31st Mai2013

La Curiosity est un vilain défaut

by Alphajet
La révélation finale de Curiosity, une déception pour beaucoup

La révélation finale de Curiosity, une déception pour beaucoup

Curiosity, le jeu lancé sur iOS et Android par 22Cans, proposait aux joueurs curieux de déglinguer un cube géant flottant dans le vide en piochant dedans jusqu’à atteindre son cœur. D’après Peter Molyneux, son célèbre créateur, un secret « life-changing » s’y cachait. Mais là où La Fontaine nous enseignait la valeur du travail dans le Laboureur et ses Enfants, en prétextant un trésor caché dans un champ pour démontrer que l’effort promet une juste récompense, ça n’est pas du tout le cas de Curiosity. Non, ce dernier s’apparente plutôt au Loto mais avec une tare considérable qui promettait quasiment à coup sûr une déception finale.

Certes, le concept de loterie se rapproche assez bien dans la mesure où Bryan Henderson – le gagnant – avait téléchargé l’application du jeu le jour même, rendant probablement aussi dépité ceux qui débitaient du cube depuis 165 jours en espérant être l’heureux vainqueur de cet Everest cubique. Avouez qu’il y a de quoi voir une similitude avec ces enfoirés chanceux qui gagnent à l’Euromillions en ayant joué une fois dans leur vie. Mais après tout, c’est la dure loi des probabilités, et le postulat était posé dès le coup d’envoi des pioches.

En revanche, là où la Française des Jeux sait parfaitement nous faire miroiter des millions d’euros, récompense hautement tangible et matérielle que n’importe quel clampin saurait exploiter en bien et surtout en mal, Curiosity ne nous offre qu’un mystère. Or, toute personne normalement constituée s’attendrait à une récompense à la hauteur de l’effort. Après tout, passer près de 6 mois à exploser 25 milliards de cubes semble une tâche suffisamment monumentale pour mériter un cadeau en conséquence. Or on peut gagner des millions en cochant au hasard quelques numéros, alors pour 165 jours de dur labeur, les joueurs s’attendaient à quelque chose de plus spectaculaire que d’être considéré comme le Dieu du nouveau jeu de Molyneux, avec quelques décisions à prendre et un maigre pourcentage des ventes (qui sera de toute façon rentable pour Bryan vu qu’il n’a joué qu’une heure…à moins que 22Cans ne vende que 12 exemplaires de Godus).

En fait la récompense n’est pas surprenante ; quand on y pense… que pouvait bien offrir un habitué des annonces fumeuses concepteur de jeux à part une place privilégiée dans ses développements? C’était l’hypothèse la plus crédible et partiellement prévisible au vu de certaines couches du cube qui contenaient des images du futur jeu. Certes Molyneux, malgré toutes ses annonces révolutionnaires, reste parfois tellement convaincant qu’on veut le croire.
Je pense par contre que le but qu’il recherchait en créant ce jeu n’était pas la récompense (l’avait-il même clairement dès le départ??), mais la collaboration, les interactions entre joueurs pour atteindre un même but, et le plaisir de la découverte de chaque nouvelle couche du cube.

Et c’est là à mon avis qu’il s’est trompé. On dit « peu importe la destination, c’est le voyage qui compte », mais pour Curiosity, c’est plutôt une armada de chercheurs d’or qui s’est finalement fourvoyée dans une mine de quartz…