23rd Avr2017

Jeux Vidéo Pratique : la tristitude du magazine

by Alphajet

Oh ben ça faisait longtemps… Le « test » d’un nouveau magazine ! Oui parce qu’à défaut de trouver du temps pour jouer, il m’arrive d’en consacrer un peu plus à ma lecture vidéoludique ; rare moyen de me garder un minimum informé sur le sujet. Et là, qu’entends-je sur les réseaux sociaux ? Un nouveau magazine déclenche quelques remous. Il s’appellerait même « Jeux Vidéo Pratique », un titre digne des meilleurs magazines de « micro-informatique » des années 90. Alors franchement, est-il vraiment raisonnable de lancer un nouveau magazine dans la catégorie des jeux vidéos en 2017 sur un thème aussi casse gueule que le « pratique ». Non mais sans déconner, ils ont pondu ça en session brainstorming très imbibée d’alcool non ? « Hé Stéphane, et si on lançait un magazine pour tous les joueurs, qui se retrouveraient tous dans un magazine improbable qui arrive à concilier des tests pondus au hasard avec des fiches pratiques qui ne serviront à personne ?! ». C’est l’incroyable défi lancé par ce nouveau trimestriel, qui réalisera peut être l’exploit de mourir après son premier numéro. Mais on y reviendra …

La couv’

J’ai déjà mentionné dans des précédents articles l’importance de la couverture d’un magazine qui représente son identité, sa principale surface commerciale et sa ligne éditoriale. Notre nouvel ami JVP réussit le grand chelem en échouant magnifiquement à tous les niveaux. Petit bilan en 5 points

  1. Le thème rouge qui rappelle, voire permet de le confondre de loin (de très loin) avec JVM. Bref, on sait que le rouge attire l’oeil mais c’est du déjà vu (Video Gamer avait utilisé la même technique à son lancement).
  2. Le choix de Mario en bonne place sur la couverture alors qui est illustré dans le magazine par un article d’une seule page sur Super Mario Run. Assez léger comme justification.
  3. Les énormes encarts flashy, dont celui sur les « 60 fiches pratiques pour mieux jouer » ou « les 101 meilleurs jeux » qui tentent à tout prix d’étoffer un contenu qu’on découvrira en fait assez pauvre
  4. L’humour pathétique. Faut-il acheter la Switch… « La véritié, pitié ! ». Un bref aperçu de la souffrance qui vous attend à l’intérieur.
  5. La police de caractères, bordel, la police !!! Ou plutôt LES polices ! Regardez-moi cette police choisie pour le nom du magazine ! Le Comic Sans est très proche les amis, très proche ! A vue de nez, il y a 5 polices de caractères différentes sur cette couverture… un semblant de cohérence.. Hmm ? Non. Et c’est quoi ce gimmick avec les i dans « NiNTENDO SWiTCH » ??

La ligne éditoriale

Le sieur Stéphane Moreau et son acolyte Henry Treuil nous proposent en édito puis en préambule une sorte de récapitulatif de leur mission très vindicatif. Avec force de points d’exclamation, de majuscules, et d’attaques plus ou moins masquées, ils nous énoncent que la force de leur magazine réside dans leur indépendance, l’absence de publicité, leurs principes incorruptibles. Mais quelle idée leur est passée par la tête d’attaquer un nouveau magazine sur ce plan. La couverture et le début de l’éditorial laissent penser à un magazine pour les néophytes et on se retrouve avec un thème très complotiste des journalistes corrompus. De plus, alors que cette présentation laisse penser à des tests de jeux intransigeants et en quelque sorte sans concession par rapport à ceux qui sont critiqués (mais pas cités), le reste du magazine ne laisse nullement transparaître cette logique.

Bien au contraire, on peut se demander si un magazine qui annonce « ZERO % DE PUB » à côté d’une pub pour PNY ou avec une 4e de couv’ arborant Resident Evil VII est bien sérieux (certes, il n’y a que trois publicités, mais ça n’est pas zéro…).

Non, rendors toi Jeux Vidéo Pratique ! A tout jamais !

Le contenu

C’est forcément une déception puisque l’éditorial revendique que le magazine est conçu pour les « profanes qui se demandent encore comment tenir la manette aux hardcore gamers dévoreurs de pizza en passant par toutes les couleurs de l’arc en ciel ». Toutes les couleurs de l’arc en ciel …?? Bref, un contenu sans ligne directrice claire part forcément dans tous les sens.

Prenez la rubrique « Tests » par exemple. Leur magazine étant nouveau, les rédacteurs on cru bon de proposer les « tests 2017 des »101 meilleurs jeux », promesse de couverture. J’ai beau avoir fouillé le magazine, je n’ai trouvé que 24 tests… Pourquoi ? Il n’y a pas vraiment de cohérence dans cette sélection, et encore moins d’indication de la cible de chacun. On sait juste sur quelle plateforme le jeu est disponible et on nous sert une vague critique en quelques lignes ponctuée d’une note sur 10 points. Pourquoi privilégier la quantité à la qualité ? Pourquoi, quitte à séduire les non-connaisseurs, ne pas avoir proposé une sélection des meilleurs jeux dans chaque genre ? Trop de questions qui resteront probablement sans réponse…

Et puis la question à 101 millions d’euros, qu’est ce que c’est que cette fausse bonne idée de fiches pratiques (encore une fois, on se demande d’où sort le chiffre de 60 alors qu’il n’y en a que 22 dans le magazine…). A mi-chemin entre l’astuce qu’on trouvait dans les années 90 et les « conseils » façon Captain Obvious – « comment s’améliorer ? Ne pas s’énerver, regarder des vidéos en ligne … » c’est juste totalement incongru en 2017. Effectivement, personne ne fait ça, comme ça. Pour une bonne raison : parce que c’est nul et sans intérêt…

Le style

Tout magazine, au delà de sa ligne éditoriale, impose une empreinte, un ton qui le caractérise. On connait Canard PC pour son humour parfois graveleux mais son intransigeance dans les tests, The Game par exemple avec un style concis mais qui va droit au but. Jeux Vidéo Pratique a un style, le point d’exclamation. Jugeant j’imagine que la génération Youtube aime les phrases d’accroche et les bonnes vannes qui tombent à point nommé, les rédacteurs essaient de mimer un ton humoristique et de conclure la quasi-totalité de leurs paragraphes d’une pseudo-blague à deux roubles qui ne fera rire personne.

Je vous laisse juge sur la qualité des « conseils »

D’autre part, la majorité des thèmes sont abordés avec une sorte de naïveté qui fait un peu peine, car comme dit dans mon intro, ces textes ne s’adressent à mon avis à rien. Même pas aux mollusques ou aux arbres… Les dossiers ne sont ni précis, ni exhaustifs, plutôt pour les néophytes mais lesquels ? Quel débutant exploiterait ce JVP comme référence alors qu’on trouve énormément de ressources en ligne ou des sites comme BienDébuter par exemple ?

En conclusion…

…N’achetez pas ce trimestriel, dont j’ai appris qu’un second numéro avait été commis. En fait, je ne vois même pas l’intérêt de vous le déconseiller vu qu’il fait déjà l’objet de lourdes moqueries sur les réseaux sociaux : je pense que sa réputation le précède déjà. Bref, en vieillissant je me rends compte à quel point il devient important de maximiser l’exploitation de son temps pour des choses qu’on aime et qui nous intéressent. Alors profitez-en pour jouer, lire des bons papiers ou tout simplement passer du temps avec vos proches. Quant aux rédacteurs de JVP, rendez-vous service et trouvez un autre métier.

08th Juin2016

Happy Birthday Gamer

by Alphajet

birthday_gamer_level_up

Aujourd’hui, ce n’est pas ce blog qui fête son anniversaire. La date est déjà passée, et je n’ai rien célébré du tout. Non, c’est moi qui atteint le cap des 35 ans. Est-ce dramatique, excitant, déprimant, enthousiasmant ??? Rien vraiment de tout cela. Mais cette date m’a donné envie d’écrire un court post.

Ce blog est un peu ma tribune personnelle sur les jeux vidéo et l’univers qui l’entoure. Je sais d’ores et déjà que je ne prendrai pas le temps de le maintenir et le faire vivre comme j’ai pu le faire par le passé avec Torment. Parfois l’envie n’est plus du tout là et la tentation de laisser pourrir tout ça est grande. Mais c’est aussi une fenêtre sur mon passé, une part de mon historique et de mon évolution que ce blog reflète parfois. Et je n’ai pas tout à fait envie de perdre ça. Ce blog, quelque part, c’est La possibilité d’une île. Pas le roman, juste le titre et la façon dont je l’interprète. A savoir la possibilité que mon île à moi, cet univers qui a fait partie intégrante de ma vie pendant des années, et qui l’occupe bien plus occasionnellement maintenant, existe encore.

J’aime envisager des moments où je consacre plus de temps à jouer, à décortiquer un jeu, à lire un Canard PC au bord d’une piscine, à partager cette passion avec mon fils, bref, à la vivre un peu plus. Alors ce blog restera un prolongement de ces rêves et de ces envies, au gré du temps que je souhaiterai y consacrer. Car la vie est une tempête qui nous emporte souvent là où elle veut, mais le jeu vidéo reste une de mes racines – pas la plus importante dans ma vie, mais une solide attache à une notion de plaisir – et se motiver pour atteindre des objectifs, voici un des buts que je me fixe pour l’avenir.

Kirby et le Pinceau Magique, Steam Controller, Doom, les souris Logitech, Zelda – A link between Worlds, autant de sujets que j’aimerais évoquer dans les mois à venir. Pour que cette lucarne du moi adolescent me permette de rester jeune et vif dans mon esprit. Si jamais je vous oublie un peu, n’hésitez pas à me rappeler à votre bon souvenir.

22nd Fév2016

La VR en 2016 : comme une odeur de pet foireux

by Alphajet

VR_HTC_Vive_Occulus_Rift

Bon. La réalité virtuelle est dans toutes les bouches depuis un an ou deux, mais peu en ont réellement vu la couleur. Et sur ces « happy few », encore moins sont des joueurs classiques – j’entends par là vous et moi. Ce sont essentiellement les journalistes, blogueurs réputés, et very-early-adopters qui ont eu l’opportunité de mettre ce(s) casque(s) sur les yeux (et les oreilles). Mais alors que l’année 2016 a déjà débuté depuis presque deux mois et que les premiers modèles commerciaux étaient annoncés pour cette année, va-t-on vraiment voir la révolution débarquer dans nos salons/bureaux/amphithéâtres ?

En un mot, je dis non. Attention, je dis non a minima pour cette année. La VR est peut être la technologie d’avenir qu’on prisera tous dans 5 ans. D’ici là ? J’ai de gros doutes. Le premier gros schisme, tout le monde l’a relevé : c’est le prix. Pour démocratiser un produit, rien de mieux qu’un tarif qui corresponde à un grand nombre de bourses. Et au-delà de 500€, on peut certainement se dire qu’on parle déjà au sommet du panier. Je rappelle qu’on discute ici d’une technologie dont l’intérêt pour un grand nombre de jeux reste à prouver ! C’est un peu le serpent qui se mord la queue : les prix sont élevés car c’est une première génération de ce type de produits, et pour souhaiter mettre la bave au coin des lèvres du grand public, il faut une proposition de jeux qui fasse vraiment la différence. Or, les jeux pour l’instant, ils ne sont pas trop au rendez-vous. On parle de simulateurs spatiaux ou de bagnole. Certes l’expérience doit être géniale, mais ça ne parle pas à tout le monde !

Pour moi 2016 verra donc les prémisses de cette technologie, mais pas sa démocratisation. Certains ont fait le parallèle entre le motion gaming, typiquement la Wii ou Kinect, qui sont doucement tombés dans l’oubli. Mais il faut se rappeler aussi qu’elles étaient accessibles, tant en termes de compréhension pour le grand public, qu’en termes de prix. Ca animait les soirées, ça a fait un boom de mode, mais ça a vraiment marché. Jusqu’à ce qu’on s’en lasse et qu’on retourne à nos claviers, souris, et gamepads. Je prends pour exemple ma chère femme, qui ne comprends pas du tout à quoi ça sert à part mater un film porno en 3D. Bon, ce n’est certainement pas le top du top en matière de connaissance de jeu vidéo, mais c’est représentatif, je pense, de la vision du grand public. Quand je vois Samsung sortir le Gear VR, ou Sony annoncer son Morpheus pour PS4, j’ai de gros doutes sur leur cible.

J’ai l’impression d’y voir un effet papillon, une course pour occuper un marché qui n’est même pas encore créé. Bref, à vouloir ne pas être distancé, certains risquent peut être d’y perdre des plumes. Après avoir fait machine arrière sur le tout-Kinect et autres joyeusetés qui ont marqué la naissance douloureuse de la Xbox One, Microsoft fait peut être un choix avisé en attendant soigneusement de voir ses concurrents faire les premiers pas dans les sables mouvants. Peut être la première erreur à venir pour Sony avec sa PS4, qui fait jusque là un parcours presque sans faute. Mais au pire, cela ne devrait avoir que peu d’impact sur la victoire déjà établie de Sony sur cette génération. Finalement le Morpheus, le plus accessible de tous les casques de VR annoncés, sera probablement le plus commercialisable. Il faut se rappeler qu’Oculus n’a fait que dépoussiérer une idée vieille de 20 ans, proposer une expérience d’immersion dans un monde virtuel, qui nous englobe et nous donne une impression d’ailleurs.

Mais il faudra encore me prouver qu’au delà des simulateurs de vol, de pilotage automobile – bref tous les jeux type « cockpit » où le joueur est assis sur un point fixe avec la capacité de tourner la tête autour de lui – la VR est capable de parler à tout le monde, et d’attirer d’autres joueurs que ceux capables de se payer une GeForce Titan ou un volant Thrustmaster haut de gamme et siège baquet… Et pour moi, ce n’est clairement pas cette année qu’on aura l’occasion de le voir. Les jeux « VR » sont toujours en développement, les produits ne sont même pas encore sortis donc le vrai démarrage ne devrait intervenir que l’année prochaine. Le décollage quant à lui… n’arrivera peut être jamais ! Et pourtant, ça reste une technologie qui fait rêver, qui vante l’immersion totale. Mais comme je me plais à le rappeler quand je joue à Call of Duty 2 (2005), le plus important, c’est de se faire plaisir.

13th Juil2015

To blog or not to blog ?

by Alphajet

C’est un peu la question que je me pose en ce moment, tant j’ai des difficultés à trouver du temps pour écrire. Ou bien quand j’en ai un peu, j’ai tendance à faire autre chose, genre me vautrer devant une série avant de finir endormi sur le canapé. Disons que ma vie ne me laisse pas beaucoup d’opportunités de développer mes talents de blogueur incontournable (ha ha ha), et ça se remarque très vite au nombre d’articles que j’ai publié en 2015. A vrai dire je n’ose même pas les compter, mais je n’aurai certainement besoin que d’une main.

Bref, comme souvent, ce n’est pas tant l’envie d’écrire qui me manque, mais le temps de cerveau disponible pour le blog, qui vient… et bien après tout le reste. Et le reste me prend beaucoup de place. Alors je me laisse encore jusqu’à la fin de l’année pour évaluer ce que je peux apporter via ce blog, et s’il mérite de continuer à y poser quelques mots de temps en temps. En ce moment, je n’arrive de toute façon pas à jouer, ou peut être une à deux fois par mois, et encore pour quelques minutes.

Moi qui aime commenter occasionnellement l’actualité, elle ne manque pourtant pas ces derniers temps, entre l’E3 et … le décès de Satoru Iwata aujourd’hui. Une bien triste nouvelle, d’une personnalité que j’appréciais. J’aimais bien ses « Iwata asks », même s’ils étaient souvent trop lisses, c’était une intéressante initiative pour témoigner de quelques anecdotes de développement, et de l’état d’esprit qui anime Nintendo dans la création de ses jeux.

Et c’est peut être ce qui me donne encore la motivation pour écrire. Parce qu’Iwata, malgré son poste de président, gardait « l’âme d’un programmeur, et le cœur d’un joueur ». Quelque part, malgré les heures passées à travailler, j’aime toujours jouer, j’aime toujours ce milieu (enfin une partie en tout cas!) et j’aime me réserver la possibilité d’en parler quand bon me semble. Casual Hardcore Gamer perd un peu l’esprit de ses débuts, mais ma situation est différente et sa ligne directrice évolue donc en fonction. A bientôt j’espère, pour de nouveaux articles.

10th Fév2015

Critique magazine : PC Gamer

by Alphajet

PC_Gamer_01Ma générosité envers les magazines de jeu vidéo trouvera-t-elle une limite?? Mais en fin de compte, je n’ai pas trouvé grand chose à propos de ce « nouveau » magazine consacré aux jeux PC. Du coup, ça me semble plutôt opportun de vous en toucher deux mots, histoire de savoir s’il mérite ses quelques euros. Mais passons tout de suite aux présentations : PC Gamer est un spin-off de Video Gamer, qui parait tous les deux mois pour le tarif de 4,90€. Il n’a cependant rien à voir avec les éditions britanniques ou américaines de PC Gamer, desquelles le plus proche parent français était PC Jeux, décédé en 2012 lors de la grande épidémie qui a éradiqué 90% des magazines de jeux du marché avec la liquidation de Mer7.

Le rédacteur en chef est donc le même que pour Video Gamer, et on trouve de toute façon certains noms bien connus parmi les rédacteurs.

La couv’

PC Gamer présente un facial à la fois proche et différent de son frangin Video Gamer. D’une part, il y a un air de ressemblance avec une large illustration d’un jeu dont un focus est fait dans le numéro, mais il s’en démarque par un titre/logo encore plus visible qui barre toute la largeur du haut de la couverture. Une bonne façon de le repérer à coup sûr et de trancher face au rouge de Jeux Vidéo Magazine par exemple. Le reste est relativement classique avec un rappel des principaux titres abordés dans les pages du mag, mais aussi toujours une touche de hardware, un domaine souvent cher au joueur PC. On verra ce qu’il en est réellement plus tard.

L’édito

On en est déjà au second numéro de PC Gamer, et c’est « la rédaction » qui signe l’édito. On sent donc une volonté de parler d’une seule voix pour ouvrir le propos. Quel est le pitch ? En gros que le laboratoire (avec les jeux indépendants, les early-access, le crowdfunding…) et la meilleure expérience de jeu vidéo – graphiquement parlant – se trouve aujourd’hui sur PC. Pas faux en effet, mais cela parait tout de même assez osé à l’heure où les consoles représentent le gros du marché. Mais cela tend aussi à dire qu’on peut retrouver des magazines encore plus spécialisés, du moins s’il rencontre son public. En tout cas la volonté semble être de mettre l’accent sur les forces du PC, ses spécificités (les MMORPG, MOBA, …) et ses avancées côté matériel. Voyons voir si ça se précise par la suite…

Le contenu

PC Gamer se découpe en 4 grandes parties.

La première est surnommée « Actus ». Alors oui, les actus dans un bimestriel, ça peut faire peur. Mais la rédaction, au lieu de traiter succinctement d’un maximum de sujets, se concentre sur quelques nouvelles en étoffant un peu le discours. Une bonne chose, d’autant que les sujets abordés ne sont pas toujours sous les feux des projecteurs. On a principalement droit à des focus d’un peu moins d’une page sur les jeux à venir au cours des prochains mois. Certains comme Overwatch ou Battlefield Hardline par exemple s’étalent sur plusieurs pages et permettent d’en savoir un peu plus sur le jeu en question, même si on n’en apprend pas forcément plus que ce qu’on peut trouver ça et là en ligne. En revanche, c’est assez souvent plutôt un bon condensé, permettant au joueur PC un peu occasionnel de bénéficier d’un panel d’informations assez touffu sur les gros titres à venir, comme Evolve. La sélection des jeux est assez judicieuse car elle n’hésite pas à mettre l’accent sur ceux avant tout – voire exclusivement – destinés au PC.

Day of the Tentacle, monument de l'oeuvre LucasArts

Day of the Tentacle, monument de l’oeuvre LucasArts

La seconde section est constituée des « Focus ». L’occasion de s’attarder sur une thématique au cours de quelques pages. Difficile exercice avec un nombre de pages assez limité. Le premier numéro présentait judicieusement une sélection de jeux indépendants qui valent le détour, mais qui aurait mérité une présentation un peu moins courte de chaque titre. Le second quant à lui revient sur les plateformes de jeu dématérialisé ; sans grande surprise ni réellement exhaustif, mais encore une fois une bonne synthèse des offres principales du marché. Je regrette un peu la maquette qui privilégie les images envahissantes au texte. En revanche, mention très bien aux pages de la section Rétro de Denis Brusseaux qui revient successivement sur les success stories de Lucasarts et de Sierra avec nostalgie et passion.

Coincé entre la poire et le fromage, la rubrique Conso/Matos est celle qui se rapproche le plus du magazine « guide d’achat ». Mais il faut rappeler que le gamer PC est une cible de choix pour les fabricants de clavier, souris, casques et autres accessoires destinés à parfaire son exclusivité. Encore que les joueurs console n’ont plus guère que les composants à leur envier… Justement, les « tests » de matériel sont plutôt un aperçu, ou du moins une opinion générale sur le produit plutôt qu’une succession de benchmarks. A destiner aux joueurs qui veulent se faire un avis rapide sur la dernière génération de cartes graphiques par exemple. Le numéro 2 aborde les récents ultrabooks avec docks, évoqué avec curiosité mais des doutes qu’il m’a semblé juste de soulever. Une double page présente enfin quelques nouveautés en quelques lignes chacune. Bref c’est la partie qui m’a le moins convaincu.

La sélection matos, sympa mais vraiment sans plus...

La sélection matos, sympa mais vraiment sans plus…

Enfin, évidemment, le cœur du poulet ce sont les Tests qui occupent un tiers du magazine. Que dire… Les rédacteurs sont des plumes connues, le style est agréable… Allez faisons un « J’aime/J’aime pas ». J’ai aimé le côté synthétique des critiques qui vont droit au but sans être pour autant trop impersonnelles. J’ai aimé aussi les jeux sélectionnés pour la période de deux mois, qui comprennent forcément les hits incontournables mais aussi des titres typés PC (comme Civilization ou Company of Heroes 2) ou des moins connus, du genre This War is Mine qui mérite de l’être plus (connu). J’ai aussi apprécié le courage d’étaler un test sur 6 à 8 pages pour les coups de cœur comme Alien Isolation… mais beaucoup moins d’en gâcher 2 ou 3 pour y foutre des images pleine page… J’ai trouvé également ridiculement cosmétique d’équilibrer le nombre de points forts et points faibles comme si ça apportait quelque chose au propos. Enfin, petit manque d’audace sur la notation qui navigue très souvent gentiment entre 14 et 18 sur 20. Bon en même temps, on aura rarement vu un magazine se vendre avec un panel complet de jeux médiocres… donc je comprends que la sélection bimestrielle soit plus convenue.

Le mot de la fin

PC Gamer est un peu le cul entre trois chaises. C’est un magazine spécialisé PC, mais pas forcément un magazine de spécialistes avertis, avec des articles assez généralistes. Pour autant, certains focus ou la rubriques rétro sont intéressantes à plus d’un titre. La périodicité pose également question car elle impose de condenser l’actu, les tests et les dossiers dans 100 pages tous les deux mois. Et quand on voit certaines pages sacrifiées sous l’autel de la maquette, on sent que le magazine se cherche encore un peu, et surtout, cherche son public. La cible se trouve probablement vers le trentenaire ou quarantenaire qui n’a pas toujours le temps d’écumer les sites d’informations pour se renseigner (et y trier les 2/3 d’informations poubelles qui y trainent).

Pour toutes ces raisons, je souhaite bonne chance à PC Gamer, en espérant que la rédaction puisse lui insuffler suffisamment de personnalité et de spécificité pour qu’il puisse se démarquer de ses confrères les plus grand public (Jeux Vidéo Magazine ou Jeux Vidéo News) et plus « adultes » comme JV, Games ou The Game. Je crains juste que l’espace dans la presse vidéoludique (et le budget des lecteurs) se restreigne un peu trop pour un titre qui ne manque pourtant pas d’atouts.

02nd Jan2015

En route pour 2015 !

by Alphajet

2015

Et voilà, 2014 s’efface déjà au profit de la nouvelle année ! Ces 12 derniers mois ont été assez intenses pour moi, mais pas spécialement au niveau du blog ni du temps passé sur mes jeux. Mais comme il est de coutume de tirer un bilan de l’année, pourquoi ne pas me plier à l’exercice, voire même me projeter sur les mois à venir, soyons fous !! Allez c’est parti

Tout d’abord, je m’étais fixé quelques objectifs, ou en tout cas motivations cette année

  • Le plus ambitieux (façon de parler) était de réaliser en fil rouge une saison complète de F1 2013, en parallèle de la vraie saison 2014. L’idée était de voir si ce jeu pouvait être joué de façon régulière mais assez espacée, typiquement entre 1 et 3 semaines. Et d’une part si c’était agréable, et d’autre part si je tiendrai sur la durée. Verdict : j’ai tenu à peu près la moitié de la saison, et même si j’ai arrêté, la sensation de maitrise s’est accrue au fil des mois. En effet, je n’avais pas envie de jouer en mode arcade, qui ne présentait pas grand intérêt pour moi, mais avec peu d’aides au pilotage et un niveau de difficulté qui présentait un challenge assez corsé pour un gars comme moi qui ne jouerait pas intensivement. Au début, c’était un peu l’enfer, le temps de me faire au pilotage, aux réglages de la carrière, et de passer mes premières courses dans les tréfonds du classement. Puis l’expérience aidant, j’ai fini par me retrouver sur le podium, certes à coups de sauvegardes/rechargement, mais au prix de parties qui duraient aux alentours des 2 heures.

    C’est une des raisons qui m’a fait lâcher l’affaire au bout de quelques mois, n’ayant pas nécessairement 2 heures de disponibles au moment des courses de F1. Puis avec le retard accumulé, ma motivation a chuté…
    Je pense néanmoins que l’expérience est plus ou moins concluante. F1 2013 peut effectivement être joué sur ce rythme, tout en progressant, mais il ne faut pas avoir les nerfs trop sensibles sous peine de criser régulièrement… Entre les adversaires parfois bourrins, les pertes de concentrations qui occasionnent des sorties de route sauvages ou l’usure des pneus un peu binaire, le jeu peut s’avérer crispant. Au final, je doute avoir le temps de finir ma saison…

  • En juin dernier, pour fêter mon anniversaire, MarioKart 8 s’est invité sur ma Wii U. Grand bien lui a fait, j’ai beaucoup apprécié cet épisode, et si je n’avais pas temporairement débranché ma Wii U pour cause de réaménagement de mon salon, j’y jouerai encore. Je m’étais fixé l’objectif de terminer tous les championnats avec 3 étoiles avant la fin de l’année, et je n’ai malheureusement pas (encore) réussi ! Il me reste quelques championnats en 150cc à terminer sans faute, et il faut l’avouer, ça n’est pas si simple. Mais j’ai bon espoir d’y arriver en 2015 !
  • Étant donné que 2013 a été assez peu prolifique en finissage de jeu (je ne suis même pas sûr d’en avoir achevé un seul), je m’étais dit que je devrais au moins en finir un en 2014. Et c’était le cas, notamment avec Shadow Warrior, un bon FPS que j’ai mis des mois à terminer, à raison d’une mission à chaque fois. Mais j’y ai pris pas mal de plaisir, notamment car l’utilisation du sabre dans un bon vieux « Doom-like » des familles était rafraichissante.
  • En 2004 sortait Half-Life 2, que j’avais à l’époque commencé sur la toute nouvelle plateforme Steam mais délaissé au bout de quelques temps. Et en cette année 2014, je m’étais dit que je terminerais ce monument du jeu vidéo, en que je pourrais écrire ensuite quel impact ce jeu aura laissé, 10 ans plus tard. Là encore, j’ai réussi non seulement à terminer HL2, mais également ce que j’appelle la « trilogie Half-Life 2 », c’est à dire les deux extensions (on appellerait ça DLC aujourd’hui…) Episode One et Two. En attendant un hypothétique Episode 3 (auquel je ne crois pas du tout), j’ai fait le tour de ce jeu marquant et j’ai commencé un article fleuve que je n’ai pas encore eu le temps d’achever… La suite en 2015 donc !!
  • Concernant le blog, j’avais espéré écrire au moins un article par mois, un rythme que j’ai respecté… jusqu’au mois de décembre où je n’ai rien publié! Dommage, mais j’espère atteindre au moins la même fréquence cette année, ce serait déjà pas mal.

Que dire pour 2015? Avant tout, j’en profite pour vous souhaiter, oui vous mes quelques lecteurs là-bas au fond 🙂 , une excellente année 2015, autant du point de vue des loisirs, qu’au niveau personnel et professionnel.

Ensuite gardez l’œil ouvert, on peut lire de plus en plus de choses sur le milieu du jeu vidéo, que ce soit en ligne ou sur papier. Cependant, il faut veiller à conserver un esprit critique, car j’aurais lu cette année un certain nombre d’articles qui manquaient de recul, ou d’angles de vision sur la situation. Notre loisir est devenu un business assez complexe, qui draine beaucoup d’argent, et déchaine de plus en plus les passions. On l’a vu en 2014 avec l’affaire Zoe Quinn, les relents de suspicion de copinage entre presse vidéoludique et éditeurs, ou la guerre marketing entre Microsoft et Sony…

Pour ma part, je vais essayer de garder un rythme de publication régulier, de dégager un temps un peu plus régulier pour jouer, de dépoussiérer un peu ma 3DS, et de rejouer un peu en multijoueur avec mes potes, une habitude que j’ai un peu perdue en 2014.

A très bientôt !!!

17th Oct2014

La guerre de la New-Gen

by Alphajet

ps4VSXbone

Encore un mois sans écrire d’article…mais je n’en trouve guère le temps. Ce soir, j’ai été inspiré par la fameuse affaire d’Assassin’s Creed Unity sur PS4 et Xbox One. Pour ceux du fond qui ne suivaient pas, le gros tapage de ces derniers jours (pitié ne me parlez pas de Zoe Quinn) c’est le fait que le dernier épisode à venir de la saga assassine ne tournera « qu’en 900p à 30fps ». Au delà du fait que ces chiffres ne parlent vraiment qu’à quoi… 25 % des futurs acheteurs ?… je me suis demandé si la « nouvelle guerre des consoles » ressemblait à celle d’il y a 20-25 ans, à la grande époque de Sega contre Nintendo.

En réalité, il y a eu des tas de guerres… Amiga versus Atari, Sega versus Nintendo… plusieurs fois, et sur la dernière décennie, Sony contre Microsoft. On a beau dire ce qu’on veut, Nintendo ne porte objectivement pas tout à fait les mêmes gants de boxe que ses camarades depuis un moment. Bien que la Playstation ait été un formidable succès, n’oublions pas qu’elle a fait face à la Nintendo 64 et la Saturn puis la DreamCast, des adversaires non négligeables à l’époque. Quant à Microsoft et sa Xbox née à coups d’armoires de dollars, c’est le dernier – gros – entrant sur le marché des consoles de jeux, il y a une douzaine d’années. Tout ça pour dire que la guerre qui nous occupe aujourd’hui est la plus récente, mais également devenue presque aussi longue que la célèbre opposition Nintendo/Sega.

On a une certaine « nostalgie » de cette glorieuse époque où le hérisson cool voulait faire la nique au plombier consensuel. Autres temps, autres mœurs dit-on. A l’époque, une majorité des joueurs était composée d’adolescents, d’enfants, bref de personnes âgées de moins de 18 ans. La fameuse guerre des consoles se tramait dans les cours de récréation, chez le voisin qui venait de recevoir son dernier jeu, parfois même viciait le cercle familial ! On se chambrait, chaque camp attaquait l’autre avec arrogance et patriotisme… Mais au fond, loin d’une guerre, ça n’était qu’une querelle de gamins. Pas la guerre commerciale qui, elle, faisait rage, mais cette opposition n’était au fond pas très virulente. Parce qu’au final, on allait jouer bien volontiers aux jeux exclusifs d’en face, ou tester cette manette dont on n’avait pas l’habitude. Ce qui important au bout du compte, c’était de s’amuser et de profiter, quelle que soit la plateforme.

Je pense que c’est pour ça qu’on en garde un souvenir presque ému : parce que ceux qui ont vécu cette génération en gardent avant tout des moments gravés dans leur enfance/adolescence/jeunesse. Mais pas une rancœur envers une marque ou une agressivité vis à vis de l’autre camp. Aujourd’hui, je trouve cette guerre pas si saine. Au delà des arguments commerciaux que matraquent Sony et Microsoft pour attirer des wagons de joueurs, le fait est que PS4 et Xbox One touchent un public beaucoup plus large qu’il y a 20 ans. Pas forcément énormément plus nombreux, mais bien plus varié. Et qui dit varié dit vicié… car il ne faut qu’une banane pourrie pour vous niquer tout le régime ! Voir des gens appuyer avec une force presque maladive (et souvent avec un langage peu châtié) sur le fait que « leur » console est la meilleure et qu’elle dispose de capacités supérieures à l’autre me parait un peu trop monnaie courante. C’est une guerre des pixels, des résolutions et du framerate.

Et l’on en oublie que ce qui faisait le nerd…pardon le nerf de la guerre à l’époque Nintendo/Sega, c’était les jeux avant tout. On ne louait pas simplement l’innovation du Mode7 de la Super Nintendo, mais on s’éclatait sur Super MarioKart, tout comme on ne comptait pas les images par seconde sur Sonic, mais on kiffait de le voir foncer à toute allure dans les décors. Microsoft et Sony ont encore tout à prouver sur cette nouvelle génération de consoles qui se caractérise bien plus par ses chiffres (MHz, Go, FPS, et bien évidemment chiffres de vente) que par le caractère incontournable de ses jeux.

Avant de chercher à écraser son adversaire respectif, chacun des protagonistes de cette « guerre » ferait mieux d’arriver déjà à convaincre ses joueurs (même les plus affligeants) histoire de donner du grain à moudre sur la qualité plutôt que sur des quantités. Un challenge que Nintendo, au hasard, peine encore à remplir 2 ans après la sortie de sa dernière console.

03rd Août2014

Jeux Video News : le nouveau vieux mag

by Alphajet

JeuxVideoNews_01

C’est le mois de Juillet, c’est l’été, il fait bon, les lycéens et les étudiants ont fini leurs examens respectifs et profitent d’une pause bien méritée dans leur dur apprentissage de la vie, mais surtout de la glande. Et pour bien faire, rien de mieux que des vacances à écouter Moby, Santana, ou Eminem, chatter sur Caramail avec son modem 56k alors que l’équipe de France de Football devient championne d’Europe. Oui, bienvenue en 2000 les amis, sainte année où sort le magazine Jeux Video News ! Un magazine d’actualité sur le jeu vidéo, prêt à concurrencer Playstation Magazine, Joystick ou Gen4, avec plein de news exclusives que personne n’aura lues ailleurs. Le tout pour le prix modique de 3,80€, welcome in the 21st century !

Voilà l’intro que j’aurais pu écrire il y a 14 ans sur mon vieux site tout fluo « Alphaplay » (pour ceux qui n’ont pas peur de se piquer les yeux https://web.archive.org/web/20030827011406/http://alphajet.free.fr/alphaplay/). Mais il y a un tout petit hic, Jeux Video News sort en 2014, coincé entre Video Gamer ou Jeux Video Magazine d’un côté, et JV ou Games de l’autre. Généreux comme je le suis envers la presse vidéoludique, j’achète ce numéro 1 et je vous le commente en bonne et due forme…

La couv’

Je le rabache à chaque fois, mais c’est toujours aussi vrai aujourd’hui : la couverture d’un magazine, c’est son identité et le premier moyen d’attirer l’œil dans les rayons chargés des buralistes. Concrètement, que nous propose celle de JV News ? Un logo simple dans le coin supérieur gauche, sur fond jaune, un fond coloré avec en très gros du Call of Duty, et juste après Assasin’s Creed, Tomb Raider, Uncharted et Battlefield. Tout en haut, emplacement stratégique qui sera le premier vu dans l’étal : « 6 posters gratuits! » et « Gagnez 1 Piaggio ZIP »… Ca vous résume assez bien la situation ou bien il faut que j’explique? En bref, une couverture qui ne se démarque pas du tout, zéro originalité et un œil non habitué pourrait la prendre pour un autre magazine.

L’édito

L’éditorial d’un premier numéro est censé planter le décor, tracer une ligne directrice pour les prochains numéros, expliquer le concept quoi. La rédaction nous vend « toutes les news qui font le buzz », et l’argument du conseil « à 70€le jeu new-gen, il ne faut pas se tromper ». Du coup la rubrique test ambitionne d’être la plus exhaustive possible. Et … c’est à peu près tout. Franchement, le pitch est tout simplement pauvre. On se retrouve avec un guide d’achat, face à Jeux Video Magazine et Video Gamer qui savent très bien le faire, depuis plus longtemps.

Le contenu

Aucune surprise là encore, le tryptique « New/Preview/Tests » est respecté à la lettre. L’E3 ayant eu lieu en Juin, le magazine en profite logiquement pour rapporter une tonne d’actualités qu’on a déjà lues depuis un mois. La maquette fait la place belle aux images (d’éditeur…) pour cacher la pauvreté du texte, qui n’apprend rien. La plupart des news tiennent sur un petit bout de papier, pas de quoi tirer d’enseignement particulier, ça n’est clairement pas l’objectif. Les pages se suivent et se ressemblent, « dévoilant » les gros titres à venir pour la fin de l’année et pour 2015, mais la manière est toujours la même: une tentative de résumer en quelques phrases les nouveautés du jeu ou ses caractéristiques, et annoncer une date de sortie prévisionnelle.

Encore un grand classique : 4 pages sont dédiées au match FIFA 15 vs PES 2015, où le rédacteur ne se mouille quasiment pas en annonçant la victoire du jeu d’EA d’une courte tête… Une double page shopping propose quelques périphériques à acheter, mais Jeux Video Magazine fait bien mieux dans ce domaine. Ah ça y est j’arrive sur la rubrique Tests! Un petit pavé nous explique comment les jeux sont notés. Hmm, une note sur 5  pour les graphismes, durée de vie, gameplay et bande-son…hmmm le « on aime/on aime pas », un verdict et surtout, surtout… UNE NOTE SUR 100% ! La justification « Nous sommes certains que ça fait des décennies que vous n’aviez pas vu de pourcentages. Et paf! Nostalgie, quand tu nous tiens… » Je suis sur le popotin. JV News assumerait il totalement son côté « ringard »?

JeuxVideoNews_02

Petit extrait : focus sur un test qui vous donne un aperçu de la place du texte au milieu des images.

La promesse d’exhaustivité se reflète en 24 pages dans lesquelles la plupart des jeux sont expédiés en 1/2 pages et quelques lignes. On nous ressort quand même Game Dev Story qui est paru il y a plus de 3 ans! Pour le côté « actus » faudra repasser les gars. Le coup d’éclat, c’est le 98% accordé à Soldats Inconnus d’Ubisoft, ça frappe fort d’entrée; pourquoi pas… Les « dossiers » conseils concernent une sélection pour consoles portables pas mal foutu mais tellement court! 3 pages seulement là où ils auraient pu se démarquer avec un panel plus complet et plus original, et un avis sur la location de jeux… Dommage qu’entre temps EA ait annoncé son pass à 3,99€ par mois, qui du coup n’est pas abordé, décalage de la presse papier oblige.

Le mag’ est complété par les configurations PC recommandées et les posters qui trônent au centre. Toujours sans surprises. Par contre j’ai été surpris par le faible nombre de pubs (environ 9 pages sur 114 dont 2 pour promouvoir l’abonnement au mag) ; à voir si cela restera la norme pour la suite, mais c’est un bon point.

Le mot de la fin

N’achetez pas Jeux Video News. Je suis rarement aussi catégorique mais, je pense que c’est rendre service à la presse jeu vidéo qui se relève à peine de la catastrophe Yellow Media/Mer7. Vous voulez un magazine pas prise de tête pour la plage? Achetez Jeux Video Mag ou Video Gamer : leur formule est connue depuis longtemps, efficace, et en plus ils ont sorti un couv’ orange fluo pour être sûr de ne pas la rater. Vous voulez un magazine de poilus, sans langue de bois et qui cause de jeux en profondeur, et ceux dont tout le monde ne parle pas? Achetez Canard PC. Vous voulez un magazine qui sort de l’ordinaire, qui parle du jeu vidéo d’une autre manière ? Achetez JV le Mag, Games ou le récent The Game.

Jeux Video News aurait été un carton il y a 14 ans. Aujourd’hui, c’est juste 114 pages de papier pas cher, sans originalité, sans passion et sans grand intérêt. Gardez vos thunes pour les autres… ou pour un Humble Bundle.

01st Août2014

Jacked : les coulisses de GTA

by Alphajet

Jacked_01

Je vous avais fait partager il y a quelques temps mon avis sur « Masters of Doom », l’histoire officieuse d’iD Software et des pères fondateurs du FPS. Un livre généralement bien documenté, qui m’avait offert une belle lucarne sur la genèse d’une équipe de fous furieux du jeu vidéo, à travers une époque finalement assez rock et emblématique d’une génération de joueurs. C’est maintenant du dernier bouquin du même auteur – David Kushner – dont j’aimerais parler, Jacked. En réalité, je l’avais même acheté avant mais finalement attaqué en second.

Et finalement, c’est probablement dans cet ordre que je vous recommanderais de les lire, tant ces deux histoires se complètent presque. Masters of Doom nous plaçait au tournant des années 80 et 90, entre les développeurs de garage et la création d’un des studios les plus réputés de cette époque. Jacked lui emboite le pas en narrant la fin des années 90 et la première décennie du XXIe siècle. De façon encore plus claire par contre, David Kushner nous propose plusieurs histoires dans l’histoire.

L’aventure GTA, c’est d’abord l’histoire de Sam Houser, et dans une moindre mesure celle de son frère (scénariste de la série), un écossais avec les dents longues et l’envie de changer la face du jeu vidéo. Pour tout dire, je ne savais même pas que la série avait été initiée en Écosse, à Dundee, un coin qu’on n’imagine pas sépcialement être un berceau du jeu vidéo. C’est donc non seulement les origines du créateur d’une des séries les plus vendues du jeu vidéo qui est racontée, mais aussi son évolution dans la dizaine d’années qui a suivi. Parti de presque rien, Sam a fondé l’empire Rockstar. Rockstar, le nom même du studio qui parait un brin prétentieux mais qui en dit tellement long sur l’état d’esprit de son boss. La mentalité rebelle, l’envie de briser les frontières du politiquement correct, le besoin de reconnaissance et de popularité.

Mais le livre n’élude pas le côté obscur de Sam : son totalitarisme – ses idées et sa façon de fonctionner doivent être appliquées par tous dans sa société – et son extrémisme caractérisé par l’affaire « Hot Coffee ». Mais c’est un peu le lot de tous les créateurs célèbres que d’être controversés. Sam Houser, à ce titre, me rappelle un peu John Romero, qui a vu ses plus proches amis s’éloigner de lui, jusqu’à l’exclure. Le maître de GTA est lui, resté à la barre, mais il s’agit d’une autre époque…

Jacked raconte ensuite ce qu’est Rockstar, et comment de la petite structure écossaise de DMA Design s’est transformée en un des studios emblématiques du jeu vidéo. Tout commence avec Dave Jones qui est en réalité le premier instigateur de GTA. Difficile d’imaginer que ce gars est aussi le créateur des paisibles Lemmings!! C’est Sam Houser qui saura donner une dimension internationale… et une odeur de scandale au couple GTA/Rockstar, et s’associer avec l’éditeur Take Two au bon moment. David Kushner narre plutôt bien le décalage qu’il pouvait y avoir entre les écossais et les new yorkais qui bossaient pourtant sur les mêmes projets. Enfin, à partir de la trilogie du 3e épisode (GTA III, Vice City et San Andreas), on plonge dans ces périodes de crunch incessantes où les équipes de développement finissent par passer plus de temps au travail que chez eux. Rockstar révèle alors ses dérives et que derrière l’emblème étincelant la réalité n’est pas toujours si glamrock…

Un logo qui se prend bien plus au sérieux que je ne l'avais imaginé

Un logo qui se prend bien plus au sérieux que je ne l’avais imaginé

Bien sûr Jacked témoigne ensuite de l’évolution technologique des jeux vidéo (le passage à la 3D si emblématique de la série), tout comme de l’évolution des mentalités. Mais ce qui marque cette décennie, c’est aussi l’avocat Jack Thompson, ennemi juré des joueurs et des développeurs, pourfendeur des jeux vidéo et – il faut le dire – complètement obsessionnel. A travers son combat, c’est comment l’industrie du jeu vidéo s’est consolidée, aux Etats-Unis notamment, et a répondu à ce type d’attaque pour lesquels GTA représentait la cible idéale (enfin… avec Manhunt, Bully et autres jeux « outranciers »). Le récit m’aura surtout marqué par une phrase, qui disait en substance que si Jack Thompson avait pu exister à ce point, c’est que les médias, y compris ceux spécialisés dans le jeu vidéo, lui avaient accordé une bien trop grande importance et visibilité.

Ce qui m’amène à deux conclusions, moi qui lisait les moqueries à son sujet dans Joystick à l’époque:
1. Ce « combat » a plus ou moins marqué l’arrivée de discours sur le jeu vidéo dans les médias grand public. Quelque part, qu’on en parle en mal ou en bien, l’essentiel est qu’on en parle.
2. Que blagues potaches et amateurisme dans le monde de la presse vidéoludique ont pu causer plus de tort que de bien à leur média préféré. Je ne jette pas la pierre, loin de là, mais je constate juste (même si ce combat était très loin d’être aussi virulent en Europe, loin de la très puritaine Amérique) un parallèle avec le « DoritosGate » récent. D’ailleurs, Joystick moquait également beaucoup Bill Gates et Steve Jobs à l’époque, qui sont respectivement devenus homme-le-plus-riche-du-monde et demi-dieu-techno-geek…

Bref, Jacked est un ouvrage que je ne peux que vous recommander, parce qu’il est bien documenté, plutôt bien écrit, et qu’il ne se prive pas de montrer les « égouts » du jeu vidéo quand il faut le faire. Si le backstage de GTA vous intéresse, c’est LE livre à lire.

Crédits image : www.gamerside.fr
12th Juin2014

Le retour du débat #16 : le jeu vidéo rend-il con ?

by Alphajet

Motherbrain

C’était le gros sujet du mois dans le numéro 8 de JV Le Mag, avec des interviews de psychologues et un panel assez vaste des dérives de comportement dans l’univers du jeu vidéo. J’ai trouvé que le thème était vraiment d’actualité, et je n’aurais pas mieux formulé la question! Franchement, ce serait se voiler la face qu’atténuer le terme « con ». Il y a des joueurs qui ont vraiment objectivement des comportements cons, que ce soit dans le jeu ou en dehors (on y reviendra). Est ce que ces comportements sont dus au jeu ou pas, c’est une autre question.

Le stress in-game

Les arguments développés dans JV abordent notamment les comportements agressifs en multi. Que celui qui n’a jamais râlé, hurlé, insulté pendant une partie me jette la première pierre (j’espère ne pas me faire lapider) ! C’est vrai, pour avoir – autrefois – pas mal joué en LAN ou même en ligne, l’intensité d’une partie multijoueur est tellement forte qu’on peut être happé par l’expérience. L’énervement qu’on peut exprimer est proportionnel à l’investissement qu’on met dans notre partie. Lorsqu’on a fait une longue soirée de jeu, ou bien lorsqu’on n’est pas très passionné par la partie multi d’un jeu qu’on n’apprécie pas tellement, la frustration est beaucoup moins grande, et au pire on fait une moue un peu déconfite lorsqu’on perd.

A l’inverse, toutes les expériences dans une environnement qui « challenge » fortement nos réflexes, notre esprit de compétition ou notre réflexion ont tendance à être prenantes et à faire surgir une aigreur d’autant plus forte que l’effort est long. Par exemple une fin de partie « Payload » sur Team Fortress 2 où on est à quelques mètres de l’objectif sans pour autant arriver à franchir le dernier rempart alors que les secondes finales s’égrainent. Le niveau de pression atteint son paroxysme et on est prêt soit à exulter de joie en cas de réussite, soit de colère en cas de défaite. Et l’on se rend compte que ça n’est pas nécessairement la perte d’une partie qui justifie un comportement con, mais aussi la victoire! Chambrer copieusement l’adversaire après une partie, s’en moquer ouvertement avec mépris hilare n’est pas forcément très malin non plus.

D’où mon point qui est que l’agressivité développée par la plupart des joueurs dans une partie tient avant tout au stress développé pendant son déroulement. Elle est une façon d’extérioriser une pression intense, d’une façon plus « expressive » que celle qu’on pourrait se permettre au boulot, ou dans un environnement social plus varié. Là dans la plupart des cas, on parle du joueur face à sa console ou son PC. Mais quand on voit l’agressivité développée dans un match de foot professionnel par exemple, est-ce vraiment différent? Pas tant que ça d’après moi, la pression du jeu et du résultat occultant également le fait que les joueurs soient des professionnels devant des milliers de spectateurs. Le jeu vidéo rend-il « plus con » dans ces situations? Oui, mais pas plus que certains autres jeux ou sports, et le niveau d’agressivité reflète avant tout la mentalité de la personne dans son ensemble.

Le mode Horde

Au delà des comportements développés au cours d’une partie, et notamment en mode multijoueurs, j’aimerais aborder l’attitude des « joueurs » à la marge du jeu. J’entends par là en dehors du jeu lui-même. En effet, autant je cautionne et je comprends l’agressivité, parfois même saine, qui peut être développée pendant une partie, autant j’ai beaucoup de mal avec ce que les aspects « grand public » du jeu vidéo peuvent amener. Quand je parle d’agressivité saine, je pense au fait qu’elle permet dans certains cas de développer une sorte de mode inconscient de soi-même pour mieux atteindre ses objectifs ; presque une sorte de transe d’extrême compétitivité. Mais bref, revenons quelques mois en arrière.

Nous sommes en Octobre 2013, au Paris Games Week , et parmi les millions de la campagne de communication du Call of Duty annuel, Activision a décidé de consacrer quelques brouzoufs pour offrir l’opus Ghosts aux 500 premiers arrivés sur leur stand. Et là, la gentille opération marketing s’est transformée en horde de zombies attirés par l’odeur de la chair fraiche d’un jeu bas du front. Pourquoi seuls les 500 premiers pourraient en profiter si on peut tenter de gruger et se rapprocher en bousculant, quitte à écraser quelques uns au passage ? L’actu fait souvent le tour du monde, dès qu’Apple lance un produit révolutionnaire, des centaines de MacAddicts campent devant les Apple Store pour être les premiers à acheter le Graal. Certes dans ce cas précis, ils le paient, mais ils n’en sont tout de même pas à se marcher dessus. Dans le cas du PGW, voir ce débordement prendre forme, c’est la preuve que le jeu vidéo touche depuis longtemps toutes les franges de la population, mêmes celles qu’on préfèrerait voir disparaitre sur une île déserte.

Tout ce qui est facile attire du monde. Pourquoi les concours à la TV sont ils si simples – du genre « quelle est la couleur du cheval blanc d’Henri IV? » ?? Parce que ça rend possible à n’importe qui, ou presque, d’y répondre. J’ai du mal avec la facilité abrutissante. Pour dériver sur la civilité, combien de fois ai-je pesté devant les personnes qui lâchent leur cigarette – souvent non éteinte – par terre, ceux qui jettent leurs cartons dans une poubelle à 5m du container de recyclage, ceux qui avancent comme des benêts au milieu d’un carrefour bloqué au feu orange pour bloquer encore plus la situation ?? Trop souvent. Cet « abrutisme » du quotidien, on le retrouve malheureusement aussi dans l’univers du jeu vidéo.

Est ce que Call of Duty rend con ? Non pas plus que d’autres jeux. Mais comme on peut trouver des abrutis finis dans les gradins des stades de foot – parmi des gens très corrects je précise – on retrouve les mêmes dans certains salons de jeux vidéo, mais aussi sur certains forums où l’excuse de l’immédiateté de l’action ne prend pas.

Con un jour, con toujours

Que ce soit au cours d’une partie ou bien en dehors, j’en déduis pour ma part que les cons sont partout. Les joueurs cons sont des cons avant d’être des joueurs pour la plupart. Alors oui, le jeu vidéo peut exacerber les comportements de n’importe qui, désinhiber nos pulsions et causer des décollages d’insultes intempestifs. Pour autant, cela ne justifie pas ceux qui ne savent pas un minimum se contrôler, maîtriser leur agressivité.

Vu de l’extérieur par des gens non-initiés, une LAN-party peut ressembler à un foutoir innommable, peuplé d’hommes ou de femmes préhistoriques prêts à grogner et brailler à la moindre occasion. Pourtant, c’est bien souvent la bonne humeur et une ambiance bon enfant qui prédomine. Tous ceux qui ont pratiqué le multijoueur, ne serait-ce que devant MarioKart, savent que mauvaise foi n’est pas signe d’un gros connard assis sur le canapé à côté de soi. Par contre, on sait en général très bien faire la différence avec ceux qui explosent leur clavier/manette/volant/autre accessoire, qui sont prêts à vous écraser pour gratter un goodies gratuit sur un salon, ou qui insultent constamment à tour de bras et à vive voix.

Un comportement excessif temporaire est peut être juste un signe d’implication dans un jeu, mais au delà de ça… Brassens avait bien raison « le temps ne fait rien à l’affaire, quand on est con, on est con ».

Crédit photo : http://metroid.wikia.com/
Pages :1234567...23»