18th Déc2011

Battlefield 3 dans la guerre marketing

by Alphajet

Dommage de ne pas pouvoir comparer ces stats à celles de MW3

Mais pourquoi tant d’articles sur Battlefield 3 ?? 🙂 En fait, ça n’est pas tant le jeu lui même dont je vais parler ici, mais plutôt la façon dont il a fait parler de lui ! Google, notre ami à tous (c’est en tout cas ce qu’il souhaite pour s’immiscer discrètement partout dans nos vies), a récemment publié un top 10 des plus fortes progressions des recherches sur son moteur de recherche. Si évidemment, on retrouve notre autre copain Steve Jobs et ses iPad 2 et hypothétique iPhone 5 bien placés (6e, 9e et 10e places), j’ai été plus surpris par la 5e place prise par Battlefield 3. Quand on compare ses chiffres de vente face à Modern Warfare 3, tout le monde sait maintenant que le poulain d’Activision-Blizzard a encore une fois explosé tous les records. Pourtant, le rapport de Google m’a inspiré quelques réflexions.

1 – La première, basique, est simplement le constat que MW3 n’apparait même pas dans les plus fortes progressions. Deux raisons possibles à ça : soit il était déjà extrêmement « googlé » et l’augmentation est plus faible, soit BF3 a vraiment mieux créé le buzz par rapport à son concurrent. Et je suis plutôt partisan de la 2e réponse. D’abord parce qu’EA a fait monter la pression pendant de nombreux mois avec des vidéos très séduisantes et savamment distillées. Ensuite peut être parce que les joueurs s’attendaient déjà à ce que Modern Warfare 3 proposerait, et que le nouveau Battlefield, soufflait un vent de nouveauté sur le monde du FPS (bon c’était plutôt une brise).

2 – Pour étayer mes propos précédents sur la campagne marketing du jeu, j’ai regardé la courbe des précédents mois de l’année. Même si au départ, c’est assez stable, on sent qu’à partir de 6-8 mois avant la date sortie, les évènements comme l’E3 ont servi à maintenir l’attente autour du jeu. Et la courbe est croissante pour atteindre son pic la semaine avant la sortie du jeu. C’est peut être un modèle idéal de promotion d’un jeu tant tout a été calibré pour amener le joueur à être séduit, de teaser en vidéo de gameplay. J’ai beau trouver parfois pathétique les campagnes marketing… je suis à peu près certain que le jeu ne se serait pas autant vendu sans une promotion aussi efficace.

3 – Le plus important pour moi reste avant tout ce pic très remarquable en semaines 40 et 41… Sur le graphique, le bond est flagrant, est il est très clairement à attribuer à l’ouverture de la beta publique. Merci Google de démontrer l’utilité d’une telle phase à la fois pour aider à promouvoir un jeu mais aussi pour rassurer le joueur! Alors OK, c’est couteux à la fois pour l’équipe de développement qui doit mener de front les finitions du jeu et assurer une qualité maximale pour la beta. Mais que le retour sur investissement est positif ! La beta a beau eu être critiquée pour sa stabilité passable, ses bugs et son unique carte, elle a été un franc succès. Et pour combler les testeurs, le dernier week end a vu la map Caspian Border apparaitre, rassurant à cette occasion une partie du public qui espérait un vrai successeur à Battlefield 2 (taille des cartes et véhicules).

Il me parait évident que la publicité du jeu a du couter extrêmement cher à EA, mais ils ont du rentrer dans leurs frais. Je ne crois pas que ce modèle est une sorte de formule magique idéale pour n’importe quel jeu, mais il a prouvé que ça fonctionnait sur cette licence en désir de reconquête face au plus massif mastodonte que le monde du jeu vidéo ait connu. Mais je ne souhaite pas du tout une hégémonie de type de campagne car on rentre alors dans le modèle du cinéma où ceux qui n’ont pas les moyens de faire parler d’eux ne récupèrent que les miettes. J’espère encore qu’un Rayman Origins ne fera pas trop les frais de la MichaelBayisation, je constate simplement son effroyable efficacité.