17th Oct2014

La guerre de la New-Gen

by Alphajet

ps4VSXbone

Encore un mois sans écrire d’article…mais je n’en trouve guère le temps. Ce soir, j’ai été inspiré par la fameuse affaire d’Assassin’s Creed Unity sur PS4 et Xbox One. Pour ceux du fond qui ne suivaient pas, le gros tapage de ces derniers jours (pitié ne me parlez pas de Zoe Quinn) c’est le fait que le dernier épisode à venir de la saga assassine ne tournera « qu’en 900p à 30fps ». Au delà du fait que ces chiffres ne parlent vraiment qu’à quoi… 25 % des futurs acheteurs ?… je me suis demandé si la « nouvelle guerre des consoles » ressemblait à celle d’il y a 20-25 ans, à la grande époque de Sega contre Nintendo.

En réalité, il y a eu des tas de guerres… Amiga versus Atari, Sega versus Nintendo… plusieurs fois, et sur la dernière décennie, Sony contre Microsoft. On a beau dire ce qu’on veut, Nintendo ne porte objectivement pas tout à fait les mêmes gants de boxe que ses camarades depuis un moment. Bien que la Playstation ait été un formidable succès, n’oublions pas qu’elle a fait face à la Nintendo 64 et la Saturn puis la DreamCast, des adversaires non négligeables à l’époque. Quant à Microsoft et sa Xbox née à coups d’armoires de dollars, c’est le dernier – gros – entrant sur le marché des consoles de jeux, il y a une douzaine d’années. Tout ça pour dire que la guerre qui nous occupe aujourd’hui est la plus récente, mais également devenue presque aussi longue que la célèbre opposition Nintendo/Sega.

On a une certaine « nostalgie » de cette glorieuse époque où le hérisson cool voulait faire la nique au plombier consensuel. Autres temps, autres mœurs dit-on. A l’époque, une majorité des joueurs était composée d’adolescents, d’enfants, bref de personnes âgées de moins de 18 ans. La fameuse guerre des consoles se tramait dans les cours de récréation, chez le voisin qui venait de recevoir son dernier jeu, parfois même viciait le cercle familial ! On se chambrait, chaque camp attaquait l’autre avec arrogance et patriotisme… Mais au fond, loin d’une guerre, ça n’était qu’une querelle de gamins. Pas la guerre commerciale qui, elle, faisait rage, mais cette opposition n’était au fond pas très virulente. Parce qu’au final, on allait jouer bien volontiers aux jeux exclusifs d’en face, ou tester cette manette dont on n’avait pas l’habitude. Ce qui important au bout du compte, c’était de s’amuser et de profiter, quelle que soit la plateforme.

Je pense que c’est pour ça qu’on en garde un souvenir presque ému : parce que ceux qui ont vécu cette génération en gardent avant tout des moments gravés dans leur enfance/adolescence/jeunesse. Mais pas une rancœur envers une marque ou une agressivité vis à vis de l’autre camp. Aujourd’hui, je trouve cette guerre pas si saine. Au delà des arguments commerciaux que matraquent Sony et Microsoft pour attirer des wagons de joueurs, le fait est que PS4 et Xbox One touchent un public beaucoup plus large qu’il y a 20 ans. Pas forcément énormément plus nombreux, mais bien plus varié. Et qui dit varié dit vicié… car il ne faut qu’une banane pourrie pour vous niquer tout le régime ! Voir des gens appuyer avec une force presque maladive (et souvent avec un langage peu châtié) sur le fait que « leur » console est la meilleure et qu’elle dispose de capacités supérieures à l’autre me parait un peu trop monnaie courante. C’est une guerre des pixels, des résolutions et du framerate.

Et l’on en oublie que ce qui faisait le nerd…pardon le nerf de la guerre à l’époque Nintendo/Sega, c’était les jeux avant tout. On ne louait pas simplement l’innovation du Mode7 de la Super Nintendo, mais on s’éclatait sur Super MarioKart, tout comme on ne comptait pas les images par seconde sur Sonic, mais on kiffait de le voir foncer à toute allure dans les décors. Microsoft et Sony ont encore tout à prouver sur cette nouvelle génération de consoles qui se caractérise bien plus par ses chiffres (MHz, Go, FPS, et bien évidemment chiffres de vente) que par le caractère incontournable de ses jeux.

Avant de chercher à écraser son adversaire respectif, chacun des protagonistes de cette « guerre » ferait mieux d’arriver déjà à convaincre ses joueurs (même les plus affligeants) histoire de donner du grain à moudre sur la qualité plutôt que sur des quantités. Un challenge que Nintendo, au hasard, peine encore à remplir 2 ans après la sortie de sa dernière console.