22nd Nov2013

Quand PS4 et Xbox One ne me font plus rêver

by Alphajet

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Il fut un temps, je m’amusais à commenter l’actualité, du moins quand j’y trouvais un intérêt. Je n’ai plus le temps et moins l’envie de le faire, mais je trouve qu’à l’occasion il y a toujours un intérêt à le faire avec un angle différent ou un peu de recul. Aujourd’hui, la planète jeu vidéo se focalise sur les deux nouvelles consoles de Sony et Microsoft à coups de « unboxing », de live de 8h de sessions de jeu, de comparaisons diverses ou des premiers tests du lineup initial. Le tumulte actuel qui entoure ces sorties en ce mois de Novembre 2014 me laisse plutôt de marbre.

Alors ce n’est pas le coup de gueule d’un vieux joueur aigri, ni le râlage d’un gamer blasé mais juste un constat sur notre industrie aujourd’hui qui vend désormais des machines, pas du rêve. Oh je sais, ça ressemble quand même à la rengaine du « c’était mieux avant ». Ca n’était pas forcément mieux, mais c’était clairement différent. Pour les joueurs de ma génération, la vraie démocratisation des consoles de salon a commencé avec la Nintendo Entertainment System, puis avec la concurrence de Sega. Alors que les bases étaient posées, plusieurs choses sont à noter:

– la majorité des adultes les voyaient comme un jouet pour enfant/ado, ces derniers étant clairement la cible des constructeurs
– personne ne pigeait rien au matériel embarqué, si ce n’est le bullshit marketing 8 bits, 16 bits & compagnie
– la presse spécialisée était plus que rare à l’époque et s’est lentement démocratisée plus tard
– on achetait une console pour ses jeux, et a priori c’est par les jeux qu’elles se démarquaient avant tout
– on entendait parler des consoles avant leur sortie, mais la plupart des gens ne les découvrait réellement qu’à leur sortie.

Tous ces points me rappellent alors que jusqu’à la fin des années 90, peut être même jusqu’au tout début des années 2000 en tirant un peu, le monde du jeu vidéo était encore jeune et artisanal à certains égards. Il y avait une sorte de bordel ambiant à la sortie de chaque nouvelle console, une phase d’effervescence durant laquelle on se demandait quelle prouesse elle allait pouvoir réaliser, et les batailles de cour de récré qui voyaient s’opposer les partisans de la SNES contre ceux de la MegaDrive (même si bien sûr, tout le monde sait qu’il n’y a pas débat, la SNES étant la meilleure 😉 ).

Tout ça pour dire qu’aujourd’hui, le marché du jeu vidéo – car oui c’est avant tout un marché du divertissement avant d’être un loisir – se compose de 3 acteurs majeurs, bien ancrés sur leurs solides acquis. Et qui dit marché dit écosystème qui va avec, sites web, blogueurs, publicités, fausses fuites qui font qu’on savait tout sur ces deux nouvelles consoles des mois avant leur sortie. Quel est l’intérêt de débattre pendant des heures pour savoir si telle texture est plus belle que sur « la vieille Next-Gen »? Comment s’enthousiasmer sur des caractéristiques connues et somme toute très classiques?

Ces consoles sont faites pour plaire à tous, pour faire vendre un maximum de matériel et de jeux. Un peu de média center par ci, un peu de motion gaming par là, beaucoup de jeux AAA au centre… Seul Nintendo a tenté un pari plus osé avec sa Wii U, sans pour autant y parvenir à cause d’une communication déplorable et d’un concept de gameplay asymétrique encore quasiment inutilisé faute de titres innovants. Mais ces machines plus standardisées, plus faciles à programmer pour assurer des développements multiplateformes plus simples, ont désormais vocation à faire vendre des tonnes de jeux dans une des plus grosses industries du marché du loisir, et non plus à vendre du rêve.

Alors non, ni la PS4 ni la Xbox One ne me font rêver. Ce sont deux marathoniennes prêtes à s’engager dans une course commerciale de longue haleine qui ne fait que commencer. La guerre des chiffres a déjà commencé; on a dit qu’elles venaient remplacer une génération qui n’avait que trop duré? Mais Sony et Microsoft ne rêvent que de voir cette « Now-Gen » durer aussi longtemps pour la rentabiliser.