25th Août2011

Multiplication des plateformes de jeux: pourquoi ça sent mauvais sur PC

by Alphajet

Dans ce joyeux bordel, Steam est toujours leader, mais...

L’année 2011 marquera certainement la tentative des éditeurs du marché de fragmenter le marché PC. A l’heure où certains fabricants affirment leur attachement cette plateforme et où même le très célèbre éditeur de Gears of War se retournent vers elle, c’est vraiment très dommage que ça tombe maintenant. Très dommage aussi car le PC a une réelle chance à saisir dans cette période ou les consoles « Next-Gen » arrivent dans la phase de maturité de leur existence…

Si Steam s’est imposé comme un leader incontesté depuis plusieurs années, c’est avant tout car il s’agit du pionnier en la matière. Même si Battle.net existait déjà depuis quelques années, il se limitait à l’époque à des ladders, deux jeux et pas d’achat en ligne. Mais Steam malgré son statut de « prem’s », a aussi du essuyer les plâtres! Pour rappel, la plateforme est née pour la sortie de Half-Life 2, jeu que j’avais eu à l’époque en bundle avec une carte ATi (une autre époque!). Et très honnêtement, je l’ai rapidement détestée – Steam, pas le jeu! Hyper lourde, pas pratique, débits de téléchargement trop fluctuants… A tel point que j’ai fini par laisser tomber HL2. Donc si la plateforme de Valve en est là aujourd’hui, ça ne s’explique pas uniquement par sa place d’ancêtre.

Non, ce que j’essaie de dire, c’est que Steam ne s’est pas faite en un jour. Et brique après brique, c’est son évolution permanente qui l’a rendue incontournable. En 7 ans, c’est l’arrivée successive d’un catalogue qui s’est ouvert aux éditeurs tiers, l’anti-cheat, SteamWorks, SteamCloud, les jeux indépendants, les promotions… Tout s’est amélioré au point que l’application est presque toujours ouverte sur mon PC. Et c’est bien ce qui a agacé les autres éditeurs : trop longs à se lancer, ils ont été mis sur la touche par la croissance insolente de Steam. Mais si Valve ne publie jamais ses chiffres de vente, personne ne doute désormais qu’ils sont faramineux. Stardock, puis Microsoft, EA, Ubisoft, Microsoft et Activision-Blizzard se sont cette année tous jetés dans la bataille. Mais cette guerre, à mon avis, ne bénéficie à personne.

Le succès de Battlefield 3 risque d'être à double tranchant: il pourrait confirmer la tendance des exclusivités...

Alors qu’EA distribuait jusqu’à présent ses jeux via Steam, les relations entre ces deux larrons ont du considérablement se refroidir pour aboutir à l’exclusivité de Battlefield 3 sur Origin. Les joueurs ont tout à perdre à subir ce genre d’attitude. Alors que le marché des consoles est typiquement fragmenté entre les 3 constructeurs, le PC avait au moins la force de l’unité de Windows : à l’origine, le label Games for Windows devait servir à renforcer cette image. Mais Microsoft ayant échoué à rassembler autour d’une vraie plateforme, c’est bien Steam et ses nouveaux potes qui ont occupé l’espace laissé libre. Microsoft a clairement manqué de flair sur ce coup là, car elle aurait pu imposer (comme d’hab) sa plateforme en la livrant presque d’office avec Windows. Le MarketPlace sorti cette année ne fait que rajouter au bordel qui s’installe actuellement.

Mauvais pour les joueurs donc, aussi par la multiplication des applications résidentes. C’est pas parce que la RAM est à prix plancher en ce moment qu’il faut la gaver à coup de dizaines de Mo par plateforme chargés en mémoire! Non seulement, c’est lourd, mais en plus c’est pénible. Vous imaginez le tableau? « Alors, Starcraft 2 sur Battle.net, Battlefield sur Origin, attends euh Civilization je l’ai acheté où déjà? et meeeerde! » Voilà, moi j’en gerbe d’avance. C’est d’autant plus stupide que la génération actuelle de consoles perd du terrain en termes technique et que le jeu PC pourrait en profiter. Et d’ailleurs leurs exclusivités se font plus rares qu’il y a quelques années. Même si effectivement la concurrence est souvent favorable pour stimuler un marché, je crois que dans ce cas précis ce ne sera pas le cas: d’une part les prix ne baisseront absolument pas et d’autre part chaque plateforme voudra tirer la couette vers elle…

Ma lueur d’espoir? Mon récent essai de From Dust. Je l’ai acheté sur Steam mais c’est bien Uplay qui s’est installé et se lance au démarrage du jeu. Ce n’est pas la panacée, mais ça permet au moins de concentrer tous ses jeux sur la même plateforme. Mais il faudrait pousser ce concept plus loin, et je rêve d’une application qui pourrait servir de plateforme de plateformes de jeu. En gros, une méta-plateforme qui pourrait accueillir les différents stores des éditeurs. Un peu comme les différents kiosques de VOD sont proposés sur nos TV HD (mais en mieux). Mais je n’y crois pas vraiment, et plus pragmatiquement, je préfèrerais que les nouveaux venus se cassent tout simplement la gueule et conserver mon Steam en solo.