23rd Avr2017

Jeux Vidéo Pratique : la tristitude du magazine

by Alphajet

Oh ben ça faisait longtemps… Le « test » d’un nouveau magazine ! Oui parce qu’à défaut de trouver du temps pour jouer, il m’arrive d’en consacrer un peu plus à ma lecture vidéoludique ; rare moyen de me garder un minimum informé sur le sujet. Et là, qu’entends-je sur les réseaux sociaux ? Un nouveau magazine déclenche quelques remous. Il s’appellerait même « Jeux Vidéo Pratique », un titre digne des meilleurs magazines de « micro-informatique » des années 90. Alors franchement, est-il vraiment raisonnable de lancer un nouveau magazine dans la catégorie des jeux vidéos en 2017 sur un thème aussi casse gueule que le « pratique ». Non mais sans déconner, ils ont pondu ça en session brainstorming très imbibée d’alcool non ? « Hé Stéphane, et si on lançait un magazine pour tous les joueurs, qui se retrouveraient tous dans un magazine improbable qui arrive à concilier des tests pondus au hasard avec des fiches pratiques qui ne serviront à personne ?! ». C’est l’incroyable défi lancé par ce nouveau trimestriel, qui réalisera peut être l’exploit de mourir après son premier numéro. Mais on y reviendra …

La couv’

J’ai déjà mentionné dans des précédents articles l’importance de la couverture d’un magazine qui représente son identité, sa principale surface commerciale et sa ligne éditoriale. Notre nouvel ami JVP réussit le grand chelem en échouant magnifiquement à tous les niveaux. Petit bilan en 5 points

  1. Le thème rouge qui rappelle, voire permet de le confondre de loin (de très loin) avec JVM. Bref, on sait que le rouge attire l’oeil mais c’est du déjà vu (Video Gamer avait utilisé la même technique à son lancement).
  2. Le choix de Mario en bonne place sur la couverture alors qui est illustré dans le magazine par un article d’une seule page sur Super Mario Run. Assez léger comme justification.
  3. Les énormes encarts flashy, dont celui sur les « 60 fiches pratiques pour mieux jouer » ou « les 101 meilleurs jeux » qui tentent à tout prix d’étoffer un contenu qu’on découvrira en fait assez pauvre
  4. L’humour pathétique. Faut-il acheter la Switch… « La véritié, pitié ! ». Un bref aperçu de la souffrance qui vous attend à l’intérieur.
  5. La police de caractères, bordel, la police !!! Ou plutôt LES polices ! Regardez-moi cette police choisie pour le nom du magazine ! Le Comic Sans est très proche les amis, très proche ! A vue de nez, il y a 5 polices de caractères différentes sur cette couverture… un semblant de cohérence.. Hmm ? Non. Et c’est quoi ce gimmick avec les i dans « NiNTENDO SWiTCH » ??

La ligne éditoriale

Le sieur Stéphane Moreau et son acolyte Henry Treuil nous proposent en édito puis en préambule une sorte de récapitulatif de leur mission très vindicatif. Avec force de points d’exclamation, de majuscules, et d’attaques plus ou moins masquées, ils nous énoncent que la force de leur magazine réside dans leur indépendance, l’absence de publicité, leurs principes incorruptibles. Mais quelle idée leur est passée par la tête d’attaquer un nouveau magazine sur ce plan. La couverture et le début de l’éditorial laissent penser à un magazine pour les néophytes et on se retrouve avec un thème très complotiste des journalistes corrompus. De plus, alors que cette présentation laisse penser à des tests de jeux intransigeants et en quelque sorte sans concession par rapport à ceux qui sont critiqués (mais pas cités), le reste du magazine ne laisse nullement transparaître cette logique.

Bien au contraire, on peut se demander si un magazine qui annonce « ZERO % DE PUB » à côté d’une pub pour PNY ou avec une 4e de couv’ arborant Resident Evil VII est bien sérieux (certes, il n’y a que trois publicités, mais ça n’est pas zéro…).

Non, rendors toi Jeux Vidéo Pratique ! A tout jamais !

Le contenu

C’est forcément une déception puisque l’éditorial revendique que le magazine est conçu pour les « profanes qui se demandent encore comment tenir la manette aux hardcore gamers dévoreurs de pizza en passant par toutes les couleurs de l’arc en ciel ». Toutes les couleurs de l’arc en ciel …?? Bref, un contenu sans ligne directrice claire part forcément dans tous les sens.

Prenez la rubrique « Tests » par exemple. Leur magazine étant nouveau, les rédacteurs on cru bon de proposer les « tests 2017 des »101 meilleurs jeux », promesse de couverture. J’ai beau avoir fouillé le magazine, je n’ai trouvé que 24 tests… Pourquoi ? Il n’y a pas vraiment de cohérence dans cette sélection, et encore moins d’indication de la cible de chacun. On sait juste sur quelle plateforme le jeu est disponible et on nous sert une vague critique en quelques lignes ponctuée d’une note sur 10 points. Pourquoi privilégier la quantité à la qualité ? Pourquoi, quitte à séduire les non-connaisseurs, ne pas avoir proposé une sélection des meilleurs jeux dans chaque genre ? Trop de questions qui resteront probablement sans réponse…

Et puis la question à 101 millions d’euros, qu’est ce que c’est que cette fausse bonne idée de fiches pratiques (encore une fois, on se demande d’où sort le chiffre de 60 alors qu’il n’y en a que 22 dans le magazine…). A mi-chemin entre l’astuce qu’on trouvait dans les années 90 et les « conseils » façon Captain Obvious – « comment s’améliorer ? Ne pas s’énerver, regarder des vidéos en ligne … » c’est juste totalement incongru en 2017. Effectivement, personne ne fait ça, comme ça. Pour une bonne raison : parce que c’est nul et sans intérêt…

Le style

Tout magazine, au delà de sa ligne éditoriale, impose une empreinte, un ton qui le caractérise. On connait Canard PC pour son humour parfois graveleux mais son intransigeance dans les tests, The Game par exemple avec un style concis mais qui va droit au but. Jeux Vidéo Pratique a un style, le point d’exclamation. Jugeant j’imagine que la génération Youtube aime les phrases d’accroche et les bonnes vannes qui tombent à point nommé, les rédacteurs essaient de mimer un ton humoristique et de conclure la quasi-totalité de leurs paragraphes d’une pseudo-blague à deux roubles qui ne fera rire personne.

Je vous laisse juge sur la qualité des « conseils »

D’autre part, la majorité des thèmes sont abordés avec une sorte de naïveté qui fait un peu peine, car comme dit dans mon intro, ces textes ne s’adressent à mon avis à rien. Même pas aux mollusques ou aux arbres… Les dossiers ne sont ni précis, ni exhaustifs, plutôt pour les néophytes mais lesquels ? Quel débutant exploiterait ce JVP comme référence alors qu’on trouve énormément de ressources en ligne ou des sites comme BienDébuter par exemple ?

En conclusion…

…N’achetez pas ce trimestriel, dont j’ai appris qu’un second numéro avait été commis. En fait, je ne vois même pas l’intérêt de vous le déconseiller vu qu’il fait déjà l’objet de lourdes moqueries sur les réseaux sociaux : je pense que sa réputation le précède déjà. Bref, en vieillissant je me rends compte à quel point il devient important de maximiser l’exploitation de son temps pour des choses qu’on aime et qui nous intéressent. Alors profitez-en pour jouer, lire des bons papiers ou tout simplement passer du temps avec vos proches. Quant aux rédacteurs de JVP, rendez-vous service et trouvez un autre métier.

10th Fév2015

Critique magazine : PC Gamer

by Alphajet

PC_Gamer_01Ma générosité envers les magazines de jeu vidéo trouvera-t-elle une limite?? Mais en fin de compte, je n’ai pas trouvé grand chose à propos de ce « nouveau » magazine consacré aux jeux PC. Du coup, ça me semble plutôt opportun de vous en toucher deux mots, histoire de savoir s’il mérite ses quelques euros. Mais passons tout de suite aux présentations : PC Gamer est un spin-off de Video Gamer, qui parait tous les deux mois pour le tarif de 4,90€. Il n’a cependant rien à voir avec les éditions britanniques ou américaines de PC Gamer, desquelles le plus proche parent français était PC Jeux, décédé en 2012 lors de la grande épidémie qui a éradiqué 90% des magazines de jeux du marché avec la liquidation de Mer7.

Le rédacteur en chef est donc le même que pour Video Gamer, et on trouve de toute façon certains noms bien connus parmi les rédacteurs.

La couv’

PC Gamer présente un facial à la fois proche et différent de son frangin Video Gamer. D’une part, il y a un air de ressemblance avec une large illustration d’un jeu dont un focus est fait dans le numéro, mais il s’en démarque par un titre/logo encore plus visible qui barre toute la largeur du haut de la couverture. Une bonne façon de le repérer à coup sûr et de trancher face au rouge de Jeux Vidéo Magazine par exemple. Le reste est relativement classique avec un rappel des principaux titres abordés dans les pages du mag, mais aussi toujours une touche de hardware, un domaine souvent cher au joueur PC. On verra ce qu’il en est réellement plus tard.

L’édito

On en est déjà au second numéro de PC Gamer, et c’est « la rédaction » qui signe l’édito. On sent donc une volonté de parler d’une seule voix pour ouvrir le propos. Quel est le pitch ? En gros que le laboratoire (avec les jeux indépendants, les early-access, le crowdfunding…) et la meilleure expérience de jeu vidéo – graphiquement parlant – se trouve aujourd’hui sur PC. Pas faux en effet, mais cela parait tout de même assez osé à l’heure où les consoles représentent le gros du marché. Mais cela tend aussi à dire qu’on peut retrouver des magazines encore plus spécialisés, du moins s’il rencontre son public. En tout cas la volonté semble être de mettre l’accent sur les forces du PC, ses spécificités (les MMORPG, MOBA, …) et ses avancées côté matériel. Voyons voir si ça se précise par la suite…

Le contenu

PC Gamer se découpe en 4 grandes parties.

La première est surnommée « Actus ». Alors oui, les actus dans un bimestriel, ça peut faire peur. Mais la rédaction, au lieu de traiter succinctement d’un maximum de sujets, se concentre sur quelques nouvelles en étoffant un peu le discours. Une bonne chose, d’autant que les sujets abordés ne sont pas toujours sous les feux des projecteurs. On a principalement droit à des focus d’un peu moins d’une page sur les jeux à venir au cours des prochains mois. Certains comme Overwatch ou Battlefield Hardline par exemple s’étalent sur plusieurs pages et permettent d’en savoir un peu plus sur le jeu en question, même si on n’en apprend pas forcément plus que ce qu’on peut trouver ça et là en ligne. En revanche, c’est assez souvent plutôt un bon condensé, permettant au joueur PC un peu occasionnel de bénéficier d’un panel d’informations assez touffu sur les gros titres à venir, comme Evolve. La sélection des jeux est assez judicieuse car elle n’hésite pas à mettre l’accent sur ceux avant tout – voire exclusivement – destinés au PC.

Day of the Tentacle, monument de l'oeuvre LucasArts

Day of the Tentacle, monument de l’oeuvre LucasArts

La seconde section est constituée des « Focus ». L’occasion de s’attarder sur une thématique au cours de quelques pages. Difficile exercice avec un nombre de pages assez limité. Le premier numéro présentait judicieusement une sélection de jeux indépendants qui valent le détour, mais qui aurait mérité une présentation un peu moins courte de chaque titre. Le second quant à lui revient sur les plateformes de jeu dématérialisé ; sans grande surprise ni réellement exhaustif, mais encore une fois une bonne synthèse des offres principales du marché. Je regrette un peu la maquette qui privilégie les images envahissantes au texte. En revanche, mention très bien aux pages de la section Rétro de Denis Brusseaux qui revient successivement sur les success stories de Lucasarts et de Sierra avec nostalgie et passion.

Coincé entre la poire et le fromage, la rubrique Conso/Matos est celle qui se rapproche le plus du magazine « guide d’achat ». Mais il faut rappeler que le gamer PC est une cible de choix pour les fabricants de clavier, souris, casques et autres accessoires destinés à parfaire son exclusivité. Encore que les joueurs console n’ont plus guère que les composants à leur envier… Justement, les « tests » de matériel sont plutôt un aperçu, ou du moins une opinion générale sur le produit plutôt qu’une succession de benchmarks. A destiner aux joueurs qui veulent se faire un avis rapide sur la dernière génération de cartes graphiques par exemple. Le numéro 2 aborde les récents ultrabooks avec docks, évoqué avec curiosité mais des doutes qu’il m’a semblé juste de soulever. Une double page présente enfin quelques nouveautés en quelques lignes chacune. Bref c’est la partie qui m’a le moins convaincu.

La sélection matos, sympa mais vraiment sans plus...

La sélection matos, sympa mais vraiment sans plus…

Enfin, évidemment, le cœur du poulet ce sont les Tests qui occupent un tiers du magazine. Que dire… Les rédacteurs sont des plumes connues, le style est agréable… Allez faisons un « J’aime/J’aime pas ». J’ai aimé le côté synthétique des critiques qui vont droit au but sans être pour autant trop impersonnelles. J’ai aimé aussi les jeux sélectionnés pour la période de deux mois, qui comprennent forcément les hits incontournables mais aussi des titres typés PC (comme Civilization ou Company of Heroes 2) ou des moins connus, du genre This War is Mine qui mérite de l’être plus (connu). J’ai aussi apprécié le courage d’étaler un test sur 6 à 8 pages pour les coups de cœur comme Alien Isolation… mais beaucoup moins d’en gâcher 2 ou 3 pour y foutre des images pleine page… J’ai trouvé également ridiculement cosmétique d’équilibrer le nombre de points forts et points faibles comme si ça apportait quelque chose au propos. Enfin, petit manque d’audace sur la notation qui navigue très souvent gentiment entre 14 et 18 sur 20. Bon en même temps, on aura rarement vu un magazine se vendre avec un panel complet de jeux médiocres… donc je comprends que la sélection bimestrielle soit plus convenue.

Le mot de la fin

PC Gamer est un peu le cul entre trois chaises. C’est un magazine spécialisé PC, mais pas forcément un magazine de spécialistes avertis, avec des articles assez généralistes. Pour autant, certains focus ou la rubriques rétro sont intéressantes à plus d’un titre. La périodicité pose également question car elle impose de condenser l’actu, les tests et les dossiers dans 100 pages tous les deux mois. Et quand on voit certaines pages sacrifiées sous l’autel de la maquette, on sent que le magazine se cherche encore un peu, et surtout, cherche son public. La cible se trouve probablement vers le trentenaire ou quarantenaire qui n’a pas toujours le temps d’écumer les sites d’informations pour se renseigner (et y trier les 2/3 d’informations poubelles qui y trainent).

Pour toutes ces raisons, je souhaite bonne chance à PC Gamer, en espérant que la rédaction puisse lui insuffler suffisamment de personnalité et de spécificité pour qu’il puisse se démarquer de ses confrères les plus grand public (Jeux Vidéo Magazine ou Jeux Vidéo News) et plus « adultes » comme JV, Games ou The Game. Je crains juste que l’espace dans la presse vidéoludique (et le budget des lecteurs) se restreigne un peu trop pour un titre qui ne manque pourtant pas d’atouts.

03rd Août2014

Jeux Video News : le nouveau vieux mag

by Alphajet

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C’est le mois de Juillet, c’est l’été, il fait bon, les lycéens et les étudiants ont fini leurs examens respectifs et profitent d’une pause bien méritée dans leur dur apprentissage de la vie, mais surtout de la glande. Et pour bien faire, rien de mieux que des vacances à écouter Moby, Santana, ou Eminem, chatter sur Caramail avec son modem 56k alors que l’équipe de France de Football devient championne d’Europe. Oui, bienvenue en 2000 les amis, sainte année où sort le magazine Jeux Video News ! Un magazine d’actualité sur le jeu vidéo, prêt à concurrencer Playstation Magazine, Joystick ou Gen4, avec plein de news exclusives que personne n’aura lues ailleurs. Le tout pour le prix modique de 3,80€, welcome in the 21st century !

Voilà l’intro que j’aurais pu écrire il y a 14 ans sur mon vieux site tout fluo « Alphaplay » (pour ceux qui n’ont pas peur de se piquer les yeux https://web.archive.org/web/20030827011406/http://alphajet.free.fr/alphaplay/). Mais il y a un tout petit hic, Jeux Video News sort en 2014, coincé entre Video Gamer ou Jeux Video Magazine d’un côté, et JV ou Games de l’autre. Généreux comme je le suis envers la presse vidéoludique, j’achète ce numéro 1 et je vous le commente en bonne et due forme…

La couv’

Je le rabache à chaque fois, mais c’est toujours aussi vrai aujourd’hui : la couverture d’un magazine, c’est son identité et le premier moyen d’attirer l’œil dans les rayons chargés des buralistes. Concrètement, que nous propose celle de JV News ? Un logo simple dans le coin supérieur gauche, sur fond jaune, un fond coloré avec en très gros du Call of Duty, et juste après Assasin’s Creed, Tomb Raider, Uncharted et Battlefield. Tout en haut, emplacement stratégique qui sera le premier vu dans l’étal : « 6 posters gratuits! » et « Gagnez 1 Piaggio ZIP »… Ca vous résume assez bien la situation ou bien il faut que j’explique? En bref, une couverture qui ne se démarque pas du tout, zéro originalité et un œil non habitué pourrait la prendre pour un autre magazine.

L’édito

L’éditorial d’un premier numéro est censé planter le décor, tracer une ligne directrice pour les prochains numéros, expliquer le concept quoi. La rédaction nous vend « toutes les news qui font le buzz », et l’argument du conseil « à 70€le jeu new-gen, il ne faut pas se tromper ». Du coup la rubrique test ambitionne d’être la plus exhaustive possible. Et … c’est à peu près tout. Franchement, le pitch est tout simplement pauvre. On se retrouve avec un guide d’achat, face à Jeux Video Magazine et Video Gamer qui savent très bien le faire, depuis plus longtemps.

Le contenu

Aucune surprise là encore, le tryptique « New/Preview/Tests » est respecté à la lettre. L’E3 ayant eu lieu en Juin, le magazine en profite logiquement pour rapporter une tonne d’actualités qu’on a déjà lues depuis un mois. La maquette fait la place belle aux images (d’éditeur…) pour cacher la pauvreté du texte, qui n’apprend rien. La plupart des news tiennent sur un petit bout de papier, pas de quoi tirer d’enseignement particulier, ça n’est clairement pas l’objectif. Les pages se suivent et se ressemblent, « dévoilant » les gros titres à venir pour la fin de l’année et pour 2015, mais la manière est toujours la même: une tentative de résumer en quelques phrases les nouveautés du jeu ou ses caractéristiques, et annoncer une date de sortie prévisionnelle.

Encore un grand classique : 4 pages sont dédiées au match FIFA 15 vs PES 2015, où le rédacteur ne se mouille quasiment pas en annonçant la victoire du jeu d’EA d’une courte tête… Une double page shopping propose quelques périphériques à acheter, mais Jeux Video Magazine fait bien mieux dans ce domaine. Ah ça y est j’arrive sur la rubrique Tests! Un petit pavé nous explique comment les jeux sont notés. Hmm, une note sur 5  pour les graphismes, durée de vie, gameplay et bande-son…hmmm le « on aime/on aime pas », un verdict et surtout, surtout… UNE NOTE SUR 100% ! La justification « Nous sommes certains que ça fait des décennies que vous n’aviez pas vu de pourcentages. Et paf! Nostalgie, quand tu nous tiens… » Je suis sur le popotin. JV News assumerait il totalement son côté « ringard »?

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Petit extrait : focus sur un test qui vous donne un aperçu de la place du texte au milieu des images.

La promesse d’exhaustivité se reflète en 24 pages dans lesquelles la plupart des jeux sont expédiés en 1/2 pages et quelques lignes. On nous ressort quand même Game Dev Story qui est paru il y a plus de 3 ans! Pour le côté « actus » faudra repasser les gars. Le coup d’éclat, c’est le 98% accordé à Soldats Inconnus d’Ubisoft, ça frappe fort d’entrée; pourquoi pas… Les « dossiers » conseils concernent une sélection pour consoles portables pas mal foutu mais tellement court! 3 pages seulement là où ils auraient pu se démarquer avec un panel plus complet et plus original, et un avis sur la location de jeux… Dommage qu’entre temps EA ait annoncé son pass à 3,99€ par mois, qui du coup n’est pas abordé, décalage de la presse papier oblige.

Le mag’ est complété par les configurations PC recommandées et les posters qui trônent au centre. Toujours sans surprises. Par contre j’ai été surpris par le faible nombre de pubs (environ 9 pages sur 114 dont 2 pour promouvoir l’abonnement au mag) ; à voir si cela restera la norme pour la suite, mais c’est un bon point.

Le mot de la fin

N’achetez pas Jeux Video News. Je suis rarement aussi catégorique mais, je pense que c’est rendre service à la presse jeu vidéo qui se relève à peine de la catastrophe Yellow Media/Mer7. Vous voulez un magazine pas prise de tête pour la plage? Achetez Jeux Video Mag ou Video Gamer : leur formule est connue depuis longtemps, efficace, et en plus ils ont sorti un couv’ orange fluo pour être sûr de ne pas la rater. Vous voulez un magazine de poilus, sans langue de bois et qui cause de jeux en profondeur, et ceux dont tout le monde ne parle pas? Achetez Canard PC. Vous voulez un magazine qui sort de l’ordinaire, qui parle du jeu vidéo d’une autre manière ? Achetez JV le Mag, Games ou le récent The Game.

Jeux Video News aurait été un carton il y a 14 ans. Aujourd’hui, c’est juste 114 pages de papier pas cher, sans originalité, sans passion et sans grand intérêt. Gardez vos thunes pour les autres… ou pour un Humble Bundle.

01st Août2014

Jacked : les coulisses de GTA

by Alphajet

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Je vous avais fait partager il y a quelques temps mon avis sur « Masters of Doom », l’histoire officieuse d’iD Software et des pères fondateurs du FPS. Un livre généralement bien documenté, qui m’avait offert une belle lucarne sur la genèse d’une équipe de fous furieux du jeu vidéo, à travers une époque finalement assez rock et emblématique d’une génération de joueurs. C’est maintenant du dernier bouquin du même auteur – David Kushner – dont j’aimerais parler, Jacked. En réalité, je l’avais même acheté avant mais finalement attaqué en second.

Et finalement, c’est probablement dans cet ordre que je vous recommanderais de les lire, tant ces deux histoires se complètent presque. Masters of Doom nous plaçait au tournant des années 80 et 90, entre les développeurs de garage et la création d’un des studios les plus réputés de cette époque. Jacked lui emboite le pas en narrant la fin des années 90 et la première décennie du XXIe siècle. De façon encore plus claire par contre, David Kushner nous propose plusieurs histoires dans l’histoire.

L’aventure GTA, c’est d’abord l’histoire de Sam Houser, et dans une moindre mesure celle de son frère (scénariste de la série), un écossais avec les dents longues et l’envie de changer la face du jeu vidéo. Pour tout dire, je ne savais même pas que la série avait été initiée en Écosse, à Dundee, un coin qu’on n’imagine pas sépcialement être un berceau du jeu vidéo. C’est donc non seulement les origines du créateur d’une des séries les plus vendues du jeu vidéo qui est racontée, mais aussi son évolution dans la dizaine d’années qui a suivi. Parti de presque rien, Sam a fondé l’empire Rockstar. Rockstar, le nom même du studio qui parait un brin prétentieux mais qui en dit tellement long sur l’état d’esprit de son boss. La mentalité rebelle, l’envie de briser les frontières du politiquement correct, le besoin de reconnaissance et de popularité.

Mais le livre n’élude pas le côté obscur de Sam : son totalitarisme – ses idées et sa façon de fonctionner doivent être appliquées par tous dans sa société – et son extrémisme caractérisé par l’affaire « Hot Coffee ». Mais c’est un peu le lot de tous les créateurs célèbres que d’être controversés. Sam Houser, à ce titre, me rappelle un peu John Romero, qui a vu ses plus proches amis s’éloigner de lui, jusqu’à l’exclure. Le maître de GTA est lui, resté à la barre, mais il s’agit d’une autre époque…

Jacked raconte ensuite ce qu’est Rockstar, et comment de la petite structure écossaise de DMA Design s’est transformée en un des studios emblématiques du jeu vidéo. Tout commence avec Dave Jones qui est en réalité le premier instigateur de GTA. Difficile d’imaginer que ce gars est aussi le créateur des paisibles Lemmings!! C’est Sam Houser qui saura donner une dimension internationale… et une odeur de scandale au couple GTA/Rockstar, et s’associer avec l’éditeur Take Two au bon moment. David Kushner narre plutôt bien le décalage qu’il pouvait y avoir entre les écossais et les new yorkais qui bossaient pourtant sur les mêmes projets. Enfin, à partir de la trilogie du 3e épisode (GTA III, Vice City et San Andreas), on plonge dans ces périodes de crunch incessantes où les équipes de développement finissent par passer plus de temps au travail que chez eux. Rockstar révèle alors ses dérives et que derrière l’emblème étincelant la réalité n’est pas toujours si glamrock…

Un logo qui se prend bien plus au sérieux que je ne l'avais imaginé

Un logo qui se prend bien plus au sérieux que je ne l’avais imaginé

Bien sûr Jacked témoigne ensuite de l’évolution technologique des jeux vidéo (le passage à la 3D si emblématique de la série), tout comme de l’évolution des mentalités. Mais ce qui marque cette décennie, c’est aussi l’avocat Jack Thompson, ennemi juré des joueurs et des développeurs, pourfendeur des jeux vidéo et – il faut le dire – complètement obsessionnel. A travers son combat, c’est comment l’industrie du jeu vidéo s’est consolidée, aux Etats-Unis notamment, et a répondu à ce type d’attaque pour lesquels GTA représentait la cible idéale (enfin… avec Manhunt, Bully et autres jeux « outranciers »). Le récit m’aura surtout marqué par une phrase, qui disait en substance que si Jack Thompson avait pu exister à ce point, c’est que les médias, y compris ceux spécialisés dans le jeu vidéo, lui avaient accordé une bien trop grande importance et visibilité.

Ce qui m’amène à deux conclusions, moi qui lisait les moqueries à son sujet dans Joystick à l’époque:
1. Ce « combat » a plus ou moins marqué l’arrivée de discours sur le jeu vidéo dans les médias grand public. Quelque part, qu’on en parle en mal ou en bien, l’essentiel est qu’on en parle.
2. Que blagues potaches et amateurisme dans le monde de la presse vidéoludique ont pu causer plus de tort que de bien à leur média préféré. Je ne jette pas la pierre, loin de là, mais je constate juste (même si ce combat était très loin d’être aussi virulent en Europe, loin de la très puritaine Amérique) un parallèle avec le « DoritosGate » récent. D’ailleurs, Joystick moquait également beaucoup Bill Gates et Steve Jobs à l’époque, qui sont respectivement devenus homme-le-plus-riche-du-monde et demi-dieu-techno-geek…

Bref, Jacked est un ouvrage que je ne peux que vous recommander, parce qu’il est bien documenté, plutôt bien écrit, et qu’il ne se prive pas de montrer les « égouts » du jeu vidéo quand il faut le faire. Si le backstage de GTA vous intéresse, c’est LE livre à lire.

Crédits image : www.gamerside.fr
22nd Fév2014

Les maîtres du carnage

by Alphajet

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Ça n’est pas le titre officiel de la traduction française, et c’est probablement l’élément que je trouve le moins réussi dans ce livre de David Kushner. Publié donc sous le titre « Les maîtres du jeu vidéo », il s’agit d’un récit assez ancien puisqu’il date d’une dizaine d’années. Ca n’affecte pour autant pas du tout son intérêt ou sa pertinence ; je dirais même que je le trouve d’autant plus passionnant aujourd’hui, tant cela permet de prendre du recul sur l’évolution de l’industrie du jeu vidéo. Bref, c’est donc le parcours de deux John, depuis leur enfance pas toujours drôle jusqu’aux milliards et aux Ferrari.

On parle ici de John Romero et John Carmack, deux noms que les années 90 ont consacré parmi les plus grands concepteurs de jeu vidéo de tous les temps. Le premier s’est pourtant égaré au tournant des années 2000, quand le second fait toujours l’actualité, ayant récemment rejoint la société Oculus VR pour soutenir leur innovant casque de réalité virtuelle. Mais reprenons au commencement. Kushner retrace l’enfance de Carmack et Romero dans les années 80 qui permet de comprendre leur passion, voire leur addiction pour le jeu vidéo. Mais aussi dès le départ leur façon différente de l’envisager : Romero est un extrémiste du jeu à proprement parler, quand Carmack est avant tout obnubilé par la technologie. Mais tous deux se complètent et lancent une des sociétés les plus mythiques de notre secteur : iD Software.

Le bouquin ne se démarque pas particulièrement par son écriture, il comporte même un certain nombre de coquilles, mais il m’a pourtant accroché du début à la fin. Parce que le destin de ces deux gars raconte un peu le rêve de tous les férus du jeu vidéo qui ont vécu la sortie de Wolfenstein 3D ou Doom. Il m’a replongé dans mon adolescence avec Torment, quand on imaginait quel jeu vidéo on aurait aimé créer, qu’on confrontait nos idées et qu’il me montrait son carnet de dessins remplis de vaisseaux spatiaux ou de personnages. Sauf que contrairement à nous, les deux John sont allés au bout de ce rêve et ont fait de leur passion un boulot, et en réalisant les jeux auxquels ils auraient aimé jouer, ils ont révolutionné le marché.

Mais David Kushner explique aussi très bien comment leur égo respectif et leur vision finalement très différente de la conception d’un jeu, les ont mené au clash et à une séparation irréversible. On traverse ainsi trois époques, et trois situations différentes : la construction de leur passion des les années 70-80, la consécration dans les années 90, et la séparation et leur radicalisation à tous les deux à la fin du siècle dernier jusqu’au début 2000. Je n’aurais d’ailleurs pas été contre la suite de cette aventure tellement certains passages étaient prenants! Mais en toute honnêteté, elle aurait probablement été moins intéressante.

Deux John donc, qui sont à l’origine de jeux de légende, et qu’on découvre réellement au travers des 360 pages de cette histoire qui raconte comment ils sont passés d’une enfance modeste à un statut de millionnaire. Le livre se parcourt sans difficulté, et je le conseille tout autant à ceux qui ont connu cette époque dorée des années 90 qu’à ceux qui sont des joueurs du XXIe siècle et qui voudraient découvrir les origines de nombreux jeux modernes. Je dirais aussi que c’est un très bon témoignage de l’évolution des joueurs, et du développement du marché de masse. C’est vraiment une mine d’informations et un très beau portrait de ces deux personnalités, mais plutôt qu’en rajouter encore une couche, je vous laisse les découvrir par vous même.

Je vais maintenant continuer avec un autre bouquin de Kushner qui retrace l’histoire de GTA et de ses créateurs.

« Les maîtres du jeu vidéo » de David Kushner, édité en France par Ecole/Ecole Loisirs.

28th Jan2012

Joystick bouge encore

by Alphajet

Il faudra bien du gros poil de Wookie pour que Joy passe l'hiver!

En tout cas c’est ce qu’il paraît. Il y a un peu plus de 3 mois j’arrêtais mon abonnement et je déplorais l’orientation que prenait ce magazine légendaire qui perdait chaque mois un peu plus en qualité. Il y a quelques temps, j’apprenais par l’ami Bob que Yellow Media, le groupe de presse qui avait englouti à peu près tous les magazines de high tech et de jeux vidéo sur le marché était enfin mort. Je dis « enfin », car il est de notoriété commune que cette société avait plutôt sclérosé le milieu et poussé de nombreux journalistes vers les sites web comme Gameblog, Gamekult, ou d’autres magazines indépendants du style Canard PC.

J’avoue qu’à un moment je pensais vraiment que Joy’ allait crever la bouche ouverte au crépuscule de 2011 dans un caniveau verglacé. J’ai l’impression que l’approvisionnement des derniers numéros de 2011 chez les marchands de journaux a été assez chaotique car il n’y a rien eu pendant un moment, puis soudainement deux numéros quasi consécutifs. Et au début du mois, le numéro anniversaire 250 est finalement sorti, édité par le groupe M.E.R.7. Alors quoi de neuf pour 2012?

Et bien, première victime de la crise, le Courrier des Lecteurs a disparu. Ca ne m’étonne pas du tout vu que cette rubrique, que j’adorais étant jeune, n’était plus qu’un zombie unijambiste : plus personne n’écrivait à la rédaction et ça se sentait le sapin. Ensuite, j’aurais pensé que pour ce numéro qui célèbre tout de même 22 ans d’existence, le jeu offert serait un peu plus exceptionnel que ce « The Secrets of Da Vinci : Le Manuscrit Interdit » qui ne me rappelle rien. Un Google rapide m’a fait comprendre pourquoi. Il s’agit d’un jeu d’aventure, certes potable, mais sorti il y a quand même 6 ans! Même le rédacteur de cette rubrique semble se moquer allègrement du titre qui sent bien le formol…

Passons rapidement sur les 11 pages concernant Star Wars The Old Republic, et fonçons sur le dossier spécial numéro 250 qui m’a fait acheter le magazine. « Les 10 numéros qui ont marqué Joystick« . C’était une belle occasion de rendre hommage à l’illustre histoire de la rédaction et le résultat est frappant. Sur les 10 numéros retenus, 8 proviennent de la grande époque du magazine entre 1990 et 2000. Sur les deux numéros restants, le n°164 évoque la sortie de WoW qui a effectivement été le cheval de bataille des différentes rédactions qui se sont succédées pendant les années suivantes pour faire vendre du papier.

Symbole des temps, SavonFou évoque aussi le test d’anthologie de Dungeon Keeper en 1997 par Seb et déclare « je n’ai pas connu le Seb en question, mais s’il était pigiste, il a dû gagner de quoi passer de chouettes vacances au soleil ». Sans vouloir passer pour un vieux con, c’est un peu une grosse gifle pour tous ceux qui connaissent l’histoire du magazine, et du Seb en question. Pour mémoire, Seb c’est l’inventeur des vidéos à la con fourrées sur leurs CD dans les années 90 et surtout du fameux slogan « Chez nous à Joystick, les jeux vidéo c’est notre passion! ». Un motto qui semble désormais franchement loin… Bon courage quand même à la nouvelle équipe pour cette nouvelle année, ça va être dur!

23rd Jan2012

IG Mag Hors Série n°3 spécial BD

by Alphajet

Les couvertures d'IG sont souvent super réussies avec une très belle qualité de papier

IG Mag est un magazine que je suis depuis quelques mois avec toujours autant d’intérêt. En s’éloignant de la formule mensuelle, il s’éloigne clairement de l’actualité qui est maintenant l’apanage des sites web, et prend au contraire plus de recul sur notre média. Et puis l’été dernier, 3 hors-série sont venus compléter les traditionnels bimestriels.

Autant le dire tout de suite, j’ai beaucoup apprécié le premier HS sur les « trivia » et easter eggs, ces anecdotes dans les jeux vidéo. Vraiment super plaisant à lire et ça restera une petite bible – non exhaustive – très sympa sur le sujet. Le HS 2,peut être encore trouvable chez le marchand de journaux, est consacré à Zelda pour fêter les 25 ans de la série. Une belle rétrospective complète de cette saga immanquable.

Puis très peu de temps après sortait donc ce hors-série spécial BD, toujours disponible actuellement. Greg (scénario) et Kiri (pour le coup de crayon) nous proposent un condensé de leurs tests BD. Pour ceux qui ne connaitraient pas, à chaque numéro d’IG Mag, ils se mettent en scène sur quelques pages dans un jeu vidéo précis. C’est alors l’occasion de détailler son fonctionnement, certains détails de son gameplay, et de commenter avec humour ses particularités. Bien souvent, les situations sont vraiment comiques et les dessins de Kiri les mettent très bien en valeur.

C’est aussi l’occasion, pour moi en tout cas, de découvrir certains titres pas forcément très comme Dynasty Warriors ou Gachitora, et culturellement très ancrés dans la tradition japonaise. Parfois peut être un peu trop même puisqu’on peut louper certains gags. Mais finalement, même si j’ai apprécié ce HS dans l’ensemble, je lui reproche quand même d’être plus ou moins une compilation des BDs déjà parues dans IG pour 7,50€. Je n’ai pas lu les premiers IG pour en juger, mais il me semble bien qu’il y a pas mal de reprises… Allez, je ne boude quand même pas mon plaisir en espérant que le prochain numéro de « Haut Bas Gauche Droite » soit encore plus sympa et original!

12th Jan2012

The Economist’s Special Report on Video Games

by Torment

OK, je sais que cette information a 3 mois de retard, mais je pense qu’elle est vraiment intéressante.
The Economist a sorti un rapport spécial sur les jeux vidéo, ce qui vous permettra de pratiquer votre anglais. 😉
Sur les 8 articles sur le sujet, on peut en interroger 5 par semaine.

Je trouve ce rapport (ici) particulièrement intéressant dans la mesure où il est rare qu’une revue « sérieuse » approche ce sujet. Les autres articles sont dans le cadre « In this special report ».

Les films sont devant les JVs à condition de ne pas compter le hardware

Les leçons que j’en ai tiré est que les jeux vidéo sont déjà devenus le média
dominant durant la dernière décennie, qu’il est beaucoup mieux accepté,et qu’il touche de plus en plus de couches démographiques.
Aussi, le rédacteur prédit qu’ils vont continuer d’évoluer de manière
très excitante, car contrairement à l’industrie musicale qui se sent
menacée par les nouvelles technologies (Napster), le jeu vidéo lui, sait tirer partie des nouvelles innovations (Facebook, Smartphones,
Motion Control,…).

J’ai trouvé le résumé audio assez amusant (ici). A la fin l’intervieweur demande au rédacteur si il a le temps de jouer, le rédacteur répond Portal 2, Fallout 3….
L’interviewer avoue ensuite qu’il joue aussi à Fallout 3 et qu’il a démarré Skyrim.

Encore un peu et le jeu vidéo perd sa stigmatisation. 🙂

15th Nov2011

Trois Couleurs : Games Stories

by Alphajet

Même avec l'énorme dérive de couleur de mon scanner, on voit quand même bien ce rose fluo à 2km

Hors série n°7 d’un magazine dont je n’avais jamais entendu parler auparavant, je n’aurais très probablement jamais croisé sa route si je n’avais pas trainé dans les rayons d’un libraire de l’aéroport Charles de Gaulle entre 2 vols. J’ai donc découvert la couverture flashy (rose fluo, ça pète!) de Trois Couleurs : Games Stories détonnant en plein milieu de la masse standardisée de la presse vidéoludique. De temps en temps, ça fait du bien de voir un papier non estampillé « Yellow Media » pour apporter un peu d’air frais.

Dans ce hors-série, 100% dédié à notre loisir de prédilection, des rédacteurs habitués du secteur, mais aussi des plus novices, nous présentent l’Histoire du Jeu Vidéo à travers des personnalités, des évènements marquants, et des anecdotes qui l’ont ponctuée. Ça m’a d’ailleurs permis d’en apprendre pas mal sur les premiers jeux électroniques qui datent du début des années 50! Puis la chronologie se déroule, en abordant des faits plus connus, mais toujours sur un ton simple, accessible mais sans jamais tomber dans de la vulgarisation à 2 euros. Nostalgie en repensant à ce fameux cheat code pour avoir Lara Croft nue dans Tomb Raider, qui a fait suer des milliers d’ados… pour rien puisqu’il n’était qu’un fantasme. Découverte d’artistes également comme Franck Russo ou Robbie Cooper qui ancrent un peu plus le jeu vidéo comme phénomène de société du 21e siècle. Puis des décryptages enfin, sur la triche, les serious games ou encore le phénomène des cybercafés au début de ce siècle.

C’est vraiment une lecture agréable que je recommande chaudement ; ça fait du bien de sortir un peu de l’actualité qui est le pain quotidien de trop nombreux sites et magazines, et de retrouver un peu de finesse et de légèreté. Ils ont même poussé le vice jusqu’à inclure un poster sur la généalogie du jeu vidéo en page centrale! Et puis, avec une si si jolie maquette, il serait dommage de s’en priver pour 6,90€… si vous le trouvez chez votre libraire, ce qui n’est peut être pas garanti hors région parisienne et c’est bien dommage !

Fantasme d'ado dans les années 90, Lara a éveillé bien des passions pour... quelques polygones non texturés 😉

08th Sep2011

R.I.P Joyapd

by Alphajet

En tout cas un sympathique hommage à Epic Mickey 🙂

Vous le savez, j’aime bien vous causer lecture jeu vidéo de temps en temps, et régulièrement j’aborde des magazines parmi ceux qui forment la presse vidéoludique. On reste dans la continuité de l’article de Torment qui critiquait le manque d’audace des journalistes, avec cet avis de décès que j’ai appris via le post de Bobdupneu. Joypad a vécu 20 ans. C’est très long dans notre univers, mais apparemment pas suffisant pour être éternel.

Joypad était à sa naissance le petit frère de Joystick, et s’est rapidement imposé comme la référence des magazines console, à côté de Consoles + (qui lui subsiste encore pour quelques temps). Alors que dire de cette mort qui est passée assez inaperçue cet été? Je vous renvoie volontiers vers cette interview de JulienC de Gameblog, mais ex-membre des rédactions de Joypad et Consoles+. En substance, elle rappelle que la presse papier dans son ensemble subit de plein fouet la concurrence sur Internet. Difficile de lutter face à la réactivité et à la compartimentalité d’un site web ou d’un blog. Là où on pioche les articles qui nous intéressent online, on achète un magazine entier ou on ne l’achète pas.

Et dans le cas de Joypad c’était malheureusement l’option 2: les ventes n’ont cessé de chuter ces derniers mois. Personnellement, je n’ai pas du lire Joypad depuis les années 90, alors forcément je ne me permettrai pas de juger de la qualité du magazine. Ce qui est sûr, c’est que le rachat massif des titres de la presse high-tech par Yellow Media n’est pas un bon signe. Ni pour l’indépendance des médias, ni pour la liberté d’action des rédactions, car il semble bien que le groupe n’ait pas trop laissé carte blanche à Joypad. Or ces magazines se doivent d’évoluer pour conserver leurs lecteurs, voire capter un nouveau public!

La presse papier n’a plus de valeur ajoutée sur l’actualité, hormis quelques rares exclus. Mais plus ça va et plus le net étendra son emprise sur les news fraiches. Aux rédactions de prouver enfin qu’elles peuvent rédiger des articles de fond originaux, analyser des tendances, peut être mieux faire ce que disait Torment, à savoir insister sur des jeux dont on a peut être pas assez parlé. A ce titre, le très bon exemple est IG Mag, qui arrive à gagner de plus en plus de lecteurs, avec d’abord un très beau magazine, mais surtout un autre regard sur le jeu vidéo.

Désolé Joypad, mais ton esprit avait probablement déjà disparu au début de ce siècle quand tes rédacteurs mythiques se sont envolés un à un…

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