27th Avr2014

Saison Casual F1 2013 : E04 Bahrein

by Alphajet

AUTO-PRIX-F1-BAHRAIN-PRACTICE

Cette fois-ci, c’est la bonne. On débarque vraiment dans le désert de Bahreïn, alors que les vraies F1 sont cette année à Shanghai. Ne pas confondre avec le Bas-Rhin qui est beaucoup plus au Nord et surtout beaucoup plus frais. Place donc à un circuit que je connais assez peu, mais un peu plus facile à appréhender que Shanghai. Alors que l’édition 2014 se déroule désormais en soirée, c’est bien sous le soleil de plomb du Moyen-Orient que je piloterai, avec un risque de pluie plus faible que me faire frapper par la foudre.

Le briefing

Ne pensez pas que j’ai une semaine de retard; pour ce week-end de course, j’ai même pris un peu d’avance pour le jouer vendredi soir parce que j’avais du temps. Certes, j’étais fatigué de ma semaine, mais j’avais l’œil du tigre ! Cette fois, j’ai ENFIN correctement réglé mon week-end de course (sur week end long) ce qui m’a permis de faire une séance d’essais libres.

Cette séance d’essais libres, c’est vraiment ce qui m’a manqué sur les trois précédents grand prix. J’avais beaucoup moins de pression pour expérimenter la piste, trouver les vitesses de passage adéquates, les points de freinage… La piste de Sakhir est un des premiers circuits de la nouvelle génération, créée au début des années 2000. Elle mixe donc une partie technique avec des virages rapides et lents avec deux grandes lignes droites qui permettent d’atteindre une vitesse maximale de plus de  300km/h.

Encore une fois, je ne me focalise pas trop sur l’objectif fixé par le Team. J’espère surtout mieux gérer ma concentration, en qualifications d’une part, mais surtout en course ! Mais on me demande une 19e place sur la grille et une 14e place finale.

La qualif’

Ma séance d’essais libres – pendant 30 à 45 minutes je ne sais plus trop – m’a permis de démarrer les qualifs plus sereinement. D’ailleurs ça s’est ressenti sur mon chrono puisque cette fois-ci j’ai réussi à rentrer en Q2 pour la première fois de ma carrière ! Les qualifs sont d’ailleurs assez vicieuses pour ça car ce sont les meilleurs qui disposent du plus de temps pour améliorer leur chrono, tandis que les plus mauvais n’ont que leurs yeux et 10 minutes pour chialer 😉

Une 16e place très encourageante qui me laisse penser que je dois pouvoir atteindre la 12 ou 13e place bientôt

Une 16e place très encourageante qui me laisse penser que je dois pouvoir atteindre la 12 ou 13e place bientôt

Pourtant ma séance est encore loin d’être parfaite, je fais quand même quelques erreurs. En revanche, je me précipite moins et j’évite cette fois de prendre des pénalités en collant de trop près des adversaires ou en les percutant en voulant revenir trop vite en piste. Avec un chrono de 1’39″4 j’accroche la 16e place sur la grille de départ, ce qui est à date mon meilleur classement.

La course

La première partie du circuit comporte le plus de virages lents, et je sais que c’est là que je dois faire la différence dans les 2 premiers tours. Les feux rouges s’éteignent et je n’ai toujours pas trouvé la solution pour prendre un départ efficace. Mais dès le premier virage, je passe prudemment plusieurs voitures. Une petite erreur de freinage me fait tamponner l’arrière d’une Force India au virage suivant, mais heureusement sans conséquences. Dans le même tour, je finis par atteindre la 9e position… que je ne garde malheureusement pas longtemps, mais je m’accroche ensuite à ma 10e place, juste devant la McLaren de Jenson Button.

Mon fameux dépassement sur Button en live ! Malheureusement il finira devant à la fin

Mon fameux dépassement sur Button en live ! Malheureusement il finira devant à la fin

Franchement Jenson, t’es un pilote que j’apprécie, mais je ne compte pas te lâcher ma 10e place, synonyme de mon premier point en F1. J’enchaîne donc de bons tours, mais sans pour autant arriver à larguer Jenson trop loin, ni à rattraper ceux qui trustent les 9 premières positions. Dans ma stratégie de course, j’avais prévu de repousser mon arrêt aux stands relativement tard, me disant qu’avec la fatigue nerveuse de fin de course, j’aurais probablement intérêt à me réserver une fin de course avec des pneus frais.

Malheureusement, les deux derniers tours avec le train de pneus usés s’avèrent difficile. Alors qu’avec le jeu des arrêts au stands j’atteins la 3e place au classement, je dois faire attention à laisser filer les Hamilton et autres Ferrari qui tournent bien plus vite que moi. Je rentre enfin aux stands pour chausser mes meilleurs pneus… mais je n’ai pas pu suffisamment creuser l’écart avec la McLaren. En ressortant Jenson était déjà passé, et j’aurais beau claquer un chrono tout juste au dessus de 1’39 (meilleur qu’en qualifs), je n’arriverai plus à le rattraper.

En revanche, plus question de laisser passer qui que ce soit, et encore moins CASTOR Maldonado !! Dans la vraie heure, il est alors pas loin de minuit, c’est vendredi soir et j’ai les yeux éclatés. Mais je garde tant bien que mal un rythme sans faire d’erreur majeure, et je me décide à assurer cette 11e place que je tiens jusqu’au bout.

Ah il est content mon avatar hein !

Ah il est content mon avatar hein !

Voilà donc mon meilleur résultat, et de loin, qui me laisse de l’espoir pour la suite. Certes je n’étais pas en mesure de concurrencer le Top3 des teams, mais je me sens désormais en mesure de m’incruster dans le Top10 pour gratter quelques points. Néanmoins ça nécessite un investissement de 2 heures de temps plutôt qu’une. Rendez-vous en Espagne pour la tournée des GP d’Europe!

10th Avr2014

Saison Casual F1 2013 : E03 Shanghai

by Alphajet

F1_2013_shanghai_01

Je me suis planté. J’avais annoncé Bahrein comme prochaine étape du cirque de la F1, c’était bien le cas… à la télé (pour les chanceux abonnés à Canal+). Pas dans F1 2013 où c’est bien la saison précédente qui est représentée et pour laquelle le 3e GP est celui de Chine. Je ne sais pas trop où va me mener cette rubrique, ni même si j’arriverai à la tenir toute l’année, mais en tout cas pour l’instant j’arrive à peu près à tenir.

Le briefing

…A peu près seulement, car cette fois-ci, pour la première fois je n’ai pas « roulé » le week end, mais plutôt le mercredi suivant. Du moins, j’ai fait ma qualif le dimanche, mais ma course a tellement été un désastre que je l’ai abandonnée. Le fait même de me compresser du temps pour jouer ma saison a tendance à me stresser un peu dans ma course, et je me rends compte que ça n’aide pas à rester concentré. C’est un des aspects que je voulais voir avec cette expérience, et pour l’instant, l’effet « temps limité » du genre il-te-reste-10-secondes-pour-finir-la-moitié-du-niveau-à-Super-Mario – avec la petite musique qui va bien – a clairement un impact sur le plaisir de jeu.

Résumons le briefing, on me demande en gros quelque chose comme une 16e ou 17e place, je ne sais plus trop à vrai dire. Comme je pensais faire mieux, j’ai été un peu distrait.

La qualif’

Ma meilleure qualif’ de la saison jusqu’à maintenant !! Shanghai est un circuit assez particulier, dans le sens où plusieurs portions imitent un peu certains circuits, comme les virages rapides de Silverstone ou les deux grandes lignes droites qui rappellent Sepang. Par contre, la première succession de virages que j’ai surnommée l’escargot est restée un obstacle terrible pour moi. Incapable de trouver des points de repères efficaces, j’étais systématiquement trop lent à cet endroit.

Il faut que je revienne sur le volant. C’est un atout certain dans un jeu vidéo qui se rapproche tant bien que mal de la réalité. MAIS, le mien ne gère pas le retour de force, et pour avoir eu la chance dans ma vie (merci Madame ma femme!) de piloter sur karting, Ferrari et Formule 3, je peux dire que le ressenti dans le volant (mais aussi dans le cul sur lequel on repose) des vibrations de la voiture, des décrochages et glissades est vraiment important. Je pense qu’un Logitech G27 ou même mieux, les Thrustmaster hors de prix, doivent être bien plus efficaces dans ce domaine.

Les premiers virages lents sont toujours super profitables pour gagner des places

Les premiers virages lents sont toujours super profitables pour gagner des places

J’en reviens donc à mes points de repères visuels que chaque pilote utilise comme points de freinage. Les qualifs ne m’ont permis d’effectuer que quelques tours et j’ai ensuite été éliminé en Q1, à la 18e place. Je pense que pour mes prochaines courses, je vais choisir un « week-end long » qui doit me permettre de m’échauffer pendant des essais libres. Mais bon, l’un dans l’autre c’est la première fois que je réussis à battre 4 voitures à la régulière.

La course

Bon, j’ai maintenant bien compris comment fonctionne l’IA dans le premier tour : elle a tendance à être prudente. Moi je connais d’avance ma faiblesse : mes temps au tour ne sont pas suffisants pour espérer m’incruster dans le Top 10… Malgré ma qualification en 18e place, j’en perds immédiatement au départ car je n’ai toujours pas trouvé le moyen de réaliser un envol efficace. Mais rapidement, les premiers virages me permettent de passer – habilement cette fois – de nombreux concurrents. Au bout de quelques hectomètres, je finis par atteindre la 8e place, juste devant Mark Webber sur Red Bull – belle perf!

Il est a priori plus rapide que moi, mais l’IA, à ce niveau, n’est pas hyper agressive sur les dépassements, et permet assez aisément de contenir un adversaire derrière soi. Et ça fonctionne… pendant quelques tours. Le problème, c’est que regarder dans ses rétroviseurs a une fâcheuse tendance à déconcentrer. Et je finis par me lourder, et c’est 4 voitures qui me dépassent. Tant bien que mal, j’arrive à suivre le 11e et même à le dépasser ! Je me dis que j’ai ma chance pour espérer m’approcher du Top 10.

Mon arrêt au stand et ma piteuse 22e position. Heureusement pas d'incident mécanique...

Mon arrêt au stand et ma piteuse 22e position. Heureusement pas d’incident mécanique…

Hélas, encore une fois, mon inconstance me coûtera cher, comme le fait d’avoir joué ce Grand Prix un peu à blanc un mercredi matin avant d’aller au boulot! Je me loupe dans un virage – c’est rare de se louper en ligne droite en même temps – et j’accroche une Force India au passage. Honnêtement, c’était difficile pour moi de l’éviter, mais évidemment… je me prends une pénalité. Sauf qu’à la suite de cette erreur, j’ai perdu ma patience : à peine quelques virages plus tard je suis percuté par l’arrière et on m’inflige une nouvelle PENALITE pour avoir « causé un accident » !

Je commence à tâter quelques limites de l’IA, ou en tout cas des juges virtuels, dans sa gestion des litiges. Ca m’a vraiment gonflé et j’ai du prendre 4 ou 5 pénalités dans cette course au moins, tout rageux que j’étais d’avoir une fois de plus gâché mon avance. Finalement, après mon arrêt au stand, je pointe en … dernière position. Toute la seconde partie de ma course s’est donc limitée à une petite bagarre avec Giedo van der Garde, modeste pilote Caterham que j’ai laissé derrière moi. Dans le dernier tour, alors que la pluie s’invitait sur la piste, un coup de « chance » a fait qu’Esteban Gutierrez a du abandonner devant moi, me laissant la 20e position finale.

Bilan, une nouvelle course décevante, qui a encore confirmé ma difficulté à être suffisamment constant, tout comme le côté très tatillon de la réglementation qui ne tolère pas trop les passes d’armes viriles… Rendez-vous à Bahreïn pour de bon la prochaine fois, en espérant que ce circuit me réussisse plus. Et que je finisse ENFIN PAR FOUTRE UNE TANNÉE A CASTOR !

01st Avr2014

Saison Casual F1 2013 : E02 Sepang

by Alphajet

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Bon dernier au championnat du monde de F1 2014, je décolle pour la Malaisie. Ahh la Malaisie, ses plages de rêve, ses célèbres tours jumelles Petronas, ses Boeing disparus… Mais je ne suis pas là pour ça, direction la piste de Sepang, qui présente un tracé intéressant avec deux longues lignes droites et des longs virages rapides.

Le briefing

Après mon fiasco australien et ma disqualification, je prends bien soin de NE PAS TOUCHER le setup de mes pneus pour l’instant. Mon boss Franckie, condescendant – et plutôt réaliste à propos de mes capacités – me fixe une 17e place comme objectif de course. Bien loin de la 12e place visée à Melbourne. Mais bon, cette fois ci je me dis que c’est faisable de pointer le museau de ma F1 devant les Caterham et autres Marussia.

De mon côté, je ne me suis pas entrainé depuis deux semaines, et je lance ma voiture sur la piste pour faire une reconnaissance de la piste, croyant être tranquille dans une session d’essais libres…

La qualif’

…Et en fait pas du tout, je me rends compte que j’ai du toucher un paramètre que je n’aurais pas du quelque part, et que je me retrouve directement en session de qualification pour un tout petit quart d’heure !! Encore une fois, j’ai du mal à me retrouver dans les menus de configuration de F1 2013, et si j’ai bien un reproche à formuler (ahem…) au jeu en lui-même, c’est celui-là. Ou alors je suis pas doué.

Bon, alors il ne reste plus qu’à faire au mieux pour en même temps prendre des repères sur la piste et tenter de décrocher mieux qu’une dernière place sur la grille. Mauvaise nouvelle, il pleut. En même temps, en Malaisie, il fallait s’y attendre. Chaussé en pneus intermédiaires, je fais mon possible pour trouver des vitesses de passage adéquates. C’est pas toujours évident en ayant juste quelques minutes d’apprentissage : j’essaie surtout de ne pas glisser dans les graviers!

Pas d'exploit en qualif, c'est en course que je me suis étonné !

Pas d’exploit en qualif, c’est en course que je me suis étonné !

J’essaie de suivre le rythme de certains de mes adversaires quand ils me doublent, mais entre la pluie et mon manque d’habitude, je n’arrive même pas à m’approcher des plus mauvais chronos. Je me qualifie donc en … 22e et dernière position.

La course

Bon, au moins le temps et sec pour ce dimanche de course, et la pluie n’est pas annoncée. Stratégie de course : départ avec les pneus les plus performants et arrêt au 8e tour sur 14. Allez c’est parti pour le départ! Je prends un envol moyen et je me déporte rapidement sur le côté droit de la piste. J’ai remarqué que mes adversaires cherchaient avant tout à prendre la bonne trajectoire, qui à ne pas tenter de dépassement. C’est ce que je fais immédiatement en freinant tard, et en 2-3 virages, je passe de la 22e place … à la 7e !!

Pour la première fois, je suis dans les points. Mais alors que les écarts commencent à se creuser, je me rends bien compte que je ne rattraperai jamais les 6 premiers. Par contre, Massa et sa Ferrari rouge vif se pointent très près dans mes rétros à chaque sortie de virage. Heureusement, j’arrive à le maintenir derrière moi en profitant de la largeur de la piste. Ca « roule » pendant quelques tours, mais la pression de Massa finit par me faire craquer et je sors très large dans un virage…

Malheureusement en revenant sur la piste, je touche un adversaire qui n’a pas ralenti… et j’écope d’une pénalité de 10 secondes sur mon temps final! Dégouté, je me résous à me dire que je ne marquerai pas mes premiers points sur ce grand prix, même si pour l’instant j’oscille entre la 10e et la 11e place, à la bagarre avec les Force India. Chaque fois que je me rapproche un peu, ou que je dépasse, je commets une petite erreur ensuite. Je me rends compte que je n’arrive pas à avoir la constance nécessaire sur la piste pour l’instant.

Des erreurs qui se paieront cher...

Des erreurs qui se paieront cher…

Or la régularité et la précision sont indispensables à un bon résultat. On passa la mi-course et il est temps de procéder à mon premier arrêt au stand, qui se passe de façon impeccable, même si c’est pas si évident de savoir à quelle vitesse rentrer pour éviter de se planter dans un mur juste avant l’arrêt! Jusqu’au 12e tour, j’arrive tant bien que mal à maintenir ma position mais… une fois encore , sous la pression je commets une grossière erreur qui m’envoie dans le bac à graviers. Cette fois-ci encore, je tente un geste inconscient en me jetant sur la piste en tentant de bloquer les concurrents derrière moi, mais un des autres fous du volant dont je tairais le nom (et surtout parce que je ne m’en souviens plus) me percute.

Franchement mon geste était très moyen mais le sien vraiment pas mieux … et je me prends ENCORE une pénalité de 10 secondes. Je me retrouve finalement 15e, juste devant mon coéquipier Castor, position que je finis par conserver tant bien que mal jusqu’à la ligne d’arrivée. Verdict final, pénalités incluses, c’est une 17e position ! Finalement je remplis mon objectif de pauvre.

Bilan de cette 2e course : encore pas mal de manque de maitrise du jeu en lui même (configuration des courses, réglages de la voiture…), et surtout de fébrilité dans la course elle même. Par contre, mes temps au tour se sont largement améliorés et je sais désormais que je peux tout à fait rivaliser avec ce niveau d’IA. Rendez-vous dans une semaine sur la chaude piste de Bahrein, au moins je suis certain de ne pas y trouver la pluie!

19th Mar2014

Saison Casual F1 2013 : E01 Melbourne

by Alphajet

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Comme vous le savez déjà, j’ai toujours aussi peu de temps pour profiter de mes consoles ou de mon PC… Toujours autant de mal à finir un jeu d’ailleurs! Pourtant, deux choses m’ont donné envie de tenter une nouvelle expérience cette année. La première, c’est la reprise du championnat du monde de F1 ce week-end, et la seconde c’est le week end gratuit de F1 2013 proposé par Steam. La combinaison des deux m’a motivé à retenter l’expérience F1, pas forcément évidente en utilisation occasionnelle.

L’idée, c’est de suivre le calendrier du (vrai) championnat du monde et de voir si :

1. Je suis capable de tenir le rythme d’une course toutes les deux semaines, et même plus grâce à Bernie Ecclestone
2. Un jeu/simulation relativement exigeant comme F1 2013 peut être pratiqué de façon régulière mais espacée sans que ça soit juste horrible, énervant, ou chiant. C’était mon postulat à l’époque où je jouais à F1 2010 ou 2011: je trouvais que le jeu se laissait prendre en main, mais exigeait un certain investissement
3. Sur une saison complète de F1, je pouvais m’améliorer et espérer finir des courses, voire pourquoi pas viser quelques podiums soyons fous !!

Bon, maintenant, il faut définir les règles du jeu. D’abord l’idée c’est de jouer les week-ends de grand prix, mais je ne m’interdis pas quelques entraînements entre (encore faudra-t-il trouver le temps) ! Ensuite, il faut définir les paramètres du jeu. J’ai commencé par régler le taquet de difficulté à 3/4, mais je me suis finalement ravisé en voyant que je tournais 5 à 6 secondes au tour moins vite que mes adversaires. Faut dire que j’étais rouillé, mais quand même, j’ai voulu éviter la désagréable sensation de me prendre des tours de retard. J’ai donc fixé l’IA à 2/4 et par contre désactivé certaines assistances pour arriver finalement à un niveau personnalisé qui me convient – enfin pour l’instant.

Concernant les épreuves, je choisis de me réserver environ une demi-heure maxi pour réaliser mes essais libres, mes réglages et la demi heure restante doit être suffisante pour réaliser 25% de la distance officielle du Grand Prix. Ca fait un total d’une heure tout compris, et j’essaierai de m’y tenir.

Sidewinder_precision_wheel

Un volant pas tout jeune, mais pas non plus tout à fait dépassé non plus!

Dernier point: le matériel. J’ai tout de suite écarté l’option de jouer au clavier, tout à fait acceptable pour TrackMania, mais absolument pas pour F1 2013. Non j’avais prévu de jouer au pad Xbox 360, quand même très doué avec ses gâchettes avec une bonne course et ses sticks creusés. Et puis, à l’occasion d’un passage chez mes parents, j’ai déterré mon poussiéreux Microsoft Sidewinder Precision Wheel, que je n’avais probablement pas utilisé depuis une dizaine d’années. Et après un petit décrassage, une reconnaissance immédiate par Windows 7, il a fonctionné comme un charme! Par contre il m’a fallu un certain temps d’adaptation pour m’y faire (mes chronos étaient moins bons que sur le pad au départ), mais le confort est sans égal, même si sûrement loin d’un Logitech G27.

Episode 0 : Young Driver Tests

Bon, c'est pas tout ça, mais va falloir sérieusement décrasser mes skills!

Bon, c’est pas tout ça, mais va falloir sérieusement décrasser mes skills!

Avant de s’élancer comme un petit fou sur les pistes du monde, il faut faire ses preuves! Codemasters nous propose donc deux jours de tests des jeunes pilotes, qui consistent en fait à un tutorial plutôt sympathique pour prendre ses marques. Tests de base, pilotage avec des pneus usés, sous la pluie, et en fonction des résultats l’accès à des écuries plus ou moins prestigieuses. Bon faut pas s’attendre à partir chez Red Bull Racing tout de suite hein! Au mieux on peut viser Lotus.

Malgré mes efforts sur ma MacLaren, je n’arrive pas à débloquer les deux dernières écuries, et je choisis donc l’équipe de Sir Franck Williams, au passé prestigieux. Les données sont celles de la saison dernière, et je fais donc équipe avec Pastor Maldonado, que j’appellerai désormais affectueusement Castor. Après avoir un choisi les couleurs de mon casque, je suis fin prêt pour mon premier grand prix. Direction les antipodes, sur le premier circuit de la saison : l’Australie.

Episode 1 : Melbourne

Bon, bon, bon… Melbourne est au programme du cirque de la F1 depuis des années, je devrais quand même avoir quelques souvenirs du tracé rapide d’Albert Park, non? En fait, oui et non, quelques portions me reviennent mais je suis complètement déstabilisé par certains passages que je ne maîtrise pas du tout, et je finis la plupart de mes tours d’essais dans le bac à gravier. J’allège mon appui aéro, les virages étant pour la plupart rapides. Mais entre le temps d’adaptation nécessaire au volant et la mémorisation du circuit, je galère et mes temps au tour sont juste pourris.

Heureusement il fait beau... Avec la pluie ça se serait fini en partie de stock cars

Heureusement il fait beau… Avec la pluie ça se serait fini en partie de stock cars

Un peu dépité, les Marussia et autres Caterham sont loin devant, et je m’attends au pire pour la suite. J’accélère donc le temps pour passer aux qualifs… Et là finalement, je commence à assimiler quelques repères, je mange moins souvent les graviers, et mes pneus Option me mettent en confiance. Et là, c’est la cata… Alors que je finis par claquer le 17e temps (heho, c’est un exploit vu mon niveau), je percute une Lotus en me loupant au freinage et en partant en tête à queue. Verdict pénalité de 10 places sur la grille pour « collision volontaire » !! Non mais bordel messieurs les commissaires de course, la mission n’était déjà pas assez compliquée pour moi ?? F1 2013 semble être assez susceptible avec les collisions, et je rage-quit la séance pour passer à la course, de toute façon aucun espoir de me rapprocher du Top 10.

La course s’annonce sous un soleil radieux, pas de souci, je choisis les pneus Option qui sont les plus performants. Vu que la course fait le quart de la distance réelle et qu’un arrêt est imposé, ça me convient parfaitement. Je vérifie mes réglages, mais pour la forme parce qu’au final je n’ai pas du tout envie de prendre de risques. Je me dis qu’en partant de la 22e et dernière place, si j’atteins déjà la ligne d’arrivée avec un bolide en un seul morceau, ça sera déjà pas mal. Les feux s’éteignent progressivement… Et je prends un envol trèèèès prudent, mais très vite je me retrouve au premier virage que je négocie superbement bien pour gagner 4 positions.

L'avantage quand on part dernier, c'est qu'on peut pas faire pire de toute façon !

L’avantage quand on part dernier, c’est qu’on peut pas faire pire de toute façon !

Remotivé par ce bon départ, je prends un peu d’assurance et j’attaque Giedo Van de Garde. Je me rapproche mais j’attends le bon moment, et je finis par le passer au 2e tour. Au petit jeu du « qui freinera le plus tard », je ne suis pas mauvais et je finis par talonner … mon pote Castor qui se trouve à la quatorzième place. Mais Castor n’est pas manchot et si je maintiens plus ou moins l’écart, je n’arrive pas non plus à me rapprocher. Mais compte tenu de la faible distance, il est déjà temps de rentrer aux stands pour changer les pneus. Un autre set de pneus Option comme planifié et c’est reparti !

Je perds quelques place pendant l’arrêt et me retrouve à nouveau dans le trafic avec les Caterham en 17e position. J’essaie de maintenir le rythme, pendant que les autres effectuent leurs arrêts, et soudain c’est le drame… A trois tours de l’arrivée, un moment d’inattention et je me lourde au freinage et finit tel un parfait Jean Alesi dans les graviers… Pas longtemps mais suffisamment pour permettre à mes poursuivants de me rattraper. Et c’est dans ces moments là qu’on sent le manque d’expérience: agacé par ce foirage, je perds ma concentration et je percute un adversaire et je perds mon aileron avant dans la bataille. Retour au stand obligatoire, et je mets un temps fou à y rentrer avec une voiture qui n’a plus d’appui avant. Et là, c’est la douche froide. Alors qu’il ne reste qu’un tour à parcourir, je suis disqualifié pour mauvais choix de pneus. Du moins le règlement imposait l’utilisation d’au moins un jeu de pneus Prime pendant la durée de la course… Me voilà éjecté, terminant à la 21e position (un abandon me sauvant de la dernière place).

F1 2013 aurait pu m’avertir UN PEU PLUS de mon mauvais choix, ça m’aurait évité une disqualification forcément rageante à un tour du but. A part ça, j’ai quand même pris du plaisir sur la piste, plus que je ne pensais au final car je me suis surpris à tenir un bon rythme pendant quelques tours. J’espère que c’est prometteur pour la suite! Castor finit finalement 12e, et mon écurie n’oublie pas de me rappeler que je suis loin de mon objectif de la 10e place – comme si j’avais pas remarqué! Bon, rendez-vous dans deux semaines en Malaysie, sur un circuit où les risques de pluie sont importants.

30th Nov2013

La presse de Novembre 2013 au scan

by Alphajet

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Oui une revue de presse de Novembre un… 30 Novembre, c’est pas terrible vu que la plupart des magazines évoqués ici seront retirés au moment où vous lirez ces lignes (si quelqu’un les lit évidemment!). Mais je me suis dit qu’avec l’arrivée d’un petit nouveau dans la danse, il ne serait pas inopportun de jeter un coup d’œil au panel de lecture que nos amis journalistes proposent ce mois-ci – enfin le mois dernier mais vous m’avez compris…

Tout d’abord un petit retour vers le passé pour Video Gamer (n° 11 Nov 2013) et Jeux Vidéo Magazine (n° 153 Oct-Nov 2013) qui nous affichent tous les deux avec force de superlatifs (INCROYABLE! EXCEPTIONNEL!) leurs splendides posters d’Assassin’s Creed 4 et GTA V. Après des années à offrir des jeux gratuits – qui ont peut être en partie coulé les magazines qui les pratiquaient – le retour à des posters m’a fait sourire. Tant sur la forme, le cadeau so UNBELIEVABLE qui a coûté au moins 4 feuilles A4, que sur le fond, à savoir que ces présents visent surtout les ados qui ont encore l’occasion de punaiser la blondasse de GTA au dessus de leur lit. Chez moi ça passe pas le WAF.

J’ai également choisi ces deux numéros pour leur supplément, respectivement sur Assassin’s Creed 4 (décidément…) et « les grands duels de Noël » (sachant que la couverture s’intitule déjà « Tous les hits de Noël 2013 »). Soit. Le guide sur AC4 aurait pu être une bonne idée, pourquoi pas. Que ce soit un « walkthrough », c’est à dire un guide assez complet des techniques et des premières missions du jeu, ou de resituer l’univers du jeu dans son contexte historique, ou encore de raconter la genèse du jeu à travers des témoignages de ses développeurs, les idées ne manquaient pas. Pourtant, ce supplément est plus proche d’un publi-rédactionnel que d’un véritable guide… Peut être aussi car il a été écrit avant la sortie officielle du jeu, et soumis donc à un NDA… Personnellement, jJ’aurais préféré attendre un mois de plus et avoir un papier plus intéressant que ce vaste survol du jeu.

Video Gamer nous parle de Godus, un jeu qui me semble bien sympathique, alors que JVM fait dans la mauvaise foi et le Playstationisme en gonflant le chiffre des exclus avec les sorties PSN... Pourtant le catalogue de la PS4 est plutôt pauvre actuellement face à celui de sa concurrente

Video Gamer nous parle de Godus, un jeu qui me semble bien sympathique, alors que JVM fait dans la mauvaise foi et le Playstationisme en gonflant le chiffre des exclus avec les sorties PSN… Pourtant le catalogue de la PS4 est plutôt pauvre actuellement face à celui de sa concurrente

Chez Jeux Vidéo Magazine, on a fait dans le classique. Un bon vieux match des grosses licences de fin d’année, combiné à la sortie des nouvelles générations de console. Battlefield 4 versus Call of Duty Ghosts, Gran Turismo 6 versus Forza 5… Clairement, le magazine assume ce qu’il semble faire le mieux : être un guide d’achat sur les jeux vidéo, plutôt orienté grand public d’ailleurs. Pour autant, la pertinence de certaines confrontations étonne un peu… Pourquoi opposer GTA V et Watch Dogs qui, s’ils jouent tous les deux la carte de l’open world, semblent relativement éloignés dans le concept? Mais surtout comparer un jeu déjà sorti à un autre qui … sortira en 2014 et dont de nombreuses informations sur le scénario et le gameplay sont encore flous me parait assez vain.

Autre exemple, pour un guide d’achat censé aiguiller les achats de Noël, j’ai trouvé la comparaison Disney Infinity / Skylanders Swap Force très frileuse : bilan match nul ce qui, de mon point de vue, évite au rédacteur de trop se mouiller. Non pas qu’un des deux mérite le titre de jeu de Noël, mais néanmoins je pense qu’il aurait été intelligent de mieux aiguiller les parents qui sont les acheteurs. Personnellement, on va offrir 2 jeux Skylanders Swap Force autour de nous. Pourquoi? Parce que premièrement ce sont les enfants qui le demandent et que la loi de la cour de récré est la plus forte, et deuxièmement parce reconstituer un second set de 300€ de figurines… hmmm option niet pour les parents.

Dernier point, je déplore encore une fois le sort réservé à la Wii U. A peine citée dans la catégorie des « consoles actuelles », la rédaction du magazine, comme d’autres sur internet, la relègue à un rang de faire valoir des « vraies » Next Gen, les PS4 et Xbox One. Sauf que Nintendo a d’autres arguments pour les fêtes, dont un prix de vente plus abordable ou le très bon Super Mario 3D World. Et ce même si à mon avis Nintendo a raté sa chance d’imposer la Wii U comme une incontournable de Noël 2013 en décalant ses licences fortes (Mario Kart, Donkey Kong…) à 2014.

A part ça, que propose JVM avec ce numéro à cheval sur 2 mois – en tentant d’occuper une large partie des étals avec un autre (!) numéro de Novembre et un hors-série GTA V? Un focus sur la 2DS qui oublie de préciser le public visé (et je ne supporte plus le non-argument « ah mais ils auraient quand même pu intégrer un second stick analogique! »… bande de cons si on enlève la 3D ça n’est pas pour rajouter une fonctionnalité supplémentaire !!). On trouve aussi un point sur les Sims 4 pour les fans de la licence, une intéressante sélection Xbox Live pour ceux qui n’auraient pas déjà les hits qui y sont listés, et l’habituel match d’automne entre FIFA et PES pour les inconditionnels du foot. A part ça, on retrouve la classique formule JVM avec sa rubrique conso et ses tests notés entre 15 et 20 sur 20…

Le numéro 11 de Video Gamer, lui, consacre sa une à Call of Duty Ghosts: là aussi ça fait vendre. Mais l’article est plus atypique qu’un simple récapitulatif de ce qu’on savait déjà depuis longtemps. Il parcourt plutôt le scénario, notamment du niveau dans l’espace, et recueille le sentiment des développeurs sur la genèse de cet épisode. On apprend notamment la difficulté de l’équipe actuelle à reprendre le flambeau après le départ des cadres fondateurs, et leur tentative d’innover à certains égards. Mais dommage que la langue de bois reste de mise, j’aurais bien aimé qu’on évoque le très probable cadre restrictif qu’impose Activision autour de sa poule aux œufs d’or (pas trop d’évolution à la fois, on pourrait faire fuir les joueurs!).

Ce numéro célèbre la sortie de GTA V en lui réservant un très bel accueil (20/20) mais surtout un test qui se focalise sur l’écriture que nous a proposé Rockstar pour son blockbuster, avec son trio de personnages. Et une conclusion bien tournée qui évoque une très intéressante hypothèse : si chaque épisode était une satyre d’un pan particulier de la culture américaine, GTA V évoque une auto-critique de la série elle même à travers ses trois protagonistes. Trevor revendiquant sa brutalité, Michael son embourgeoisement au fil des années, et Franklin une sorte de métaphore de Rockstar qui tente de faire le lien entre ces deux extrêmes.

Video Gamer, de façon générale, propose des tests plus subjectifs et moins structurés autour des sempiternelles « caractéristiques » du jeu – graphismes, jouabilité, durée de vie… La critique de Beyond two Souls en est un autre exemple. De même, il aborde certains jeux peu commentés, comme Godus de Peter Molyneux ou Rain.

Maquette sobre mais classe, et des articles qui sortent de l'ordinaire, comme par exemple celui-ci dédié à Candy Crush Saga

Maquette sobre mais classe, et des articles qui sortent de l’ordinaire, comme par exemple celui-ci dédié à Candy Crush Saga

Cela m’amène à parler du petit nouveau de ce mois-ci et qui est forcément mon coup de coeur du mois : JV. Les noms qui signent le contenu de ce mag sont bien connus, ayant officié (ou officiant toujours) dans d’autres noms de la presse spécialisée depuis longtemps. Pourtant, JV essaie de nous proposer autre chose et s’offre les moyens de ses ambitions, comme a pu le faire Canard PC à son époque : magazine édité par une société indépendante, régie publicitaire imposant une bonne part de contenu hors jeu vidéo et une équipe motivée pour écrire autre chose que des previews et des tests à retardement. Au travers d’une petite centaine de pages, la rédaction s’efforce de nous proposer les choses sous un autre angle, de nous parler DU jeu vidéo avant de parler des jeux vidéo…

Quand j’ai parcouru les pages colorées de JV, j’ai eu l’impression de lire quelque chose que je n’avais pas vu ailleurs que sur certains blogs : des prises de position subjectives (« Jaime pas les histoires » par Corentin Lamy), des interviews qui sortent des sentiers battus (Michaël Peiffert), un regard différent sur les micro-consoles (Ouya & co), en passant par des critiques résolument originales comme celle de Beyond Two Souls qui confronte CINQ avis de la rédaction pour se faire une idée de ce … « vidéo jeu ». Là où mes JVM finiront au recyclage une fois lus, ce JV restera pertinent dans plusieurs mois – ou années – pour ses analyses qui revisitent Bioshock Infinite ou Left 4 Dead, ou retracent l’aventure GTA depuis ses origines. Mais là où IG Mag pouvait parfois me paraître un peu pompeux, JV aborde avec clairvoyance, simplicité et humour nombre de sujets intéressants. Même quand il s’agit d’aborder l’actualité, la lucidité est de mise : « la 2DS ce n’est que pour les enfants » titre Bruno Pennes, et il a juste raison de l’aborder dans ce sens là et d’expliquer en quoi cette édition est tout à fait logique.

Même quand il se permet de sortir de son thème principal en explorant l’actu cinéma ou des séries, JV le fait avec brio en résumant son point de vue en quelques lignes sans artifice superflu. Bref, même si ça reste une liasse de papiers reliée, j’ai presque de la peine que mon fils m’ait ruiné la couv’ de JV avec de la compote de banane… parce que j’ai juste envie de ranger ce mag’ dans ma bibliothèque. Bravo à l’équipe en tout cas et je leur souhaite un aussi beau parcours que Canard PC qui fête ce mois-ci ses 10 ans. Si, si, 10 ans d’inepties, d’absurdités, de brutalités verbales et de conseils foireux (Söldner, on vous la sortira encore dans 10 ans les gars!) au service du joueur PC… et console désormais.

Le gros morceau de début Novembre avec l'analyse du mastodonte Steam

Le gros morceau de début Novembre avec l’analyse du mastodonte Steam

Canard PC et moi, c’est une histoire qui dure depuis ses débuts, et je n’ai jamais regretté le choix de m’être abonné. Pourquoi? D’abord parce qu’à titre personnel je ne possède pas les traditionnelles consoles « gamer » de Sony et Microsoft et que le PC représente donc la plateforme sur laquelle je joue majoritairement. D’autre part parce que la rédaction de Canard PC a foutu un coup de pied dans la fourmilière de la presse jeu vidéo il y a dix ans, et qu’alors que d’autres moquaient ses débuts en les voyant s’écraser lamentablement après quelques mois, bien peu en fait leur ont survécu. Mais revenons sur ce mois de Novembre et le numéro 285 qui nous propose un retour sans hypocrisie sur Steam et Valve. Je dis sans hypocrisie car il aurait été facile d’être mielleux avec la plateforme qui alimente la majorité des titres testés dans Canard PC.

Mais l’onctuosité façon yaourt velouté ne fait pas partie des talents d’Omar Boulon et consorts, alors le sujet est traité avec un œil aiguisé pour rappeler que tout n’est pas si rose du côté de chez Gabe Newell. Bref, CPC nous offre là le point de vue le plus large et le plus complet sur Steam, son marché, sa nouvelle SteamBox, ses perles cachées… Mention spéciale à la page qu’Omar Boulon dédie à Pokemon X/Y et sa vie ratée de dresseur Pokemon et sa vaine tentative de convaincre Pipomantis d’attribuer un 9/10 au jeu (qui récoltera finalement un 8).

Dans ce fameux numéro anniversaire 286 maintenant, vous trouverez un test aussi barré – dont seul Canard PC a le secret – du jeu qu’il évalue, à savoir The Stanley Parable. CPC, c’est aussi un regard sur des jeux assez méconnus comme Kerbal Space Program dont les évolutions récentes (c’est un jeu en « early-access ») méritent d’en reparler, ou encore le prochain Wargame : Red Dragon. Maintenant, hormis le fait qu’il soit le premier magazine papier à proposer un gif animé, le gros morceau de ce numéro c’est la célébration de leurs 10 ans. Trente deux pages dédiées à la genèse de Canard PC, retraçant les aventures marquantes de cette rédaction un peu barrée jusqu’en 2007 et dont la suite de cette épopée sera rédigée…un jour peut être. Entre humour débile et révélations comme peu (aucun??) de magazines se le sont permis, cette histoire démontre que CPC a su fédérer une véritable communauté qui appréciera la lire. Chose qu’il aurait été impossible de voir dans un magazine estampillé Yellow Press par exemple.

Le parcours du magazine évoque des vraies anecdotes et de faux spin-off du magazine, avec toute la dérision caractéristique de CPC

Le parcours du magazine évoque des vraies anecdotes et de faux spin-off du magazine, avec toute la dérision caractéristique de CPC

Voilà qui conclut ce (long) tour d’horizon de la presse jeu vidéo en ce mois de Novembre. D’ici peu les numéros de Noël pointeront leur nez, et parait-il encore un petit nouveau verra le jour. Mais il ne devrait pas s’appeler petit Jésus pour autant. A leur manière, chacun de ces magazines a son intérêt. Mais pour ma part, j’ai déjà choisi à quel magazine je filerai 3,95€pour le numéro de décembre. En tout cas, je ne peux que me réjouir de (re)voir plusieurs acteurs de la presse écrite tenter de faire évoluer et grandir ce média.

11th Nov2013

Diablo 3 et l’équilibre instatisfaisant

by Alphajet

diablo_versusVoilà, à peu près un an et demi après sa sortie (et son achat que j’avais fait pour une fois à l’avance!), j’ai terminé Diablo III en compagnie de Torment. On a avancé dans le jeu de façon hachée, trouvant l’occasion d’y jouer parfois régulièrement, et parfois des mois plus tard. C’est ce qui s’est passé pour traverser l’acte IV et atteindre la « fin » du jeu. En tout cas le mode « normal » qui constitue un passage obligé pour accéder à une difficulté plus élevée. L’autre soir au coin du feu, on revenait sur cette expérience et en quoi elle différait du tout premier épisode qu’on a écumé il y a 16 ans.

De façon objective, on peut dire qu’on a traversé le jeu à peu près comme une promenade de santé… Quelques obstacles mais rarement on s’est senti inquiété. Au cours de Diablo I, on est mort assez rarement, mais pas du tout pour les mêmes raisons que dans Diablo 3. A l’époque, la mort était très punitive (je rappelle que dans la vraie vie, elle est définitive!) puisqu’on perdait de l’expérience, tout l’or qu’on portait sur soi, tout son équipement qui était certes récupérable si on retrouvait son corps en échange d’une perte de durabilité. Si on évitait la mort à tout prix, c’est qu’elle nous inquiétait et risquait potentiellement de nous faire perdre gros. C’était cette épée de Damoclès qui nous imposait la prudence et le fait que le personnage ne pouvait alors pas courir rendait l’exploration plus dangereuse tant la fuite était parfois compliquée.

La crainte de perdre son or nous obligeait à l'époque à laisser des tas de pièces à la merci des vils marchands

La crainte de perdre son or nous obligeait à l’époque à laisser des tas de pièces à la merci des vils marchands

Pour faire une analogie sportive, Diablo I nous imposait un état de tension et de concentration permanent comme en compétition alors que Diablo 3 dans son premier niveau de difficulté nous propose plutôt un match amical sans trop d’enjeu. Cependant, on se rend compte que les deux épisodes diffèrent beaucoup par leur rythme. Le premier était très sinusoïdal dans ses temps de jeu: dès qu’on était dans le donjon, la mort pouvait se trouver au carrefour de n’importe quel pan de mur ou n’importe quel recoin qui pouvait abriter un monstre unique et sa troupe. Néanmoins, cette tension était très régulièrement désamorcée par les allers-retours incessants imposés par les nécessaires retours au village pour faire le plein de potions, déposer son or et vendre le butin stocké dans le maigre inventaire. De ce fait, ces temps morts pouvaient être vus comme des pauses salvatrices pour reprendre son souffle entre deux plongées dans l’enfer des souterrains.

Les développeurs ont choisi de proposer une action quasi-ininterrompue dans Diablo 3, avec des temps morts plus courts et beaucoup plus espacés. En effet, on ne cherche plus à économiser les sorts de Town Portal qui sont désormais infinis ; les orbes de vie déposées par les monstres morts nous évitent les stocks imposants de potions et les armes magiques glanées durant le massacre des monstres méritent d’être vendues tant les autres sont inutiles (à l’époque de Diablo, les armes standards pouvaient souvent servir, ce qui n’est plus le cas dans le troisième épisode où elles sont reléguées à l’état de rebut…).

L'acte II de Diablo 3, graphiquement sans reproche mais esthétiquement sans trop de charme

L’acte II de Diablo 3, graphiquement sans reproche mais esthétiquement sans trop de charme

Autre exemple du virage de l’accessibilité, la montée en niveaux du personnage. Le premier opus ne proposait pas « compétences » – qui ont été introduites dans Diablo 2 – mais seulement la possibilité de choisir comment répartir les 5 points gagnés par niveau dans les différentes caractéristiques du personnage. A l’époque, on ne nous calculait pas les dégâts par seconde, il fallait choisir au mieux pour optimiser son personnage. Et le retour en arrière n’était pas permis! Le 2e épisode ne changeait pas fondamentalement cet état de fait et on construisait SON avatar qui devrait vivre ensuite avec ses avantages et ses défauts. Diablo 3 propose un intelligent système de compétences et de runes à activer qui rend la montée en niveau moins stressante. On ne décide pas qu’on vise à optimiser telle ou telle compétence , non, elles se débloquent automatiquement au cours de la progression.

En contrepartie, on crée un lien moins intime avec son personnage qui peut changer son style de combat du tout au tout sans perdre en efficacité. C’est cependant ce qui rend Diablo 3 beaucoup plus apte à être joué par un novice qui pourra expérimenter tout le panel des actions d’une classe sans pour autant devoir recommencer le jeu du début. D’une certaine façon le jeu permet d’exploiter tout le potentiel d’un personnage tout au long des 3 niveaux de difficulté successifs en autorisant à le moduler en fonction des situations. Quelque part il ne peut jamais être totalement mauvais en mode normal, alors que dans le premier Diablo on pouvait se retrouver très démuni face à des monstres exploitant notre point faible, par exemple un défaut de résistance au feu.

L'écran des statistiques du personnage dans Diablo 1: un peu rudimentaire mais il nous laissait faire notre choix d'amélioration du personnage

L’écran des statistiques du personnage dans Diablo 1: un peu rudimentaire mais il nous laissait faire notre choix d’amélioration du personnage

Dans le même esprit, les caractéristiques du personnage (force, dextérité, intelligence…) sont désormais augmentées automatiquement par le jeu selon une répartition fixée d’avance. Dans un sens c’est une amélioration pour rendre la progression plus claire, mais qui se fait au détriment du lien joueur-avatar car moins on a de contrôle sur la façon de faire évoluer son alter-ego, moins on aura de chance d’en faire un être unique, et donc plus attachant. D’autre part, notre héros, pourtant embarqué dans une histoire millénaire de combats entre le bien et le mal, entre les anges et les démons dont les pouvoirs semblent largement dépasser les nôtres… se retrouve finalement être une espèce de machine à tuer sans peur et sans reproche. Et c’est bien cette sensation de (sur)puissance qui crée un décalage entre le scénario et notre aventurier soit-disant simple mortel.

Ce qui différencie également les deux épisodes, c’est leur atmosphère. Je ne pense pas que le problème vienne à proprement parler des graphismes, mais plutôt de la direction artistique. Non pas que les 4 actes traversés dans Diablo 3 soient esthétiquement ratés, mais plutôt qu’ils n’évoquent pas autant l’atmosphère étouffante des catacombes de la cathédrale de Tristram. Et pourtant on les traverse dans l’acte I! Mais ce n’est pas le même souffle épique que l’on respire. Le style visuel du premier épisode rappelait le gothique du début à la fin, que ce soit dans les décors, les ennemis ou les équipements disponibles. Diablo 3 évoque ce style, s’en approche parfois mais reste plus souvent dans le « fantasy » que dans « l’heroic » si je puis me permettre.

On ne peut pas nier la qualité du

On ne peut pas nier la qualité des artistes de Blizzard, mais les étroits couloirs ont laissé place à des décors grandiloquents qui imposent moins de pression au joueur

Au delà d’une atmosphère visuelle, c’est surtout celle de la construction des niveaux que je retiendrai. De par les limitations techniques de l’époque, la génération aléatoire de niveaux (révolutionnaire à la sortie du jeu) imposait des tailles de cartes plus petites et composées d’éléments assez simples. Diablo 3 propose des décors vraiment très beaux, pensés pour être plus originaux et que l’on imaginerait construits à l’avance. C’est un tour de force des développeurs, mais le premier opus lui, inspirait la crainte dans son level-design. La peur de descendre l’escalier vers le niveau inférieur, l’angoisse d’ouvrir telle porte qui mènerait vers un démon unique et toute sa clique, ou même la simple crainte d’arriver dans un cul-de-sacet se retrouver sans possibilité de fuite face à une horde d’hommes-boucs impitoyables. Point de saut de barbare à l’époque, ou de techniques d’esquive, non… il fallait affronter la mort en face, chose que Diablo 3 nous impose moins souvent.

Je pourrais conclure en disant que ce troisième épisode de Diablo, malgré toutes ses qualités, nous impose un mode « normal » dans lequel à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire… Peut être, néanmoins il est frappant pour moi de constater que si j’ai pu passer des heures et des heures à jouer avec Torment avec un modem 56k il y a plus de 15 ans, il m’aurait été impossible de le faire aujourd’hui. Il est probable que si Blizzard nous avait imposé un challenge aussi brut de décoffrage qu’à l’époque, je n’aurais pas fini ce Diablo 3 – et je rappelle que j’ai mis un an et demi à le terminer! On peut toujours jeter la pierre au studio pour ses choix, mais avec un peu de recul, si l’expérience est un peu trop tendre au premier abord, elle a le mérite d’être rendue accessible au plus grand nombre, y compris désormais aux joueurs console. C’est un choix qui peut se comprendre et se respecte, et pour ceux qui aiment se faire violence sans préliminaire, il y a toujours Dark Souls.

 

04th Mai2013

World of Sexism

by Alphajet

Chers amis, l’heure est grave. J’ai pas mal tergiversé avant de poster cet article, ne sachant pas trop si j’apporterais quelque chose de probant à la discussion du moment. En effet, je m’apprête à commenter un sujet ultra-polémique et sensible, non pas la PS4, non pas les DRM, mais réagir à l’article fleuve de Mar_Lard posté sur le blog Genre!. Un dossier qui s’intitule « Sexisme chez les geeks : Pourquoi notre communauté est malade, et comment y remédier », vaste programme. Un titre à mon goût un peu tendancieux car il laisse penser que les « geeks » représentent un milieu particulièrement plus sexiste comparé à d’autres, mais j’y reviendrai plus tard. Non, tout d’abord, ce que je tiens à faire, c’est mettre un cadre préalable autour de mon article, que je revendique sincère qu’on le croie ou non.

Oui, je tiens à affirmer que je pense que le post de Mar_Lard est utile, même nécessaire. Je suis conscient qu’il existe un problème de sexisme dans notre société, et donc a fortiori dans la communauté gamer ou geek. Et évidemment, le sexisme s’affirme le plus souvent par un machisme pour ne pas dire un dénigrement du genre féminin bien plus flagrant et fréquent qu’il ne l’est contre les hommes. Donc, loin de moi l’idée de renier l’intérêt d’une cause qui exige un traitement respectueux des deux sexes, surtout dans un monde assez jeune comme celui du high-tech et des jeux vidéo. Et je dirais même « Bravo », car après son argumentaire sur « l’affaire Joystick » l’été dernier (j’y reviendrai aussi), il fallait avoir un certain courage pour collecter des éléments à charge pendant 6 mois et publier cette compilation.

Pour illustrer mon propos, je vous propose quelques héroïnes de jeu vidéo pas si nunuches. Ca commence par une des pionnières! Miss Pacman, qui était tout aussi gloutonne que son cher amoureux jaune citron

Pour illustrer mon propos, je vous propose quelques héroïnes de jeu vidéo pas si nunuches. Ca commence par une des pionnières! Miss Pacman (1981), qui était tout aussi gloutonne que son cher amoureux jaune citron

Mais si j’étais d’accord sur tout, vous vous doutez bien que cette présente contribution serait bien maigre. Donc si je suis d’accord les raisons qui l’ont poussé à écrire, je le suis beaucoup moins sur la forme. Je vais essayer d’articuler correctement mes arguments plus loin, mais pour résumer mon sentiment général après avoir pas mal lu et digéré sur le débat, je ferais une petite analogie scabreuse… Je trouve que ça ressemble au maître qui fout le nez de son chien dans la merde qu’il vient copieusement de déposer dans le salon tout propre, en l’engueulant avec force et violence verbale pendant 10 minutes pour lui faire bien comprendre de ne pas le refaire.

Mais là où on peut comprendre qu’on n’explique pas forcément à un chien que non, ça n’est pas glamour de laisser ses excréments trainer dans la maison, et qu’une attitude menaçante suffise, le public humain a beaucoup plus de chances de réagir de diverses façons à ce genre de texte dénonciateur. On le voit avec les conséquences de cet article, copieusement garni en félicitations tout comme en commentaires amers, voire totalement haineux. Car si certains ont eu l’impression d’ouvrir les yeux sur le phénomène, d’autres se sont plutôt braqués, créant l’effet inverse en ayant tendant à les refermer comme une coquille sur leur vision. J’exclus bien volontiers ceux dont le niveau de réflexion s’arrête à l’insulte.

Mais pour tous ceux dont la conscience n’est pas forcément sensibilisée à ce problème, tenter de leur jeter une réalité (j’ai bien dit « une », pas « la », car il y a forcément une part de subjectivité) acide aux yeux, ben ça pique. Et le premier réflexe, c’est un peu de rejeter en bloc. Chose d’autant plus probable que le texte est, dans mon opinion, dommageable sur plusieurs plans. Je vais essayer de les expliquer…

1. La pertinence des arguments

Je vais en prendre un parmi d’autres. Mar_Lard nous rappelle plusieurs fois que l’Histoire des geeks, plus généralement de l’informatique, est jalonnée de nombreuses mères d’inventions déterminantes pour le secteur. Tout comme elle précise que de nombreuses filles jouent depuis leur plus tendre enfance, cherchant par là à défoncer, telle un Chuk Norris énervé, la porte du mythe « les geeks sont originellement des hommes, repliés sur leur communauté, réfractaires à l’accueil des « noobs » et plus encore des femmes, qui devront nécessairement justifier d’une connaissance encyclopédique pour avoir le droit d’en placer une ».

L’argument se tient… en partie. Je fais peut être fausse route, mais ça n’est pas en donnant quelques exemples de célèbres scientifiques (au passage, j’ai personnellement du mal à les qualifier comme geeks, tout comme Turing et ses potes) qu’on valide un argument comme quoi le milieu geek est imprégné d’une forte culture féminine. Pour moi c’est un débat vraiment différent, et le machisme avéré de la communauté scientifique est suffisamment connu pour se souvenir que les grandes femmes de science ont – malheureusement – été assez rares dans l’histoire. Et pour se recentrer sur les « geeks », ou les gamers en tout cas, je pense qu’il soit pas totalement mensonger de dire que les garçons des années 80 étaient plus nombreux à s’imprégner des jeux vidéo que les filles.

Je suis d’accord pour dire que le milieu du jeu vidéo s’est aujourd’hui beaucoup plus diversifié, et est devenu accessible à une très large partie du public. En revanche, ça me semble assez erroné de sous entendre que c’était le cas il y a 20-30 ans. Tout simplement parce qu’assez logiquement, si une si forte proportion de femmes avait été présente dès le début de l’histoire vidéoludique, la surabondance de sexisme n’aurait pas pu autant se développer non? Je trouve même contre productif d’essayer de nier le fait que la population masculine était majoritaire dans ce milieu car justement, elle donne du crédit aux femmes qui essaient de s’y imposer.

Sous ses airs de cruche juste bonne à être capturée, la princesse préférée de Mario a donné naissance à l'excellent Super Princess Peach (2006), mais elle était déjà présente et jouable dans Super Mario Bros 2!

Sous ses airs de cruche juste bonne à être capturée, la princesse préférée de Mario a donné naissance à l’excellent Super Princess Peach (2006), mais elle était déjà présente et jouable dans Super Mario Bros 2 (1989)!

De même, sans verser dans la condescendance larmoyante, je pense quand même que le stéréotype du « geek pâle, maigrichon et boutonneux à lunettes » n’est pas né que d’un mythe. Il y a je pense une véritable origine à cela. Probablement une évolution logique de ceux qui ne cadraient justement pas avec les canons de la mode de leur temps, et qui sont passés du club d’échec à la salle d’informatique. Loisir ô combien adapté aux personnes un peu refermées sur elles mêmes et qui peuvent y trouver un certain réconfort. Donc création du mythe du geek.

Mais pour revenir à un cadre plus social, les métiers assez techniques et d’apparence complexe étaient tout simplement plus accessibles aux hommes qu’aux femmes dans les années 60-70, ce qui a à mon avis a créé un noyau masculin dans cette communauté par extension. C’était, faut il encore le rappeler, une autre époque, et le milieu de l’informatique/jeu vidéo n’en est qu’un exemple parmi d’autres.

La situation a probablement perduré avant s’ouvrir plus tard, mais sans perdre pour autant ce noyau masculin qui fait qu’aujourd’hui encore, on voit beaucoup plus d’hommes aux avant postes du milieu gamer que de femmes (sans parler évidemment du fait que dans la société en général, les postes à haute responsabilité sont systématiquement plus occupés par des hommes que des femmes). Je pense donc que stigmatiser le milieu geek plus qu’un autre, c’est se tromper de cible. Par contre, rappeler qu’il n’est qu’un milieu comme les autres face au sexisme, c’est une évidence indéniable – traduction: ça n’est pas un cadre moins machiste que les autres.

Je trouve qu’il y a quelques exemples comme celui là dans cet article, qui est principalement une longue énumération de faits (dont certains éloquents), qui vont laisser à certains l’impression que Mar_Lard essaie d’imposer des évidences, qui n’en sont pas forcément.

2. La force des arguments

Le problème dans un article qui dénonce une sorte de consensus machiste dans tous ses détails les plus sordides, c’est qu’on peut rapidement passer d’un argument/fait/récit hyper percutant (la description du Cross Assault de Capcom et de ses dérives est assez éloquente) à d’autres, mis au même niveau, l’article étant assez « tout d’un bloc », et pourtant beaucoup plus insignifiants. Du genre émettre un jugement sur les avatars de réseaux sociaux de certains rédacteurs de magazines, ou des raccourcis pas tip top, notamment sur l’affaire Tomb Raider/Joystick. En effet, autant je trouve son présent article presque nécessaire pour initier une réflexion, autant celui de l’été dernier était à mon avis beaucoup trop réac’. Phrases sorties de leur contexte, traces d’humour volontairement prises au premier degré, amplification et surenchère caractérisée… bref mon problème c’est que sa lecture subjective d’un article a inspiré nombre d’autres papiers à des journalistes qui n’auront dans la plupart des cas ni lu l’article incriminé, ni même entendu parler du jeu dont il était l’objet…

L’été dernier, j’avais même prévu d’en parler spécifiquement, mais j’avais laissé tomber et voulu attendre la sortie du jeu pour en rediscuter (ce que je n’ai pas fait par ailleurs 😉 ). Bref, je ne remets pas en cause le fait que Deez, l’auteur de la preview de Tomb Raider, ait été très (trop) maladroit dans sa façon de présenter les choses, mais pour avoir suivi Joystick pendant des années, je le crois sincère quand il dit que c’est la nouvelle façon de présenter Lara Croft qui l’a enthousiasmé. Et pas quelques furtives secondes pendant lesquelles le jeu sous-entend une tentative d’agression sexuelle sur l’aventurière. Reste que son article était en effet assez mal fichu ; il n’était clairement pas dans un grand jour, sentant les vacances approcher il s’est permis des dérives vraiment pas brillantes

Je n'ai pas pu m'en empêcher: seul Game B de LaFauteALaManette pouvait nous pondre ce magnifique détournement de la couverture du Joy' incriminé, qui montre bien que pour le coup, le plus salace n'était peut être pas Deez...

Je n’ai pas pu m’en empêcher: seul Game B de LaFauteALaManette pouvait nous pondre ce magnifique détournement de la couverture du Joy’ incriminé, qui montre bien que pour le coup, le plus salace n’était peut être pas Deez…

Bref, j’en reviens à mon analyse. Je prends un autre exemple. Mar_Lard étend intelligemment sa propre expérience du sexisme dans d’autres milieux : la communauté Linux ou encore la communauté hacker. L’argument est frappant, il suffit qu’une femme participe sur des forums, ou pire à un débat avec sa webcam pour voir déferler les commentaires pathétiques. Par contre, mettre dans le même sac la communauté des rôlistes (bien qu’elle doive tout autant comporter son lot de boulets machistes) parce que certains « osent » jouer un rôle..?? Euh, ça n’est pas justement l’objet du jeu de rôle de profiter de l’expérience pour incarner un personnage complètement décalé, loufoque ou un incorruptible chevalier? En quoi incarner une « elfe bombasse » ou « un vicelard » est si dégradant pour les joueurs? Et ce qu’on devrait autant s’offusquer si une femme jouait le rôle d’un gros chevalier  macho et vulgaire ?? Franchement non! Où est le fun si on se met tous à jouer des robots effectuant sagement leur quête loyale? Toute l’essence d’un jeu de rôle papier provient à mon sens de la qualité du contexte mis en place par le maître de jeu ET de l’ambiance créée par les joueurs.

Ce genre d’exagérations et de déformations et assez symptomatique de personnes qui, pour étayer leur propos, se sentent obligés d’en rajouter. Le problème, c’est que ça ne sert absolument pas l’argumentation, ça provoque l’effet contraire. Mar_Lard se sent obligée de retourner sur sa première croisade, le dossier Tomb Raider de l’été dernier. Il semble qu’elle n’ait pas lu à l’époque la dernière partie où une femme, oui UNE FEMME écrit un brûlot sur la poitrine opulente de Lara Croft. Toute la mauvaise foi se situe autour du fait que cet article était ouvertement caricatural et second degré, alors qu’elle affirme clairement que c’est un moyen pour le magazine de flatter la libido de ses lecteurs adolescents prêts à se masturber sur n’importe quelle image de duo de melons (pas de Cavaillon ceux-là). Qu’on puisse remettre en question l’intérêt de cet article, pourquoi pas, mais prétendre qu’il est à lire au premier degré, c’est faire un affront à son intelligence et je ne doute pas une seconde qu’elle ait fait preuve d’hypocrisie en l’abordant de cette façon.

Et c’est malheureusement assez récurrent dans son article, ce qui affaiblit considérablement son propos…

3. La construction du propos

Là, j’attaque la forme, et sur ce point, je pense qu’il y a une cascade de choses à blâmer…

3.1. Escalade des superlatifs

Je n’ai rien contre un peu de vulgarité bien sale de temps en temps, c’est même plutôt agréable dans un monde de journalisme lisse, fade et creux. Par contre, Mar_Lard croit là aussi judicieux d’en faire des caisses. Mais là où quelques « bites » auraient pu se laisser lire dans un article de taille assez standard, on se retrouve ici avec une accumulation de qualificatifs : « dégueulasse », « les connards », « les queutards frustrés », « désinformation crasse », « pissant à la gueule », « notre chatte nous reste en travers de la gueule »…

Non seulement, niveau style c’est lourd, mais en plus ça laisse la désagréable impression qu’elle répond à la vulgarité des exemples qu’elle expose par la même violence verbale. Et pour moi, ça dépasse le simple cadre du sarcasme pour tomber dans le travers de l’accumulation caractéristique. Les moindres illustrations en langue anglaise sont traduites, intention louable, mais qui rajoute encore au ton pesant de l’article. Je pense que cette accumulation était voulue pour engendrer un sentiment de malaise chez le lecteur, mais qui en devient à mon avis vaine tant tous les arguments ne se valent pas…

Le premier Left4Dead nous proposait d'incarner Zoe, pas plus démunie que ses autres confrères d'infortune face à l'armada de zombies. Le casting fait certes un peu cliché, mais il a le mérite de mettre les 4 personnages sur un pied d'égalité

Le premier Left 4 Dead (2008) nous proposait d’incarner Zoe, pas plus démunie que ses autres confrères d’infortune face à l’armada de zombies. Le casting fait certes un peu cliché, mais il a le mérite de mettre les 4 personnages sur un pied d’égalité

3.2. La catégorisation systématique

Une des choses que j’ai le moins supporté dans le propos de Mar_Lard, c’est sa façon de ranger tout le monde dans des petites boites: « la communauté gamer », « la communauté geek », « la communauté hacktiviste », etc, etc… Comme si les gens devaient tous rentrer sagement dans des petites cases et ne jamais en sortir, comme si quelqu’un qui joue ne pouvait se caractériser que par « gamer » et pas par le reste de ses passions, de ses activités… Elle prend d’ailleurs pour exemple d’une amie, racontant une agression sur son blog et twitter, et s’insurge contre un gars qui a une attitude déplorable MAIS attention! Il a été candidat du Parti Pirate aux législatives 2012! Donc soudainement, il convient d’agglomérer sa parole d’évangile à celle du Parti Pirate tout entier, de là à sous-entendre très grassement que le Parti Pirate n’est composée que « d’hommes blancs sexuellement frustrés » qui cautionnent les agressions sexuelles, il n’y a qu’un pas non?  C’est typiquement le fait de catégoriser en permanence qui, à mon avis, renvoie à l’exclusion.

Le phénomène de la « fake geek girl » n’est qu’une sous-conséquence du communautarisme. A force de vouloir catégoriser les gens, on les isole, on ne les résume qu’à cette seule étiquette, ce qui contribue à les inciter à exclure, refuser toute « intrusion » de l’extérieur de leur groupe. Et ça n’est sûrement pas limité aux femmes! Si on reprend l’univers du jeu vidéo, combien de fois avez vous entendu sur une partie multi de Call of Duty les adultes se foutre de la gueule des plus jeunes, les rangeant immédiatement dans la catégorie des « Kevin » ou des « Kikoolol » ? Ou alors les très célèbres « n00b », insulte suprême la plus populaire parmi ceux qui se croient effectivement de l’élite du jeu vidéo??

3.3. Le ratage de cible

Cet enfermement systématique dans des catégories pousse Mar_Lard à ne trouver qu’une seule origine à tous les « maux de la communauté geek » : le « cis-hétéro-mâle-blanc-symbole-du-partriarcat ». Et là, tous les points que j’ai précédemment cités se retrouvent concentrés autour de cette cible identifiée: répétition jusqu’à en vomir (près de 40 fois dans le texte), assimilation à un concept de classe sociale totalement déplacé (de classe moyenne, voire aisée), rapprochement à une couleur de peau encore plus incongrue, et rappel qu’il est en proie à un dénigrement systématique de la condition de la Femme doublée d’une mauvaise foi caractérisée, sans doute victime de ses pulsions hormonales agressives ??

Que d’aberrations dans cet état de fait ! Mar_Lard considère-tu donc que ce que tu titres être LA raison de « la maladie de notre communauté » se limite à une préférence sexuelle? Ou que les classes sociales les moins privilégiées ne sont pas touchés par des phénomènes d’agression sexuelle: bizarre j’ai tendance à croire que c’est l’inverse! Ou encore qu’alors que bon nombre de jeux proviennent encore du Japon, un pays ou la culture sexuelle est très éloignée de la notre – et à mon avis pas plus à ton goût – tu restreins le sexisme à un problème de blancs. Oui parce que je me dis alors que nos amis japonais doivent être considérés comme des « jaunes ». Pas de sexisme chez les hommes de peau noire non plus?

Je force volontairement le trait ici pour souligner à quel point je trouve que Mar_Lard s’est fourvoyée sur ce point. En cherchant à jeter l’opprobre sur une seule cible trop évidente, toutes les bonnes intentions (justifiées), le discours de fond s’effritent en tombant dans une critique trop facile. Même si les thèmes annoncés (le problème est dans l’industrie, dans la presse, dans la communauté…) laissaient espérer une analyse du problème, c’est toujours le même refrain qu’elle nous sert du début à la fin. Très très dommage de résumer tous les maux à une seule cause pour expliquer un problème si vaste…

On la prend souvent comme symbole de la femme forte dans le jeu vidéo. J'en retiens que derrière son côté ouvertement sexué et une rare incarnation féminine dans un Beat'em All, le jeu cache quelques références à d'autres jeux mais aussi à Evangelion, animé où les femmes ont une place très importante.

On prend souvent Bayonetta (2010) comme symbole de la femme forte dans le jeu vidéo. J’en retiens que derrière son côté ouvertement sexué et une rare incarnation féminine dans un Beat’em All, le jeu cache quelques références à d’autres jeux mais aussi à Evangelion, animé où les femmes ont une place très importante.

3.4. Les espoirs déçus

Dernier point – parce qu’à force dans rajouter moi aussi j’affaiblis mon propos – j’ai été déçu par le « tout » de la charade. Quelque part, le titre annonce une couleur qui n’est pas du tout celle qui ressort à la fin. Un peu comme la lessive qui doit laver plus blanc que blanc, mais au final tu te retrouves avec des grosses tâches et des couleurs qui ont déteint… « Sexisme chez les geeks : Pourquoi notre communauté est malade, et comment y remédier ». Deux promesses non tenues pour moi.

« Pourquoi notre communauté est malade« : je peux féliciter Mar_Lard pour avoir compilé tant d’exemples de sexisme, c’est tout de même une belle masse de travail (il est certes plus facile pour moi de juger son article après coup). Mais une accumulation d’exemples, aussi nombreux et criants soient ils, n’en fait en aucun cas une analyse. C’est au mieux un état de la situation qui prouve qu’on trouve – hoo comme c’est étonnant – du sexisme partout dans « la communauté geek », comme on en trouve quasi partout ailleurs dans le reste de la société.

Peut être que Mar_Lard aurait du s’interroger, se demander pourquoi cette culture sévit encore tant dans un milieu a priori plus progressiste qu’est celui des geeks/gamers/etc ? Parmi d’autres raisons, je pense qu’il est devenu un marché de masse, dirigé par le marketing et les dollars, mais surtout universel. Là où seules les familles un peu aisées pouvaient se permettre d’acheter une console de jeu dans les années 80, c’est désormais un loisir ouvert à tous, et donc entre autres aux gros cons (n’ayons pas peur de le dire, et le terme n’est pas restreint aux hommes)  de la société qui ont là un moyen comme un autre de s’amuser. Sauf que dans le même temps, cette même population s’est soudainement retrouvée à l’ère « 2.0 », celle où n’importe qui comme moi peut ouvrir sa gueule sur un blog, un forum, un Youtube, un commentaire. Et toute la connerie de ces gens qui auparavant étaient un peu plus invisibles se retrouve subitement sur le devant de la scène.

« …et comment y remédier« : Mar_Lard nous propose 7 grandes étapes parmi « la myriade de possibilités » afin de changer ce problème de sexisme… Savoir identifier les problèmes, s’informer, ne pas rester silencieux face à une situation sexiste, témoigner du soutien, réagir aux contenus critiquables, exiger des communautés saines (sic), utiliser ou créer des outils pour signaler les mauvais comportements tels que des cartons jaunes, ou les boutons « signalement »…

Rien qui vous étonne là-dedans? Après avoir couché des milliers de mots avec toute sa hargne pour démontrer à quel point les femmes étaient victimes de discrimination sexiste par tous les pores du jeu vidéo, démonté étage par étage la communauté geek, elle nous joue une partition peace&love façon hippie. « Ouais cool, les gars, informez-vous bien, et puis dites que c’est pââas bien quand un autre homme est méchant, et préparez vos cartons jaunes on va faire un sitting… Peace! » Seriously ???!!

Petit détour perso: ma femme travaille dans le développement web depuis une dizaine d’années, pas spécialement le milieu le plus féminin qui soit, et dans le domaine de l’agriculture qui plus est! Si elle avait du subir ne serait-ce que le dixième de ce que Miranda Padozki a enduré pendant 5 jours, mais croyez moi elle l’aurait découpé en petites lamelles très fines qu’elle aurait ensuite jeté dans un grand feu de joie !!! Au pire, elle serait partie depuis très longtemps! Protester systématiquement, démontrer qu’on ne se laisse pas faire, ouvrir grand, très grand, sa gueule quand c’est nécessaire, mais c’est le 1er commandement à donner à toute personne victime de discrimination, quelle qu’elle soit!

Je finirais sur une de mes héroïnes préférées: Cate Archer, classe, intelligente et dotée d'un humour très british. En espérant son retour dans un 3e épisode un jour?

Je finirais sur une de mes héroïnes préférées: Cate Archer de No One Lives Forever (2000 puis 2002). Classe, intelligente et dotée d’un humour très british. En espérant son retour dans un 3e épisode un jour?

Conclusion

Ce dernier point, c’est clairement ce que je n’ai pas compris dans le propos de Mar_Lard : elle nous sort un pamphlet de milliers de lignes pour enflammer la communauté – et sur ce point, je suis d’accord pour dire qu’elle méritait un bon coup de pied dans la fourmilière – pour au final se positionner en victime. Miroir de ce comportement, Gameblog, passablement connu pour son côté occasionnellement grivois, l’invite à un podcast, qu’elle décline poliment sous prétexte qu’elle ne voulait pas se confronter à plusieurs mecs ouvertement amateurs de babes… « Faites ce que je dis, pas ce que je fais ». Bon en attendant, elle a répondu sur des chats (en ligne), participé au Vinvinteur (sans opposition), et soyons honnêtes à l’émission Arrêt sur Images que je n’ai pas encore vue.

Mais bref, Mar_Lard si tu mets le doigt dans l’engrenage public en espérant rester sagement cachée, tu te fourres le doigt dans l’œil, et tu en es de plus parfaitement consciente tant l’article sur Joystick a fait parler l’été dernier. Quand on choisit d’incarner un combat, il faut savoir l’assumer complètement, et montrer justement que tu fais partie de ces femmes qui ne se laissent pas faire, en toute circonstance. Tu brandis ton épée pour pourfendre ceux qui défendent les « sexistes, homophobes, racistes » au nom d’une « prétendue liberté d’expression ». Mais c’est ça la réalité! Les abrutis ne changeront peut être jamais d’avis, mais on ne peut décemment pas espérer faire changer l’esprit de ceux qui ne sont que peu sensibilisés au problème en évitant le débat, même si les contre-arguments paraissent débiles.

Encore une fois, je trouve le coup de gueule justifié, et qu’il a suffisamment fait écho sur le net et ailleurs pour faire son effet. Par contre, le fait que l’article en lui même soit bourré des points que j’ai évoqué me dérange, et je pense que ça joue en défaveur de la cause pour l’égalité des sexes. Ca fait … vieille féministe réac’ alors que le sujet méritait un autre traitement.

Je ne veux pas d’une société, et pas plus d’un monde du jeu vidéo, qui serait faussement paritaire, où l’on imposerait à Sony d’avoir une femme présidente, l’option systématique du choix d’un personnage féminin ou de couleur, une espèce de fausse réalité lisse et aseptisée. Mais à force de persévérance, avec des femmes qui seront de plus en plus nombreuses dans la création de jeux, je suis convaincu que notre média, comme le cinéma a pu le faire avant lui, contiendra son lot de petites perles. Des bijoux qu’on n’acclamera pas parce qu’ils auront une héroïne, mais parce qu’ils auront un scénario mieux écrit, plus crédible, et avec des personnages féminins plus profonds (Bioshock Infinite en est apparemment un bon exemple).

Pour finir sur une note positive, je crois personnellement que le changement est déjà amorcé : quand je vois deux jeunes adolescentes se balader dans le rayon jeu vidéo d’un grand magasin et hésiter entre un SimCity, Guild Wars 2 ou un Tomb Raider en dissertant sur leurs qualités et défauts, je me dis que la nouvelle génération est déjà là. Qu’elle ne perdra pas son temps à pinailler sur une jaquette de jeu vidéo mais à faire valoir ses différences, à affirmer.Et que si elle s’en donne les moyens, les relations entre les hommes et les femmes de cette « génération 3.0 » seront plus franches et plus équilibrées. En tout cas, c’est ce que j’espère.

Oh dernier mot: le meilleur papier que j’ai pu lire sur l’article de Mar_Lard, c’est aussi une femme qui l’a écrit et ça se passe ici.

Edit : je rajoute une autre référence sur le même ton : Mar_Lard tu devrais peut être juste changer d’amis

08th Fév2013

Video Gamer: le radeau de la presse JV

by Alphajet

Video_Gamer_Magazine

Si Mer7 était le Titanic, alors Video Gamer, le nouveau magazine édité par une société indépendante et fondée pour l’occasion, en est définitivement une des bouées de sauvetage. Je ne veux pas affirmer par là qu’il n’est qu’un moyen d’embarquer les naufragés des différents magazines aujourd’hui au fond des abîmes, mais vu de loin ça y ressemble un peu. J’ai laissé sa chance au produit en attendant la sortie du deuxième numéro, et voilà mon avis sur le nouveau venu.

Tout d’abord, comme je le disais, guère d’inconnu dans l’équipe rédactionnelle qui se compose de têtes connues ayant largement fait leurs preuves par ailleurs. Bref, de prime abord, le radeau pourrait ressembler à une fière embarcation de loups de mers, le visage buriné par les années sous le soleil de leurs écrans LCD et le gamepad entre les dents. Et très franchement, ça commence bien. Disons que la première moitié du magazine (je parle du premier numéro) est encourageante de bonnes intentions même si la structure du magazine est elle, ultra-classique.

Les actus, rubrique ô combien décriée – par moi – reprend les bonnes idées que j’avais pu voir dans Joystick nouvelle formule. A savoir éviter 5 pauvres lignes pour annoncer une nouvelle déjà vue sur Twitter 2 mois plus tôt. Non ici, les news se dorent tranquillement la pilule sur une page, se paient même le luxe d’être un peu originales (retour sur Alt-Minds, résumé de l’affaire War-Z ce mois-ci..). Rarement une véritable analyse de l’actualité, mais au moins un coup de radar sur certaines informations qui la constellent. Le numéro 2 y rajoute un utile récapitulatif des dates à ne pas rater dans le mois.

Puis la rédaction retombe un peu dans la facilité des previews, ici plutôt des news déguisées tellement elles sont succinctes, mais bon… C’est un peu contrebalancé par les petits dossiers qui servent de flotteur au radeau: un comparatif très général sur les tablettes, les jeux de Kojima en préparation, une explication sur le succès des Skylanders ou encore un plutôt bon récapitulatif des informations sur GTA V. Grosso modo, ils sont sont souvent une vulgarisation sur un thème particulier : ils n’apprendront pas grand chose à quelqu’un de bien informé mais seront une bonne base pour des parents qui voudraient en savoir plus sur le phénomène des cours de récré, ou le gamer occasionnel qui voudrait un condensé des choses à savoir sur un jeu.

Et c’est bien ce qui m’amène à la question essentielle : à qui se destine ce magazine? Le reste du magazine nous en donne une bonne idée avec de nombreux tests qui occupent au mieux une page. Le numéro 1, lui, essayait de profiter de la place laissée libre par la mort de ses confrères en décembre pour faire un gros dossier sur la Wii U mais aussi les plus gros jeux de fin d’année. ZombiU est le seul titre à bénéficier d’une critique assez complète. Après ça, je n’ai pas aimé le « test » de la nouvelle console de Nintendo. Coller une note à une console qui a un mois, en 2012 ça n’a pas énormément de sens à mon goût, et puis va savoir pourquoi, on nous fait un test de l’interface?? Qu’on parle de ses fonctionnalités, je comprends, mais qu’on essaie de leur donner une note? Par rapport à quoi?

C’est malheureusement un peu le même topo dans le numéro 2, où un tiers du magazine est consacré aux… futurs hits de 2013. Et donc vas y qu’on nous survole 54 titres à paraitre cette année. Encore une fois, ça part d’une bonne intention, mais ça fait un peu catalogue Fnac non? Et j’en reviens précisément au public du magazine. Les 15-25 ans? Bof je les imagine beaucoup plus aller fureter sur le net, les forums et les blogs. Au delà? Ben il y a les gens comme moi, parfois un peu nostalgiques des magazines des années 90, et qui aimeraient désormais trouver plus de recul dans un support papier (là il y a IG Mag ou Canard PC). Il reste donc les gens qui sont suffisamment éloignés de l’actu jeu vidéo, des parents qui voudraient se renseigner sur les jeux, des gamers occasionnels qui aimeraient une lecture condensée de temps en temps.

Sauf que… sauf que pour ces derniers, il y a déjà Jeux Vidéo Magazine qui a fait son retour sur la scène, lui aussi édité par une société indépendante. Et qu’il a déjà une grosse base de lecteurs (et 50cts de moins, c’est la crise je vous rappelle!) installée, et propose en gros la même chose. Et puis sans dec’, le maquettiste manquait d’inspiration en créant leur logo et leur charte? Parce qu’en voyant la couverture, là aussi c’est un peu trop similaire. Alors en ce qui me concerne, je passe mon tour sur Video Gamer, mais je souhaite quand même que les naufragés trouvent une île solide, pour pouvoir construire une identité et une valeur ajoutée à leur magazine. Bonne chance!

31st Jan2013

Faut-il finir un jeu vidéo…

by Alphajet

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…pour l’apprécier? Tel est le titre à rallonge de cet article. En effet, en tant que joueur régulier mais pas vraiment acharné, je commence souvent des jeux sans les terminer, ce qui peut être parfois très agaçant pour moi qui ai souvent eu l’habitude plus jeune de les finir. Pas tous évidemment, mais au moins ceux qui me plaisaient le plus. Mais qu’est ce que finir un jeu, et est ce qu’arriver au bout est une fin en soi ??

La « fin » d’un jeu tout d’abord dépend beaucoup du genre auquel il appartient. Ca parait un peu grotesque de parler de fin pour un FIFA, un World of Warcraft ou un Street Fighter. En revanche, on comprend mieux le concept dès que le jeu dispose d’un scénario, comme dans les RPG, les Point&Click ou les FPS « classiques ». Pourtant, je considère que ça n’est pas si simple que ça. Quand l’un déclarera avoir terminé Dark Souls, l’autre considèrera ne l’avoir fini qu’après avoir fouillé de fond en comble tous les recoins du jeu et achevé toutes les quêtes. Les jeux de gestion sont un autre bon exemple : Sim City ou Anno par exemple ont bien une « campagne » solo, mais la plupart des gros joueurs vont directement jouer sur une grande carte vierge jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Demandez à un accro d'Anno s'il a "fini le jeu" il vous rira au nez!

Demandez à un accro d’Anno s’il a « fini le jeu » il vous rira au nez!

D’ailleurs, même sur des FPS très populaires comme Call of Duty Modern Warfare 2 et 3, on constate que beaucoup de joueurs préfèrent profiter du mode multijoueur et ne terminent pas la campagne (environ 60% des joueurs PC l’ont finie). Est-ce pour autant qu’ils ratent quelque chose d’inoubliable, ou qu’ils n’y prennent pas de plaisir? Pas vraiment. Si parfois l’ennui vient s’inviter dans un mode solo, ou qu’il est tout simplement horriblement mauvais, il est probable qu’on ne finira pas le jeu. En revanche, la réciproque n’est pas nécessairement vraie. Ça ne vous est jamais arrivé de commencer un jeu, de vraiment y prendre du plaisir, mais au bout d’un moment, pour une raison ou une autre de finir par passer à autre chose? Et pas forcément parce que l’expérience était mauvaise. Parfois on profite juste d’un très bon gameplay pendant un temps, ou d’un univers envoûtant, mais on ne ressent pas le besoin absolu d’aller au bout des choses.

A l’inverse d’un film ou d’un livre où le spectateur/lecteur est passif et suit une histoire de l’introduction jusqu’au dénouement, le joueur, lui, participe à l’aventure. Même si a priori tous les scenarii de jeux sont faits pour avoir une conclusion, de plus en plus de jeux se passent dans un monde ouvert où mille libertés tendent à nous distraire. Je me souviens de mon expérience sur GTA Vice City (mon premier GTA 3D) : j’ai mis très très longtemps à le finir car j’ai passé des heures à m’amuser à survivre le plus longtemps possible à l’armée ou à faire les cascades les plus improbables à moto. Pourtant je ne me suis pas senti une seule seconde frustré (par contre Tommy Vercetti, lui l’a senti passer vu le nombre de fois où il est mort!), et j’aurais pu ne pas finir le jeu et affirmer quand même que c’était un grand jeu. A l’extrême opposé, il est facile de s’amuser très vite avec des jeux type Angry Birds : plaisir immédiat sans le sentiment de passer à côté d’un truc énorme si on ne termine pas tous les niveaux.

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Rien de tel qu’un atterrissage sous le soleil couchant

Cependant, ne pas arriver au bout de l’histoire qui nous est proposée peut aussi s’avérer agaçant, voire exaspérant lorsque c’est sur le coup d’un blocage dans le jeu, d’un passage tellement chiant qu’on finit par abandonner. Quelque part, je comprends aussi pourquoi la durée de vie de nombreux jeux se soit raccourcie au fil des années. C’est quelque part l’assurance qu’une majorité de joueurs vont réussir à arriver au bout sans trop galérer, et du coup se faire une idée plus complète de tout le travail accompli. Une difficulté rarement excessive, des « achievements » à chaque fin de mission, une histoire cisaillée en petites tranches, autant de subterfuges pour inciter le joueur à continuer son aventure… Et puis tout simplement s’arrêter avant la conclusion peut aussi laisser un sentiment de regret, un goût amer d’inachevé pour qui aime aller au bout des choses.

Mais la contrepartie de tout ça, c’est que la pression exercée sur le point final, LA fin, est beaucoup plus importante! Qui a oublié l’affaire Mass Effect 3 avec sa conclusion si décriée – c’est d’ailleurs la première fois que je vois un développeur revoir sa copie sur après le tollé. Parmi les vieux briscards, je suis sûr que certains se souviennent de jeux hyper difficiles, ou très longs qui nous tenaient en haleine pendant des heures pour une récompense du style « Ohh Mike tu m’as sauvé! Marions nous et rentrons à la maison! Fin… » et là combien ont fait « RHAAAAA tout ça pour ça ???!!! ».

Lui, il en a vu quelques unes des fins en bois d'ébène...

Lui, il en a vu quelques unes des fins en bois d’ébène…

Oui la fin d’un jeu est un élément indispensable à de nombreux genres de jeux, et qui ne peut plus être négligée. Elles sont loin les années 80 où seul un highscore servait de motivation. En revanche, si certaines histoires sont tellement passionnantes qu’elles sont difficiles à lâcher avant la fin, ne pensez-vous pas que souvent le plus important et le plus agréable n’est pas la destination finale, mais bien le voyage qui y mène? Hmm ?

22nd Nov2012

Journalisme et jeux vidéo: scandale ordinaire

by Alphajet

Depuis quelques temps (depuis l’affaire Robert Florence en fait), tout le web s’enflamme sur la non-neutralité de la presse vidéo-ludique. Et presque tout le monde en prend pour son grade, du blog jusqu’aux plus gros sites de jeux en passant par les magazines. Ce que je trouve toujours très surprenant en fait quand ce genre de lièvre est soulevé, c’est comment une situation implicitement installée depuis des années devient du jour au lendemain scandaleuse. Ne vous méprenez pas, je ne prétends pas apporter une grande pierre à l’édifice, ni même un caillou d’ailleurs. Mais par pure pulsion du « tiens si j’ouvrais ma gueule », je lance mon gravier malgré tout.

Le fond du problème, en deux mots c’est quoi? C’est que journalistes de tous bords et blogueurs célèbres sont accusés du même mal: une vile connivence avec les « RP », les monsieur et madame Relation Presse des gros éditeurs. Pour dire clairement ce que tout le monde pense, on dénonce des tests et previews élogieuses qui seraient la conséquence de soirées VIP petits-fous arrosées, de jeux soigneusement envoyés – gratuitement il va sans dire – en avance avec un camion benne de goodies, et autres invitations à des sessions de tests privées. En gros, qui dit privilège dit perte d’objectivité.

Ca m’inspire quoi? Hmmm, déjà que ce débat n’est pas nouveau, et que même s’il a moins explosé à l’époque, dans une ère ou Internet n’était pas encore roi, les magazines spécialisés se sont souvent frittés. Untel qui décroche une exclusivité un mois avant tous les autres, un autre qui bénéficie d’un reportage sur une nouvelle console, etc… Il faut quand même se rendre compte qu’à l’époque, c’était justement ces magazines qui véhiculaient les Saints Évangiles de l’actualité vidéo-ludique. Donc, le deal gagnant-gagnant c’était : l’éditeur se fait une bonne publicité pour pas trop cher en invitant les journaleux qui relaieront l’information à leur lectorat avec force de conviction, tandis que les magazines s’affairent à accroitre leur public grâce à la « breaking news » que les autres n’ont pas.

Qu’est ce qui a changé aujourd’hui? Pas grand chose en fait, sauf que la presse papier dans ce domaine est un peu au bout du rouleau (dans une fin de cycle au mieux), et que l’affreuse réalité s’est déplacée sur Internet. La seule nouveauté, c’est que l’acharnement à vouloir proposer l’info qui tue en premier s’est décuplé. En gros, aujourd’hui si tu ne flirtes pas avec les limites du NDA (Non Disclosure Agreement ou Accord de Non-Divulgation en français), que tu ne « teases » pas ton lecteur avec des tweets et des titres racoleurs, si tu ne fais pas le buzz, tu sers à rien. J’exagère à peine.

Après, est ce que s’en insurger aujourd’hui changera réellement quelque chose? A voir comment les journalistes en général (TV, journaux, grands magazines) font souvent honte à leur titre, j’en doute. L’actualité presque en temps réel, c’est ce que demande le peuple après tout non?! Heureusement pas tout le peuple… Mais malgré les mea culpa et les autres justifications pour clarifier que « non, notre indépendance ne peut pas être remise en question! », ce genre de pratique continuera à persister, et conséquemment, le doute sera toujours permis. C’est un peu l’affaire Lance Armstrong quoi. Tout le monde trouve ça louche, on ne peut pas fournir de preuves, mais à un moment donné c’est tellement gros que certaines têtes tombent.

L’ennemi public numéro 1… un peu facile

J’aimerais juste faire un micro apparté sur Julien Chièze, qui sert en gros de bouc émissaire, de tête de turc ou de Louis XVI du jeu vidéo, appelez ça comme vous voulez. C’est vrai qu’il a son petit côté insupportable à inonder tous les flux d’informations de ses actualités fragmentées en 36 posts dans la journée, ou que sa double vie agence de communication / journaliste laisse planer un voile de suspicion sur son impartialité. MAIS, j’oserai dire que le bonhomme reste quand même la personne qui a la meilleure élocution et capacité à parler du jeu vidéo proprement (je veux dire en vidéo, en public). Et qu’au moins sur ce point, il aura fait un petit peu de bien dans un univers que le commun des mortels assimile un peu trop au geek, voire au nerd…

Bon, où je voulais en venir avec tout ça moi? Ah oui, la conclusion. Et bien, que dans le jeu vidéo comme ailleurs, mes chers amis, il faut savoir choisir mais surtout diversifier ses sources. Entre les news mal traduites de l’anglais, les approximations, et les infos lâchées trop tôt et donc incorrectes, il vaut mieux se fier à ceux en qui on garde notre confiance. Personnellement, je commets l’outrage de voir par exemple dans l’équipe de Canard PC une bande d’iconoclastes, de vandales sans foi ni loi, mais qui savent de quoi ils parlent et dont le ton n’a d’égal que leur indépendance et leur je-m’en-foutisme. Personnellement, plus le temps passe et plus je me détache de l’information brute de décoffrage. Je préfère ceux qui analysent pénardement dans leur coin et sortent leur texte quand ils l’ont décidé, pas pour être les premiers à dire une connerie.

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