15th Fév2012

Rendez-vous avec l’ennui

by Alphajet

Dinner Date, une soupe bien insipide...

Dans le lot des jeux indépendants qui sortent chaque année, il y en a toujours qui sortent de l’ordinaire. Au milieu des jeux de plateforme, de tower defense, de shoot them up on trouve des expériences assez personnelles du genre Keys of a Gaming Space. De mon point de vue, c’est toujours un peu difficile de juger certains d’entre eux tant la partie s’avère… étrange. Leur point commun c’est souvent leur courte durée de vie… heureusement?

Dinner Date était proposé aujourd’hui sur Steam pour le prix de 2 Kinder Bueno dans le distributeur alors, par curiosité, j’ai eu envie de tester. Alors ça cause de quoi? En gros, on incarne les tics nerveux du « héros » de l’aventure. Le gars en question, 27 ans, tendance à fantasmer sur les asiatiques, invite Meiko à venir dîner chez lui. Un rencard quoi, un peu préparé à l’arrach’ par notre presque trentenaire qui n’a que du pain, un chutney de figue probablement acheté au supermarché, une soupe et un vin argentin. Les anglais n’ont décidément pas de goût!

Bref, être les idées qui traversent l’esprit d’un type, ça donne quoi? Ben un peu à la manière de Magicka (bon de très très loin), chaque touche correspond à une action, du genre j’ai envie de bouffer ce morceau de pain, ou je regarde l’horloge (et croyez moi vous allez la regarder…), ou encore je m’ouvre les veines… ah non merde ça c’est moi à la fin du jeu. Bref, le jeu vous incite à écouter Julian déblatérer tel un Woody Allen sur sa condition de célibataire frustré, de travailleur frustré et de poète frustré. Je vous le dis, un Woody Allen en puissance, et je n’ai fondamentalement rien contre le cinéaste.

Mais là c’est un jeu, je suis censé servir à quelque chose, interagir pour créer des conséquences. Et j’avoue, je n’ai pas bien saisi où voulait en venir le créateur, Jeroen Stout. Quoi qu’on fasse, rien ne change dans le scénario, tout au plus peut on manger plus ou moins de pain. Ouah, à côté de ça, Mass Effect c’est du pipi de chat! Vais-je avoir une indigestion de chutney, oui, non? On ne saura jamais. L’histoire durant une vingtaine de minutes, je l’ai refaite 2 fois pour être sûr de n’avoir rien loupé, mais non, c’est exactement la même chose. J’ai même poussé le vice jusqu’à ne rien faire mais Julian persiste à se masturber le cerveau tout seul, et finit toujours par boire, bouffer et fumer.

Je pense qu’un jeu vidéo doit procurer deux choses :
1/ Avoir un minimum de fond, que ça soit par un gameplay innovant ou profond, ou un excellent scénario, etc…
2/ Amuser le joueur! C’est fait pour ça, pour donner du plaisir, sinon ça n’a aucun sens

Mon opinion c’est que Dinner Date échoue dans les deux cas… Ah non, finalement je viens de me rendre compte que son objectif, c’est peut être de prouver que le joueur peut autant s’emmerder devant son écran que son personnage en attendant sa Meiko qui ne viendra pas. Faut croire qu’elle a été inspirée, elle.