08th Fév2013

Video Gamer: le radeau de la presse JV

by Alphajet

Video_Gamer_Magazine

Si Mer7 était le Titanic, alors Video Gamer, le nouveau magazine édité par une société indépendante et fondée pour l’occasion, en est définitivement une des bouées de sauvetage. Je ne veux pas affirmer par là qu’il n’est qu’un moyen d’embarquer les naufragés des différents magazines aujourd’hui au fond des abîmes, mais vu de loin ça y ressemble un peu. J’ai laissé sa chance au produit en attendant la sortie du deuxième numéro, et voilà mon avis sur le nouveau venu.

Tout d’abord, comme je le disais, guère d’inconnu dans l’équipe rédactionnelle qui se compose de têtes connues ayant largement fait leurs preuves par ailleurs. Bref, de prime abord, le radeau pourrait ressembler à une fière embarcation de loups de mers, le visage buriné par les années sous le soleil de leurs écrans LCD et le gamepad entre les dents. Et très franchement, ça commence bien. Disons que la première moitié du magazine (je parle du premier numéro) est encourageante de bonnes intentions même si la structure du magazine est elle, ultra-classique.

Les actus, rubrique ô combien décriée – par moi – reprend les bonnes idées que j’avais pu voir dans Joystick nouvelle formule. A savoir éviter 5 pauvres lignes pour annoncer une nouvelle déjà vue sur Twitter 2 mois plus tôt. Non ici, les news se dorent tranquillement la pilule sur une page, se paient même le luxe d’être un peu originales (retour sur Alt-Minds, résumé de l’affaire War-Z ce mois-ci..). Rarement une véritable analyse de l’actualité, mais au moins un coup de radar sur certaines informations qui la constellent. Le numéro 2 y rajoute un utile récapitulatif des dates à ne pas rater dans le mois.

Puis la rédaction retombe un peu dans la facilité des previews, ici plutôt des news déguisées tellement elles sont succinctes, mais bon… C’est un peu contrebalancé par les petits dossiers qui servent de flotteur au radeau: un comparatif très général sur les tablettes, les jeux de Kojima en préparation, une explication sur le succès des Skylanders ou encore un plutôt bon récapitulatif des informations sur GTA V. Grosso modo, ils sont sont souvent une vulgarisation sur un thème particulier : ils n’apprendront pas grand chose à quelqu’un de bien informé mais seront une bonne base pour des parents qui voudraient en savoir plus sur le phénomène des cours de récré, ou le gamer occasionnel qui voudrait un condensé des choses à savoir sur un jeu.

Et c’est bien ce qui m’amène à la question essentielle : à qui se destine ce magazine? Le reste du magazine nous en donne une bonne idée avec de nombreux tests qui occupent au mieux une page. Le numéro 1, lui, essayait de profiter de la place laissée libre par la mort de ses confrères en décembre pour faire un gros dossier sur la Wii U mais aussi les plus gros jeux de fin d’année. ZombiU est le seul titre à bénéficier d’une critique assez complète. Après ça, je n’ai pas aimé le « test » de la nouvelle console de Nintendo. Coller une note à une console qui a un mois, en 2012 ça n’a pas énormément de sens à mon goût, et puis va savoir pourquoi, on nous fait un test de l’interface?? Qu’on parle de ses fonctionnalités, je comprends, mais qu’on essaie de leur donner une note? Par rapport à quoi?

C’est malheureusement un peu le même topo dans le numéro 2, où un tiers du magazine est consacré aux… futurs hits de 2013. Et donc vas y qu’on nous survole 54 titres à paraitre cette année. Encore une fois, ça part d’une bonne intention, mais ça fait un peu catalogue Fnac non? Et j’en reviens précisément au public du magazine. Les 15-25 ans? Bof je les imagine beaucoup plus aller fureter sur le net, les forums et les blogs. Au delà? Ben il y a les gens comme moi, parfois un peu nostalgiques des magazines des années 90, et qui aimeraient désormais trouver plus de recul dans un support papier (là il y a IG Mag ou Canard PC). Il reste donc les gens qui sont suffisamment éloignés de l’actu jeu vidéo, des parents qui voudraient se renseigner sur les jeux, des gamers occasionnels qui aimeraient une lecture condensée de temps en temps.

Sauf que… sauf que pour ces derniers, il y a déjà Jeux Vidéo Magazine qui a fait son retour sur la scène, lui aussi édité par une société indépendante. Et qu’il a déjà une grosse base de lecteurs (et 50cts de moins, c’est la crise je vous rappelle!) installée, et propose en gros la même chose. Et puis sans dec’, le maquettiste manquait d’inspiration en créant leur logo et leur charte? Parce qu’en voyant la couverture, là aussi c’est un peu trop similaire. Alors en ce qui me concerne, je passe mon tour sur Video Gamer, mais je souhaite quand même que les naufragés trouvent une île solide, pour pouvoir construire une identité et une valeur ajoutée à leur magazine. Bonne chance!