06th Août2016

Lost in Battlefront

by Alphajet

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A l’occasion des promotions Origin d’il y a quelques semaines (et de mon anniversaire, il faut bien l’avouer), j’ai sauté sur l’occasion pour acquérir Star Wars Battlefront, sorti il y a plus de six mois désormais. Ayant brièvement goûté au jeu sur PS4 en début d’année, j’avais été bluffé par la fidélité de l’ambiance de la saga, et il faut l’avouer, une superbe réalisation. Même si je suis plus sensible à l’esthétique qu’à la qualité graphique pure, les environnements du jeu sont tout de même assez bluffants. J’avais donc bien envie de tester ce dernier gros jeu Star Wars de façon un peu plus approfondie.

Il faut bien avouer que mes premiers contacts avec le jeu ont été laborieux… Avant même de lancer le jeu en réalité. Je le précise pour tous les joueurs qui utilisent un laptop gamer MSI, si vous avez l’application Nahimic préinstallée (surcouche pour la gestion du son), il va faudra la quitter absolument pour pouvoir lancer le jeu. Dans le cas contraire vous resterez bloqué sur une vieille erreur bien dégueulasse du genre « Star Wars Battlefront a rencontré une erreur ». Oui c’est irritant, mais le jeu sur PC, c’est aussi ça. Quand j’ai enfin pu accéder au jeu, c’était le lendemain de la grosse mise à jour qui apportait le mode solo… Et vas y qu’on télécharge une mise à jour de plusieurs gigaoctets. Bref, avant de pouvoir tirer le moindre coup de blaster, j’en ai chié un peu.

Mais une fois le jeu enfin prêt, cette frustration s’estompe pour … une autre. Même si je n’ai que peu joué jusqu’à maintenant, j’avais envie de partager mon ressenti sur ce jeu qui est tout de même devenu le jeu Star Wars le plus populaire depuis longtemps. Il faut rappeler le contexte à plusieurs égards : le jeu est sorti en guise de hors-d’œuvre pour le 7e épisode de la saga, et a été développé par la grosse machine de guerre qu’est devenue DICE. Une saga revigorée et un expert du jeu multijoueurs, a priori la sauce avait de quoi prendre. Et commercialement, c’est le cas, malgré la politique de DLC classique mise en oeuvre par Electronic Arts.

Je reviens sur mon expérience en jeu… J’ai fait quelques missions du didacticiel, dont certaines que j’avais déjà faites il y a six mois. Franchement, ces missions, si elles ne sont pas intéressantes sur le long terme, ont le mérite de bien introduire les mécaniques du jeu et de permettre à peu près à n’importe qui ayant déjà posé les mains sur un FPS de s’en sortir et de maîtriser les principes de base et les différents modes de jeu proposés. De mon point de vue, la plus grande réussite de Star Wars est d’avoir réussi à mettre en place un univers cohérent tout en étant complètement dépaysant (et ce, à la fin des années 70). Cet univers est parfaitement dépeint dans le jeu également. Des plaines glacées de Hoth aux magnifiques forêts d’Endor, on profite d’une reproduction fidèle de ce que les trois premiers films pouvaient proposer. Le level-design, pour ce que j’en ai vu, manque un peu d’audace, mais reste assez efficace, avec des zones de combat qui évoluent au fil du match dans les batailles de marcheurs notamment.

Mais que se passe-t-il? Me voilà à parler des aspects purement techniques au lieu de parler de mon ressenti ! En fait, j’ai vraiment kiffé (je ne vois pas d’autre mot, désolé) mes premiers moments sur le jeu. Des combats de X-Wing dans les canyons aux bastons contre des AT-AT au milieu des arbres millénaires, la sensation est juste terrible. On a juste l’impression de prendre part aux films et de pouvoir renverser le cours d’une bataille qu’on pensait désespérée. On retrouve des moments de bravoure, comme cette partie où parmi les rebelles, nous avons réussi à terrasser le gigantesque quadripode de l’Empire quelques mètres avant l’atteinte de son objectif. Il manquait un peu de trompettes de John Williams pour célébrer la victoire, mais c’était pas mal. SWB est un jeu fait pour les fans de la saga avant tout… et également pour séduire les nouveaux fans de l’univers Star Wars. De ce point de vue là, c’est une pure réussite. C’est le jeu auquel la majorité des ados de mon âge aurait aimé jouer dans les années 90.

En vrai, c'est pas aussi joli que ça, mais c'est quand même impressionnant

En vrai, c’est pas aussi joli que ça, mais c’est quand même impressionnant

…Et je pèse mes mots car là où mon impression est restée mitigée, c’est au niveau des sensations de jeu. Je ne suis plus qu’un vieux gamer rouillé, mais ceci dit, après quelques parties j’ai trouvé que le jeu n’était pas très profond dans ses mécaniques. Il n’incite pas toujours à la coopération malgré la possibilité de jouer en équipe de deux, et le fait que les objectifs sont bien plus simples à atteindre avec une bonne cohésion. On a droit à un piou-piou (oui c’est le nom d’un fusil dans le langage de mon fils) et quatre accessoires/compétences qui se débloquent au fur et à mesure. C’est bien, on sent que c’est volontairement épuré pour faciliter l’accès à tous et focaliser l’attention sur le côté épique des parties. Du coup, c’est le genre de jeu qui se consomme comme un repas les soirs de matchs entre potes (ou de tout autre activité impliquant des pizzas et de la bière/coca). On picore ce qu’il y a de bon, on laisse les vieilles croûtes de pizza de côté et même si le match est un peu pourri on est content d’avoir passé une bonne soirée entre copains/copines.

L’exemple le plus symptomatique est le combat de chasseurs, où on est très, très loin de ce que pouvaient proposer les sagas X-Wing jusqu’à la fin des années 90. C’est cool, mais on s’emmerde un peu ; ça m’a laissé la même sensation que World of Warplanes. Le côté tactique s’efface au profit d’un dogfight assez bourrin au final, mais qui se manipule avec une facilité déconcertante. On lance une partie mais on l’oublie assez rapidement ensuite… Bref, SWB reste plus intéressant pour son mode principal, notamment celui à 40 joueurs qui propose le mieux de s’immerger dans les batailles de la plus célèbre des lointaines galaxies.

Pour conclure ce petit tour d’horizon de mes impressions sur Star Wars Battlefront, je dirais que DICE et EA ont réussi à créer le parfait apéro Star Wars. Une boîte de Pringles. C’est bon, ça se croque tout seul, on finit rapidement le tube de ces crackers addictifs, et puis on se rend compte qu’au delà des arômes artificiels que les pubs nous vendent comme irrésistibles, on a juste un peu le bide pété avec un cracker qui manque de saveur. Apéritif aussi, car geeks, amis Jedis et Siths, réjouissez-vous car le trio infernal (les deux déjà cités + Disney) ne vont certainement pas s’arrêter en si bon chemin et on verra sûrement poindre bientôt suite et spin-offs sur Star Wars.

Crédit photos : EA – j’ai eu la flemme de faire mes propres screenshots 🙂
17th Jan2012

Call of Ho Chi Minh

by Alphajet

Un Battlefield Vietnam avec 10 ans d'avance...

J’ai récemment appris l’existence de ce FPS vietnamien par Gameblog et le blog secret défense de Marianne 2. Le jeu est sorti là bas en décembre dernier et devrait apparemment être commercialisé également en nord Amérique (j’imagine sur les étals de jeux à 5€ des supermarchés WalMart). Ce qui m’amène à en parler aujourd’hui, c’est la réaction légèrement ironique et consensuelle des deux sources que je cite.

Gameblog est plutôt soft et ne voit pas de problème à ce qu’Emobigames, le studio de développement en question, produise un FPS pour glorifier cette victoire historique du Vietnam. En revanche, c’est tellement cliché de nous sortir un « Si votre père ou votre grand-père y était, ou en Indochine de manière générale, ce n’est peut-être pas une bonne idée de lui montrer la vidéo en rigolant« . Tout comme quand Jean Dominique Merchet titre son article en déclarant qu’il s’agit d’un jeu sur la défaite française à Dien Bien Phu, ou encore que son but est, je cite, de « tuer un maximum de français« . Merde mais qu’est ce que ça peut être franco-franchouillard comme réactions!

Avant d’être un jeu sur une défaite française, 7554 raconte plutôt une victoire vietnamienne non? A la base, je rappelle que la guerre d’Indochine se place dans le contexte colonialiste post seconde guerre mondiale, et que le Vietnam y a gagné son indépendance. D’autre part, on ne présente pas Battlefield 3 comme un jeu où on doit tuer un maximum d’Iraniens que je sache, non? Ou quand le premier Medal of Honor est sorti, on ne s’est pas non plus trop posé la question de savoir si ça rappellerait de mauvais souvenirs aux papys allemands. L’Histoire est ce qu’elle est, et il serait bon de l’accepter avec moins de subjectivité occidentale.

Enfin, contrairement à ce que semble insinuer Fumble, il y a déjà un certain nombre de jeux mettant en lumière une autre nation que les Etats-Unis et autres nations traditionnellement dans le camp des « gentils ». Les Palestiniens ou encore les Iraniens ont par exemple déjà bien fait parler d’eux en sortant des jeux anti-Israéliens. A l’inverse, certains pays comme le Venezuela ou la Corée du Nord ( ont interdit la vente de jeux glorifiant l’armée US. Donc à l’heure où on s’auto-congratule en constatant que le jeu vidéo est devenu un média de masse mondial, il est vraiment temps de faire un peu évoluer les mentalités. On ne peut pas sortir chaque année des dizaines de FPS qui nous opposent bien souvent aux mêmes ennemis (Iran, Afghanistan, Corée du Nord, Russie…) et  nous offusquer ensuite quand des développeurs prennent le point de vue adverse!

Jean-Dominique Merchet conclut en déclarant que l’équilibre du monde est en train de pencher vers l’Asie. Dans le monde du jeu vidéo, ça fait très longtemps que le Japon est un leader… Et s’ils n’ont pas sorti de FPS glorifiant l’armée nippone pendant la 2e Guerre Mondiale, c’est parce que ça reste un sujet délicat à traiter. Impossible de l’aborder en tout cas comme un shooter bourrin ; « Lettres d’Iwo Jima » de Clint Eastwood est un film qui aborde plus finement ce thème par exemple. Alors je comprends que la vidéo de présentation fasse un peu tiquer, mais si j’étais un citoyen du Moyen-Orient, je pense que j’aurais aussi du mal à accepter certains trailers de jeux américains. Je vous laisse la juger ci-dessous!

 

08th Avr2011

Le jeu du grenier n°2 : Duke Nukem 3D

by Alphajet

Alors cette fois ci, on ne pourra pas dire que ça n’est pas un titre connu 🙂 Alors que sa suite improbablement en retard (14 ans quand même) est toujours prévue pour le mois de Juin, je me suis subitement posé une question… Mais c’est que parmi nos lecteurs et lectrices, certains n’ont probablement jamais joué à Duke Nukem 3D!! Alors en attendant Duke Nukem Forever, je me propose de vous rappeler ce FPS mythique, et pourquoi il l’était!

Tout d’abord, je précise que Duke Nukem est d’abord apparu dans des Shoot Them Up latéraux au début des années 90. Même si le jeu a apparemment bien marché, je ne l’ai personnellement pas connu (j’ai plus joué à Commander Keen dans la même veine). Si je vous raconte ça, c’est que l’univers de Duke Nukem a été planté à cette époque. Et vous vous doutez bien que le scénario tenait alors parfaitement sur un post-it atrophié. Le voici dans son intégralité : Duke est une sorte d’ex soldat bodybuildé, un mélange de Dolph Lungdren et Rambo. Lui, il aime les femmes, les matchs de football et les grosses armes, mais un jour les extraterrestres viennent foutre le bordel sur la Terre, et donc dans sa vie.

Charmant pitch non? Et pourtant c’est ce qui a donné l’essence de Duke Nukem et l’a transformé en légende. Ce côté complètement décalé, bourrin, macho, grossier, presque ringard a rendu Duke irrésistible dans DN 3D. Si les jeux de plateforme l’ont fait connaître, c’est ce dernier qui l’a inscrit dans le cercle très fermé des jeux mythiques pour les raisons suivantes :

– Duke Nukem 3D n’a ni inventé le FPS, ni été le premier jeu en 3D, mais il a réussi à synthétiser le meilleur de tout ce qui existait à l’époque. Vous voyez World of Warcraft? C’est le même genre de succès. En fait, à ma connaissance, c’est le premier FPS à avoir essayé de reproduire un univers assez crédible, qui sortait largement des couloirs, grottes ou planètes étranges.
– L’humour! Dans la masse de jeux horrifiques ou stressants, Duke a apporté une couche de fun incroyable. De son inimitable voix (doublée par Jon St. John) qu’on retrouvera bientôt à tous les clins d’oeil du jeu (Alien, Doom, Terminator…), en passant par les armes comiques (Shrinker, coup de rangers!)
– L’incroyable interactivité pour l’époque. Vous en connaissez beaucoup des jeux qui vous permettent d’aller pisser? Où d’aller glisser des billets dans le string d’une stripteaseuse? Très rares sont les shooters qui aujourd’hui encore, proposent autant d’interactivité.

Il y a encore des tas de raisons qui peuvent expliquer le succès de ce jeu, mais je crois que le mieux serait presque encore de vous conseiller de l’essayer 🙂 Duke Nukem 3D a été le vent d’air frais qui a réellement lancé l’ère des FPS, beaucoup s’en sont inspirés, mais peu l’ont finalement égalé. Je crois que rien que retrouver ces atouts dans Duke Nukem Forever suffiront pour que je le considère comme un succès. En l’attendant je finirai sur une de ses fameuses citations : « It’s time to kick ass and chew bubble gums … and I’m all outta gum! » (en français dans le texte : « Il est temps de botter des culs et mâcher du chewing gum … et je suis à court de chewing gum! »