13th Juil2011

Critique Casual : Call of Duty Modern Warfare 2

by Alphajet

Johnny et Edouard semblent préoccupés par ce ciel menaçant. Ou bien ils s'en tapent

Call of Duty, trois petits mots qui désignent une franchise qui en moins de 10 ans et (déjà) 7 épisodes s’est imposée comme une, si ce n’est LA référence du FPS sur PC, voire même sur console. Personnellement, j’ai joué à tous les CoD… d’Infinity Wards seulement. Donc ne comptez pas sur mon pour relancer la guéguerre Infinity Wards vs Treyarch, de toute façon, au final, seule la qualité du jeu compte. Alors que vaut ce CoD 6 a l’épreuve de notre premier test casual ?

Et voilà, je vais encore finir trempé... Finalement l'Irak c'était pas si mal

Call of Duty: en seulement 3 mots, les concepteurs du jeu ont sur décrire l’ambiance qui prévaudrait dans leur produit et ses suites. A savoir, une belle grosse mécanique bien huilée qui tourne autour du devoir honorable du militaire étasunien. Quand j’étais petit, je regardais beaucoup tous les films de guerre des années 60-70 qui passaient à la télévision, comme Le jour le plus long, Les canons de Navarone, Un pont trop loin, Patton, etc… Tous ces films étaient des superproductions de l’époque, avec leurs qualités et leurs défauts, mais avec le recul j’analyse mieux leurs points communs. Une ribambelle de belles gueules américaines et un sens de l’honneur et du devoir à toute épreuve.

Allez, on a droit à notre désormais habituel missile nucléaire...

Ce sont ces héros ordinaires qui font partie des principales inspirations des personnages de Call of Duty. Mais à l’image d’un John Wayne, ils sont toujours droits dans leurs bottes, veillant à accomplir leur mission quoiqu’il advienne, car il faut vaincre l’ennemi pour sauver le monde libre. Après avoir pourchassé les méchants allemands et les patibulaires japonais pendant trois épisodes, j’avais trouvé qu’Infinity Wards avait intelligemment trouvé le moyen de coller un double message dans Modern Warfare. Certes, le manichéisme transpirait par les pores dilatées des Marines que l’on incarnait, mais c’était aussi une vision plus réaliste et donc plus terrifiante de la guerre moderne. A ce titre, la froide séquence de tir au pigeon depuis l’AC 130 m’a marqué par la distance qu’elle impliquait entre le joueur et les personnages au sol. La radio vous informe des mouvements des troupes « ennemies » et vous devez vous y fier et pilonner la zone sans relâche ni possibilité de réflexion. Comme certaines autres scènes, ce passage illustre une volonté de prise de conscience sur l’habituel manque de considération de l’ennemi dans les FPS et permet de faire un parallèle avec ces images de la guerre d’Irak qu’on a tous vus au JT. Celles d’une caméra embarquée dans un missile s’abattant sur un bâtiment présumé militaire, ou d’un hélicoptère mitraillant en vision nocturne un véhicule et ses occupants qui s’avèreront être des journalistes…

CoD et les patés de sable, maintenant CoD aux sports d'hiver... un peu réchauffé tout ça, surtout l'improbable poursuite en motoneige

Cette seconde lecture qui permet de prendre un peu de recul sur l’aspect très patriotique, je ne l’ai pas vraiment retrouvée dans le 2e épisode. Pour être honnête, MW2 reprend plus ou moins les mêmes ficelles que celles utilisées dans son prédécesseur, donc peut être que ce qui le découvriront avec un œil neuf auront un avis différent. Quoiqu’il en soit, mon sentiment reste la déception d’un scénario auquel j’avoue je pas avoir compris grand chose, une sorte d’imbroglio militaro-terroristo-politique très JamesBondesque où peut importe la cause, c’est la finalité qui compte. On se balade donc dans des environnements variés, mais dont on sent que la présence (montagne neigeuse, banlieue américaine) est plus justifiée par une volonté de rendre plus original le parcours du joueur que pour coller à une histoire crédible. On traversera par exemple une favela brésilienne plutôt réussie, mais peuplée uniquement de « méchants terroristes brésiliens » armés jusqu’aux dents… Bonjour les clichés, comme l’invasion des Etats Unis qui, même si elle n’est pas un thème surexploité, est ici un peu gâchée sur l’autel du grand spectacle. On n’a pas vraiment l’impression de participer à une vraie offensive (ni une contre-offensive d’ailleurs), les évènements sont au service de l’action, et malheureusement pas l’inverse.

I-NU-TI-LE et absolument pas crédible dans le scénario. Vraiment le pire passage du jeu

Un petit aparté sur la fameuse scène de l’aéroport russe, tentative ratée de choquer le joueur, car là encore on est frustré de n’avoir qu’un choix possible. On suit juste le fil de la mission sans pouvoir en dévier d’un iota. Pourquoi ne pas avoir profité de ce scénario rempli de trahisons multiples pour proposer de véritables alternatives au joueur, plutôt que l’enfermer une fois de plus dans une voie imposée? Cette impression d’assister à un film interactif plutôt qu’une véritable aventure est d’autant plus renforcée par l’IA guignolesque de nos coéquipiers. Certes leur présence contribue à l’immersion, mais c’est tellement peu crédible de les voir se faire tirer dessus sans réagir, puis se relever comme si de rien n’était car il était écrit que le personnage ne devait pas mourir. Au final on finit par les ignorer complètement et les laisser crever dans leur coin puisqu’ils n’attirent aucune sympathie.

Loin d'une vierge effarouchée, MW2 sait y faire pour vous séduire et réserve quelques moments assez mémorables!

Je me rends bien compte que je dresse un tableau peu glorieux de Modern Warfare 2, mais compte tenu de ses qualités, il est bien dommage de constater qu’Infinity Wards s’est contenté de faire du grand spectacle sans renouveler le moins du monde les mécaniques du jeu. Car si on dépasse les réticences initiales, on trouve aussi une ambiance très prenante, théâtrale, mais réellement immersive. Des passages comme l’assaut du château russe ou la prise de la maison blanche sont captivants, et l’action soutenue gomme les défauts que j’ai énoncés plus haut. Le studio exploite parfaitement sa maitrise du rythme en fonction des missions, entre mission d’infiltration et attaques massives. On sent que tout est rôdé, calculé mais comme pour toute superproduction américaine, on finit par l’accepter comme tel et on ne s’ennuie jamais, passant sans transition d’un objectif à une nouvelle arme en passant à travers des décors au bout du compte plutôt séduisants.

Mention spéciale au mode SpecOps qui permet de partager des missions en coopération, fonctionnalité qu’on apprécie au plus haut point Torment et moi. Mes excuses pour ce résumé que j’aurais voulu plus court, mais qui explique mon sentiment mitigé sur ce qui reste malgré tout un FPS efficace.

Le pavé casual

1 h Durée de session: à partir de 30 minutes, on commence à apprécier une partie, mais une heure me semble vraiment être la longueur la plus appréciable pour profiter d’une à 2 missions par session de jeu. Leur durée est régulière ce qui permet de facilement calibrer son temps de jeu.
Court Intervalle de session: finir MW2 d’une traite n’a pas grand sens, mais mieux vaut ne pas laisser filer plus d’une semaine entre vos parties pour garder le fil de l’histoire et de l’action.
Modéré Degré d’investissement: le jeu pousse à découvrir chaque nouvelle mission, l’immersion est réussie mais on arrête facilement une partie à la fin de chacune d’entre elles. C’est un jeu popcorn, profitez en!
8-12h Durée de vie: d’un point de vue casual, elle est idéale. 8 à 12h donc, en fonction du niveau de difficulté, de votre choix de faire ou non les missions spéciales et de votre intervalle de session. Mais c’est le format idéal pour finir le jeu en 2 à 3 semaines à coups de sessions d’une heure. Un point fort indéniablement
15-30€ Tranche de prix : MW2 n’est plus très récent, mais il mérite encore un investissement de 15 à 20€ maximum. Si vous le trouvez à moins, profitez en!
Moyen Verdict : MW2 est un FPS qui ne sort pas des sentiers battus et déçoit par son scénario moisi et manichéen. Si vous cherchez l’originalité, passez votre chemin. En revanche, si ce point ne vous gène pas, vous profiterez d’un jeu efficace, prenant du début à la fin et qui s’apprécie comme la série Dexter. Un petit épisode le soir de temps en temps et vous aurez passé un bon moment.