement cosmétique d’équilibrer le nombre de points forts et points faibles comme si ça apportait quelque chose au propos. Enfin, petit manque d’audace sur la notation qui navigue très souvent gentiment entre 14 et 18 sur 20. Bon en même temps, on aura rarement vu un magazine se vendre avec un panel complet de jeux médiocres… donc je comprends que la sélection bimestrielle soit plus convenue.

Le mot de la fin

PC Gamer est un peu le cul entre trois chaises. C’est un magazine spécialisé PC, mais pas forcément un magazine de spécialistes avertis, avec des articles assez généralistes. Pour autant, certains focus ou la rubriques rétro sont intéressantes à plus d’un titre. La périodicité pose également question car elle impose de condenser l’actu, les tests et les dossiers dans 100 pages tous les deux mois. Et quand on voit certaines pages sacrifiées sous l’autel de la maquette, on sent que le magazine se cherche encore un peu, et surtout, cherche son public. La cible se trouve probablement vers le trentenaire ou quarantenaire qui n’a pas toujours le temps d’écumer les sites d’informations pour se renseigner (et y trier les 2/3 d’informations poubelles qui y trainent).

Pour toutes ces raisons, je souhaite bonne chance à PC Gamer, en espérant que la rédaction puisse lui insuffler suffisamment de personnalité et de spécificité pour qu’il puisse se démarquer de ses confrères les plus grand public (Jeux Vidéo Magazine ou Jeux Vidéo News) et plus « adultes » comme JV, Games ou The Game. Je crains juste que l’espace dans la presse vidéoludique (et le budget des lecteurs) se restreigne un peu trop pour un titre qui ne manque pourtant pas d’atouts.

02nd Mai2011

La 1ère Guerre Mondiale dans le jeu vidéo

by Alphajet

La guerre. C’est moche, et pourtant c’est clairement un des sujets qui a le plus inspiré les écrivains, les cinéastes ou encore les développeurs de jeux vidéo. Il faut dire que depuis la nuit des temps, on se met sur la gueule pour n’importe quelle raison, à croire que l’Homme a ça dans le sang. Du coup, ça paraît presque une évidence d’en parler, de raconter ces moments souvent terribles qui ponctuent l’histoire de l’humanité. Pour autant, l’une des plus grandes guerres de tous les temps est quasi absente du jeu vidéo, c’est la 1ere guerre mondiale. Pourquoi est elle si peu représentée sur notre média, et pourquoi pourrait on lui laisser une plus grande place?

Une guerre qui tombe dans l’oubli

Les gamers d’aujourd’hui sont pour la plupart nés vers la fin du siècle, à un moment où même la 2e Guerre Mondiale était déjà très éloignée. Pourtant, dans mon enfance, je me souviens très bien avoir participé avec mon école à des commémorations du 11 Novembre, où quelques anciens combattants se tenaient encore debout. On n’en compte plus qu’un seul aujourd’hui, âgé de 110 ans… C’est peut être aussi pour ça que je m’y suis plus intéressé alors que ceux nés après 1990 n’ont probablement entendu parler de cette guerre qu’à l’école, et vite fait encore.

L'armistice dont on ne se souvient que du jour férié

Les fameuses années folles

 

C’est donc un conflit que la majorité des gens a tendance à oublier, mais il faut savoir que c’était déjà le cas à l’entre-deux guerres. Elle a tellement fait souffrir les combattants comme les populations que tout le monde a voulu passer à autre chose le plus rapidement possible dans les années 20… Jusqu’à Hitler et sa tentative de conquête de l’Europe. Mais est-ce le seul facteur? La fin de la 2e Guerre Mondiale date pourtant de plus de 60 ans mais elle a pourtant été le sujet de très nombreux films et de presque autant de jeux vidéo. On en a même fait une overdose tellement une masse de FPS et de STR sont sortis durant ces 10 dernières années, grosso modo depuis la sortie de Medal of Honor premier du nom (Débarquement Allié).

De mon point de vue, évidemment que non. Prenons l’exemple des wargames, certes un marché de niche mais néanmoins très actif. Ils sont très nombreux à représenter la seconde guerre mondiale encore une fois, mais aussi les conflits historiques tels que les batailles napoléoniennes, la guerre de sécession, les guerres antiques, puis l’heroic fantasy ou la SF. Et je parle sur plateau aussi bien qu’en jeu vidéo ! 14-18 reste étonnamment presque ignorée pour un genre de jeu qui s’y prête pourtant parfaitement. De façon plus générale, les jeux de stratégie en général sont dans le même cas : Total War, Age of Empires, Starcraft, Blitzkrieg, Warcraft, Command&Conquer, Sudden Strike, Codename Panzers, Steel Panthers, Stronghold…et j’en passe des dizaines contournent systématiquement cette période. Je ne connais qu’un seul wargame qui l’a abordé, il y a 2 ans seulement : World War One – la Grande Guerre mais ça reste un wargame passé inaperçu.

World War One : la Grande Guerre

Medal of Honor : Débarquement Allié

Une période inintéressante?

Peut on vraiment en déduire ça? Moi je ne pense pas, car le thème, pour les rares fois où il a été abordé, ça a plutôt été une réussite de mon point de vue. Je ne peux pas parler 1ère Guerre Mondiale sans aborder les fabuleux simulateurs de vol qui l’ont décrite. Ils ne sont pas les plus nombreux mais ils ont été unanimement reconnus excellents : Red Baron, Wings of Glory, Red Baron 2 (et son amélioration Red Baron 3D) et beaucoup plus récemment Rise of Flight. Tous se sont attachés à décrire ces premiers combats aériens, l’histoire de pilotes chevaleresques parcourant les cieux comme des nouveaux aventuriers du début du siècle. Mais du coup, ces simulations racontaient plus les débuts de l’aviation dans la guerre qu’ils ne parlaient de la guerre en elle même. Les tranchées? Une simple ligne de démarcation qu’on survole de loin…

Assez peu détaillées les tranchées non?

Et voilà une illustration plus crédible

C’est également impossible de dire que ce conflit n’a pas été technologiquement intéressant. En 4 années de combat, le monde est passé de la cavalerie et des uniformes proches des batailles napoléoniennes à la guerre totale et moderne : aviation – comme on l’a vu-, flotte et fusils modernes qui ont été utilisées jusqu’à la seconde guerre mondiale, chars d’assaut, artillerie longue portée, mitrailleuse à haute cadence de tir, gaz de combats, première utilisation des sous-marins… Ces innovations ont considérablement modifié la façon dont la guerre se déroulait et on façonné les armées telles qu’elles existent encore aujourd’hui. Pour ceux qui ne le sauraient pas, les poilus français ont commencé les combats en 1914 avec des uniformes bleu et rouge !! Impensable aujourd’hui… mais 4 ans plus tard les choses avaient déjà bien changé ; le camouflage est devenu une des caractéristiques de l’armée. C’est même probable qu’il y a eu plus de changements à tous les niveaux que lors de la période 39-45.

Inspiration de Killzone?

Boite de conserve flottante

Même stratégiquement, ce conflit qui s’annonçait au départ vite plié pour les allemands avec une guerre de mouvement s’est transformé en une suite de longues batailles défensives, tranchée contre tranchée. Jamais gagner quelques mètres de terrain n’aura été aussi difficile, des centaines d’hommes étant parfois sacrifiés pour rien. Du coup, je trouve d’autant plus intéressant de s’intéresser à ces combats difficiles et très différents de ce qu’on peut voir à d’autres périodes : batailles rangées napoléoniennes, grandes offensives rapides de la 2e GM, guerilla de nos jours… Non, ce qui semble freiner l’utilisation de ce thème, c’est que c’est la première guerre sale.

Horreur, terreur, noirceur

Ce qui caractérise 14-18, c’est l’ampleur de la guerre, mais surtout les terribles moyens utilisés et les conséquences qui en découlent. Pour rappel, on a compté environ 9 millions de morts, et 20 millions de blessés. L’utilisation des gaz de combats, la violence des nouvelles armes, les jours et les nuits passées dans des tranchées humides habitées par des rats et des cadavres, l’artillerie menaçante et des assauts suicidaires. Voilà aussi ce qui caractérise cette guerre jusque boutiste. La folie des Hommes poussée à son paroxysme où rien ne semblait pouvoir freiner l’utilisation d’armes de plus en plus dévastatrices. Même après la guerre, on ne compte plus les mutilés, les « gueules cassées », qui en un sens, auront permis à la médecine de faire des progrès.

Le visage héroïque

Le VRAI visage de cette guerre

Voilà pourquoi ce sont les combats aériens qui sont dépeints dans Red Baron et ses petits frères : parce qu’ils sont propres. Parce qu’on parle de héros, d’une poignée de pilotes qui se tirent dessus à bord d’avions à peine capable de tenir en l’air ; en prendre les commandes était déjà courageux en soi! C’était donc bien plus facile de présenter ce côté là de la guerre, plutôt que des combats acharnés au corps à corps à coups de baillonette dans une tranchée dégueulasse. C’est plus consensuel aussi, ça permet de s’identifier au pilote  comme un « bienfaiteur » qui n’a pas à affronter la mort dans le blanc des yeux.

De même, les rares jeux de stratégie sur ce thème restent des wargames, c’est à dire une extrapolation des jeux de guerre (le Kriegspiel, inventé par les allemands) qui servaient déjà aux officiers à l’époque… Et qui décrit une réalité toute théorique. Des petits pions à avancer sur une carte du théâtre d’opérations, voilà en gros ce qui est représenté. Je n’ai absolument rien contre, c’est excellent pour les amateurs, mais mon avis est que c’est encore une adaptation très éloignée de la réalité sur le terrain.

Le Kriegspiel

Valkyria Chronicles, très mignon

On peut même en venir à Valkyria Chronicles, dans lequel l’aventure est censée se passer dans les années 30, propose un simulacre de 1ère guerre mondiale dans des enchainements de batailles tactiques. Mais le jeu utilisant notamment un Cell Shading très chatoyant rend ses combats plus proche d’un Advance Tactics.

En bref, il est évident que retranscrire une image crédible de la vie des tranchées risque de choquer bien des yeux.

Choquer pour mieux marquer

Et si on regarde le paysage des FPS actuels, on trouve quoi? La même soupe aseptisée dans un sens. Pas dans le gameplay certes, mais dans l’expérience : pourquoi Medal of Honor ou Call of Duty m’ont marqué à leur époque il y a environ 10 ans? Parce qu’ils proposaient de vivre le débarquement de Juin 1944, ou encore le parachutage des troupes aéroportées en Normandie à travers les yeux d’un simple soldat, pas ceux d’un super héros. Il y a eu une évolution dans le FPS de cette période, il a grandi à travers ces deux exemples pour laisser derrière les Duke Nukem et les Doom solitaires où seul le héros compte. Mais depuis, j’ai l’impression que le genre a régressé et qu’on est revenu à ce surhomme capable de renverser toutes les situations.

CoD4 et ses missions Commando

Qu’on parle des Call of Duty récents, de Halo, Gears of War, etc, tous proposent une pseudo-expérience de bataille. Les scripts qui ont permis aux développeurs de nous immerger dans l’ambiance d’une bataille de grande envergure servent aujourd’hui principalement à imiter les films hollywoodiens : proposer une action ininterrompue, ponctuée de special events et de 1236 explosions. Mais tout ça n’a bien souvent plus grand chose de crédible. Je ne dis pas qu’il ne faut plus voir ce genre de jeu axé sur le fun, non pas du tout, mais trop rares sont ceux proposant de vivre une expérience réaliste : Armed Assault fait partie des quelques cas notables. La première guerre mondiale pourrait donc représenter un renouveau original en termes de théâtre d’opérations, de période historiquement riche et de batailles regroupant des milliers d’hommes, la technologie le permettrait mieux aujourd’hui.

Un inconnu parmi d'autres

Mais quand bien même ce type de jeu sortirait, il est fort probable qu’il ne plaise qu’aux puristes du genre, ceux là même qui jouent déjà à Armed Assault, ou à d’autres simulations de combats de chars par exemple. Ce que j’aimerais voir apparaitre, c’est par exemple un FPS concentré sur l’expérience et le ressenti d’un soldat lambda, perdu sur un front immense et face à un destin plus qu’incertain. Il faut comprendre que les jeunes militaires qui ont survécu à des batailles comme Verdun le doivent principalement à une chose : pas leur capacité à porter 10 armes – dont un bazooka – dans leur dos, pas le bullet time qui leur aurait permis de tuer 10 ennemis dans la seconde, ni de super armure. Non, leur plus grand allié était la chance… Comprendre comment des hommes tout juste sortis de l’adolescence ont pu résister à des moments aussi traumatisants que les bombardements permanents, les assauts suicidaires face à des mitrailleuses, ou encore les gradés français fusillant les « lâches » refusant de courir vers une mort certaine (voir le film de Kubrick « Les sentiers de la gloire » à ce sujet), voilà des thèmes que j’aimerais voir abordés dans un jeu.

Parce que des FPS comme Bioshock ont déjà réussi à susciter des émotions, et parce qu’une expérience qui nous touche et nous prend aux tripes nous marque forcément plus, voilà pourquoi je milite pour des sujets plus engagés tels que la 1ère guerre mondiale. Parce qu’elle peut faire prendre conscience que les vétérans ont traversé l’impensable, et que si on veut avoir une chance de ne pas revivre ça, il faut déjà se souvenir de ce qui s’est passé il y a près d’un siècle.  Je pense qu’un FPS sur ce thème devrait s’efforcer de susciter un sentiment d’angoisse et de tension chez le joueur par le simple fait que s’il survit au fil de l’aventure, ce n’est pas parce qu’il est super-skillé-sauveur-du-monde, mais plutôt parce qu’il n’a pas d’autre choix que foncer pour ne pas mourir.

Des tentatives passées aux projets futurs

Je donne l’impression d’un sujet complètement oublié, mais pourtant certains développeurs se sont quand même risqués à des incursions sur le terrain des tranchées dans le domaine du FPS.

Le premier qui me revient est Iron Storm, qui narre une aventure se passant en 1964, mais dans un monde où la 1ère guerre mondiale ne se serait jamais arrêtée et opposerait l’alliance de l’Ouest à l’empire russo-germanique. C’est probablement le meilleur essai dans le genre, avec une difficulté conséquente et un monde rongé par un capitalisme ayant pour principal sens de nourrir la guerre. La morale du jeu consiste à dire « Il n’y a pas de plus grande naïveté que croire dans le patriotisme du capital. Un capitaliste peut être patriote mais le capital ne l’est pas… ». Malgré tout, le jeu a écopé de critiques très moyennes malgré d’après moi, un bon travail sur le background et le scénario.

IronStorm (2002)

Necrovision (2008)

 

Il y a également eu d’autre exemples encore plus décalés (hormis quelques mods Half-Life ou Battlefield) avec Necrovision qui croisait 1ère guerre mondiale et un monde décalé à la Return to Castle wolfenstein où les allemands tiennent plus du zombie que du soldat. On en retiendra clairement plus le côté bourrin que son scénario…

Le point commun de tous ces jeux? Ils s’attachent tous consciencieusement à éviter de confronter le joueur à des situations historiques. Silent Storm utilise l’uchronie pour s’en détacher, et  Necrovision se passe carrément dans un monde parallèle. Juste un constat de plus pour montrer que le thème reste encore un terrain presque vierge. Mais des développeurs indépendants commencent à travailler sur le sujet.

The Trench, développé par les frenchies de Gallica Studio, est le premier à s’attaquer frontalement à la guerre des tranchées. Pour l’instant, seules quelques images et un teaser du jeu sont disponibles, donc il est relativement difficile de se faire un idée du résultat final, mais je ne peux que saluer l’effort de faire le choix du FPS dans le contexte historique de l’époque. Reste à savoir si le délicat aspect « dramatique » sera bien rendu, et qu’il ne sera pas simplement un Operation Flashpoint de l’époque.

The Trench : première représentation réaliste de la guerre des tranchées

On a trouve également le projet Iron Europe, un mod pour Red Orchestra qui semble malheureusement au point mort depuis 1 an. Beaucoup plus ambitieux, Verdun Online entre actuellement en phase de beta et ambitionne de devenir le Battlefield de la 1ère Guerre Mondiale. Peut être une bonne tentative pour découvrir une des batailles les plus sanglantes de toute l’histoire, mais je redoute qu’elle soit plus mise au service du jeu que le jeu ne se met au service de l’Histoire…

Finalement, on n’arrivera peut être jamais à la dépeindre en jeu vidéo, car son côté trop sérieux s’oppose violemment à l’aspect ludique qui est primordial. Alors des projets comme ce serious game représentent potentiellement un des moyens les plus efficaces pour la revisiter.

Un champ de mines à défricher

En conclusion je dirais donc que la 1ère guerre mondiale dans les jeux vidéo reste un sujet marginal et malheureusement sous-évalué. Peu s’y sont risqués, mais il faut avouer que le thème est difficile à aborder et son gros risque est de ne pas réussir à toucher de public du tout. C’est pourquoi les jeux qui s’y sont frottés ont systématiquement employés des moyens détournés pour la représenter (univers décalé). J’espère quand même que parmi les projets en cours, au moins un d’entre eux arrivera à son terme et réussira le pari d’en faire une expérience intéressante et qui puisse toucher et marquer nos âmes de joueurs du XXIe siècle

28th Avr2011

Et si vous produisiez un jeu vidéo?

by Alphajet

Un magnifique logo communisteLes journalistes ou même nous bloggeurs, râlons assez souvent contre les éditeurs qui nous abreuvent de titres formatés, d’adaptations merdiques de films ou de surexploitation de licences. Dans ces cas là, on s’insurge un peu en disant que l’argent dirige tout et tue la créativité, et qu’à leur place on serait certainement mieux placé pour savoir quels jeux seront intéressants, profonds, excellents, et pas seulement bancables… Mais vous n’êtes pas producteur de jeu n‘est ce pas? Et pourtant, c’est ce que vous propose Look At My Game, un nouveau concept lancé depuis Marseille (soyons chauvins, c’est ma contrée).

Look At My Game est donc né de ce constat qui est qu’aujourd’hui, le financement des jeux vidéo reste délicat, et très souvent lié à un gros éditeur qui supporte la charge durant le temps de développement (oui même sous régime pâtes/pizzas, la conception d’un projet coûte cher). Alors depuis quelques années, on observe le retour des développeurs indépendants, qui comme dans les années 80, ne sont pas loin de la programmation dans leur garage avec les moyens du bord. Et pourtant, bien des talentueux studios sont nés de cette ère un peu magique.

Basé sur un concept proche de My Major Company, qui sponsorise des musiciens, LAMG vous permet d’investir le montant que vous désirez sur un des jeux disponibles sur la plateforme. En contrepartie, vous pourrez suivre tout le processus de développement, communiquer avec l’équipe, essayer de promouvoir votre favori, et bien sûr à terme profiter de 70% des revenus collectés par Look At My Game sur le jeu que vous produisez. Je pense que c’est un excellent moyen de sponsoriser des petites équipes, de les motiver mais aussi de permettre la naissance de projets originaux. Et puis ça leur permet de se focaliser sur leur création et moins sur la recherche de financements.

Pour l’instant, la plateforme ne comprend que 3 jeux en cours de développement ; c’est un peu maigre mais quand on voit le succès de MyMajorCompany, on peut espérer une trajectoire aussi croissante. « Ones » est un jeu de plateformes/réflexion dans lequel le personnage doit faire des copies de lui même pour progresser. « Tau Ceti » est une sorte de croisement improbable entre Spore et World of Goo, mêlant RTS et mécanismes physiques. Enfin, « Fantasy Dynasty » rappelle Heroes of Might & Magic et Civilization. Vous pouvez investir à partir de 10€ de manière plutôt symbolique, jusqu’à des centaines d’euros si vous croyez dur comme fer au projet. De plus, les jeux ne se limitent pas au PC, mais peuvent également être proposés sur smartphone ou consoles (XBox Live, PSN, Wiiware…)

Bref, je vous encourage vivement à y jeter un oeil, et à suivre l’évolution de la plateforme et des jeux qui ne manqueront pas de continuer à se développer. Ça n’est pas si souvent qu’une véritable alternative aux mastodontes du jeu se crée, alors on leur souhaite un beau succès!

25th Mar2011

Solidarité Japon!

by Torment

imageMessage sérieux de la part d’Alphajet et Torment:
A moins de vivre dans une caverne sur Mars, vous êtes au courant que le Japon a été touché par un cataclysme terrible d’une amplitude rarement égalée dans l’histoire du monde moderne. J’aimerais vous rappeler que personne n’a autant fait autant de bien pour notre hobby chéri que les Japonais. Oui, j’adore les japonais, les sushis, les animés, les mechas, mais vraiment c’est leur contribution aux jeux vidéo qui fait que je ne pourrais jamais être en guerre contre eux.

Pour ceux d’entre nous qui veulent témoigner de leur support, je lance une idée: pourquoi ne pas acheter un jeu japonais? Évidemment, c’est moins bien qu’un don à la croix rouge, ou acheter une Honda (ND Alphajet, ça c’est fait 😉 ), mais c’est un petit geste, pour leur montrer qu’on les aime. Si vous avez suivi mon exemple, n’hésitez pas à laisser un commentaire, et le jeux que vous avez acheté. Merci à vous!

Pour info, Capcom a déjà réalisé une opération de ce genre du 15 au 22 Mars en proposant Street Fighter IV sur iPhone et iPad à seulement 0,79€ dont tous les bénéfices sont reversés directement aux organismes humanitaires pour le Japon. Alors ne nous arrêtons pas là!

20th Mar2011

La sociabilité du jeu vidéo en question : PC ou console?

by Alphajet

Si la question que je pose peut paraître un peu stupide au premier abord, c’est peut être qu’il faut d’abord bien la définir. Par social, j’entends la capacité d’un jeu à être partagé avec d’autres personnes, a priori des joueurs. On entend souvent à la télévision, dans nos si savants journaux TV que le jeu vidéo isole les gens et les coupe de la vie réelle. Qui d’entre nous n’a jamais entendu ce discours ?? Mais si, vous le connaissez bien ce stéréotype du gros geek qui passe son temps seul, son clavier ou son pad dans les mains, devant une pizza et une bouteille de Coca d’1,5l.

D’autre part, pour pousser la réflexion un peu plus loin, je me suis demandé par quels moyens consoles ou PC proposaient depuis leurs débuts de partager les jeux vidéos, et comment cela a évolué aujourd’hui.

La socialisation du jeu vidéo

Je crois que l’idée que le jeu vidéo isole ou au contraire rapproche les gens est plutôt un faux débat. En réalité, je suis convaincu qu’à l’image de nombreux autres loisirs, il ne tient qu’au gamer de s’imposer à lui-même de partager son passe-temps ! Qu’est ce qui différencie le jeu vidéo du jeu de plateau, du jeu de société, d’aller voir un film au cinéma ou de faire du sport ? Au final, pas grand chose du point de vue partage. Toutes ces activités peuvent être pratiquées en solo, ou bien à plusieurs.

Qu’est ce qui est le mieux : aller se voir un film au ciné seul et passer ensuite quelques bonnes tranches de rigolade sur TF2 entre amis, ou bien partager une soirée ciné entre potes et terminer sa nuit en solo sur Heroes of Might & Magic ?? Je répondrais « who cares ?! » du moment que chacune des activités vous convient. Bien sûr, il me semble évident qu’il faut un minimum de socialisation dans sa vie de tous les jours pour en profiter, mais je ne vois pas pourquoi on opposerait le jeu vidéo à d’autres activités qui peuvent également se pratiquer tout seul.

Mais dans l’absolu, je considère que le jeu vidéo n’isole pas plus que ce qu’il fédère, tout dépend de l’effort qu’on y met pour le partager. Je suis tout à fait capable de citer des moments mémorables que j’ai partagés dans un jeu vidéo avec Torment ou d’autres potes. Par exemple, j’ai joué la campagne de Duke Nukem 3D avec lui en co-op avec un modem 56k, et j’en garde quelques souvenirs impérissables ! Tout comme je garderai en mémoires d’autres activités partagées avec d’autres amis. En bref, le jeu, dans son essence, a pour but de divertir, et il est tout à fait possible de le faire à plusieurs lorsqu’on en a envie.

Si l’on veut comparer, on pourrait très bien prendre l’exemple des bars des années 80 où l’on pouvait choisir soit le flipper, soit le babyfoot ! Les JT se sont ils pour autant enflammés en déclarant que le flipper était une activité qui isolait les gens ? Je ne crois pas. Et c’est d’autant plus faux que le jeu vidéo n’a jamais été autant social qu’aujourd’hui. Je peux vous assurer que jouer à Diablo en 97 avec un modem RTC avait tout d’une expérience épique, autant par la qualité du jeu à partager que par le miracle qui consistait à garder une partie fonctionnelle plus d’une heure ! Je me remémore parfaitement cette partie ou nos deux personnages se sont retrouvés à poil après s’être fait ratatiner par des Blood Knights et avoir laissé mon PC allumé toute la nuit en espérant trouver un moyen de récupérer nos belles armures (pour ceux que ça intéresse, on a échoué). Aujourd’hui, n’importe quel clampin qui a une console ou un PC et une connexion Internet saura jouer en ligne. Le jeu vidéo a tout simplement été le loisir d’une nouvelle époque, participant à l’essor de la technologie domestique et qui a pris la suite du jeu de société traditionnel dans les foyers.

Mais maintenant que j’ai planté le décor, revenons quelques instants sur ces fameuses années 80 qui ont vu naître les premières consoles de jeu.

La console, l’amie du salon

Je crois qu’au premier abord, la plupart des gens répondraient à ma question initiale (« le jeu social, console ou PC pour ceux qui n’auraient pas suivi) la console. Pourquoi ? Parce que cette époque a permis au salon, ancien territoire incontesté de la télévision, de découvrir cette nouvelle machine. Non pas pour supplanter la TV, non, pour la compléter comme accessoire de loisirs. Et à ma connaissance, depuis leurs débuts elles ont toutes comporté au moins 2 ports manette pour permettre au petit frère, au papa ou au cousin de partager l’expérience. En arrivant aux USA et en Europe, la Famicom a pris un petit nom, la NES : Nintendo Entertainment System. En gros une plateforme de loisirs au cœur du salon. Mais plus directement, son nom d’origine FamiCom signifiait Family Computer!

Pour moi, c’est clairement que l’idée de départ était de mettre la console au centre de la famille, de concentrer plutôt que diviser. D’abord parce que c’était un objet inédit, et qui attirait donc les foyers qui découvraient une nouvelle façon de s’amuser. Mais aussi parce que les premiers jeux vidéo incitaient beaucoup les joueurs à se passer la manette : « ahh je viens de perdre une vie à Super Mario, à ton tour d’essayer ! ».

Pendant ce temps là, le PC était rare dans les foyers et souvent cantonné au bureau, la pièce un peu austère avec des bouquins sur des bibliothèques. Et donc ce magnifique boitier beige clair et son clavier à grosses touches qui trônait l’air de dire « aha, voyez tout ce que je peux vous proposer ! Des jeux, du travail, de la programmation, je sais tout faire ! ». Oui, sauf que ce côté versatile a par conséquent plus rapidement isolé le joueur PC dans une pièce séparée. Il a préféré proposer des jeux plus profonds et plus longs, comme les jeux d’aventure (King’s Quest, les Point’n Click Lucasarts…), les jeux de rôle (The Bard’s Tale, Ultima…). Ce type de jeu reste encore aujourd’hui plutôt approprié au PC avec son clavier et sa souris.

 

De ce point de vue là, je dirais que oui, la console représentait le summum du jeu à partager… pour un certain temps.

La démocratisation du PC

Dans les années 90, le PC s’impose dans un nombre croissants de foyers, et la disparation progressive des autres ordinateurs (Amiga, Atari, et autres Amstrad) lui permet donc devenir une réelle plateforme viable pour les jeux vidéo. De plus, sa puissance brute et évolutive lui permet d’être le plus souvent à la pointe de la technologie, et de disposer de jeux toujours plus impressionnants. Le PC passe alors du bureau poussiéreux à la chambre d’ado ou parfois même au salon et la vraie ère de l’informatique personnelle est alors arrivée.

D’un autre côté, la télévision s’est multipliée comme des petits pains, et on la retrouve dans la cuisine et peu à peu dans les chambres. La console ne vient alors plus encombrer la grosse TV cathodique de papa, et vient atterrir dans la chambre des enfants. La Playstation viendra achever ce phénomène en devenant l’objet de toutes les convoitises pour beaucoup de jeunes joueurs mais aussi des plus vieux.

C’est donc au milieu des années 90 que s’amorce l’inversion des rôles. L’arrivée progressive d’Internet transforme le PC en plateforme connectée et communicante, et les éditeurs ne manquent pas d’exploiter ce nouveau filon qui s’offre à eux. C’est à cette époque que les premiers MMO apparaissent (Ultima Online, Meridian 59) et permettent à des centaines, des milliers de rôlistes de retrouver un peu l’ambiance des soirées jeu de rôle papier, mais puissance dix. Discussion instantanée, échange d’objets, création de guildes, le tout dans un univers entièrement créé pour eux. Un régal pur et simple qui a captivé de nombreux joueurs pendant des années !

Parallèlement, la Playstation, console purement déconnectée, a amorcé l’ère des jeux AAA et le vœu d’une technologie inédite sur console. En clair, un énorme catalogue de jeu comprenant des titres mythiques comme la série Final Fantasy, Metal Gear Solid, Gran Turismo, Tomb Raider et autres franchises mythiques. Mais ces titres s’appréciaient le plus souvent seul au lieu de faire ses devoirs de maths, dans sa chambre. L’expérience, aussi riche fut-elle, se partageait moins souvent, et les jeux « familiaux » ont en quelque sorte disparu.

On peut dire que le PC a alors pris sa revanche pendant plusieurs années, et permis à de nombreux gamers d’enfin profiter de leurs jeux en multijoueur. Les premières LAN parties s’organisent les week end entre potes autour d’Age of Empires, Need for Speed 3 ou Quake 2 par exemple. Peu à peu, les cybercafés poussent comme des champignons et rassemblent des fans de Starcraft et de l’incontournable Counterstrike. Même si le jeu PC rassemble alors des personnes autour de leur passion, contrairement aux premières consoles qui rassemblaient plutôt le cercle familial, c’est une forme de lien social tout autant valable et durable que celui que peut apporter un club de sport ou d’échecs ! C’est l’avènement de l’aspect communautaire du jeu PC, avec les clans, le modding, qui perdure encore aujourd’hui.

1 partout, la balle au centre !

L’avènement des consoles Next-Gen

Aujourd’hui, la situation est néanmoins plus équilibrée dans la mesure où depuis la sortie des mal nommées consoles « Next Gen », elles disposent toutes d’un mode online correct. Je considère en effet que c’était loin d’être le cas jusqu’à la sortie de la Xbox 360, PS3 et Wii. En effet, la Gamecube, la Dreamcast et la PS2 proposaient déjà un modem ou un port Ethernet. Malheureusement, non seulement les débits étaient alors souvent trop faibles, mais les jeux multijoueurs eux mêmes étaient rares et souvent mal optimisés.

A quoi bon une expérience online si elle s’avère catastrophique? C’est donc à partir du moment où les connexions haut débit se sont démocratisées que les fabricants de consoles et les développeurs de jeux ont vraiment mis en place des aspects multijoueur. Le joueur console a dès lors disposé de moyens évidents pour se connecter à Internet via sa console et jouer aussi bien avec de véritables amis qu’avec des connaissances uniquement virtuelles. La console s’est même essayé au MMORPG avec Final Fantasy XI, avec plus ou moins de succès.

Les consoles Next-Gen ont également fait un retour vers le salon grâce à leur fonctions multimédia : lecteur Blu-Ray ou HD-DVD (paix à son âme), diffusion de MP3 ou de photos, stockage de films plus ou moins piratés… Sony et Microsoft en tête avaient décidé de faire un retour fracassant devant votre canapé et ils ont réussi. A côté des grosses franchises solo, GTA, God of War etc, on a maintenant des jeux qui intègrent tout naturellement le multijoueur. Quoi de plus simple que lancer une partie de Street Fighter IV et se trouver un adversaire plus ou moins à sa taille? Il ne faut que quelques minutes pour le faire à partir du moment où on n’est pas trop décérébré pour arriver à connecter le Wi-Fi ou un câble Ethernet à sa console.

Et pendant ce temps là, que fait Nintendo? Le mode online de la Wii n’est pas un succès phénoménal. D’abord à mon goût parce qu’au contraire de Sony et Microsoft qui ont mis d’emblée leurs consoles au sein d’un réseau, respectivement Playstation Network et XBox Live, le vieux géant japonais a laissé chaque développeur gérer son mode multijoueur. Pas de matchmaking unifié ou de profil (à part le Mii), et donc hormis quelques bonnes exceptions, la Wii reste plutôt une console de famille. Et oui, car la grande idée de Big N a été le retour au jeu familial, et on en revient aux années 80, CQFD! La Wii s’est vendue comme des petits pains grâce à son nouveau système de contrôle (Wiimote + Nunchuk), mais surtout parce que sa ludothèque est majoritairement composée de jeux à partager entre amis ou en famille à l’apéro ou après un bon repas! Si vous regardez bien les pubs Wii, 80% de l’image est consacrée à montrer les joueurs, plutôt que le jeu en lui même. Le jeu se vit d’abord parce qu’il est partagé, et moins parce qu’il est beau ou prenant.

Alors c’est sûr, ça n’est pas avec Metroid qu’on le fera, mais les Lapins Crétins, Mario Party, Just Dance ou même Mario Kart sont clairement funs seulement quand on y joue à plusieurs.

Video Game killed the Trivial Pursuit

Pour finir, je reviendrai à mon thème initial : le jeu vidéo n’a jamais été aussi social qu’aujourd’hui, et il ne tient qu’aux joueurs de partager leurs expériences. Lorsque j’achète un jeu sur Steam, dans 75% des cas c’est dans l’idée d’y jouer avec mes potes grâce au mode co-op ou en versus, et bien souvent ça me donne l’occasion de garder le contact avec ceux que je ne vois pas souvent. Si le mode co-op est clairement revenu à la mode ces dernières années c’est car la technologie est enfin mature pour proposer une expérience multijoueur presque sans difficulté (même Torment arrive à brancher sa PS3 au net!!).

Vous invitez des amis à manger un soir? Allez, avouez que quand vous étiez petits, c’était plutôt les jeux de cartes ou les jeux de société type Trivial Pursuit, non? Ca se fait toujours, oui, mais c’est quand même bien marrant de passer pour des couillons devant la télé en train de se faire une compet’ de Lapins Crétins. Après, on se fait une bonne bouffe et on n’a pas pour autant l’impression d’être passés pour des gros geeks, non, c’est juste devenu normal. Il était temps!