10th Jan2016

Le clavier Corsair Strafe RGB Silent au quotidien

by Alphajet

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Certains de mes proches, malgré le peu de temps que j’y consacre actuellement, n’oublient pas mon côté gamer, voire même hardcore gamer. J’ai donc eu le plaisir de recevoir à Noël un clavier mécanique. Plus précisément un SteelSeries 6GV2, considéré comme un excellent clavier mécanique de jeu et pour la frappe au quotidien, avec ses interrupteurs mécaniques Cherry Black. A ma connaissance, ce sont ceux qui offrent le retour le plus viril, avec une force d’activation nécessaire de 60g. De ce que j’ai pu en lire, il est considéré comme un excellent modèle « de base », j’entends par là qu’il n’est équipé d’aucune fioriture du type rétroéclairage, ou même un repose-poignet. Et c’est un peu ce qui m’a dérangé, car je suis pour ma part habitué à mon très silencieux Logitech Illuminated Keyboard, qui dispose d’un rétro-éclairage à plusieurs niveaux de puissance – bien pratique dans l’obscurité de mon bureau parfois – et d’un repose-poignet attrape poussière mais large et confortable.

Mon ami étant curieux, et désireux d’avoir mon avis sur un clavier mécanique, j’étais donc partagé par l’envie d’essayer et la semi-déception de perdre certaines caractéristiques auxquelles je m’étais fortement habitué. J’ai donc demandé à mon très généreux ami s’il lui semblait jouable d’échanger ce modèle contre un autre qui me correspondrait mieux pour mon utilisation quotidienne. Avec sa bénédiction, je me suis donc tourné vers le Strafe RGB Silent MX de chez Corsair, un modèle haut de gamme qui inclut un rétro-éclairage qui dépasse les limites du superflu, mais j’y reviendrai plus tard. Une commande chez LDLC plus tard et mon nouveau clavier arrivait en quelques jours (bravo au passage pour la livraison ultra-rapide, 1 jour entre l’expédition et la livraison en relais colis).

Étant donné que mon activité jeu ne consiste pas en des dizaines d’heures par jour, l’importance de la qualité de frappe avec ce clavier m’importe tout autant, voire plus que les aspects « performance » qu’on pourrait y voir en jouant avec. Mais faisons un petit déballage en règle : le clavier a des dimensions de 44cm x 17cm x 4cm de hauteur. J’ai été réconforté car je m’attendais à une espèce de brique hyper large qui allait prendre la moitié de mon grand bureau. Que nenni, le clavier conserve la même largeur que mon Illuminated, pour quelques centimètres de plus en profondeur. Évidemment, au registre de l’épaisseur et du poids, c’est un peu David et Goliath, mais ça je m’y attendais. Le poids élevé (1,2 kg) reste assez accessoire vu que le clavier est un périphérique qui n’est pas amené à bouger souvent. Autant on peut être très sensible au poids d’un souris, autant celui du clavier ne lui servira qu’à rester bien immobile sur le bureau – et de ce côté là, pas de problème c’est scotché.

Il me restait donc principalement deux craintes liées à ce clavier mécanique. La première, c’est le bruit. J’ai souvent lu que le clavier mécanique est dérangeant, genre tellement bruyant qu’une personne travaillant à côté se sentirait gênée par le son de la frappe et du mécanisme de chaque touche. Bon de ce côté-là, en ayant choisi le modèle « RGB Silent MX », le premier (et en exclusivité Corsair pour 6 mois) clavier à utiliser les interrupteurs Silent du célèbre constructeur allemand Cherry, je me suis probablement épargné le pire. Ceci dit, comparé au son très feutré de mon Logitech Illuminated, c’est un peu le jour et la nuit. Le Corsair se rapproche d’un clavier classique à membrane, avec de temps en temps un bruit de « clic » plus prononcé selon les touches et la façon de frapper.

Personnellement, j’utilise mon PC dans une pièce séparée et au fond de la maison, je ne risque pas de déranger grand monde. Mais très honnêtement, le bruit généré par ce clavier est tout à fait supportable. Ma principale inquiétude subsistait donc au niveau du confort de frappe. Il y a quelques années, j’utilisais des claviers à membrane – c’est une technologie assez simple ou chaque touche vient créer un contact sous un dôme de silicone. Logitech de base, puis Logitech G11. Mais lorsque je suis passé au Logitech Illuminated, qui utilise une technologie de ciseaux, proche du toucher des ordinateurs portables, j’ai vite apprécié ce toucher assez souple mais pas mou, m’autorisant une frappe rapide, pas fatigante et précise. Ça fait tout juste 5 ans que je l’utilise et il ne m’a toujours pas déçu. A l’inverse, pour mon travail, j’utilise un clavier Dell à membrane tout ce qu’il y a de plus classique depuis environ le même temps (et comme le faisait remarquer ma chère femme, j’utilise plus celui de mon bureau que celui de la maison!).

Petit test d'éclairage en fonction des zones, mais tout est personnalisable jusqu'au moindre détail

Petit test d’éclairage en fonction des zones, mais tout est personnalisable jusqu’au moindre détail

Ca ne fait que deux jours que j’utilise ce nouveau clavier mécanique Strafe. Difficile donc de donner un ferme et avis définitif sur la question, après 5 ans à utiliser le même type de clavier. Mes premières impressions sont toutefois partagées. J’étais habitué à surélever le très plat Illuminated, mais le Corsair est tellement haut que la position est déjà presque trop élevée pour mon habitude. A vrai dire c’est surtout la hauteur des touches qui a tendance à me gêner ; j’ai du mal à comprendre le besoin d’avoir des touches si hautes sur les modèles mécaniques. Je pense que c’est ce qui a tendance à me déranger le plus. A niveau de la frappe en elle-même, pour l’instant je ne peux pas dire que le Strafe me fasse éviter plus de fautes de frappe, au contraire. Certes, la sensation d’avoir vraiment appuyé sur une touche est là, mais sans que ça me semble être une révolution par rapport à l’Illuminated. En revanche, aussi ridicule que ça puisse paraître, je suis beaucoup plus sensible au millimètre perdu en largeur et longueur de touche (1,2mm x 1,4mm sur le Corsair contre 1,3mm x 1,5mm sur le Logitech). La force de l’habitude très certainement, mais du coup je me retrouve bien plus souvent à appuyer sur deux touches en même temps qu’à l’accoutumée. Bref au niveau frappe, ce n’est pas encore ça.

Et au niveau jeu me direz-vous? Et bien, mon premier sentiment est qu’une bonne souris fait bien plus de différence qu’un bon clavier. J’ai trouvé le Corsair bon en testant brièvement du Team Fortress 2. Toujours pas de révolution, probablement gêné que je suis par l’habitude d’un clavier bas type portable. Il me faudra probablement un certain temps pour m’habituer à ce nouveau toucher, et pour avoir une opinion plus nette sur la question. Peut être qu’en fonction du type de jeu, en fonction du jeu tout court même, j’aurais un avis différent sur le sujet. Mais pour l’instant, c’est tout simplement impossible de me prononcer en faveur du clavier mécanique.

Avant de conclure, quelques mots sur deux détails. Je n’ai jamais vu un rétro-éclairage aussi personnalisable. C’est simple, on peut choisir l’éclairage de chaque touche indépendamment sur un choix de 16 millions de couleurs, mettre des effets de vague, de pulsation, de pluie, sauvegarder différents profils basculables à la demande, via le logiciel Corsair Utility Engine. Bref, je ne vois pas ce qu’on peut faire de plus à ce niveau et ça en est déjà limite ridicule. A part pour lancer une soirée en boîte de nuit, la plupart des modes d’éclairage serviront juste à vous rendre épileptique, mieux vaudra se contenter d’un éclairage fixe par zone plus classique. Je suis un gros geek, mais quand même pas au point de faire clignoter mon clavier dans tous les sens – il marche bien et c’est tout ce que je lui demande ! Enfin le Strafe offre un port USB passtrough, pour y brancher un périphérique, mais en contrepartie ça donne lieu au câble de clavier le plus monumental que j’ai jamais vu. On n’est pas passé loin du tronc là. Mais bon après tout comme le clavier n’est pas vraiment amené à bouger, ça ne m’a pas choqué plus longtemps que ça.

On voit relativement bien la hauteur prononcée des touches, surélevées par rapport au châssis du clavier

On voit relativement bien la hauteur prononcée des touches, surélevées par rapport au châssis du clavier

Côté look enfin, difficile de faire plus épuré et classe que mon ancien Logitech Illuminated. Par contre, je trouve que le Corsair s’en sort très bien, et qu’hormis ses options délirantes de rétro-éclairage, il reste tout à fait sobre et agréable à l’œil. Pas de mini écran LCD inutile (qui regarde son clavier en jeu sérieusement ??) ou 36 boutons de raccourcis supplémentaires comme ont tendance à proposer d’autres claviers « gamer », souvent bien inutiles à moins d’être un inconditionnel de Starcraft 2 ou de League of Legends.  La police de caractère utilisée pour les touches est agréable et lisible, les seules fioritures restent les touches ZQSD interchangeables si besoin pour offrir un grip supplémentaire, et la touche espace striée, comme le repose-poignet. Donc au final, j’aime ça !

J’espère pouvoir vous en reparler dans quelques mois, histoire de pouvoir me forger une véritable expérience sur clavier mécanique et proposer mon sentiment avec plus de recul. Tout ce que je peux dire à ce jour, c’est que comme une souris, le choix d’un type de clavier se fait en fonction des affinités et des habitudes de chacun. Ce qui correspond à l’un pourra sembler particulièrement horrible à un autre et inversement. Malheureusement, je trouve qu’il est désormais difficile d’essayer un clavier ou une souris dans les magasins généralistes type Fnac ou autre Darty. Seuls les PC portables sont en général exposés, et à part en tester un chez un ami, je ne vois guère de solution pour se faire ne serait-ce qu’un premier avis… Par contre, de façon quasi-définitive, j’aurais tendance à dire que pour jouer occasionnellement, un clavier mécanique ne fait pas la différence, à l’inverse d’une souris qui peut vraiment changer la donne. Et compte-tenu du prix de ce genre de périphérique (plus de 150€ prix public), j’aurais tendance à conseiller d’investir dans une bonne carte graphique, ou une bonne souris donc…