13th Oct2013

Critique Casual: Ridge Racer Driftopia

by Alphajet

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Ridge Racer Driftopia

Sortie
Septembre 2013 Supports PC, PS3
Par les mêmes gars FlatOut (série), Ridge Racer Unbounded
Alternatives Need for Speed World, NFS (série), Ridge Racer Unbounded

Chose assez rare, j’avais joué une bonne douzaine d’heures à Ridge Racer Unbounded dont je parlais ici. Etant donné le succès très relatif de cet épisode, Bugbear a cru bon de jouer la carte du Free 2 Play (et on va en parler de cartes!) dans le même univers. Restait à savoir si Bugbear avait trouvé le juste et très rare équilibre avec un jeu occasionnel prenant et n’incitant pas à flamber la VISA tous les quarts d’heure.

J’avais trouvé le mode multijoueurs de Unbounded assez bizarre, avec des suites de défis à enchainer contre des fantômes d’adversaires. Driftopia ne change pas énormément la formule mais la rend plus lisible. Chaque parcours se fait en opposition contre 11 autres « fantômes » proches de notre meilleur temps, mais ici ils sont prédéfinis et se débloquent au fur et à mesure avec l’expérience acquise. En effet, il y a deux types d’expérience : le niveau du joueur – qui permet donc d’accéder aux nouveaux parcours – et le niveau des véhicules qui déterminent leur performance.

Quant aux courses en elles mêmes, autant dans les tracés que les véhicules proposés, elles sont très similaires à Unbounded. En fait, Bugbear a même fait un magnifique copier-coller. Les environnements sont strictement identiques (les morceaux de circuits sont justes construits un peu différemment) et les voitures ont juste un skin différent mais se conduisent exactement de la même façon. Ca ne serait pas complètement honteux si les développeurs avaient justement trouvé le fragile équilibre qui différencie un Free 2 Play addictif d’un Free 2 Pay sorti du fumier.

Ici, c’est justement le contraire… Concernant le gameplay, j’ai trouvé deux aspects particulièrement agaçants. Le premier concerne l’emploi du boost qui était indispensable dans Unbounded pour défoncer les murs destructibles – en fait des raccourcis – et qui donnait un côté tactique en obligeant à les utiliser au bon moment. Subtilité éliminée dans Driftopia… L’autre tient aux « fantômes » des adversaires. Habituellement, un fantôme c’est translucide et ça ne se percute pas : ça se traverse! Ici passés les cent premiers mètres ils se transforment en adversaires bien réels et particulièrement relous pour améliorer son temps. Rien de pire que d’être sur le point de battre son record et se faire éjecter par un 4×4 sur un rail…

Les fameux pseudo-fantômes qui vous laissent 5 secondes de répit, et vous insupportent tout le reste de la course...

Les fameux pseudo-fantômes qui vous laissent 5 secondes de répit, et vous insupportent tout le reste de la course…

Ce qui m’amène à parler du pire foirage de Bugbear. Il n’y a plus de jauge de dégâts en course, et on ne sait absolument jamais si sa bagnole va juste encaisser le choc ou partir en flammes. Le gros, l’énorme problème, c’est que l’aspect « Pay » du jeu, la ressource rare, ce sont justement les kits de réparation, indispensables pour remettre son véhicule en état et pouvoir recommencer. Sauf qu’on n’en gagne que 2 par course terminée, et que plus on progresse dans la hiérarchie des meilleurs temps, plus c’est difficile de gagner des cartes bonus offrant 10 kits. D’autre part, chaque fois qu’une voiture gagne un niveau, elle consomme plus de kits de réparations histoire de rendre l’achat in-game quasi indispensable.

En bref, plus on joue, et plus on rame, on galère pour progresser et plus on s’énerve et on s’emmerde à « grinder », refaire les mêmes courses avec le frein à main pour simplement gagner 2 pauvres kits pour ne pas avoir à les payer avec des vrais euros… Ah et j’oubliais de dire qu’on a seulement deux emplacements de voiture gratuits dans son garage. Je dirais donc que le jeu est réservé soit aux acharnés, soit aux riches, soit aux Sebastian Vettel en herbe (façon de parler vu le gameplay plus qu’arcade). Donc malgré mon expérience passée sur Unbounded, j’ai fini par lâcher après une demi douzaine d’heures de plus en plus frustrantes.

Ridge Racer Driftopia a donc complètement loupé son pari du Free 2 Play, tout en étant concrètement quasi le même jeu que celui sorti un an plus tôt. Même s’il est encore officiellement en beta ouverte – la mode du moment – je crois que ses tares sont trop profondes pour espérer les voir changer.

Quelle dose ?

Beaucoup trop
En imposant de rejouer sans cesse les mêmes courses pour mendier des kits de réparation (sans parler de l’horrible jeu de hasard quand on finit sur le podium qui nous impose de choisir une carte parmi 3… et souvent de passer à côté de celle inestimable des 10 kits de réparation), Driftopia lasse trop vite avant d’accrocher son joueur. Contrairement à d’autres F2P, plus on progresse en niveau, plus c’est dur de s’en sortir… et de trouver la motivation pour le relancer.

Quelle complexité?

Simple
Le gameplay est quasi identique à celui d’Unbounded, les subtilités en moins… Tout est affaire de gestion de la glisse, des raccourcis et du boost. Bref, n’importe qui peut jouer à Driftopia.

J’en verrai le bout ?

Jamais Le propre d’un Free 2 Play, c’est d’être jouable sans fin. Mais sans aller jusque là, je ne risque pas d’atteindre les derniers niveaux des véhicules tellement ils sont longs et chiants à débloquer. Bref avec une courbe de progression qui ferait rire le logarithme, on n’est pas prêt d’en voir la fin…

Quel prix ?

Faussement gratuit
Libre d’accès bien sûr, mais quand la boutique du jeu propose d’acheter 250 kits de réparation pour 3,99€, on sent bien que Bugbear (ou son éditeur Namco Bandai) cherche à lentement à aspirer le portefeuilles du joueur. Quant à la vente de packs de véhicules et de boosters aléatoires… là chapeau ils ont ressorti le principe des cartes Panini et Magic.

Le multi? Les bonus?

Pauvre
Le jeu n’est qu’un ersatz de jeu de courses multijoueurs. Je préfère encore le système d’Autolog des NFS qui permet de se mesurer à ses amis sans avoir à leur rentrer dedans !!! En dehors des courses duel qui permettent de gagner le véhicule adverse, Driftopia ne propose qu’un seul et unique type de course…

Mon impression

A oublier Driftopia n’est un Ridge Racer que de nom. Déjà assez éloigné par son gameplay Bugbearesque, le passage en Free 2 Play ne fait que recycler tous les éléments de Unbounded sans aucune originalité. Pire Driftopia donne la sensation d’être assis dans une borne d’arcade et d’avoir un mec derrière vous, main tendue souffler dans votre oreille « donne argent, toi aller beaucoup plus vite après »! 
25th Mai2012

1 heure sur … Ridge Racer Unbounded

by Alphajet

Après les sabres laser, les feux arrière laser!

La série Ridge Racer de Namco, c’est une institution depuis l’arrivée de la toute première Playstation. Alors après un épisode qui a déçu beaucoup de monde sur PS Vita, je me demandais ce que valait le petit dernier tout récemment sorti. Mais c’est une première, nos amis japonais ont confié pour la première fois la réalisation à une équipe européenne. Et pas une inconnue, il s’agit de Bugbear, qui s’est fait un nom en développant la série des FlatOut. Pour ceux qui ne la connaitraient pas, on parle de course de stock cars, et y bouffait beaucoup de ferraille entre les adversaires à défoncer et les éléments du décor à désintégrer.

Pour redonner un coup de fouet à Ridge, Bugbear s’est forcément inspiré de son expérience, et ce Unbounded est une sorte de bâtard entre le jeu original (pour le style des voitures), Burnout (pour la mise en scène apocalyptique des craches), Trackmania (pour l’éditeur de niveaux) et … Flatout (pour le décor destructible). Ils ont un gros shaker nos potes finlandais, mais il faut croire qu’ils ne sont pas si mauvais en cocktails parce que la sauce prend plutôt bien en fait. Bon mon expérience est trop courte pour savoir si l’intérêt subsiste au fil des courses, mais les sensations de conduite et de vitesse sont plutôt bien rendues. On a un pilotage arcade, mais on sent quand même le poids des véhicules. C’est pas simplement du On/Off gauche/droite. D’autant plus que le mode « Domination » que j’ai testé impose à la fois de se concentrer pour doubler ses adversaires, mais aussi sur les différents éléments à défoncer grâce au « Power! » . C’est une barre d’énergie que vous remplirez en driftant, en collant un adversaire au pot d’échappement ou encore en les percutant. Une fois remplie, elle permet de d’exploser certaines portions du décor normalement bloquées pour libérer des raccourcis, et gagner un maximum de points.

Pour avancer dans la carrière, il faudra donc engranger pas mal de points au travers des différents circuits. Circuits qui restent dans la très grande tradition Ridge Racer, à savoir des tracés urbains. Je n’ai pas pu essayer l’éditeur de circuits, mais d’après ce que j’en ai vu, il semble très simple à manipuler. Bon pour être un peu chauvin, je dirais que c’est quand même très pompé sur ce que Nadeo a fait avec Trackmania, mais bon, tant que ça rend service au jeu! La difficulté m’a semblé relativement relevée, les adversaires n’étant pas touchés par le fameux syndrome pathétique du « je me traine misérablement quand je suis devant, mais dès que tu me doubles j’ai un boost cheaté en permanence ». Chose qui m’irrite souvent dans les jeux de course.

Après, niveau visuel, c’est plutôt sympa mais les graphistes de chez Bugbear ont du créer le jeu avec des lunettes de soleil. Oui parce qu’ils ont un peu trop forcé sur les éclairages orange! Ca donne évidemment un style mais on était pas franchement loin du drame esthétique. Au final, ce nouveau Ridge Racer me semble être la plus franche évolution de la série depuis longtemps, et plutôt dans le bon sens. Maintenant, pour un joueur occasionnel, j’ai quand même quelques doutes sur la motivation à débloquer toutes les courses et apprécier le jeu sur la durée.

Impressions

Il n’a pas que de la gueule ce petit Ridge! Les nombreux changements apportés devraient permettre aux amateurs de courses déchainées d’y trouver leur compte. Et de renouveler le plaisir grâce à l’éditeur de niveaux. Seul ombre au tableau, un risque de répétitivité et de lassitude qui peut s’installer à la longue