04th Juil2012

La révolution est en marche

by Alphajet

Le cloud gaming? Oui mais à un horizon un peu lointain

Non, point d’Adam Jensen ici, encore moins le nom de code d’une console de Nintendo. Non, je vous parle du fait que la plus grande révolution du jeu sur console est en marche. Une révolution dont les prémisses se déroulent en coulisse, presque en catimini. Ce dont je parle, c’est le rachat par Sony de Gaikai, une des sociétés leader du cloud gaming. Vous doutez de ce que je vous dis? Alors lisez la suite.

Depuis leur naissance, le modèle de vente des consoles n’a presque pas évolué : les constructeurs vendent une partie hardware toujours plus puissante, pour pouvoir vendre des containers de jeux toujours plus beaux. Depuis quelques temps, le téléchargement de jeux prend une place plus importante sur console – bien qu’il soit très bien implanté sur PC depuis quelques années déjà. Avec le succès du Xbox Live Arcade et du Playstation Store, voire même du Wiiware, on commence déjà à voir poindre une amorce de virage.

Le virage du tout dématérialisé. Si Sony ne compte certainement pas l’imposer dans l’immédiat, le rachat de Gaikai prépare définitivement l’avenir. Et le deuxième effet kisscool, c’est de couper l’herbe sous le pied d’un concurrent gênant. Sony fait d’une pierre deux coups en acquérant l’expertise d’un des spécialistes de ce nouveau marché, et évite d’avoir à l’affronter dans les années à venir. Les 380 millions de la transaction représentent même plutôt une bonne affaire. au final!

Mais je trouve que les conséquences de ce rachat restent plutôt mal comprises par les sites qui ont relayé l’information. Certains imaginent que Sony lancera peut être le service dès la PS3, d’autres qu’il sera disponible au lancement de la PS4. Mais rappelons le principe du cloud gaming : il s’agit de la « vidéo à la demande » du jeu vidéo. Le distributeur du service héberge une énorme quantité de serveurs à la puissance combinée phénoménale. Une fraction de cette immense capacité de calcul est mise à disposition de chaque abonné qui reçoit le flux du jeu vidéo de son choix.

En d’autres termes, ça signifie que si je lance God of War sur ce service, chaque fois que je fais un pas en avant grâce à mon gamepad, ma plateforme locale (imaginons que ce soit la PS4) envoie à Sony cette information, qui recalcule l’image correspondante et la renvoie sur ma PS4 pour l’afficher.

Les deux conclusions à tirer de ce récapitulatif simpliste sont :

1 : envoyer des commandes et recevoir un flux d’image, c’est pas loin d’être faisable sur un minitel. Dommage il est mort. Mais c’est tout à fait ce que fait la nouvelle Bbox Sensation qui n’a rien d’exceptionnel sur le plan plan matériel. Sony a donc tout intérêt à lancer son service sur Playstation le plus tard possible pour rentabiliser les énormes investissements matériels et en R&D qu’elle doit requérir. Souvenez vous du prix initial de 600€ de la PS3, pourtant vendue à perte! Or il faut vendre des jeux plus beaux, qui seront le fer de lance de cette nouvelle console! Qui investirait plus de la moitié d’un SMIC pour jouer à un jeu qui tournerait sur une box ADSL?

2 : ce type de service ne peut réellement se développer qu’à une seule condition. C’est que la qualité des connexions du plus grand nombre s’améliore considérablement. Oh les parisiens fibrés ne devraient pas trop s’en inquiéter, mais l’essentiel de la population française reste en technologie ADSL pour quelques années encore. Or pour faire passer un flux 1080p, et encore largement compressé, il faut au moins 4 à 5 Mbits. J’ai du mal à être convaincu qu’un géant comme Sony serait prêt à se priver d’une partie non négligeable de son public en imposant le modèle tout dématérialisé.

Voilà deux bonnes raisons qui à mon avis prouvent que Sony, sauf s’il y est contraint par la concurrence, risque de patienter plusieurs années avant d’imposer ce nouveau modèle. Seul l’avenir nous dira si je me suis lamentablement planté ou non.

13th Déc2011

On relance le débat : le cloud-gaming

by Alphajet

Le cloud gaming pose aujourd'hui plus de questions qu'il n'offre de solutions

Il n’a pas encore débarqué en France mais il fait déjà beaucoup parler de lui. Certains annoncent déjà qu’il représente le messie du jeu vidéo de l’ère post-dématérialisation. Moi, je trouve que le terme de « cloud-gaming » n’est pas si bien choisi, même si évidemment c’est tendance de parler du cloud alors que 90% des gens n’ont aucune idée de ce que ça signifie. Ca n’est pas forcément mieux mais je préfère parler de « stream-gaming » pour le rapprocher du principe des TV ou radios en streaming sur le net. Car avec le cloud-gaming, le jeu vidéo deviendrait un média de diffusion, dont on ne contrôlerait que le début et la fin d’une partie et … le prix de l’abonnement.

Les plus

– Plus besoin de changer de console ou de PC, la partie hardware est à la charge du serveur
– Pas de problème d’installation, de mise à jour ou de sauvegarde du jeu, tout est aussi géré dans le cloud
– Les jeux sont immédiatement accessibles et diffusables sur plusieurs matériels : PC, Mac, TV, smartphone, tablette…
– Pour un acheteur régulier de jeux, le coût de l’abonnement mensuel illimité est attractif

Les moins

– Les jeux ne nous appartiennent pas, on loue un service de streaming, même quand on paye le jeu complet
– Le prix excessif hors abonnement (même prix que la version boite pour un jeu complet, et pass 3 ou 5 jours prohibitif)
– Catalogue de jeu limité
– Impossible de jouer hors ligne et connexion de qualité indispensable
– Accès strictement personnel

Mon avis

Si OnLive est le principal acteur de ce marché, il intéresse en fait beaucoup de monde : Gaikai, G-cluster pour SFR ou Free sont déjà sur les rails depuis cette année pour le concurrencer. Du coup, on peut espérer ou craindre que ce modèle ait tendance à se développer au cours des années à venir. J’avoue être vraiment séduit par le principe de streaming sur n’importe quel périphérique capable d’afficher un minimum de pixels (oui sur votre vieux Nokia 3310 ça va pas trop le faire). Dans un monde idéal, c’est une idée géniale, qui permettrait à tout le monde de bénéficier du même niveau de performance, quelque soit l’appareil, où qu’on se trouve, et de poursuivre une partie commencée à la maison sur un iPhone dans la salle d’attente du médecin (pour peu que les contrôles soient adaptés bien sûr).

Pourtant, j’aime beaucoup Steam et j’ai déjà quelques réticences avec le principe de la plateforme impératrice. On lui donne déjà beaucoup alors imaginez avec OnLive ou un de ses concurrents? Là je vous écris depuis la Roumanie avec une connexion stable certes, mais pas flamboyante! Je ferais comment pour jouer dans ces conditions? Et pour ceux qui habitent en campagne, comme moi il y a quelques années? Et comment je jouerais dans le train ou l’avion? A ce titre, la vidéo de présentation d’OnLive est tout sauf réaliste : on y voit des enfants jouer sur leur tablette en voiture, un gars jouer sur son smartphone à la terrasse d’un café… Le jour où nos connexions 3G permettront cela n’est pas arrivé, peut être même pas la 4G d’ailleurs… Moi j’aime avoir le choix, la liberté de jouer quand je veux, connecté ou non, et je préfère me contenter d’Angry Birds sur mon smartphone si en contrepartie je dois avoir des menottes pour disposer de mes jeux comme je le souhaite.

Par contre, je n’ai rien contre le fait que le système existe pour ceux à qui ça convient. En gros c’est exactement le même principe que la location de films sur votre box, c’est du Game-on-Demand. C’est le jeu consommable : tu paies l’abonnement, tu joues, tu jettes, tu passes à un autre. Mais là où je regarde rarement un film deux fois, j’ai un peu de mal à accepter disposer d’un jeu pour 3 jours consécutifs… Et encore moins de payer un jeu au prix fort sans avoir ni support physique, ni logiciel. Surtout dans ma logique de joueur occasionnel qui implique de laisser tomber un jeu parfois pendant plusieurs mois ; que se passe-t-il si OnLive ne le propose subitement plus à son catalogue? Ben je l’ai dans l’os, et c’est pourquoi je souhaite réellement que ce type de plateformes reste une possibilité, mais pas un passage obligé dans les années à venir.