20th Mai2012

Le Diable est hors ligne

by Alphajet

A quand le Haut-Fait "arriver à lancer une partie de Diablo III" ?

Après deux mois d’attente, j’ai retrouvé une connexion Internet valide cette semaine. A vrai dire, juste à temps pour profiter de Diablo III qui venait d’atterrir dans ma boite à lettres. Magnifique non?! Mais ça, c’était sans compter sur les casseroles que le super hit de Blizzard allait trainer durant ses premiers jours d’exploitation… Dès l’ouverture officielle des serveurs à minuit, l’affluence monstrueuse a mis à mal l’infrastructure pourtant réputée solide du créateur de World of Warcraft.

Je pensais que c’était juste l’affaire des quelques heures, un ou deux jours à la limite. Ce dimanche magnifiquement pluvieux était d’ailleurs le jour idéal pour continuer les aventures de mon chasseur de démons  à travers l’Acte I du jeu. D’ailleurs, jusqu’à présent mon expérience est plutôt positive mais là n’est pas le sujet. Après le lancement du jeu, c’est le passage obligatoire par l’écran de login Battle.net. Dimanche après midi, 15h, et des trombes d’eau dehors. Trois conditions qui auraient du justifier un service irréprochable ! Mais l’impensable est arrivé à nouveau et Blizzard a fermé les serveurs européens pour une nouvelle maintenance, probablement concernant la correction des Hauts-Faits qui n’étaient pas toujours sauvegardés.

Cela justifiait-il pour autant une maintenance d’urgence en plein après midi le week end? Les forums peuplés de mécontents l’auraient peut être été encore plus s’il avaient perdus des heures de quêtes à cause d’un problème technique. Mais pour moi clairement, c’est une fois de plus la démonstration des failles de la connexion permanente. Que ce soit pour une très mauvaise raison (les DRM) ou juste une mauvaise raison (la sauvegarde en ligne du personnage pour éviter la triche), ça cause nécessairement des emmerdes. Alors oui, le côté positif, c’est qu’on peut jouer avec son personnage rien qu’en se connectant sur son compte, même sur le PC d’un pote ou même après 12 réinstallations.

Mais n’empêche, que se serait il passé il y a quelques jours si ma connexion n’avait pas été rétablie? J’aurais lu le manuel utilisateur du jeu en long, en large et en travers vu que ça aurait été la seule chose utilisable de la boite. Au bout du compte, même la lecture de Voici m’aurait paru plus agréable… Moi je me souviens de Diablo et sa suite, qui étaient tout à fait jouables hors ligne. Dans l’époque d’où je viens, ça s’appelait un mode solo. Mais aujourd’hui, il faut appeler ça mode offline, tellement les jeux sont nombreux à demander à être connecté en permanence. Tout ça pour quel bénéfice?

Honnêtement, ça n’aurait pas été suffisant d’imposer une synchronisation asynchrone du personnage, à savoir uniquement pour jouer en multijoueurs? Et laisser à des milliers de joueurs la possibilité de profiter du jeu en solo en n’interrompant que les parties multijoueurs…

25th Août2011

Multiplication des plateformes de jeux: pourquoi ça sent mauvais sur PC

by Alphajet

Dans ce joyeux bordel, Steam est toujours leader, mais...

L’année 2011 marquera certainement la tentative des éditeurs du marché de fragmenter le marché PC. A l’heure où certains fabricants affirment leur attachement cette plateforme et où même le très célèbre éditeur de Gears of War se retournent vers elle, c’est vraiment très dommage que ça tombe maintenant. Très dommage aussi car le PC a une réelle chance à saisir dans cette période ou les consoles « Next-Gen » arrivent dans la phase de maturité de leur existence…

Si Steam s’est imposé comme un leader incontesté depuis plusieurs années, c’est avant tout car il s’agit du pionnier en la matière. Même si Battle.net existait déjà depuis quelques années, il se limitait à l’époque à des ladders, deux jeux et pas d’achat en ligne. Mais Steam malgré son statut de « prem’s », a aussi du essuyer les plâtres! Pour rappel, la plateforme est née pour la sortie de Half-Life 2, jeu que j’avais eu à l’époque en bundle avec une carte ATi (une autre époque!). Et très honnêtement, je l’ai rapidement détestée – Steam, pas le jeu! Hyper lourde, pas pratique, débits de téléchargement trop fluctuants… A tel point que j’ai fini par laisser tomber HL2. Donc si la plateforme de Valve en est là aujourd’hui, ça ne s’explique pas uniquement par sa place d’ancêtre.

Non, ce que j’essaie de dire, c’est que Steam ne s’est pas faite en un jour. Et brique après brique, c’est son évolution permanente qui l’a rendue incontournable. En 7 ans, c’est l’arrivée successive d’un catalogue qui s’est ouvert aux éditeurs tiers, l’anti-cheat, SteamWorks, SteamCloud, les jeux indépendants, les promotions… Tout s’est amélioré au point que l’application est presque toujours ouverte sur mon PC. Et c’est bien ce qui a agacé les autres éditeurs : trop longs à se lancer, ils ont été mis sur la touche par la croissance insolente de Steam. Mais si Valve ne publie jamais ses chiffres de vente, personne ne doute désormais qu’ils sont faramineux. Stardock, puis Microsoft, EA, Ubisoft, Microsoft et Activision-Blizzard se sont cette année tous jetés dans la bataille. Mais cette guerre, à mon avis, ne bénéficie à personne.

Le succès de Battlefield 3 risque d'être à double tranchant: il pourrait confirmer la tendance des exclusivités...

Alors qu’EA distribuait jusqu’à présent ses jeux via Steam, les relations entre ces deux larrons ont du considérablement se refroidir pour aboutir à l’exclusivité de Battlefield 3 sur Origin. Les joueurs ont tout à perdre à subir ce genre d’attitude. Alors que le marché des consoles est typiquement fragmenté entre les 3 constructeurs, le PC avait au moins la force de l’unité de Windows : à l’origine, le label Games for Windows devait servir à renforcer cette image. Mais Microsoft ayant échoué à rassembler autour d’une vraie plateforme, c’est bien Steam et ses nouveaux potes qui ont occupé l’espace laissé libre. Microsoft a clairement manqué de flair sur ce coup là, car elle aurait pu imposer (comme d’hab) sa plateforme en la livrant presque d’office avec Windows. Le MarketPlace sorti cette année ne fait que rajouter au bordel qui s’installe actuellement.

Mauvais pour les joueurs donc, aussi par la multiplication des applications résidentes. C’est pas parce que la RAM est à prix plancher en ce moment qu’il faut la gaver à coup de dizaines de Mo par plateforme chargés en mémoire! Non seulement, c’est lourd, mais en plus c’est pénible. Vous imaginez le tableau? « Alors, Starcraft 2 sur Battle.net, Battlefield sur Origin, attends euh Civilization je l’ai acheté où déjà? et meeeerde! » Voilà, moi j’en gerbe d’avance. C’est d’autant plus stupide que la génération actuelle de consoles perd du terrain en termes technique et que le jeu PC pourrait en profiter. Et d’ailleurs leurs exclusivités se font plus rares qu’il y a quelques années. Même si effectivement la concurrence est souvent favorable pour stimuler un marché, je crois que dans ce cas précis ce ne sera pas le cas: d’une part les prix ne baisseront absolument pas et d’autre part chaque plateforme voudra tirer la couette vers elle…

Ma lueur d’espoir? Mon récent essai de From Dust. Je l’ai acheté sur Steam mais c’est bien Uplay qui s’est installé et se lance au démarrage du jeu. Ce n’est pas la panacée, mais ça permet au moins de concentrer tous ses jeux sur la même plateforme. Mais il faudrait pousser ce concept plus loin, et je rêve d’une application qui pourrait servir de plateforme de plateformes de jeu. En gros, une méta-plateforme qui pourrait accueillir les différents stores des éditeurs. Un peu comme les différents kiosques de VOD sont proposés sur nos TV HD (mais en mieux). Mais je n’y crois pas vraiment, et plus pragmatiquement, je préfèrerais que les nouveaux venus se cassent tout simplement la gueule et conserver mon Steam en solo.