30th Nov2013

La presse de Novembre 2013 au scan

by Alphajet

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Oui une revue de presse de Novembre un… 30 Novembre, c’est pas terrible vu que la plupart des magazines évoqués ici seront retirés au moment où vous lirez ces lignes (si quelqu’un les lit évidemment!). Mais je me suis dit qu’avec l’arrivée d’un petit nouveau dans la danse, il ne serait pas inopportun de jeter un coup d’œil au panel de lecture que nos amis journalistes proposent ce mois-ci – enfin le mois dernier mais vous m’avez compris…

Tout d’abord un petit retour vers le passé pour Video Gamer (n° 11 Nov 2013) et Jeux Vidéo Magazine (n° 153 Oct-Nov 2013) qui nous affichent tous les deux avec force de superlatifs (INCROYABLE! EXCEPTIONNEL!) leurs splendides posters d’Assassin’s Creed 4 et GTA V. Après des années à offrir des jeux gratuits – qui ont peut être en partie coulé les magazines qui les pratiquaient – le retour à des posters m’a fait sourire. Tant sur la forme, le cadeau so UNBELIEVABLE qui a coûté au moins 4 feuilles A4, que sur le fond, à savoir que ces présents visent surtout les ados qui ont encore l’occasion de punaiser la blondasse de GTA au dessus de leur lit. Chez moi ça passe pas le WAF.

J’ai également choisi ces deux numéros pour leur supplément, respectivement sur Assassin’s Creed 4 (décidément…) et « les grands duels de Noël » (sachant que la couverture s’intitule déjà « Tous les hits de Noël 2013 »). Soit. Le guide sur AC4 aurait pu être une bonne idée, pourquoi pas. Que ce soit un « walkthrough », c’est à dire un guide assez complet des techniques et des premières missions du jeu, ou de resituer l’univers du jeu dans son contexte historique, ou encore de raconter la genèse du jeu à travers des témoignages de ses développeurs, les idées ne manquaient pas. Pourtant, ce supplément est plus proche d’un publi-rédactionnel que d’un véritable guide… Peut être aussi car il a été écrit avant la sortie officielle du jeu, et soumis donc à un NDA… Personnellement, jJ’aurais préféré attendre un mois de plus et avoir un papier plus intéressant que ce vaste survol du jeu.

Video Gamer nous parle de Godus, un jeu qui me semble bien sympathique, alors que JVM fait dans la mauvaise foi et le Playstationisme en gonflant le chiffre des exclus avec les sorties PSN... Pourtant le catalogue de la PS4 est plutôt pauvre actuellement face à celui de sa concurrente

Video Gamer nous parle de Godus, un jeu qui me semble bien sympathique, alors que JVM fait dans la mauvaise foi et le Playstationisme en gonflant le chiffre des exclus avec les sorties PSN… Pourtant le catalogue de la PS4 est plutôt pauvre actuellement face à celui de sa concurrente

Chez Jeux Vidéo Magazine, on a fait dans le classique. Un bon vieux match des grosses licences de fin d’année, combiné à la sortie des nouvelles générations de console. Battlefield 4 versus Call of Duty Ghosts, Gran Turismo 6 versus Forza 5… Clairement, le magazine assume ce qu’il semble faire le mieux : être un guide d’achat sur les jeux vidéo, plutôt orienté grand public d’ailleurs. Pour autant, la pertinence de certaines confrontations étonne un peu… Pourquoi opposer GTA V et Watch Dogs qui, s’ils jouent tous les deux la carte de l’open world, semblent relativement éloignés dans le concept? Mais surtout comparer un jeu déjà sorti à un autre qui … sortira en 2014 et dont de nombreuses informations sur le scénario et le gameplay sont encore flous me parait assez vain.

Autre exemple, pour un guide d’achat censé aiguiller les achats de Noël, j’ai trouvé la comparaison Disney Infinity / Skylanders Swap Force très frileuse : bilan match nul ce qui, de mon point de vue, évite au rédacteur de trop se mouiller. Non pas qu’un des deux mérite le titre de jeu de Noël, mais néanmoins je pense qu’il aurait été intelligent de mieux aiguiller les parents qui sont les acheteurs. Personnellement, on va offrir 2 jeux Skylanders Swap Force autour de nous. Pourquoi? Parce que premièrement ce sont les enfants qui le demandent et que la loi de la cour de récré est la plus forte, et deuxièmement parce reconstituer un second set de 300€ de figurines… hmmm option niet pour les parents.

Dernier point, je déplore encore une fois le sort réservé à la Wii U. A peine citée dans la catégorie des « consoles actuelles », la rédaction du magazine, comme d’autres sur internet, la relègue à un rang de faire valoir des « vraies » Next Gen, les PS4 et Xbox One. Sauf que Nintendo a d’autres arguments pour les fêtes, dont un prix de vente plus abordable ou le très bon Super Mario 3D World. Et ce même si à mon avis Nintendo a raté sa chance d’imposer la Wii U comme une incontournable de Noël 2013 en décalant ses licences fortes (Mario Kart, Donkey Kong…) à 2014.

A part ça, que propose JVM avec ce numéro à cheval sur 2 mois – en tentant d’occuper une large partie des étals avec un autre (!) numéro de Novembre et un hors-série GTA V? Un focus sur la 2DS qui oublie de préciser le public visé (et je ne supporte plus le non-argument « ah mais ils auraient quand même pu intégrer un second stick analogique! »… bande de cons si on enlève la 3D ça n’est pas pour rajouter une fonctionnalité supplémentaire !!). On trouve aussi un point sur les Sims 4 pour les fans de la licence, une intéressante sélection Xbox Live pour ceux qui n’auraient pas déjà les hits qui y sont listés, et l’habituel match d’automne entre FIFA et PES pour les inconditionnels du foot. A part ça, on retrouve la classique formule JVM avec sa rubrique conso et ses tests notés entre 15 et 20 sur 20…

Le numéro 11 de Video Gamer, lui, consacre sa une à Call of Duty Ghosts: là aussi ça fait vendre. Mais l’article est plus atypique qu’un simple récapitulatif de ce qu’on savait déjà depuis longtemps. Il parcourt plutôt le scénario, notamment du niveau dans l’espace, et recueille le sentiment des développeurs sur la genèse de cet épisode. On apprend notamment la difficulté de l’équipe actuelle à reprendre le flambeau après le départ des cadres fondateurs, et leur tentative d’innover à certains égards. Mais dommage que la langue de bois reste de mise, j’aurais bien aimé qu’on évoque le très probable cadre restrictif qu’impose Activision autour de sa poule aux œufs d’or (pas trop d’évolution à la fois, on pourrait faire fuir les joueurs!).

Ce numéro célèbre la sortie de GTA V en lui réservant un très bel accueil (20/20) mais surtout un test qui se focalise sur l’écriture que nous a proposé Rockstar pour son blockbuster, avec son trio de personnages. Et une conclusion bien tournée qui évoque une très intéressante hypothèse : si chaque épisode était une satyre d’un pan particulier de la culture américaine, GTA V évoque une auto-critique de la série elle même à travers ses trois protagonistes. Trevor revendiquant sa brutalité, Michael son embourgeoisement au fil des années, et Franklin une sorte de métaphore de Rockstar qui tente de faire le lien entre ces deux extrêmes.

Video Gamer, de façon générale, propose des tests plus subjectifs et moins structurés autour des sempiternelles « caractéristiques » du jeu – graphismes, jouabilité, durée de vie… La critique de Beyond two Souls en est un autre exemple. De même, il aborde certains jeux peu commentés, comme Godus de Peter Molyneux ou Rain.

Maquette sobre mais classe, et des articles qui sortent de l'ordinaire, comme par exemple celui-ci dédié à Candy Crush Saga

Maquette sobre mais classe, et des articles qui sortent de l’ordinaire, comme par exemple celui-ci dédié à Candy Crush Saga

Cela m’amène à parler du petit nouveau de ce mois-ci et qui est forcément mon coup de coeur du mois : JV. Les noms qui signent le contenu de ce mag sont bien connus, ayant officié (ou officiant toujours) dans d’autres noms de la presse spécialisée depuis longtemps. Pourtant, JV essaie de nous proposer autre chose et s’offre les moyens de ses ambitions, comme a pu le faire Canard PC à son époque : magazine édité par une société indépendante, régie publicitaire imposant une bonne part de contenu hors jeu vidéo et une équipe motivée pour écrire autre chose que des previews et des tests à retardement. Au travers d’une petite centaine de pages, la rédaction s’efforce de nous proposer les choses sous un autre angle, de nous parler DU jeu vidéo avant de parler des jeux vidéo…

Quand j’ai parcouru les pages colorées de JV, j’ai eu l’impression de lire quelque chose que je n’avais pas vu ailleurs que sur certains blogs : des prises de position subjectives (« Jaime pas les histoires » par Corentin Lamy), des interviews qui sortent des sentiers battus (Michaël Peiffert), un regard différent sur les micro-consoles (Ouya & co), en passant par des critiques résolument originales comme celle de Beyond Two Souls qui confronte CINQ avis de la rédaction pour se faire une idée de ce … « vidéo jeu ». Là où mes JVM finiront au recyclage une fois lus, ce JV restera pertinent dans plusieurs mois – ou années – pour ses analyses qui revisitent Bioshock Infinite ou Left 4 Dead, ou retracent l’aventure GTA depuis ses origines. Mais là où IG Mag pouvait parfois me paraître un peu pompeux, JV aborde avec clairvoyance, simplicité et humour nombre de sujets intéressants. Même quand il s’agit d’aborder l’actualité, la lucidité est de mise : « la 2DS ce n’est que pour les enfants » titre Bruno Pennes, et il a juste raison de l’aborder dans ce sens là et d’expliquer en quoi cette édition est tout à fait logique.

Même quand il se permet de sortir de son thème principal en explorant l’actu cinéma ou des séries, JV le fait avec brio en résumant son point de vue en quelques lignes sans artifice superflu. Bref, même si ça reste une liasse de papiers reliée, j’ai presque de la peine que mon fils m’ait ruiné la couv’ de JV avec de la compote de banane… parce que j’ai juste envie de ranger ce mag’ dans ma bibliothèque. Bravo à l’équipe en tout cas et je leur souhaite un aussi beau parcours que Canard PC qui fête ce mois-ci ses 10 ans. Si, si, 10 ans d’inepties, d’absurdités, de brutalités verbales et de conseils foireux (Söldner, on vous la sortira encore dans 10 ans les gars!) au service du joueur PC… et console désormais.

Le gros morceau de début Novembre avec l'analyse du mastodonte Steam

Le gros morceau de début Novembre avec l’analyse du mastodonte Steam

Canard PC et moi, c’est une histoire qui dure depuis ses débuts, et je n’ai jamais regretté le choix de m’être abonné. Pourquoi? D’abord parce qu’à titre personnel je ne possède pas les traditionnelles consoles « gamer » de Sony et Microsoft et que le PC représente donc la plateforme sur laquelle je joue majoritairement. D’autre part parce que la rédaction de Canard PC a foutu un coup de pied dans la fourmilière de la presse jeu vidéo il y a dix ans, et qu’alors que d’autres moquaient ses débuts en les voyant s’écraser lamentablement après quelques mois, bien peu en fait leur ont survécu. Mais revenons sur ce mois de Novembre et le numéro 285 qui nous propose un retour sans hypocrisie sur Steam et Valve. Je dis sans hypocrisie car il aurait été facile d’être mielleux avec la plateforme qui alimente la majorité des titres testés dans Canard PC.

Mais l’onctuosité façon yaourt velouté ne fait pas partie des talents d’Omar Boulon et consorts, alors le sujet est traité avec un œil aiguisé pour rappeler que tout n’est pas si rose du côté de chez Gabe Newell. Bref, CPC nous offre là le point de vue le plus large et le plus complet sur Steam, son marché, sa nouvelle SteamBox, ses perles cachées… Mention spéciale à la page qu’Omar Boulon dédie à Pokemon X/Y et sa vie ratée de dresseur Pokemon et sa vaine tentative de convaincre Pipomantis d’attribuer un 9/10 au jeu (qui récoltera finalement un 8).

Dans ce fameux numéro anniversaire 286 maintenant, vous trouverez un test aussi barré – dont seul Canard PC a le secret – du jeu qu’il évalue, à savoir The Stanley Parable. CPC, c’est aussi un regard sur des jeux assez méconnus comme Kerbal Space Program dont les évolutions récentes (c’est un jeu en « early-access ») méritent d’en reparler, ou encore le prochain Wargame : Red Dragon. Maintenant, hormis le fait qu’il soit le premier magazine papier à proposer un gif animé, le gros morceau de ce numéro c’est la célébration de leurs 10 ans. Trente deux pages dédiées à la genèse de Canard PC, retraçant les aventures marquantes de cette rédaction un peu barrée jusqu’en 2007 et dont la suite de cette épopée sera rédigée…un jour peut être. Entre humour débile et révélations comme peu (aucun??) de magazines se le sont permis, cette histoire démontre que CPC a su fédérer une véritable communauté qui appréciera la lire. Chose qu’il aurait été impossible de voir dans un magazine estampillé Yellow Press par exemple.

Le parcours du magazine évoque des vraies anecdotes et de faux spin-off du magazine, avec toute la dérision caractéristique de CPC

Le parcours du magazine évoque des vraies anecdotes et de faux spin-off du magazine, avec toute la dérision caractéristique de CPC

Voilà qui conclut ce (long) tour d’horizon de la presse jeu vidéo en ce mois de Novembre. D’ici peu les numéros de Noël pointeront leur nez, et parait-il encore un petit nouveau verra le jour. Mais il ne devrait pas s’appeler petit Jésus pour autant. A leur manière, chacun de ces magazines a son intérêt. Mais pour ma part, j’ai déjà choisi à quel magazine je filerai 3,95€pour le numéro de décembre. En tout cas, je ne peux que me réjouir de (re)voir plusieurs acteurs de la presse écrite tenter de faire évoluer et grandir ce média.

15th Avr2011

Le social teasing

by Alphajet

The cake is a lie !!

Il y a un petit phénomène qui a tendance à s’amplifier dans le monde de la communication/marketing des jeux vidéos. Oh, c’est loin de représenter la grande majorité des lancements de jeu, mais je constate que ça fait son petit effet. Avant de revenir dessus, revenons quelques instants sur les principaux moyens de comm des éditeurs. Je crois qu’historiquement, la presse spécialisée a été le meilleur apôtre de la vente de jeux. Et puis peu à peu, on a retrouvé des pubs dans des magazines plus généralistes, puis sur le web, et depuis quelques années elle est beaucoup plus présente à la télévision.

Alors tout ça, c’est très bien, mais globalement c’est pas fondamentalement différent du marketing pour une marque de yaourt non? Du coup, j’apprécie particulièrement ce que j’appellerai basiquement le « social teasing« . Ca consiste en quoi alors? Ben tout simplement à utiliser les réseaux sociaux, blogs, sites, forums, ou tout autre moyen pour faire en sorte d’attirer l’attention sur le jeu de façon décalée. Bon, dit comme ça, c’est pas très parlant, mais il y a deux excellents exemples en ce moment même. D’abord Deus Ex 3: le site de Sarif Industries a été créé spécialement pour la promotion du jeu à partir de son univers. J’ai adoré leur vidéo que j’ai trouvée super bien fouttue, qui a été relayée sur Facebook au point de faire réagir violemment certaines personnes non averties qui y ont cru 😀 Mais il faut avouer que c’est un superbe travail, je connais beaucoup de sites soit disant pro qui ne sont pas aussi esthétiques que celui de Sarif!

D’un autre côté, c’est Valve qui a utilisé ce principe à 2 reprises pour Portal 2. La première fois, c’était il y a un an avant l’annonce du jeu. Les développeurs se sont alors amusés à faire un jeu d’enquête de folie avec une mise à jour de Portal premier du nom pour que les joueurs eux mêmes découvrent l’annonce grâce à des messages codés (vous pouvez retrouver le détail de tout ça grâce à Canard PC). Et depuis quelques jours, ils ont remis le couvert en allant même jusqu’à modifier des jeux indépendants faisant partie du « Potato sack » afin d’y glisser moult indices à l’attention de la communauté de fans. Et puis peu à peu on découvre des dizaines d’autres indices disséminés un peu partout, un vrai jeu de pistes comme on en voit pas souvent. Là encore, vous pourrez trouver des infos sur un wiki dédié, ou encore les canards qui aiment décidément ça 😉

Alors bien sûr qu’on ne vise pas un marché de masse avec ce genre de marketing ; en tout cas pour le moment… Mais bordel, moi je trouve ça diablement intelligent et captivant. Et de mon point de vue, c’est plus attirant qu’une bonne vieille pub du petit écran!