27th Oct2017

Manque d’inspiration, nouvelles aspirations

by Alphajet

Pas d’article depuis le mois d’Avril, et encore, c’était pour brûler cet malheureux infâme magazine Jeux Vidéo Pratique. On ne peut pas dire que mon inspiration soit digne de la chute de Montmorency (qui comme chacun sait, est plus haute que celles du Niagara) mais on ne peut pas dire non plus que j’ai passé énormément de temps à jouer, ni même à baigner dans la culture des jeux vidéo. Elle m’intéresse toujours, mais j’ai un rapport différent maintenant. D’un côté, j’ai un boulot très prenant en particulier ces derniers mois, qui a parfois tendance à aspirer toute mon énergie jusqu’au soir. D’autre part, mon fils est encore trop jeune pour me permettre de profiter de partager une partie avec lui, ou ça reste très occasionnel. Enfin, hormis à certains moments, je n’ai plus vraiment l’occasion ou la motivation de m’embarquer dans de longues heures de jeu qui s’étirent jusqu’à une nuit profonde. Peut être que rares sont les jeux qui m’en donnent envie également.

Cela dit, j’ai joué récemment à deux jeux qui m’ont donné plus d’idées, ou plutôt qui m’ont fait me rapprocher d’une réflexion que mon vieil ami Torment avait il y a quelques années. En substance, elle consistait à dire qu’il fallait savoir sélectionner son expérience de jeu. Ces dernières années, le jeu vidéo s’est de plus en plus tourné vers un marché de consommation ; on peut dire tourné vers le consommateur. Mais quel consommateur ? Sur un « marché » qui touche désormais tous les âges, sexes, milieux sociaux et qui s’étend aux quatre coins du monde, difficile de définir un joueur type. Alors ce marché s’est divisé en deux grandes familles : celui que les journalistes surnomment souvent « mainstream », et celui qui visent une niche de joueurs particulière.

Dans la première catégorie, je place les jeux qui sont généralement produits par les gros éditeurs, avec d’importants budgets et des équipes nombreuses. Ces produits – parce qu’il faut bien avouer qu’ils se rapprochent plus de ce terme – essaient de toucher une population la plus large possible pour rentabiliser leur coût parfois pharaonique. Cet équilibre est pourtant parfois difficile à trouver, on le voit avec Call of Duty qui après avoir atteint des sommets, voit ses courbes de vente décroitre d’année en année (tout est relatif cela dit…). C’est peut être plus simple pour FIFA ou PES qui misent sur l’universalité de leur modèle – le foot pour ce qui ne suivent pas – pour séduire un grand nombres d’amateurs. Je ne crache pas du tout sur cette catégorie de jeux, elle est ce qu’elle est, à savoir l’équivalent du blockbuster pour le cinéma, la vitrine d’une forme d’expression qu’est le jeu vidéo, et sa porte d’entrée la plus évidente.

Concernant la seconde, j’y regroupe les jeux indépendants ou de niche qui pour la plupart, partent d’un gameplay, d’un contexte ou d’une esthétique plus ambitieux et moins conventionnel, mais qui d’emblée touchera une cible plus étroite. D’une part car leur budget pub est bien plus limité et d’autre part car ces jeux savent précisément quels joueurs ils visent. Le gamer nostalgique des années 90 pour un certain nombre de plateformers, shooters ou tout simplement de jeux marqués par des gros pixels bien carrés, les barbus de la stratégie avec certains titres PC (je pense aux Hearts of Iron ou même World of Tanks dans un registre plus « action »), ou encore les monomaniaques capables de rouler dans un camion ou une moissonneuse-batteuse virtuels pendant des heures. Amis de European Farmer Simulator 2032, n’y voyez aucun jugement négatif, mais j’ai du mal à m’imaginer à votre place.

Revenons à mes deux jeux qui appartiennent à chacune de ces familles. Battlefield 1 et Unravel. Totalement différents, tous deux ont su me surprendre par certains de leurs aspects qui me donnent envie de poursuivre l’aventure, voire – soyons fous – de les terminer. J’en reviens ainsi à la réflexion de Torment qui m’expliquait alors chercher dans les jeux quelle trace ils laisseraient dans sa mémoire une fois le mot « End » affiché (et les crédits de 23 kilomètres). En gros, chacun d’entre nous cherche et trouve éventuellement quelque chose dans le jeu. Le divertissement pur et simple, la réflexion, le challenge, la compétition, les sensations fortes, l’émotion… Mais dans ma deuxième moitié de trentaine, je rejoins désormais Torment à essayer des jeux qui d’une, me font envie, et de deux dont j’espère retirer quelque chose. Qu’il m’enseigne quelque chose, qui me fasse ressentir quelque chose, qu’il marque ma mémoire ou me fasse réfléchir plus que pour résoudre un puzzle trivial. Bref, j’espère dans mes prochaines expériences jouer différemment, tout simplement, à des jeux vieux ou récents. Et à l’occasion, vous parler de cette expérience plus personnellement, sans forcément rentrer dans un jugement pour sortir de cette frénésie qui hante Youtube, Twitch et les réseaux sociaux. A la cool quoi.