19th Jan2013

2012: les Mayas n’en avaient rien à foutre

by Alphajet

2012

Ca fait des plombes que je ne vous ai pas écrit… Du moins à l’échelle d’Internet, un mois c’est effectivement proche d’une éternité! D’ailleurs, je n’ai pas tenu ma bonne résolution que j’avais prise il y a quelques mois de pondre un article par semaine. Mais alors pas du tout! Du coup pour 2013 j’ai décidé … de ne pas en prendre. C’est encore mieux je pense 🙂

Alors avant de parler de cette nouvelle année qui commence, que dire sur celle qui vient de s’achever – dans le domaine du jeu vidéo qui est a priori celui qui vous intéresse ici? Personnellement, je l’ai trouvée forte en contrastes. D’un côté, on a eu une année remplie d’excellents titres. Mais pas seulement des « Triple A » ou des jeux très attendus. Qui par exemple avait misé un kopeck sur Far Cry 3, qui s’annonçait pas mal, mais pas forcément aussi transcendant que les louanges données par la critique?! J’ai également apprécié de voir que Xbox Live, PSN et Steam accordaient une place toujours plus importante aux jeux indépendants, Journey en tête – auquel je n’ai pas joué. Certes, leur chemin pour trouver le succès commercial reste toujours très mince, mais j’ai l’impression qu’ils touchent mieux le grand public.

Et les tablettes n’y sont pas non plus étrangères! Qu’on le veuille ou non, les iPad et autres ardoises magiques Android se sont vendues comme des petits pains cette année. Et même si j’ai du mal à croire que le marché des jeux à 79 centimes arrive à faire bouffer leurs développeurs, le public commence à s’habituer à payer quelques euros et s’approchent d’un modèle économique viable… mais pour combien de temps avant que la donne change? C’est ce cher Zynga qui doit commencer à trembler des genoux depuis que leur gagne pain commence à battre sérieusement de l’aile. Tout change très vite…

Ce sont en tout cas les fabricants de consoles qui tentent de garder leur bout de gras. Mine de rien 2012 aura vu quand même 2 nouvelles consoles sortir, ce qui est assez rare !! Pour rappel, il s’agit de la Wii U bien évidemment, et de la PS Vita pour celles et ceux qui l’auraient déjà oubliée (la pauvre). Lancements avec des fortunes diverses, la Vita étant plutôt malmenée sur le terrain des jeux malgré sa puissance, et la Wii U tirant plutôt pas mal son épingle du jeu malgré son prix substantiellement plus élevé que pour son ancêtre. Difficile de prévoir leur succès sur le long terme, seuls les calendriers de sortie permettront de déterminer si oui ou non elles sauront rencontrer un large public. Mais avec le recul, j’ai tendance à croire que ce public a tendance à se lasser de plus en plus vite…

L’année dernière je suis également allé au RetroGamingShow vol.2, une expo marseillaise consacrée évidemment aux machines et aux jeux d’hier. Et j’ai été très agréablement surpris de voir à quel point l’engouement était présent, dans les yeux des trentenaires nostalgiques, mais aussi et surtout dans ceux des enfants et mêmes des grands parents. Une jolie preuve qui montre que ce loisir est définitivement rentré dans les moeurs et qu’aujourd’hui, il y a une place non seulement pour les dernières nouveautés à apprécier sur une TV LED 46″, mais aussi pour ces titres qui sont désormais rentrés dans l’histoire. Et qu’on peut maintenant les considérer comme des vrais classiques dans leur domaine, comme certains films ont marqué le cinéma.

2012 aura englouti Game et THQ

2012 aura englouti Game, mais aussi THQ et la plupart des magazines de jeux

Mais même si je considère cette année 2012 comme un bon cru, elle aura également été émaillée d’évènements pas très glamour, voire bien moches. En premier lieu, et c’est un sujet qui m’a tenu à coeur, c’est l’amputation de la presse vidéoludique de  la plupart de ses membres. En gros, il reste aujourd’hui un tronc avec IG Mag, et les couilles avec Canard PC – oui j’aime leur côté humour gras. Mais le navire Mer7 n’aura mis qu’un an à couler, malgré toute la bonne volonté des rédactions des magazines comme JeuxVidéo Mag ou Joystick avec leur nouvelle formule. Mais il faut croire qu’elles n’ont pas su trouver l’ingrédient magique pour renouveler en profondeur un système qui n’avait que trop peu évolué en 10 ans. Je souhaite bonne chance au petit nouveau Video Gamer… j’en reparle bientôt.

Ces fameux journalistes ont eu leur lot de casseroles cette année. L’affaire « Lara Croft » cet été, qui a jeté un bon coup d’huile féministe sur l’humour graveleux, mais surtout le célèbre DoritosGate, qui a remis en cause l’intégrité de la presse en général. J’ai d’ailleurs tendance à croire que cette cabale va se prolonger en 2013, et que les principales cibles risquent encore de prendre des SCUDs en pleine tête. Mais peut être que soulever certains problèmes d’éthique, y compris vis à vis de blogueurs bien arrosés, permettra de crever l’abcès.

J’ai aussi bien détesté l’attitude rageuse de tous ceux qui ne peuvent s’empêcher de s’emporter parce qu’un jeu ne sortira pas sur leur console préférée (Bayonetta 2) où qui crachent dans la soupe Diablo 3 parce qu’elle n’est pas assez immédiatement hardcore à leur goût. Des MMO comme Star Wars The Old Republic ont montré à quel point les exigences des joueurs se sont élevées au fil des années, quitte à devenir parfois abusives ou même méprisantes. Je pense que c’est bon pour le jeu vidéo en général que son public devienne plus exigeant… mais pas plus con. Souhaiter des scénarii qui sortent des sentiers battus, une intelligence artificielle bluffante (ça je l’entends depuis au moins 15 ans), ou des univers qui changent des théâtres d’opération militaires, ça me va. Râler sur les bugs d’un jeu ou le manque de finition, les DRM insupportables ou les Season Pass, pourquoi pas. Mais les pleureuses gâtées qui chialent à la moindre occasion m’exaspèrent…

Pour finir, la fin du monde s’est concrétisée pour deux acteurs bien connus de notre marché. Tout d’abord l’éditeur THQ qui, assez paradoxalement, s’est cassé la gueule après avoir tenté de se tourner vers des jeux plus novateurs et moins de licences dérivées (catch, jeux tirés de films…). Le cadavre s’est vite fait dépecer par les autres rapaces du coin, sinistre présage qui m’incite assez peu à penser que 2013 sera placée sous le signe de l’innovation à outrance. L’autre macchabée encore tiède, prêt lui aussi à se faire piller les poches, c’est l’enseigne de magasins Game, ex-concurrent de Micromania. Après des soldes dévastatrices qui ont vu des centaines de console et jeux s’arracher à -30% (même Attila aurait été moins sauvage, il ne reste guère que les locaux à racheter. Signe que le marché dématérialisé finit par tuer la vente classique? En partie certainement, mais une gestion très moyenne de l’entreprise n’est pas à exclure…

Voilà pour mon petit bilan, je vous souhaite donc à tous une excellente année 2013, profitez-en bien avant qu’on nous annonce un nouveau cataclysme en décembre prochain selon le calendrier des Aztèques…