20th Fév2013

PS Vita: Sony tient son caliméro

by Alphajet

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Je tiens à le préciser d’emblée, je ne possède pas de PS Vita. Au moins on pourra me taxer sans vergogne de parler sans savoir! Mais ayant appris la récente baisse de tarif de la console portable au Japon, je ne peux m’empêcher de me poser des questions sur ce semi-échec. Alors je ne vais pas faire ma Madame Irma du jeu vidéo, mais juste essayer de comprendre pourquoi une console qui a tant fait parler d’elle et tant rêver avant sa sortie au pu faire l’effet d’un soufflé qui retombe – saison de Top Chef oblige.

1. Les jeux, bordel. Le discours est assez partagé sur la question. Certains diront qu’il n’y a pas de jeux sur la Vita, d’autres crieront à l’injustice tant certains jeux méritent effectivement le coup d’oeil. Mon avis sur la question, c’est que la portable de Sony manque quand même d’un jeu qui l’aura définitivement marquée. Plus qu’un blockbuster, c’est une empreinte, une expérience qu’on puisse réellement identifier à cette console qui manque. Car toute bardée de technologie qu’elle est, le novice que je suis ne connait aucun jeu, hormis Gravity Rush, qui l’exploite vraiment. Et si la 3DS a eu le même bad effet kiss-cool quand on s’est rendu compte que l’effet 3D était assez gadget, elle a eu en revanche suffisamment de bons jeux plus classiques utilisant les fonctions tactiles qui ont su sortir leur épingle du jeu dès la première année.

2. Cette fameuse technologie qui équipe la Vita et qui sert de vitrine à Sony pour démontrer toute la puissance qu’une portable peut déployer, n’est elle pas inutilement démesurée? Autant tout le monde s’accorde pour dire que l’écran est magnifique, autant le pavé tactile à l’arrière semble complètement sous-exploité. Tout comme la très inutile version 3G, et même l’accéléromètre n’est pas souvent mis à contribution. Combiné au fait que Sony – une fois de plus – a voulu imposer un format propriétaire de carte mémoire hors de prix (le format SD tu connais??). En fait, ce qui m’inquiète le plus, c’est que cette masse technologique vaut son pesant de cacahuètes, enfin de Yens en l’occurrence. La Vita coûte cher, et Sony n’a que peu de marge de manœuvre pour ne pas la vendre trop à perte.

3. Sony n’avait pas anticipé le changement de son public cible… et très honnêtement, on peut difficilement leur jeter la pierre tant c’était compliqué à prévoir. Mais notre époque et les joueurs qui la vivent ont changé leurs attentes. Retour dans les années 90 lorsque sort la/le (rayez la mention inutile) GameBoy. La portable de Nintendo devient un véritable phénomène, car c’est une vraie console avec une très grosse ludothèque, transportable partout. Lorsque sortent la DS et la PSP une quinzaine d’années plus tard, Nintendo innove avec son double écran (qui paradoxalement rappelle les Game&Watch des années 80) et Qony mise sur la puissance mais aussi le multimédia : lecture de vidéos, de musique…

Mais qu’a apporté la PS Vita au joueur de 2012? Malheureusement pas suffisamment pour faire face aux smartphones et aux tablettes qui ont tous deux largement cannibalisé son marché! On joue à un « petit jeu » dans le métro sur son smartphone, et pour le canapé on privilégie un écran Retina d’Ipad par exemple. Mais le marché du gamer nomade, lui s’est considérablement restreint. La portion du grand public prête à payer pour un smartphone (indispensable) + une tablette (à la mode) + une console portable a, à mon avis, chuté.

Et c’est aussi je pense, ce qui explique en partie les points 1 et 2.
1. De nombreux développeurs de jeux ont trouvé un marché juteux sur smartphones et tablettes, et la Vita démarrant mollement n’a pas vraiment ressemblé à un eldorado sur son marché. Et curieusement, Sony n’a poussé que très peu de jeux sur sa propre console, à l’inverse de Nintendo. Justement la 3DS elle, se permet de surfer sur le vague « casual » et les jeux pour enfants, ce qui contribue à créer un cercle vertueux du parc de machines installées.

2. Sony, avec un matériel beaucoup plus coûteux que la 3DS, se heurte de façon plus frontale à la concurrence des tablettes et smartphones évoluant très vite et avec un prix proche, sans avoir pour autant beaucoup de latitude pour baisser son prix.

Qui sait, cette baisse, si elle est répercutée au niveau mondial, aura peut être l’effet escompté de relancer l’intérêt pour une console qui reste malgré tout  un bel objet.