07th Déc2011

Max Payne : vacances au Brésil

by Alphajet

J'ai du mal à reconnaitre le Max Payne que j'ai connu. L'alcool peut être...

8 ans après le dernier épisode, le Max Payne nouveau s’apprête à faire son retour sur nos écrans. Pour l’instant, on ne connait clairement pas tous les détails de l’aventure, mais on a appris que l’ex-flic se retrouve à Sao Paulo au Brésil, travaillant pour une agence de sécurité privée. Les différents trailers présentés nous montrent un Max au crâne rasé, barbu, plus gras aussi. On nous l’annonce encore plus « Bad », plus noirci que jamais. Pourtant, j’ai des doutes quant à la capacité de Rockstar à faire de ce nouvel épisode autre chose qu’un bon Third Person Shooter bourrin.

Ce que je veux dire, c’est que Max Payne, ça n’était pas seulement des guns et du sang. Il y avait une véritable ambiance et un âme dans ce jeu. Payne est d’ailleurs très proche du mot « Pain » qui signifie souffrance en anglais. Et la souffrance était quelque chose qui était disséminée partout dans le premier épisode: évidemment chez ses ennemis qui se sont pris des dizaines de balles de tous calibres dans le buffet, mais avant tout en Max, qui passe doucement du flic sans histoire à un pariah rongé par la vengeance. En effet, on découvre rapidement que sa femme et son enfant ont été sauvagement assassinés.

Face à un mur d’immobilisme dans les rangs de la police, Max sombre progressivement dans la vandetta personnelle, n’hésitant plus à franchir les bornes de l’illégalité pour atteindre son objectif. De longs monologues illustrés par visuellement par des planches de BD rythment sa descente aux enfers. En VO, la voix grave de James McCaffrey, annoncé un temps absent de Max Payne 3, contribue beaucoup au lien que le joueur peut nouer avec Max. On s’identifie facilement à sa quête, remontant la filière d’une nouvelle drogue le Valkyr, jusqu’au sommet de l’organisation où Max arrive in extremis à tuer Nicole Horne. Le second épisode enferme un peu plus notre personnage dans la marginalité et dans le terrible sentiment que les rares personnes proches de lui finissent assassinées.

La saga a également développé une exthétique propre, dans un New York très froid (la neige fait souvent partie du décor) et sombre, les niveaux se déroulant souvent de nuit, où dans des environnements fermés. J’avais beaucoup apprécié le travail de Remedy, sur cet esthétique qui ressemble sur certains aspects à celle développée dans Sin City. Par ailleurs, la trame de fond du 1er épisode s’inspirait de la mythologie nordique, de nombreux noms y faisant référence à commencer par le « Valkyr ». Le studio étant finlandais, on y trouve un sympathique lien entre leur culture et l’histoire ancrée dans une sorte d’hiver New Yorkais figé.

Toute la richesse de ce background, j’ai un peu peur de la voir disparaitre dans le troisième épisode. Alors il sera certainement plus beau, mieux animé, plus « HD »… mais d’après les premières images aussi plus lumineux, plus spectaculaire. Les 2 premiers scénarii ont développé la fragilité de Max, plus meurtri que violent et dont la vie ne compte plus vraiment. Ce que j’ai vu jusqu’à présent montre une sorte de brute baraquée en marcel, plus proche de Marcus Fenix que de notre ex-flic désespéré. Même si les prémices du scénario laissent à nouveau apparaitre une histoire de meurtre dans l’entourage de Max, je ne peux m’empecher de penser que le déménagement au Brésil cache surtout un moyen de renouveller les décors pour proposer un champ de batailles au M16 dans des favellas crades. On connait quand même la qualité de Rockstar, alors je leur laisse le bénéfice du doute en attendant Mars 2012.